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Les travailleurs de Sonatel sur le pied de guerre: «La victoire finale ou le sacrifice suprême!» (entretien exclusif)

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Gréve des travailleurs de la Sonatel
Babacar Sarr, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de Sonatel et ses camarades ont engagé un bras de fer avec les responsables de leur structure. Un combat contre l’externalisation de leur cœur d’activité. Les travailleurs disent disposés à mener jusqu’au bout. Et ce, même si cela demande le «sacrifice suprême», a dit M. Sarr, dans cet interview accordée à Seneweb. Entretien : 



 M. le Secrétaire général, on observe, ces jours-ci un conflit entre les travailleurs de Sonatel et France Télécom sur les projets d’externalisation, pouvez-vous expliquer en quoi consistent ces projets ? 


Ces projets, dans leur globalité, appelés Ano (Amea Network optimisation) consistent à externaliser, vers un fournisseur d'équipements des télécommunications, l'exploitation du cœur réseau. Et ensuite, à externaliser l'exploitation du réseau d'accès appelée ‘’outsourcing’’. Il faut dire que cette fuite en avant, (qualifiée) par les managers de la direction générale et de France Télécom Orange, de vision stratégique pour faire face aux exigences des nouvelles technologies, viole même notre Code des télécommunications, au chapitre 2 "Régime de la licence" en son article 23 qui stipule : «L'établissement et l'exploitation de réseau au service de télécommunications ouverts au public faisant appel à des ressources rares ou empruntant le domaine public, sont subordonnés à l'obtention d'une licence par décret portant approbation d'une convention de concession et d'un cahier des charges». Comme nous pouvons le constater cette transaction entre opérateurs des télécoms détenant une convention de concession et un cahier des charges d'une part et les fournisseurs d'équipements des télécommunications d'autre part, est tout simplement une délinquance managériale à laquelle les autorités étatiques doivent mettre fin. D'ailleurs, au Niger, quand ce même phénomène s'est posé, son Excellence le Président Issoufou Mahamadou a signé un décret d'application de loi pour exiger à tous les opérateurs qui ont externalisé leurs réseaux, de les ré-internaliser, au plus tard, trois mois après la signature dudit décret. 


 Est-ce donc ce projet qui est à l’origine de la grève de 48 heures renouvelable décrétée par l’intersyndicale dont vous êtes le secrétaire général ? 


 Oui ! Notre grève de 48 heures prévue les 18 et 19 février 2016 est surtout motivée par cette volonté d'Orange de vouloir vaille que vaille externaliser les réseaux télécoms de Sonatel qui est un groupe dans le groupe Orange. L'autre motif, pas des moindres, est celui de l'utilisation abusive des intérimaires qui d’ailleurs, n'assurent l'intérim de personne à Sonatel, en faisant fi de la législation, en vigueur dans notre pays. 


 Pouvez-vous nous dire pourquoi vous vous opposez à ces projets ? 

 Nous nous sommes opposés à ces projets, car l'exploitation des réseaux des télécommunications constitue le cœur de métier des opérateurs Télécoms. Et toute entreprise qui a un cahier des charges a, forcément, un cœur de métier. Et pour plus d'efficacité et une meilleure qualité de service, toute entreprise doit se concentrer et se recentrer sur son cœur de métier. Se focaliser sur ce qu'on sait faire le mieux avec les meilleures compétences pour faire face à la concurrence mondiale. Ensuite, le Code des télécoms au Sénégal a donné à Sonatel le statut d'opérateur dominant dans le secteur. Comment peut-on alors accepter l'externalisation de son réseau garant du développement des télécommunications dans ce pays ?Enfin, Sonatel, opérateur historique, doit renouveler sa concession en juillet 2017 en modifiant, certainement, son cahier des charges pour un plan Sénégal numérique. Peut-on, donc, se mettre dans des dispositions d’externalisation de tous nos atouts d'atteinte du grand défi de la grande révolution du 3eme millénaire qu'est le numérique ? A rappeler que le numérique a des exigences, en matière d'investissement et d'infrastructures. Et ces projets d externalisation vont empêcher la Sonatel d'investir avec le système Bot (Construire, exploiter et transmettre) et va l'obliger à céder ses infrastructures aux fournisseurs ou à les transformer en ferrailles. 

 C’est donc cela qui vous a poussé à monter au créneau. A ce propos, que revendiquez-vous ? 


 Tout ce que nous revendiquons, concernant ces projets fossoyeurs de l'économie de notre pays et du développement de notre secteur des télécoms, c'est de laisser tranquillement l'activité de l'exploitation des réseaux chez les opérateurs des télécoms. De laisser à Malaw ce qui appartient à Malaw. 


 Vu la sensibilité du secteur des télécoms pour la sécurité nationale, l’Etat a-t-il été interpellé ? 


Si oui quelle a été sa réaction? Oui; nous avons interpellé l'Etat par le biais du ministère des Télécommunications, de l'Artp (Autorité de Régulation des Télécommunications et Postes) et même du conseiller spécial du président de la République en Tic. Mais, jusqu'à présent, nous avons l'impression de prêcher dans le désert. Nous interpellons encore le Président pour une prise en charge de ce dossier très impactant pour le peuple et qui relève de la souveraineté de notre pays. A l’issue de la dernière Assemblée générale des travailleurs, un mot d'ordre de 48 heures renouvelable a été décrété, quelle est la prochaine étape de votre combat ? Nous allons évaluer, en fin de semaine et programmer, s’il n’y a pas de satisfaction, les futurs plans d'action, en élevant la tonalité. Nous avons décrété 48 h de grève, après l'expiration de notre préavis. Nous allons continuer nos actions jusqu'à la victoire finale où au sacrifice suprême, en tant que patriotes. 


 Quelles sont, selon vous, les conséquences que votre grève pourrait avoir sur l’économie ? Sur les activités de la Sonatel ? 


 Ne rien faire, pendant des jours, en tant que travailleurs de Sonatel, entreprise qui fait presque 500 milliards de chiffre d'affaires par an, est un énorme manque financier à gagner. Mais aussi le manque d'intervention dans le réseau, faute de travail, aura, certainement, des répercutions dans la qualité de service. Et c'est vraiment dommage. Car, nous le faisons, le cœur meurtri, parce que nous, travailleurs de Sonatel, nous avons une culture d'Excellence. 


 Est-ce que le mot d’ordre a été bien suivi ? 


 Nous sommes très satisfaits de nos collègues qui ont suivi massivement le mot d'ordre de grève. Les intérimaires ayant des emplois "Kleenex" sont venus travailler parce qu'ils craignent d'être renvoyés sans aucune demande d'explication. Mais nous leur rassurons que toute représaille contre eux, nous trouvera sur son chemin. Et ce sera un prétexte pour nous, organisations syndicales, de combattre définitivement ce fléau qui est en train de sacrifier, au niveau national, la nouvelle génération de jeunes diplômés. 


 Quelle est le message que vous voudrez bien faire entendre aux autorités étatiques ?


 Nous demandons aux autorités de ce pays d'organiser, en urgence, des Journées télécoms, à limage de celles qu'on avait avant la privation, en 1997. Et avant la séparation des Postes et des Télécommunications, en 1985. Ce, pour doter le secteur des Télécommunications d'une politique adéquate au défi du numérique et consolider le groupe Sonatel.


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