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TRAFIC DE DROGUE : Le Sénégal, grand producteur de chanvre indien

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TRAFIC DE DROGUE : Le Sénégal, grand producteur de chanvre indien

Les ministres de l’Intérieur du Cap-Vert, de la Gambie, de la Guinée Conakry, de la Guinée-Bissau, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal se sont retrouvés à Dakar, du 13 au 15 février 2010, pour une conférence internationale sur le trafic de drogue. Une réunion qui porte sur «l’harmonisation de la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants en Afrique de l’Ouest». Le choix de Dakar pour abriter ce genre de rencontre n’est pas fortuit. En effet, le Sénégal est un grand producteur de cannabis et un point de transit pour la drogue dure, surtout la cocaïne.

Un rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc), daté de 2008, révélait que quelque 50 tonnes de cocaïne transitent, chaque année, par l’Afrique de l’Ouest. Drogue qui passe souvent au Sénégal, utilisé par les narcotrafiquants comme un pays de transit. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un passeur ne soit épinglé. Les saisies de cocaïne, faites à l'aéroport Léopold Sédar Senghor, sur les différents axes routiers et au niveau des frontières terrestres, par les forces de répressions (Police, Douane, Gendarmerie…) sur des passeurs employés par des réseaux internationaux sont nombreuses.
Du fait de la fertilité de ses sols, beaucoup de variétés de chanvre indien sont aussi cultivées au Sénégal. Ce qui a fini de lui donner le premier rang de producteur parmi les pays francophones d'Afrique de l'Ouest et le troisième rang de toute l'Afrique de l'Ouest après le Nigeria et le Ghana. La région de Ziguinchor récolte les 2/3 de la production nationale de cannabis, selon nombre d’intervenants, membres de la Fédération des Ong de lutte contre la drogue (Fonselud). «La verte de Mboro», variété locale cultivée au niveau des Niayes, le «Niakoy» («yeux rouges» en mandingue), une espèce locale améliorée, le «Green Makut», originaire de la Gambie, «le Lopito ou Lop's», de «nationalité» ghanéenne, «le Bouddha», variété casamançaise «améliorée», et enfin la «salsa» ou «Colombienne» sont autant de variétés de chanvre cultivées au Sénégal.
Dans les Niayes, des lopins, parfois de quelques pieds, sont dissimulés au sein de cultures licites.
Dans la région du fleuve Sénégal, zone de 120.000 ha irrigués par le barrage anti-sel de Diama, à la frontière de la Mauritanie, l'impossibilité, pour les petits paysans, de réaliser des investissements pour s’activer dans la riziculture, les poussent à recourir au cannabis.
Dans la Petite Côte, la relocalisation de lépreux et de réfugiés a conduit ces populations à s'adonner à la culture du cannabis, qui est dissimulé dans les productions maraîchères.
Une nouvelle zone de production est apparue récemment dans le Sénégal oriental, où le cannabis s'est substitué à l'arachide.
Dans les Îles du Saloum, les agriculteurs cultivent des variétés de cannabis plus résistantes à l'augmentation de la salinité des terres. Ces zones humides dispensent les agriculteurs d'arrosages fréquents, si nécessaires ailleurs.
Toutefois, la variété de chanvre indien cultivée en Casamance, le «Niakoy», est concurrencée par deux autres variétés introduites dans le territoire national. Le «Brown» ou «Marron» et le «Fogny», provenant de la sous-région, sont beaucoup plus prisés par les toxicomanes sénégalais.
C’est ainsi que plusieurs convois de chanvre indien ont été interceptés dans le train Dakar-Bamako, des camions-citernes ou des véhicules de transport en commun avant leur arrivée à Dakar, principal point de chute.
L'héroïne et le haschich arrivent de moins en moins au Sénégal, car étant des drogues encore méconnues de la plupart des consommateurs Sénégalais.

L’Ocrtis, le cauchemar des trafiquants
La Police, la Douane, la Gendarmerie et même l’Armée mènent une lutte farouche contre les narcotrafiquants pour leur barre la route. Toutefois, l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) est la seule branche spécialisée au Sénégal en matière de lutte contre les stupéfiants.
 
