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La Gare Routière De Saint-Louis, La Face Hideuse De La «Teranga» De Ndar

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La Gare Routière De Saint-Louis, La Face Hideuse De La «Teranga» De Ndar

Située à l’entrée de la commune, dans le quartier de Pikine, la gare routière interurbaine de Saint-Louis est la porte d’entrée et de sortie pour tout visiteur à destination ou quittant l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (AOF), via la route nationale N°2 en provenance des autres régions du pays. Toutefois, en dépit de cette position stratégique au niveau de cette ville tricentenaire, réputée pour son bon cadre de vie mais aussi l’élégance, le charme et l’hospitalité de ses populations, l’atmosphère à la gare routière de Saint-Louis est toute autre. Pour cause, ici, en lieu et place de la «Teranga Ndar», tant chantée par notre Youssou Ndour nationale, c’est plutôt l’insalubrité, les mouches et l’odeur nauséabonde qui font office de comité d’accueil.
 
Des affiches politiques sur le mur à l’entrée qui témoignent bien l’ambiance de campagne électorale qui règne actuellement dans cette ville tricentenaire. L’on voit des photos de Me Abdoulaye Wade et d’Ameth Fall Braya de la Coalition gagnante Wattu Senegaal côtoyant celles de Mansour Faye, maire de Saint-Louis et porte étendard de Benno Bokk Yaakaar dans le départementale et de Khalifa Sall de Mankoo Taxawu Senegaal. Tel est le décor qu’offre la devanture de la gare routière interurbain de Saint-Louis lors de notre passage sur les lieux hier. 
 
À l’intérieur, le climat est tout autre. Et, ce ne sont pas les nombreux véhicules stationnés par catégories, en attendant leurs tours au tableau des départs, encore moins les multiples points d’enregistrement des voyageurs qui attirent notre indiscrétion. Mais plutôt des femmes restauratrices qui s’activent, non loin des toilettes d’où provenait une odeur insupportable, dans la vente de petit déjeuner, déjeuner et diner, c’est selon la période de la journée. En effet, ces dernières, mais aussi leurs clients certainement, à force de côtoyer cette odeur indescriptible, semblent habituées.
 
LE CANAL EST BOUCHE PAR DES ORDURES ET L’INCIVISME DE CERTAINS EN CAUSE
 
«L’odeur vient de l’eau (usée) de canalisation, derrière les toilettes, près du mur. Le canal est bouché par des ordures et l’eau ne coule plus, c’est pourquoi il y a cette odeur», nous explique Alioune Sow, un jeune rabatteur, communément appelé «coxeur» au Sénégal. Trouvé dans un des abris où est vendu le petit déjeuner, un verre de kinkéliba sec en main, il attend patiemment sa demi-miche de pain que la dame est en train de remplir de niébé. Poursuivant son propos, ce jeune coxeur a toutefois tenu à préciser que cette odeur n’a rien à voir avec les toilettes qui, selon lui, son propres et en bon état. 
 
Un avis conforté par Mame Bousso, vendeuse de petit déjeuner qui souligne que le principal problème de la gare routière, c’est l’insalubrité, non sans accuser les vendeurs de fruits comme étant les principaux responsables de cette situation. «Les toilettes sont nettoyées quotidiennement. Le seul problème, c’est la gestion des ordures. Des gens font ce que bon leur semble. Figurez-vous, à deux reprises, j’ai trouvé, un matin, des excréments juste à côté de ma table. Quelqu’un a attendu la nuit pour venir se soulager ici, alors que les toilettes sont justes à côté. Certains jettent aussi partout leurs immondices, surtout les vendeurs de fruits. Le soir, ils attendent notre départ pour donner aux enfants talibés leurs poubelles, moyennant une modique somme d’argent. Et ce sont ces derniers qui viennent les déverser prés de nos tables ou sous les véhicules». 
 
LA MAIRIE N’ASSURE PAS LE RAMASSAGE QUOTIDIEN DES ORDURES
 
Interpellé sur cette accusation, Aliou Ba, débout devant sa table remplie de mangues assaillies par des mouches, se défend et pointe du doigt les services de la mairie qui, selon lui, n’assure pas le ramassage quotidien des ordures. «Il y a trop de saletés ici. En plus, l’eau stagne partout, après chaque pluie, à cause des nids de poules visibles un peu partout à l’intérieur de la gare. Le réseau d’évacuation des eaux pluviales n’est plus bon alors que nous payons nos taxes à la mairie», regrette, pour sa part, Sidy Seck, chauffeur de Bus sur l’axe (Dakar-Saint-Louis-Fouta). 
 
«La gestion de la gare est assurée par le regroupement des chauffeurs qui assure le service minimum. Il n’y a plus d’éclairage public, les deux projecteurs que vous voyez ne servent plus à rien, sinon qu’au décor. On a saisi, à plusieurs reprises, les autorités de la municipalité, on leur a même remis un devis de douze poteaux-lampes, en raison de trois dans chacun des 4 murs de clôture, mais, bientôt plus d’un an, toujours rien», dénonce de son coté, Bougouma Samb, délégué syndical des chauffeurs. Et d’ajouter, dans la foulée: «chaque jour que Dieu fait, les chauffeurs et les autres usagers de cette gare s’acquittent de leur devoir fiscal. Chaque taxi 7 places qui prend départ paie un bon de 300 F Cfa, les minicars et bus 500 F Cfa et 100 F Cfa par jours pour chaque vendeurs que vous voyez ici. Sans parler des propriétaires de cantines dont le montant de la location varie de 5000 à 15000 F Cfa  par mois. Une partie de cet argent devait être réinjecté dans l’entretien de la gare, mais tel n’est pas le cas».
 
EN ATTENDANT LE RESPECT DES INSTRUCTIONS DE MANSOUR FAYE
 
Trouvé au milieu de ses camarades en train de palabrer, Birane Seck, président du Regroupement des chauffeurs de la région de Saint-Louis, tout en reconnaissant les problèmes soulevés par les uns et les autres, dit avoir informé la mairie de cette situation. «J’ai, moi-même interpellé les autorités de la mairie à plusieurs reprises sur la situation d’insalubrité et d’insécurité, du fait de l’absence de l’éclairage public, qui règnent dans cette gare. La dernière fois, c’est le maire Mansour Faye en personne qui m’avait reçu dans son bureau. Après échanges, il a appelé, devant moi, les responsables des services municipaux compétents. Et, ces derniers, comme toujours, sont venus dès le lendemain pour faire un état des lieux. Ensuite, on n’a plus revu leurs ombres ici. Je ne sais pas maintenant où se situe le blocage. Chaque deux semaine, je prends dans notre caisse 100.000 F Cfa pour la vidange de la fosse septique. Au début de l’hivernage, j’ai aussi déboursé près de 500.000 F Cfa pour le curage de l’un des trois canaux d’évacuation des eaux pluviales pour éviter qu’à la moindre goutte d’eau la gare ne soit inondée».       



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