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SURPEUPLEMENT DES PRISONS AU SENEGAL : Les avocats sans frontières plaident : « moins de prison, plus de liberté»

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SURPEUPLEMENT DES PRISONS AU SENEGAL : Les avocats sans frontières plaident : « moins de prison, plus de liberté»
Les avocats sans frontières, section du Sénégal, ont tenu une rencontre mercredi pour parler des longues détentions préventives. Ils promettent de porter le combat afin que cette situation qui perdure prenne fin.
 

«Moins de prison, plus de liberté», tel est l’objectif visé par les avocats sans frontières, en réponse aux longues détentions préventives ou encore au surpeuplement dans les prisons au Sénégal. Ce réseau existe depuis 2009. Il renseigne, en reprenant le dernier rapport de l’agence nationale de la statistique et de la démographie, que 80% des détenus sont dans les prisons, en attente d’être jugés, et parfois même, sans avocats. Si l’on en croit l’avocat Me Emanuel Padenou, conférencier du jour, «la situation ne s’est pas améliorée. 

Nos prisons se transforment en ghetto pénitencier inhumain et dégradant», se désole-t-il. Ce qui conduit, selon lui, à des séries de rébellion, des grèves de faim et refus de respecter les consignes des gardes pénitentaires. Et l’exemple type est celui du prévenu de la maison d’arrêt et de correction de Kaolack qui, non content de rester en prison alors qu’il a été acquitté par la Cour d’Assises, s’est coupé les parties intimes. «Ce qui s’est passé à Kaolack et qui a été relaté dans la presse est juste regrettable. Cet homme a été maintenu en prison, car le parquet a interjeté appel, suite à la décision qui a été rendue». Pour ces robes noires, l’objectif visé est également la formation des acteurs du milieu carcéral, sans oublier les visites à organiser dans les prisons, afin de mieux faire connaître aux détenus leurs droits.

Selon Me Yaré Fall, président des avocats sans frontières du Sénégal, il est temps que les détenus en attente d’être jugés soient assistés. «J’ai eu à visiter la Mac de Thiès où des femmes, dépourvues de toute assistance, attendent d’être fixées sur leur sort», dit-il. L’avocat de pointer du doigt le maître des poursuites qui, dit-il, en matière de flagrant délit, permet au juge de renvoyer un procès trois fois de suite, juste parce que la partie civile n’a pas comparu. Me Fall va même jusqu’à dire que le code de procédure pénale n’est pas respectée à ce titre. A cela, Me Assane Dioma Ndiaye de la Ligue sénégalaise des droits humains a ajouté que le texte qui permet à l’avocat d’assister son client, dès les premières heures de garde-à-vue, est entré en vigueur. 

Le vote du budget du ministère de la justice s’est invité aux débats. Me Padenou s’est désolé de la baisse de 3 milliards. Ce qui prouve, selon lui, que les problèmes de moyens se posent toujours. Des confrères étrangers ont pris part à la rencontre. Parmi eux, le représentant des avocats sans frontières de France François Cantier qui a commencé par dire que ceci est un phénomène commun à tous les continents. L’avocat est même allé jusqu’à dire que «les prisons sont les dépotoirs des poubelles de nos sociétés». Leurs confrères du Togo ont quand à eux souligné que dans leurs pays, des audiences de flagrants délits ne se tiennent pas au quotidien comme au Sénégal.   



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