Cinq personnes - A. Seck alias Abdou Mati Seck, N. Sarr, N. Kane, N. Seck et M. Niang - ont été déférées au parquet pour association de malfaiteurs, escroquerie, complicité d’escroquerie et détournement de deniers publics. Elles sont accusées d’avoir exploité les mécanismes de garantie publique pour détourner des fonds destinés aux jeunes entrepreneurs, dans le cadre du programme d’appui à l’entrepreneuriat « Xëyu Ndaw Yi ».
La Section de recherches (SR) de Dakar a frappé au cœur de ce réseau qualifié de mafia des prêts du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP). D’après les révélations de Libération, tout est parti d’une convention signée le 21 avril 2021 entre le FONGIP et l’Union des Caisses du Crédit Mutuel du Sénégal (UCCMS). Objectif : faciliter l’accès au crédit pour les jeunes et les femmes entrepreneurs, grâce à une ligne de garantie de 500 millions de francs CFA.
Mais ce dispositif a rapidement été détourné. Des prêts ont été accordés à de prétendus bénéficiaires, souvent manipulés, qui n’avaient ni l’intention ni la capacité de rembourser. Certains ignoraient même qu’ils contractaient un prêt, avance la même source.
Une stratégie bien rodée
Les témoignages accablants de N. Sarr et de sa mère M. Dieng, relayés par Libération, ont permis de lever le voile sur le mode opératoire. Résidant à Yeumbeul, N. Sarr a confié aux gendarmes que A. Seck l’avait approchée sous prétexte d’aider un parent haut placé dans le gouvernement à «?récupérer de l’argent dormant sur un compte?». Il lui a alors demandé sa pièce d'identité.
Un prêt de 3 millions, contracté à son nom, a ensuite été retiré. La somme a été remise intégralement à A. Seck, qui ne lui a laissé que 30 000 F CFA. Elle affirme n’avoir jamais su qu’elle avait contracté un prêt.
Même scénario pour N. Seck, qui dit avoir remis 3,6 millions à N. Kane, ne conservant que 250 000 F CFA. Ce dernier, selon elle, l’avait orientée vers la banque, lui fournissant toutes les instructions nécessaires au retrait.
Les aveux de A. Seck
Arrêté à Yeumbeul, A. Seck est passé aux aveux. Il a reconnu avoir été recruté par son cousin, N. Kane, qui l’avait d’abord utilisé pour obtenir un prêt personnel de 4 millions, avant de lui demander de recruter d’autres personnes. Il admet également avoir conseillé à ses complices de ne pas répondre aux appels de la banque et de changer de numéro pour échapper aux relances du Crédit Mutuel.
Selon lui, c’est bien N. Kane qui récupérait l’essentiel des fonds et en décidait la répartition. Les prête-noms, eux, ne touchaient que de modestes sommes.
N. Kane nie tout, mais les bornages le trahissent
Convoqué à son tour, N. Kane a nié toute implication. Il affirme que c’est un certain El H. Dia, présenté comme ancien ambassadeur itinérant et ancien agent comptable à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, qui aurait piloté les opérations. Il soutient ne s’être jamais rendu à l’agence du Crédit Mutuel des Parcelles Assainies. Mais les réquisitions téléphoniques contredisent sa version : son téléphone a borné dans la zone de ladite agence le jour même où plusieurs « bénéficiaires » ont retiré les fonds, complète Libération.
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