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Filles victimes de mariages forcés, de viols, d’abus sexuels… : Le centre ‘ Gindi ’ leur offre un réconfort moral et social

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Filles victimes de mariages forcés, de viols, d’abus sexuels… : Le centre ‘ Gindi ’ leur offre un réconfort moral et social

Situé dans le quartier du Front de terre, le Centre ‘Gindi’ est une structure d’accueil des garçons et filles en situation de vulnérabilité. Il offre un réconfort moral et social aux filles désemparées, victimes de mariages forcés, de viols, d’incestes, d’abus sexuels… En procédant hier à une visite des locaux de ce centre, les journalistes en atelier de formation sur les mariages précoces se sont rendu compte de l’ampleur des fugues de jeunes filles.

 

Fuyant la région du Fouta, dans le Nord du Sénégal à cause d’un mariage forcé, une fille a atterri au Centre ‘Gindi’. Elle a juste fait un transit quelque part dans la banlieue dakaroise, avant de venir se réfugier dans le centre. Trouvée sur place, elle n’avait pas la force ni le moral de parler à la presse. Mais déjà, elle prenait ses marques dans sa ‘nouvelle famille’. Cette fille âgée de 17 ans n’est pas la seule à avoir fui la malédiction de son milieu d’origine pour trouver refuge au Centre Gindi. Ce centre accueille présentement trois filles et vingt-sept garçons en situation de vulnérabilité.

Depuis l’année 2009, cent neuf cas de filles en situation de vulnérabilité ont été recensés dans ce centre. Si on compte parmi ces filles des victimes de viols, de mariages forcés et d’abus sexuels, les garçons, eux, sont, la plupart du temps, d’anciens pensionnaires des daras ou fuyant les sévices corporels. L’âge de ces enfants en situation de vulnérabilité se situe entre 5 et 18 ans.

 

Dans ce lot d’enfants reçus à Gindi, on nous informe qu’une fille de 10 ans, victime de viol, a accouché, il y a environ trois mois, par césarienne grâce à un suivi du service de gynécologie obstétricale de l’hôpital général de Grand Yoff. En effet, le Centre Gindi réfère souvent les filles victimes de grossesse contractée à l’issue d’un viol à l’ex-Cto ou à l’Association sénégalaise de bien être familiale (Asbef) où s’effectuent les consultations prénatales jusqu’à l’accouchement.

 

‘Ces garçons et filles en situation de vulnérabilité atterrissent au Centre Gindi par le biais des comités d’alerte mis en place par la structure’, informe l’éducateur spécialisé Ababacar Sy Sow qui dirigeait la visite guidée pour la presse. Dès qu’un cas se signale, ces derniers s’activent à orienter la victime vers Gindi. Le numéro vert (800 00 00 88) mis en place sert également beaucoup aux victimes qui cherchent réconfort. Responsable de la ligne d’assistance, Khady Diallo informe que le nombre d’appels peut tourner jusqu’à une vingtaine par jour. ‘Souvent, ce sont des enfants victimes, ou des marabouts, connaissant l’existence de ce centre, qui appellent pour voir si leur talibé n’est pas ici’, informe-t-elle.

 

Une fois arrivé dans ledit centre, l’accueil, l’installation et l’hébergement sont automatiquement sont assurés à la victime. Même si le séjour au niveau de la structure d’accueil est transitoire, tout a été entrepris pour que les victimes soient à l’aise. Rien n’est laissé au hasard. Au niveau du centre, les filles bénéficient même d’une formation en couture, restauration et broderie. Et une fois la confiance avec la victime installée, les assistants sociaux et autres éducateurs spécialisés de Gindi se mettent à contribution pour lui apporter un minimum de réconfort moral et social. Ils se déplacent auprès des parents pour s’enquérir de la situation et entreprendre ainsi un processus de médiation en vue de négocier un retour vers la maison d’origine. C’est ainsi que la travailleuse sociale, Mme Bâ Fatou Kandji, s’est battue pour suivre le cas d’une fille handicapée qui est tombée enceinte à l’issue d’un viol. Trouvée à Yeumbeul, la maman de cette dernière ne dispose pas de toit pour héberger sa fille, car étant elle-même sous tutelle. Finalement, c’est chez sa grand-mère à Pikine que la victime trouvera son salut. Suivie régulièrement, elle accouchera d’une fille à qui est donné le nom de la travailleuse sociale Fatou Kandji.



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