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PREPARATIF DE LA KORITE SUR LE MARCHE : Oignon, pomme de terre, ail, poivre, ces condiments intouchables

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PREPARATIF DE LA KORITE SUR LE MARCHE : Oignon, pomme de terre, ail, poivre, ces condiments intouchables

A quelques heures de la fête de la Korité, les condiments qui entrent dans la préparation des mets pour la fête sont hors de portée des clients. Oignon, pomme de terre, ail, poivre sont presque intouchables. 

Dans 24 ou 48 heures au plus, sera célébrée la fête de la Korité au Sénégal. A cette occasion, les mères de familles sont en pleine dans les préparatifs pour assurer à leurs proches une belle fête. Hormis les tissus pour de nouveaux habits, les 

greffages, et autres coiffures, et les chaussures qui sont chers, les ménages évoquent un manque d’argent qui leur complique la tâche. Mais, il y a aussi un autre problème qui inquiète bien des femmes. Ce sont les condiments qui doivent accompagner l’assaisonnement du poulet ou de la viande pour le repas copieux à servir le jour de l’Aïd-el-Fitr. Car, ces produits indispensables pour préparer des mets savoureux restent encore hors de portée sur le marché. 

En effet, les prix ont vraiment flambé ces dernières semaines. Ainsi, le Kg d'oignon est passé de 450 à 500 francs Cfa, alors que celui de la pomme de terre, produit particulièrement rare ces temps-ci, se situe à 600 francs. 

Pour les condiments que sont l’aile et le poivre aussi, les coûts sont tout aussi exorbitants. L’ail avoisine ainsi les 2000 francs Cfa le kg, tandis que le poivre s’échange à 6 000 francs Cfa le kg. Ce qui fait dire à ce commerçant ayant pignon sur rue au marché Castors où il tient un magasin que ces deux produits restent le plus coûteux sur le marché. «Moi, j’appelle l’ail et le poivre les nobles des produits, compte tenu de leur cherté. Ça paraît bizarre, mais ils font partie des plus petits alimentent, alors qu’ils ont une place centrale dans la cuisson, «lathie ak pobar togou boumou dougoul dou saf dara», déclare-t-il avec un large sourire. 

Pour sa part, Soudou Fall, souligne que si l’ail et le poivre ont depuis toujours été des produits au coût élève. Pour lui, la fête en a rajouté certes, mais ce n’est un facteur important. Ce commerçant est d’avis qu’il faut trouver le moyen de réduire le coût de ses produits pour les mettre à la portée des populations qui n’ont pas toujours les moyens de se payer ces condiments. «Les ménagères ne peuvent pas se payer un kg de poivre à plus de 5000 francs Cfa. Elles ne peuvent qu’acheter les petits sachets de quelques grammes à 500, 1000 ou 1500 francs Cfa au plus. Et ça, pour certaine famille, ça ne fait pas l’affaire. Parce qu’il y a trop de chose à préparer. Mais chacun s’adapte et fait selon ses moyens. C’est la même chose avec l’ail, nos mamans et nos femmes s’en payent en petite quantité, au détail. Parce que ne pouvant pas débourser jusqu’à 2000 francs Cfa pour en disposer en quantité», explicite-t-il. 

Il faut dire qu’hier, au marché Castors, malgré le soleil de plomb, il était, néanmoins, difficile de se frayer un chemin. Car toutes les allées sont bloquées par une foule de piétons et de voitures, avec partout des clients qui se bousculent autour des étales et cantines. Clients et vendeurs discutent sur la cherté des marchandises, plus particulièrement de l’oignon qui n’est pas bien approvisionné sur le marché. Cela, contrairement à ce qui a été annoncé par le Directeur du commerce intérieur. La réalité sur le terrain est tout autre, comme l’affirme ce commerçant. «Il peut y avoir risque de pénurie d’oignons. Car non seulement les prix ont augmenté, mais il y a aussi que le marché n’est pas encore bien approvisionné. Les autorités avaient rassuré les gens que l’oignon serait disponible en quantité, mais le constat qu’on fait c’est qu’il y en a pas assez pour faire face à la demande», souligne-t-il. 

