Lundi 06 Avril, 2020 á Dakar
Vendredi 01 Juin, 2018 +33



Societe

MENDICITE AU SENEGAL: Le triste destin des talibés

Single Post
MENDICITE AU SENEGAL: Le triste destin des talibés

Ce sont de petits enfants dans un état misérable qui arpentent quotidiennement les artères de la capitale sénégalaise à la quête de pitance. Ces talibés- mendiants passent la majeure partie de leur temps à se pavaner, sans une destination précise. Ils font partie de l'image de Dakar. Une image tout à fait triste et pitoyable.

Partout où l’on va, notre attention est attirée par des enfants de 5 à 12 ans qui portent au bout du bras un petit bocal, qu'ils serrent avec leurs bras maigres pour attirer l'attention des passants. Leurs vêtements sont déchirés, leur peau est couverte de plaies et d'eczémas et regardant d'un air pitoyable. Sans se permettre une pause, ils demandent de l'argent, de la nourriture, tout ce qu'on pourrait leur donner. Mais les talibés ne sont pas des enfants de rue tels qu'on les connaît dans presque toutes les grandes villes du monde. Ils ne mendient pas parce qu‘ils sont des orphelins ou parce que leurs parents ne peuvent plus les nourrir.

Ils mendient sur ordre d'un marabout qui devrait leur enseigner le Coran, mais qui généralement se soucie plus de son revenu que de la religion. En vérité, les écoles de coraniques ne sont pas conçues comme systèmes d'esclavage d‘enfants. À l’origine, des enfants de 3-7 ans doivent apprendre le Coran chez un marabout pendant le matin et mendier dans le village leur déjeuner. Une frange importante talibés de Dakar ignorent les versets fondamentaux du Coran, et encore moins de l'arabe. Leur tâche semble se limiter à faire nourrir leur enseignant. Crime organisé Il ne serait pas illusoire d'assimiler la gestion des talibés à un « crime organisé ». Des marabouts, qui ne sont pas souvent pas d'origine sénégalaise, viennent chercher dans les villages du Sénégal, mais aussi de Guinée-Buissau, jusqu‘à Sierra Leone des enfants. Les parents confient volontairement leurs petits au Marabout, ils lui payent même une partie de leur maigre récolte pour que leurs enfants deviennent des bons musulmans. Arrivés à Dakar, les petits talibés vivent dans des conditions déplorables. Dans leur nouvelle  "maison" . Ils n'obtiennent ni d'endroit propre où dormir, ni de nourriture.

Les petits qui sont même trop jeunes pour aller à l'école doivent marcher parfois une dizaine de kilomètres jusqu'au centre- ville de Dakar pour garantir le revenu quotidien de leur marabout. Au début, les enfants plus âgés introduisent les nouveaux arrivés. Ils leur montrent comment faire la manche la plus efficacement possible, mais aussi ils leur subtilisent leurs biens. C'est la cruelle loi de la rue, mais qui pourrait les accuser?
Chaque talibé doit "gagner" environ 500 Cfa par jour. Perversion d'idée de don, le marabout augmente le taux à 700 Cfa s'il y a des fêtes réligieuses comme le Magal de Touba. Si les talibés n'apportent pas assez d'argent quand ils reviennent le soir, ils sont battus, emprisonnés pour plusieurs jours dans les trous de terre ou suspendus aux arbres la tête avant. On peut comprendre qu'avec ces perspectives-là qu'il n'y ait pas de solidarité entre les talibés. C'est chacun pour soi, le plus fort va écraser le plus faible. Ce n'est vraiment pas une leçon souhaitable pour un enfant qui devrait aller à l'école pour apprendre à lire et à écrire.

« Des esprits fainéants et défaitistes exploitent des aspects de notre culture qui sont complètement surannés et ne correspondent plus aux exigences de l‘heure.“ a accusé Mme Penda Mbow, la Présidente de l‘organisation du Mouvement Citoyen, déjà en 2003 dans "Le Soleil", le quotidien gouvernemental. Depuis, la situation n'a pas vraiment changé. Un marabout gagnerait au maximum 4.500. 000 Fcfa par mois Tout cela est encore plus choquant étant donné que les talibés ne sont pas seulement victimes d‘une mauvaise interprétation des écoles de Coran, mais aussi d‘un commerce fleurissant. "Gérant" de 50 à 300 enfants, un marabout gagnerait au maximum 4.500 000 Fcfa par mois (!) avec ses talibés si on part du postulat qu’un enfant rapporte quotidiennement 500 Fcfa par jour. Somme incroyable dont les enfants délaissés n’en profitent guère Le scandale des talibés au Sénégal existe depuis beaucoup d'années.

