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PLAIDOYER - Pour le bien être des femmes et des enfants dans la cité : Tivaouane encourage l’espacement des naissances

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PLAIDOYER - Pour le bien être des femmes et des enfants dans la cité : Tivaouane encourage l’espacement des naissances
Cinq femmes meurent par jour des suites d’une grossesse ou d’un accouchement, compte non tenu de la mortalité infantile, estimée à 72 pour mille naissances vivantes au Sénégal. Des indicateurs qui sont certes à la baisse, mais qui demeurent préoccupants. D’où l’importance de vulgariser l’argumentaire religieux, comme ça été le cas samedi à Tivaouane, qui a abrité une conférence sur Planification familiale et Islam.

Au Sénégal, le taux de mortalité maternelle est de 392 pour 100 mille naissances vivantes en 2011, selon les résultats des Enquêtes démographiques et de santé (Eds). Il a ainsi connu une baisse au cours de ces dernières années, passant de 510 pour 100 mille naissances vivantes à 410 décès maternels pour 100 mille naissances en 2005. Mais sa réduction est trop lente pour atteindre la cible de 127 décès pour 100 mille naissances vivantes à l’horizon 2015. D’où l’urgence de mettre plus de moyens, dans les stratégies de prévention des mortalités maternelle et néo-natale. Parmi ces stratégies, il y a le plaidoyer à l’endroit des religieux dont certains demeurent toujours très réfractaires à l’idée de planifier les naissances dans les couples. 

C’est dans ce sens qu’une conférence a été organisée samedi dans la capitale de la Tidjania (Tivaoua­ne) avec comme thème principal : Planification familiale et Islam. L’idée de cette conférence, qui a réuni imams et autorités sanitaires, est de vulgariser l’argumentaire religieux et de faire comprendre aux populations, que l’Islam n’est pas contre la planification familiale, comme certains le croient. Mais, c’était une occasion aussi pour certains imams de réitérer leur hostilité à cette pratique. Pour eux, planification familiale rime avec limitation des naissances et ils demeurent intransigeants là-dessus. Des positions certes gênantes, mais pas insurmontables, selon Imam Moussé Fall, membre du Réseau Islam et planification familiale. Il dit à l’issue de la conférence : «On a franchi un pas important, dans le plaidoyer : Planification familiale et Islam. On s’est réuni et on a discuté d’un thème sensible, sur lequel les différentes familles de Cheikh Seydi El Hadji Malick Sy ont donné leur point de vue. Il a été question d’exposer les sentences des imams des écoles juridiques, qui approuvent à leur grande majorité l’espacement des naissances surtout quand il s’agit de préserver la santé des femmes et des enfants. Maintenant, c’est tout à fait normal, qu’il y ait des contradictions et des confusions, parce que la compréhension n’est pas la même pour tout le monde. Certains l’assimilent à la limitation des naissances, d’autres l’assimilent à un diktat de l’occident. C’est pour cette raison, qu’ils réagissent souvent de façon violente. Mais toutes les réactions négatives ont été accompagnées d’une exception. Ils ont dit : L’Islam est contre la limitation des naissances sauf s’il y a danger pour la mère.»

D’un Tpc de 18,9%, Thiès doit passer à 36% en 2015

Heureusement pour les conférenciers, le message selon lequel l’Islam n’est pas contre la planification familiale, est passé, malgré la divergence des points de vue. Parce qu’en définitive, elles ont compris que la préoccupation des uns et des autres réside dans la santé de la mère et de l’enfant. En tout cas pour l’imam Fall, d’ici peu, d’autres évènements de cette même envergure vont être organisés, dans d’autres cités religieuses. Etant membre du Réseau Islam et population, se réjouit-il encore, le message ne peut être que positif par rapport à la Pf. 

Ce plaidoyer porté par la Direction de la Santé de la reproduction et de la survie de l’enfant (Dsrse), du ministère de la Santé et de l’Action sociale, dans le cadre du projet  Initiative sénégalaise de santé urbaine (Issu), est capital dans la région de Thiès, dont l’évolution du Taux de prévalence contraceptive reste mitigé. Celui-ci est passé de 13 % en 2013 à 18,9% dans le premier semestre de cette année, alors que l’objectif en 2015, est de 36%, soit un nombre total de 61.100 femmes à recruter. Donc, il y a un long chemin à parcourir, selon Dr Chimère Diaw, chef de la Division de la planification à la Dsrse. Il estime qu’une rencontre pareille, surtout dans une cité comme Tivaoune, ne vise qu’à améliorer les indicateurs au niveau local. «On est venu ici parler de a Charia et de la Sunnah dans la planification familiale. Nous sommes venus pour prendre l’avis de la famille de El Hadji Malick Sy, voir quelles sont les meilleures stratégies, pour la réduction de la mortalité maternelle et infantile non seulement au niveau local, mais aussi au niveau national», indique Dr Chimère Diaw. 

Serigne Mbaye Sy Abdou, dit «Ndiool Fouta» ou encore Serigne Mame Ousmane Ndiaye ont eux soutenu la cause de la planification familiale, insistant sur le fait que l’Islam est pour tout ce qui peut aider une maman et son enfant à être en bonne santé. 


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