La même complainte est notée chez son collègue Oumar Sarr, surpris en train de marchander avec une dame. Il déclare : «Espérons que demain (aujourd’hui), il y aura beaucoup plus d'oignons sur le marché. Car si tel n’est pas le cas, il y aura une rupture d’ici moins de 48 heures. Regarder, moi il me reste plus que trois sacs d’oignon, alors que tous mes clients ne sont même pas encore venus acheter. Je les attends pour mercredi ou jeudi, si ce n’est pas la Korité. J’ai passé une commande auprès des fournisseurs, mais ils tardent à livrer, car n’ayant pas suffisamment de stocks pour faire face à la demande». 

A l’en croire, même si le marché est approvisionné, le prix ne va pas changer. «Au contraire, j’ai même peur que les commerçants haussent le prix pour aller jusqu’à 600 francs Cfa le kg», dit Oumar, avant que son voisin, Alpha Diallo, qui a un magasin à l’intérieur duquel sont juste empilés quelques sacs d'oignons n’affiche pas son inquiétude sur le prix de l’oignions et les risques de rupture de stocks. «Je ne vous le cache pas, il n’y a pas assez d'oignons sur le marché, contrairement aux engagements des autorités. On est à deux jours de la fête et l’oignon disponible ne peut pas suffire pour satisfaire toute la demande. on n'a pas besoin d’être un expert pour le savoir. C’est facile à constater», lâche-t-il en précisant que pour cela, il suffit juste de comparer la demande de la clientèle et les sacs disponibles dans les magasins. 

Concernant la pomme de terre, les commerçants de Castors indiquent qu’elle est trop chère. «La pomme de terre est aussi chère que les autres condiments. Mais nous, on y peut rien. Car, nous aussi nous l’achetons très cher et des fois même, on vend à perte. Parce que, avec la chaleur, sa conservation est difficile», explique Demba Ba. Trouvé en train de faire le tri pour séparer les bonnes pommes de terres des mauvaises, il souligne que «c’est le produit qui se gâte vite, surtout en période de chaleur. Les gens pensent que la hausse du prix du kg dépend de nous, or tel n’est pas le cas. Nous, nous achetons auprès des grossistes et nous revendons. Mais, on ne peut pas revendre à un coût suffisamment bas. On a presque pas de marge bénéficiaire, car on fait tout pour évacuer rapidement notre stock. Pour autant, on est obligé de vendre à un prix qui ne nous porte pas trop préjudice. C’est ça qui fait que la pomme de terre est devenue chère». 

Dans la même vaine, Khassim Boye de dire : «Nous sommes aussi des pères de familles et nos femmes viennent aussi au marché. C’est juste pour vous dire si ça tenait qu’à nous, les prix allaient être accessibles à toutes les bourses. Mais nous achetons aussi cher chez nos fournisseurs. On a aucune emprise réelle sur les prix». 

Les ménagères crient leur ras-le-bol 

S’il y a des gens qui sont fatigués, pendant les moments de fête, ce sont les femmes. Et à juste raison, elles ne manquent pas de dénoncer la cherté des produits sur le marché. Aby Diagne, la quarantaine dépassée, croisée hier au marché Castors, était dans tous ses états. «Franchement, nous sommes fatiguées. Tout est cher sur le marché et il n’y a pas d’argent, alors comment faire pour s’en sortir», peste la dame qui dit avoir du mal à joindre les deux bouts à cause de la conjoncture difficile. 

Pour sa part, Maïmouna Sow, mère de famille venue faire ses courses pour la Korité, soutient que c’est un véritable calvaire que vivent les ménagères. «J’aurais pu comprendre si on me disait que c’est l’oignon importé qui se fait rare sur le marché ou qui est cher. Mais là, on parle de l’oignon local, comment en est-on arrivé à ce qu’il soit si cher et rare sur le marché. Vraiment, l’oignon et la pomme de terre sont trop chers. Ces produits sont hors de portée. Un kg d’oignon à 500 francs, c’est vraiment trop. Ce n’est pas acceptable, surtout dans un pays où il est difficile de voir la couleur de l’argent. Et avec ça, le Président se permet de dire que le pays n’a jamais été aussi liquide, mais l’argent circule entre eux», clash-t-elle. 