Leur nombre s'est augmenté d‘une façon menaçante: En 1977 il existait 6.300 talibés seulement à Dakar, la dernière statistique d'Unicef en 1991 comptait déjà 100.000. Aujourd‘hui des experts estiment le nombre des talibés à 200.000, soit 6,6% de la population de Dakar. Déjà des critiques fusent de partout. Elles émanent de sénégalais ou d’étrangers. Le chanteur populaire sénégalais Ismael Lo, musulman confessant, a thématisé dans le vidéo "Niangane" le destin triste d‘un enfant talibé. Pourquoi les enfants ne s'enfuient-ils pas? D'abord, le marabout reste leur seul contact avec leurs parents. L'espoir de pouvoir rentrer au village natal est le seul qui reste. Et de toute façon, où s'enfuir? La vie dans la rue leur est devenue familière.

La plupart des talibés préfèrent rester dans la misère qu'ils connaissent que de risquer de tomber dans des malheurs encore plus tenaces. Il y a plusieurs organisations à Dakar qui essaient d’aider les talibés. Une d‘elles, c‘est l‘ONG "Perspective Sénégal" fait partie de ces Ong préoccupées par le sort des talibés. Alexander et Christiane Schott, ses fondateurs s‘occupent d'un foyer du jour à Hann-Mariste et d'une maison d'enfants à Keur Moussa. Environ trente talibés passent chaque jour par le foyer pour l'approvisionnement médical, un repas et surtout pour jouer un peu, et oublier pour deux ou trois heures qu‘ils ont un travail dur à accomplir. Ils savent ce qui les attend s‘ils n‘apportent pas assez d‘argent.

Ceux qui ont assez de courage pour s‘arracher des griffes du marabout ont l'opportunité de déménager dans la maison des enfants. Les Schott ont assez d‘espace pour 48 enfants, mais il n‘y habitent que 26. Ce fait montre la difficulté énorme de rompre les liens entre les enfants et leur marabout. Quand ils arrivent à Keur Moussa, les enfants ont environ douze ans. "Nous leur donnons une année pour s'acclimater." explique Alexander Schott. "Ce sont des enfants complètement traumatisés, mais tant qu‘ils vivent sous des conditions humaines, les plaies qu'elles physiques ou psychiques, commencent immédiatement à guérir."

Quand les nouveaux reprennent confiance, ils apprennent à lire et à écrire dans la maison d‘enfants, pour afin effectuer un apprentissage de menuisier. "C‘est un travail dont on a besoin au Sénégal, avec les tendances fortes d‘investir dans la commerce de construction. La situation des talibés est misérable, mais elle n‘est pas du tout sans issue." souligne M. Schott. "Mais il faut que les gens ouvrent les yeux, et il faut qu‘on thématise publiquement l‘exploitation insupportable de ces enfants.

Ce n‘est pas une question de réligion, mais une question de dignité humaine!" Il y a encore trop de gens qui reconnaissent l‘autorité des faux marabouts, qui n'enseignent pas la religion musulmane mais qui s‘enrichissent d‘un système d'avilissement d'enfants. A part en parler, qu‘est-ce qu'on peut faire individuellement pour aider les talibés? Surtout, ne pas leur donner de l'argent. Si on supporte « l‘exploitation » des talibés, les choses vont s‘aggraver. Aujourd‘hui, c'est 500 Cfa, dans une année peut-être 1000 Cfa. Le raflement des faux marabouts ne connaît pas de limites. Aussi c‘est mieux de ne pas leur donner des choses qu‘ils peuvent vendre, par exemple des boîtes fermées de biscuit ou des vêtements.

C‘est mieux de préparer quelque nourriture de telle façon que le talibé doit le manger subitement : Une banane pelée, un biscuit sans emballage, des cacahuètes. Comme ça on aide à boycotter des hommes d'affaires insatiables qui salissent les valeurs de l‘islam. Néanmoins, force est de reconnaître qu’il existe des écoles coraniques de référence qui sont sous la coupole de guides religieux qui forgent des hommes de valeur incarnant des vertus cardinales.

 


liiiiiiiaffaire_de_malade

0 Commentaires

Participer à la Discussion

Auteur Commentaire : Poster mon commentaire

Repondre á un commentaire

Auteur Commentaire : Poster ma reponse
Banner 01

Seneweb Radio

  • RFM Radio
    Ecoutez le meilleur de la radio
  • SUD FM
    Ecoutez le meilleur de la radio
  • Zik-FM
    Ecoutez le meilleur de la radio

Newsletter Subscribe

Get the Latest Posts & Articles in Your Email