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RITUELS POUR CALMER LES GÉNIES DE OUAKAM : Un boeuf blanc et une chèvre rouge immolés au pied du Monument de la Renaissance

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RITUELS POUR CALMER LES GÉNIES DE OUAKAM : Un boeuf blanc et une chèvre rouge immolés au pied du Monument de la Renaissance

«Bagne Thiow Guèye», le génie de Ouakam, a été bien gâté, hier. En plus d'être plébiscité lors des différentes séances de «ndëp» qui ont eu lieu à certains points stratégiques du village, il a eu droit à plusieurs sacrifices dont, entre autres, le boeuf blanc et la chèvre rouge, immolés au pied du Monument de la Renaissance. Une première phase qui sera suivie, dimanche prochain, par le sacrifice de deux bœufs qui sera fait dans la plus grande discrétion.  

Ouakam a sonné hier la grande mobilisation pour célébrer les sacrifices faits à l'honneur du génie «Bagne Thiow Guèye».Le seul, selon une dame «ndëpkat» (ndlr : maîtresse de cérémonie) à pouvoir assurer la paix sociale du village traditionnel et ses environs, mais également et surtout à protéger le Monument de la Renaissance africaine érigé sur une des Mamelles. Il faut à ce propos signaler que dans le cadre de la préparation mystique de l'inauguration de cette architecture culturelle, les Ouakamois, qui ont reçu une enveloppe de deux millions du président de la République, ont immolé publiquement un bœuf blanc et une chèvre rouge au pied du monument. Un premier «tuuru» (ndlr : sacrifice) qui sera suivi, dimanche prochain, par l'immolation de deux bœufs dans la plus grande discrétion.

En effet, c'est à 10h30, après l'arrivée du Jaraaf Youssou Ndoye, que les festivités ont commencé.  Une journée qui s'ouvre sur l'offrande de plusieurs bols de «laax» (bouillie de mil arrosée de lait caillé) distribués aux Ouakamois venus en masse et aux ouvriers qui travaillent sur les chantiers du Monument de la Renaissance africaine. Cette première étape terminée, les batteurs de tam-tam et les «ndëpkat», qui s'étaient donné rendez-vous au foyer des jeunes de Ouakam, ont sillonné les différents quartiers du village dans une procession bruyante, en chantant en l'honneur du génie du village. Ayant programmé de faire des pauses à différents points stratégiques du village, précisément chez les grandes familles léboues, le cortège dirigé par le Jaraaf Youssou Ndoye, avec à ses cotés le maire de Ouakam, Djibril Ndoye, s'est arrêté d'abord dans la cour «Guéyène» avant de s'ébranler vers celles de «Diagnène et «Ndoyène». Il faut à ce propos signaler que chaque étape a été sanctionnée par une séance de «ndëp» durant laquelle des femmes sont tombées en transe.

Une bonne ambiance de tam-tam et de chants, déchirée de temps à autre par des cris d'hystérie de femmes qui réclamaient, soit de la boisson, soit du lait. A la suite de ces séances, le cortège qui s'étoffait au fur et à mesure s'était ébranlé, toujours au son des tam-tam, vers la plage de Ouakam, passage obligé, selon les organisateurs du rituel. Lavé à grande eau  de mer sur la plage, le bœuf blanc qui a suivi tout le trajet a finalement été immolé au pied du Monument de la Renaissance africaine, en même temps que la chèvre rouge qui était attachée au niveau du foyer des jeunes de Ouakam. Un sacrifice à l'issue duquel les organisateurs du rituel ont expliqué que le sang recueilli dans un récipient sera versé dans certains sites ciblés, comme les environs immédiats du Monument de la renaissance, à la plage «tëf», à Kakalam au niveau du Terrou-bi, à Soumbédioune, bref tout le long de la corniche. Il faut également souligner qu'en dehors du sang qui a été versé, plusieurs bouteilles de lait, ainsi que plusieurs variétés de fruits et même des cigarettes et du chewing-gum ont été déposés sur certains sites, censés accueillir les génies.

Ndèye Anna NDIAYE  
 

ÉDIFICATION DU MONUMENT DE LA RENAISSANCE

Le Jaraaf et le maire Djibril Ndoye se félicitent du choix de Ouakam  

«La France a sa Tour Eiffel, les Etats-Unis, leur Statue de la liberté et le Sénégal son Monument de la Renaissance africaine». C'est en ces termes que le Jaraaf Youssou Ndoye, qui s'est réjoui du choix de Ouakam pour abriter cette oeuvre culturelle, a campé le débat, hier, lors de la journée de sacrifice organisée dans le village. Une manière pour le Jaraaf de Ouakam de répondre aux détracteurs du Monument de la renaissance qui «ne savent pas ce qu'ils disent», selon lui. Invoquant l'aspect économique du monument qui est «une aubaine pour les Ouakamois», le Jaraaf Youssou Ndoye, dont le point de vue est partagé par le maire Djibril Ndoye, n'a pas manqué de préciser que «tout est fin prêt pour l'inauguration du 3 avril prochain».

Abondant dans le même sens, le premier magistrat de la Commune d'arrondissement de Ouakam, Djibril Ndoye, se félicite déjà des retombées que pourrait éventuellement avoir le monument sur ses administrés et n'a pas manqué de remercier le président Wade.

Sur la polémique suscitée par le Monument de la renaissance, dont certains disent que «ce n'est ni plus ni moins qu'un 'xërëm' (idole)», le maire de Ouakam, estimant que «chacun a ses croyances», n'a pas manqué d'expliquer les raisons de sa présence lors de cette cérémonie mystique. «Ma présence ici n'est pas une démarche philosophique. Elle s'explique plutôt par les liens d'amitié qui me lient au Jaraaf Youssou Ndoye». Il faut à ce propos signaler que le maire de Ouakam a assisté à toutes les séances de «ndëp» qui ont eu lieu à «Diagnène et à Ndoyène».

  


liiiiiiiaffaire_de_malade

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