Trouvée en pleine discussion, Bineta Diop et Nar Touré ne s’empêchent pas non plus de cracher leurs vérités. «On a l’impression que c’est le même gouvernement que celui qui était là, que rien ne bouge dans ce pays. Cela fait plus d’un an que ce gouvernement est là, mais il peine encore à régler les besoins des Sénégalais. La Korité de cette année est pire que celles des années précédentes, et le marché en est une parfaite illustration. Tout est cher, seul le sel est relativement cher. Sinon, l’oignon, la pomme de terre, l’ail, le poivre, entre autres, sont intou-chables, car trop chers», dit Bineta Diop. 

Et Nar Touré d’ajouter que «même si le Président Macky Sall ne veut pas entendre le slogan ‘dëk bi dafa Macky’, je vous assure que c’est le cas. Il ne reste que deux jours avant la fête, mais on ne voit pas la couleur de l’argent. Les condiments, comme le poivre, coûtent si cher, qu’il faut l’équivalent d’une journée de travail pour un cadre moyen pour s’en payer». Puis, elle s’interroge : «A ce rythme, où va le pays ?».


affaire_de_malade

8 Commentaires

  1. Auteur

    Yahoudial215

    En Août, 2013 (21:14 PM)
    Chaque annee les memes cris de detresse.Il suffit de rompre avec ces besoins artificiels

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  2. Auteur

    Vjcnk

    En Août, 2013 (21:15 PM)
    les commercants avec la complicite de politicien vereu bloquent les stockes et augmentent les prix des denres :down:  :down:  :down:  :down:  :down:  :down:  :down:  :down:  :down:  :down: 
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    Auteur

    Kooor

    En Août, 2013 (21:22 PM)
    confirmé la korité c'est pour vendredi inchallah. god bless Senegal
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    Auteur

    Révoltée

    En Août, 2013 (21:22 PM)
    Rien ne marche dans ce pays.Les mendiants pilulent dans les rues de dakar, les agressions se multiplient, les sénégalais sont tous stressés et la tristesse se lit sur leurs visages émaciés .



    J e commence vraiment à croire que ce pays est remis à des mains inexpertes qui , faute de pouvoir nous sortir du gouffre, passent leur temps à nous divertir.Malheureusement, les objecteurs de conscience ont tous courbé l'échine.



    Ils mangent tous à la soupe du palais.Nous ne sommes pas encore sortis de l'ornière!
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    Auteur

    Dxb

    En Août, 2013 (21:23 PM)
    Deweunati aux Senewebien (nes)



    Tah, Mame Diarra , Xeme, Buju Banton,Satan , Damabakh, Thiox,Boy Paris, Aisha Ariss, Feministe ,Peul, Malien Athiopien , Guissané ( damay tani ) Wifi Partout , Orateur hors-pairs ,Sedar , Italy001, Bomb,MMG, Dedado

    Mc Khimeur . Ad-On ( ken defoul kén dara ken defaloul kén dara..)



    Dagnouy wakh rék but " home is home "

    L'ambiance me manque .

    Guys, be strong.

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    Auteur

    Hors Sujet

    En Août, 2013 (21:26 PM)
    COMMENT PEUT-ON ETRE LE 3 DU MOIS DE CHAWWAL AU NIGER ET LE 30 DU MOIS DE RAMADAN AU SENEGAL? C ABERRANT

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    Auteur

    Mbacke

    En Août, 2013 (21:42 PM)
    Au senegal on donne trop e l'important à des futilités, oignons, pomme de terre, il faut faire avec les moyens de bord.Depuis une semaine, on ne parle de la boule, les poulets par ci la viande par là,etccc.
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    Auteur

    Modou Modou

    En Août, 2013 (08:03 AM)
    toujours les memes problemes.le defaut des senegalaisi ls veulent toujours vivre au dessus de leur moyens.bien sur que l'argent circule pour ceux qui travaillent ,les salaires sont payes.Au Senegal on aime gaspiller.
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