Samedi 18 Septembre, 2021 á Dakar
Vendredi 01 Juin, 2018 +33
Societe

Le monde rural s’effondre : Les importateurs d’oignons flouent l’Etat

Single Post
Le monde rural s’effondre : Les importateurs d’oignons flouent l’Etat

Une grande première dans l’histoire de l’agriculture sénégalaise. Toute la production d’oignons risque de pourrir dans les champs. Profitant de l’amateurisme des autorités en charge des questions liées à la commercialisation, les importateurs ont driblé l’Etat sur les entrées d’oignons en provenance de l’étranger.

Au moment où les cultivateurs du bassin arachidier se frottent les mains avec l’intervention des Chinois, les producteurs d’oignons, victimes de la naïveté des autorités gouvernementales, sont contraints de vivre la plus grande mévente jamais connue jusqu’ici. Les récoltes d’oignons, qui sont passées de 40 000 tonnes en 2003 à 240 000 tonnes en 2012, ont atteint cette année la barre des 250 000 tonnes. L’Etat, par le biais de la l’Autorité de régulation des marchés (Arm), dans le souci de protéger la filière dont le chiffre d’affaires avoisine les 35 milliards par an, a décidé de geler les importations d’oignons du 10 février au 31 août. Seulement, les grands importateurs d’oignons du secteur du commerce avaient déjà inondé le marché sénégalais de la variété importée. Selon des informations émanant de la fédération des producteurs d’oignons du Sénégal, « les grands commerçants spécialisés dans l’importation d’oignons ont mis sur le marché local une énorme quantité pouvant couvrir la consommation nationale jusqu’au mois de décembre 2013 prochain.» Une situation catastrophique que nombre de producteurs expliquent par l’instabilité institutionnelle à la tête du ministère du commerce où le nouveau chef du département, Alioune Sarr a hérité de ces graves problèmes de commercialisation. Le régime de Macky Sall a en effet connu trois ministres du commerce durant les six derniers mois, soit un ministre tous les deux mois.

FAILLITE PROGRAMMEE DES PRODUCTEURS. Face à cette situation d’approvisionnement à outrance du marché local en oignons, les producteurs qui avaient contracté des prêts d’investissement auprès des institutions bancaires de la place, se retrouvent ainsi sur la paille. Compte tenu de l’inexistence de grandes unités de conservation, certains ruraux commencent à brader leurs récoltes à vil prix aux abords des exploitations agricoles. Dans le Podor, par exemple, des commerçants Baol-Baol ramassent les sacs de 40 Kg d’oignons locaux à 2000 francs, alors que l’oignon importé s’échange entre 7500 et 8500 francs sur le marché, à Dakar. Pour sauver les agriculteurs au bord du gouffre, les autorités étatiques tentent de mettre en œuvre des solutions de commercialisation alternative aux résultats très incertaines. Des missions d’exploration du marché ouest-africain sont en préparation en vue d’aider les cultivateurs en faillite d’exporter les milliers de tonnes d’oignons entre leurs mains. En attendant le miracle commercial tant attendu, les banques créancières des producteurs commencent à afficher leur inquiétude quant à la capacité de ces derniers à rembourser leurs prêts d’investissement à l’échéance convenue.

ABDOUL AZIZ SECK

------------------------------------------------------

Les cultivateurs de tomates perdent 20 000 tonnes de récolte

Les prévisions qui étaient attendues dans la filière tomate connaissent également des impairs. Le Sénégal, qui tablait sur une production comprise entre 71 000 tonnes et 75 000 tonnes de tomates fraîches, devrait revoir ses ambitions à la baisse. Les experts du ministère de l’agriculture prédisent une perte de 20 000 tonnes de tomates sur la présente campagne. Une situation chaotique pour les paysans spécialistes de la production de tomate. Au niveau des services techniques de l’Etat, l’on explique cette contre-performance par deux facteurs. D’abord, par la réduction des surfaces emblavées. Il était initialement prévu l’exploitation de 3000 hectares. Mais sur les 750 hectares, les producteurs qui voulaient produire sur fonds propres n’ont pas pu réunir les financements nécessaires. L’autre explication donnée par les techniciens fait état d’une attaque des plans emblavés par une maladie appelée Bactériose. Ce sont les techniciens de l’Isra (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles) qui ont établi le diagnostic effrayant. Pis, au stade actuel d’évolution des plans, aucun traitement permettant de sauver les tomates n’est possible. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les paysans spécialisés dans la production de tomates fraîches devront se contenter d’une seule récolte contre les trois habituelles de la saison. Plus grave encore, les producteurs de tomate ont souscrits à des polices d’assurances qui ne couvrent pas de telles catastrophes. Il faut signaler à ce niveau que, contrairement aux huiliers qui s’activent dans la filière arachide, les industriels de la tomate ont moins de difficultés à respecter leurs prévisions en terme de fabrication de pots de tomate. Parce que, expliquent les acteurs, les industriels doivent d’abord acheter toute la récolte locale avant de compléter leurs besoins sur le marché international.



0 Commentaires

Participer à la Discussion

Auteur Commentaire : Poster mon commentaire

Repondre á un commentaire

Auteur Commentaire : Poster ma reponse

ON EN PARLE

Banner 01

Seneweb Radio

  • RFM Radio
    Ecoutez le meilleur de la radio
  • SUD FM
    Ecoutez le meilleur de la radio
  • Zik-FM
    Ecoutez le meilleur de la radio

LES PLUS LUS

Newsletter Subscribe

Get the Latest Posts & Articles in Your Email