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Mamadou Ndoye Bane, animateur : " Certains senegalais font ce qu’ils veulent et se cachent généralement derrière la religion "

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Mamadou Ndoye Bane, animateur : " Certains senegalais font ce qu’ils veulent et se cachent généralement derrière la religion "

Mamadou NDOYE BANE « 

Mamadou Ndoye BANE… Un nom lié à une voix. Une voix qui se distingue automatiquement par rapport à son célèbre émission « Safli Mafli », et qui tient en haleine chaque week end, les noctambules pendant des heures au milieu de la nuit. L’ancien technicien devenu animateur de radio depuis 2002, anime en effet, l’une des émissions radio les plus écoutées sous la bande FM. Ses thèmes touchent l’adultère, l’homosexualité, la prostitution… De Envie FM en 2002 en passant par Océan Fm en fin 2005, Mamadou Ndoye BANE est actuellement employé par la radio Walfadri Fm et à Seneweb. « Safli Mafli » est une émission hebdomadaire qui est diffusée les week end entre 00 h et 03 heures du matin. Nous avons rencontré pour vous, l’homme qui traite les thèmes de société brûlants avec reportages vivants à l’appui…

Il faut bien avoir de l’inspiration pour pouvoir capter les sujets qui tiennent à cœur les populations et pouvoir les traiter sur les ondes… Racontez nous l’origine de cette initiative d’émission…

Tout à commencé  à Envi FM. Il y avait une épidémie de choléra  qui sévissait et les journalistes ont écrit beaucoup de papiers la dessus. J’ai observé le phénomène et je me suis dit qu’il manquait quelque chose. Peut être changer la langue avec laquelle les journalistes s’expriment en l’occurrence le français, pour mieux se faire comprendre des populations. J’ai pris l’initiative avec l’accord de mon boss en ce temps là, Mame Less CAMARA, de descendre sur le terrain et faire un reportage   . La question en oulof que j’ai posée à un apprenti car qui a fait tiquer mon directeur est la suivante : « depuis combien de temps tu ne t’es pas lavé ? »La question était tellement directe et malgré cela, j’ai reçu une réponse que tout le monde attendait. Celle qui nouapprend que les apprentis chauffeurs se lavent rarement. En fait, c’est ça ma particularité, dans mes reportages, je me mets à la place des auditeurs et je pose les questions telles qu’ils les pensent. D’autres me taxent de vulgaire, mais je ne suis que l’ordre des choses.

Vos émissions sont très écoutées. Quel est le processus que vous employez pour arriver à vos fins, d’abord le choix du sujet pour accrocher le maximum d’auditeurs ?

D’abord, je suis bien informé. J’écoute toutes les radios, depuis RFI à la dernière radio communautaire du coin. Aussi, je fais tout pour être toujours en contact avec les populations, dans les bus, dans les boîtes de nuit, dans les rassemblements. Les sujets à traiter ne manquent pas. Quand je choisi un thème, je mets en avant ces trois questions à savoir, où aller ? Comment y aller ? et que faire une fois sur place ? Une fois sur place, je demande la permission d’enregistrer les propos recueillis et de les faire passer sous les ondes. D’autres acceptent, d’autres non. Dans ce cas, l’ingénieur de sons change la voix en une fraction de seconde et le tour est joué. Il m’arrive aussi de détenir par devers moi des micros cachés, surtout la nuit, dans les boîtes surtout avec les prostituées pour ensuite les faire parler de leur milieu, dans les moindres détails.

En parlant de prostituées, dans vos dernières émissions, vous nous parlez d’hommes publics très respectés qui sillonnent les auberges de la capitale avec des diriyankés…

Mon but est sensibiliser et d’éduquer, montrer aux gens ce qui se passe réellement sur le terrain. Alors je ne lésine pas sur les moyens de bien le faire. En effet, ceci arrive toujours, on rencontre ces « kilifeu » partout dans Dakar, alors qu’à la télévision, ils passent pour des sains. J’ai remarqué que ce sont les vieux et les mariés qui fréquentent plus ces lieux de perdition. Les jeunes n’ont pas les sous pour se payer une chambre, et en général, ils se rabattent sur les chambres des copains. C’ est aussi une belle occasion de parler de ces maisons closes qui pullulent dans la capitale. Il ya des belles maisons qui se trouvent dans presque tous les quartiers de Dakar, qui, à l’apparence ressemblent à des maisons normales avec une famille vivant à l’intérieur, alors que ce n’est pas le cas. Ce sont des appartements, ou des chambres de passe qu’on loue à des prix défiant toute concurrence, et qui n’ont même pas l’autorisation pour cela. Ce sont des hôtels de passe en effet. Les voisins ne dénoncent pas et laissent gangréner cette plaie qui peut avoir beaucoup de conséquences demain. 

Avec des sujets pareils, vous devez en rencontrer des difficultés ? Des personnes qui vous mettent les bâtons dans les roues…

Mais oui ! Je sais que l’émission dérange. Au Sénégal, on prône que nous sommes sur les terres où sont nées Ahmadou Bamba et El Hadj Malick SY. En réalité, ils n’y croient rien. Ils font ce qu’ils veulent et se cachent généralement derrière la religion. Ce que je fais, c’est une sensibilisation, je donne des alertes, des signes aux gens, j’éclaire les gens. Mais j’ai remarqué qu’il ya en qui n’aiment pas ce que je fais. La preuve, l’émission n’a pas de sponsors, bien que suivi par de nombreux auditeurs ici et ailleurs. Et pourtant, si c’était des émissions où l’animateur organisait des sabars et autres tanebers, les sponsors allaient s’allier sans hésiter. C’est pourquoi, moi, je ne songe même pas à ces prix qui décorent les meilleurs animateurs. Je sais qu’ils ne me reconnaîtront jamais comme un bon animateur parce que je dis les choses et les présente telles quelles.

Quelles émissions à thèmes ont le plus  cartonné?

Les émissions des lesbiennes et des prostituées. Pour ces deux émissions, j’ai fait déplacer deux prostituées et une lesbienne qui parlaient en direct et relataient leur vie dans les studios. Ça a fait un tollé ! Il ya eu beaucoup de réactions, positives comme négatives.

Des problèmes avec des autorités ? Des personnes célèbres par exemple…

Non, je n’en ai jamais eu. Parce que là, je fais des censures sur certaines déclarations, enregistrements, mais aussi des noms de personnes très célèbres, surtout les femmes. Si je m’aventurais à mettre ces enregistrements bruts, je serais mort depuis longtemps, ou emprisonné. Des femmes très connues dans la capitale sont mêlées souvent à des bassesses, surtout à l’étranger. Moi, j’ai des contacts un peu partout, surtout à Dubaï où de nombreuses femmes se rendent pour les besoins de commerce. Des cas d’infidélités, d’adultères, de bigamie, de prostitutions sont chaque jour mis sur enregistrements.

Propos recueillis par Yacine SANE



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