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Filière anacarde : La Casamance face au défi de la transformation

Auteur: Max Euclide Kanfany, Seneweb Ziguinchor

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Dans quelques jours débutera la campagne de commercialisation et d’exportation de la noix de cajou en Casamance, une filière en pleine croissance dans cette région méridionale du Sénégal, de Kolda à Sédhiou en passant par Ziguinchor. Malgré son dynamisme et son potentiel, ce secteur fait face à des obstacles majeurs. Ce grand format donne la parole aux acteurs rencontrés lors de concertations et de formations dans les trois régions, à l’approche du lancement de la campagne 2025.
Une fixation des prix liée à la Guinée-Bissau
En Casamance, et particulièrement à Ziguinchor, le démarrage de la campagne dépend largement des prix fixés en Guinée-Bissau, pays frontalier qui influence fortement le marché local. “Pour établir le prix d’achat en Casamance, nous nous alignons sur celui de la Guinée-Bissau, avec une légère amélioration”, explique Aboubacar Camara, secrétaire général du Cadre de concertation régional (CCR) des acteurs de la filière anacarde de Ziguinchor. Cette année, il envisage un prix de 500 FCFA, voire plus, alors que la Guinée-Bissau a fixé un prix de référence à 410 FCFA. Cette dépendance, jugée problématique, pourrait être corrigée en augmentant la production locale en quantité et en qualité, selon Camara.
Le défi de la production
“Tout repose sur la production pour dynamiser la filière. Nos terres sont sous-exploitées, et nous peinons à accroître nos rendements”, confie Aboubacar Camara. Une meilleure formation et un suivi des producteurs sont nécessaires pour rivaliser avec la Guinée-Bissau, dont une éventuelle fermeture des frontières affecterait durement les acteurs casamançais faute de volumes suffisants. Des efforts sont en cours avec l’appui de l’État, via des structures comme l’ISRA, l’Agropole Sud et la DRDR. “Sans production conséquente, la filière anacarde risque de s’essouffler”, prévient Demba Diémé, président du CCR de Ziguinchor, appelant producteurs, transformateurs et exportateurs à s’impliquer davantage.
 La transformation, un maillon faible
En Casamance, la quasi-totalité de la production est exportée, la transformation ne dépassant pas 1 % des volumes collectés lors de la dernière campagne (84 000 tonnes au maximum, selon Demba Diémé). “Tant que nous ne transformons pas, les problèmes d’exportation persisteront. La transformation est le régulateur de la filière”, insiste Aboubacar Camara. Pour Demba Diémé, un programme dédié à la transformation des noix et de leurs dérivés, soutenu par une volonté politique d’industrialisation et une maîtrise du marché, est essentiel. Faute de stocks et d’unités opérationnelles, les transformateurs locaux ont souvent dû cesser leurs activités. Camara espère un renouveau cette année grâce à des réserves plus importantes et un soutien financier pour relancer les unités à l’arrêt.
Le récépissé d’entrepôt : une solution pour la commercialisation
Le système de récépissé d’entrepôt, piloté par l’Organe de régulation du système de récépissé d’entrepôt (ORSRE), est perçu comme un outil clé pour éviter la vente précipitée des noix. “Il permet aux producteurs de stocker leurs produits dans de bonnes conditions et de sécuriser la commercialisation”, explique Aboubacar Camara, suite à une formation organisée par le projet Lifft-Cashew de Shelter for Life, avec l’appui du Département américain de l’Agriculture. Pape Mohamed Badiane, de Lifft-Cashew, précise que ce dispositif facilite l’accès au financement via les stocks entreposés. Une feuille de route pour 2025 a été proposée pour corriger les lacunes initiales du système.
Numérisation pour plus de sécurité
Issa Wade, directeur général de l’ORSRE, annonce la numérisation des récépissés d’entrepôt, en complément du format physique, pour sécuriser le financement des productions. Ce processus, élaboré avec Lifft-Cashew, inclut un suivi rigoureux des entrepôts en collaboration avec les acteurs de la filière.
L’accès au financement : un frein majeur
Malgré sa croissance, la filière souffre d’un accès limité au financement, notamment au début de la campagne. Les acteurs locaux, souvent devancés par des acheteurs étrangers (notamment indiens) disposant de fonds immédiats, peinent à concurrencer. “Les producteurs bradent leurs noix faute de ressources pour attendre de meilleures offres”, déplore Aboubacar Camara. Le CCR travaille à sensibiliser les banques pour des financements précoces, plaidant pour une garantie de l’État afin d’assurer le succès de la commercialisation et de la transformation.
Transformer pour valoriser
Pour Issa Wade, développer la transformation est une urgence. “Exporter massivement, c’est perdre de la valeur ajoutée, des emplois et des revenus fiscaux”, affirme-t-il. Il appelle à valoriser cette filière émergente, porteuse d’opportunités pour les populations locales, lors d’une récente rencontre à Ziguinchor avec les acteurs de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.
Auteur: Max Euclide Kanfany, Seneweb Ziguinchor

Commentaires (3)

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    SIDIBÉ il y a 4 mois

    Salut Mr Boubacar Mane.
    Vous m'avez marché sur la langue,pour ne pas sur la plume.
    Je raffole encore du jus d'anacarde qui constituait mon alimentation préférée lorsque j'étais encore jeune enfant jusqu'à 12 à 14 ans
    Nous allions, avec mes copains à Thiaroye , jusque dans les forêts très reculées de Mbao , pour en ceuillir , lors qu'il nous arrivait à manquer ce fruits dans les arbres plantés dans le Camp.
    J'ai l'impression qu'il nous manquait maintenant des anacardiers , dans la zone de Dakar , au détriment d'une urbanisation galopante .
    En tout cas ,on en rencontre peu dans nos marchés,au profit des mangues , des oranges ,des "mads" dont les jus sont toutefois tres succulents.
    Mais les jus d'anacardes demanderaient à être valorisés par la transformation en boissons au même titre que le bissap, la mangue ,l'orange,la mandarine , la banane et j'en passe .....
    Vivement le retour de la pomme d'acajou dans les étals des marchés de fruits !

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    il y a 4 mois

    Bien dit pour y palier il faut des acteurs engagés et disposant d'une expérience et compétences. le ministre doit faire appel aux formateurs pour sauver la filière.

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    DEMBA DIEME il y a 4 mois

    Bonjour vous avez parfait raison mais si vous voulez vraiment des réponses à vos contacts CROFAZ sur 788765980

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    Boubacar MANE il y a 4 mois

    Je suis un étudiant en BTS industrie agro-alimentaire à LTID. Cette année, j'écris mon projet de fin d'étude sur l'anacarde. Au Sénégal lorsqu'on parle de cette filière, les gens pensent subitement aux noix alors que des tonnes et des tonnes de pommes de cajou pourrissent chaque année. On peut avoir tellement de produits dérivés provenant de cette pomme comme le jus, la pomme de cajou séché... ,
    J'écris en espérant que ça va servir à nos autorités compétentes.

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    Moi c'est Daouda SAGNA,je suis il y a 4 mois

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    DEMBA DIEME il y a 4 mois

    Bonjour vous avez parfait raison mais si vous voulez vraiment des réponses à vos contacts CROFAZ sur 788765980

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    reply_author il y a 4 mois

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