A l'instar de la communauté internationale, pour stopper le développement du trafic international de drogue à travers le monde, la communauté internationale s'est organisée en conséquence, notamment en créant des services spécialisés et en prenant une législation spéciale en la matière. C'est ainsi que le Sénégal a créé en 1997 un Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants qui a, à sa tête, un commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle, Abdoulaye Niang. Créé par décret, l’Ocrtis a une section opérationnelle qui est chargée de lutter, sur l'ensemble du territoire national, contre les narcotrafiquants sur le plan national et international. Il y a également une section documentaire de renseignement et de coordination qui veille sur les statistiques et l'élaboration de stratégies de lutte.
Au niveau des régions, l’Ocrtis dispose de brigades régionales de lutte contre les stupéfiants. Des unités de lutte sont également postées au niveau des frontières. Il y en a deux à Rosso, deux à la frontière avec la Gambie, un à Kounkané et une unité bien étoffée à l'aéroport de Dakar. Au niveau du Port, l’Ocrtis dispose d’une Unité mixte de contrôle des conteneurs (Umcc), qui a pour tâche principale de lutter contre le trafic illicite maritime par containers, par navire et par bateaux.

COMMENTAIRE : Attention aux mariages mixtes
Traqués de toutes parts, les trafiquants changent de stratégie. Leur nouvelle trouvaille consiste à profiter de la naïveté des jeunes filles, voire leur incompressible envie d'aller explorer les vertes prairies européennes, pour les embarquer, via les mariages mixtes, dans des réseaux inextricables. Les mariages mixtes sont nombreux de nos jours. Beaucoup de filles ne rêvent que de convoler en justes noces avec un blanc. Qu'importe ce qu'il fait dans la vie. L'essentiel est qu'il soit capable de les emmener en Europe pour qu'elles sortent de la galère sahélienne. Une aubaine pour ces «marchands de la mort». Ils s’engouffrent dans la brèche. Casquent des sommes colossales. Et accepte même de se convertir à l’Islam si telle est une exigence de la belle-famille.
Mais très souvent, ces sommes dépensées ne sont qu’un investissement. Le prix à payer pour passer entre les mailles des forces de sécurité sans éveiller le moindre soupçon. Un passeport pour valser entre Dakar et l’Europe avec un alibi de taille : «Ma femme est Sénégalaise, je viens pour la voir.» Une manière d’éviter le «ciblage», une technique assez efficace pratiquée par les policiers basés à l’aéroport.
Malheureusement pour les jeunes Sénégalaises qui s’engouffrent dans ces «mariages idylliques», trop souvent, ce sont ces «messies» qui les plongent dans la galère. Ils ouvrent des comptes au nom de leurs «femmes» et y font migrer toutes les sommes provenant de leurs activités délictuelles. S’ils envoient des colis ou des containers, c’est toujours avec le nom de leurs «femmes». Résultat : les Sénégalaises qui purgent des peines dans des prisons sont nombreuses.
Dans les prisons pour femmes de Liberté VI à Dakar ou de Rufisque, on dénombre de nombreuses détenues incarcérées pour avoir eu des activités liées aux stupéfiants. Une Sénégalaise purge une peine à Sao Paulo pour avoir été prise avec une valise contenant 18 kg de cocaïne que son «mari» lui avait demandé de convoyer sans qu’elle ne sache le contenu. Toujours au Brésil, une autre Sénégalaise a été arrêtée avec 5,6 kg de cette drogue, dans les mêmes conditions. Des compatriotes de sexe féminin, en possession de cocaïne, ont aussi été arrêtées à l'aéroport de Casablanca, alors qu'elles étaient en transit pour l'Europe. Une concitoyenne, dont le mari est Roumain, est activement recherchée par les éléments de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) pour une histoire de cocaïne.
Tout dernièrement, une autre Sénégalaise a été arrêtée avec 8 tonnes de haschich planquées dans un container qui a été finalement saisi au Port autonome de Dakar. Un colis provenant de la Malaisie et que la Sénégalaise devait réceptionner pour le compte de son mari, un Français.
Au moment où ces innocentes et naïves femmes trinquent parce qu’attirées par l’appât du gain facile, leurs maris de dealers vaquent tranquillement à leurs occupations et nouent d’autres relations dans d’autres pays pour parvenir aux mêmes fins.
Ce qui appelle les parents à davantage de responsabilités. Il faut qu’ils soient plus regardants sur les mariages de leurs filles. Connaître l’homme avant de lui donner la main de sa fille. Sinon, le réveil sera douloureux et les larmes versées ne feront qu’accroître le sentiment de culpabilité.

PORTRAIT : Lynx, un dealer qui se prend pour un chef d’entreprise
Du fait que toutes sortes de drogues arrivent au Sénégal, il y a des Sénégalais qui se sont engouffrés dans le commerce des stupéfiants. Ils sont ainsi devenus de vrais barons, entretenant une kyrielle de personnes et s’entourant de petits revendeurs pour écouler leur marchandise. Nous avons accroché l’un d’eux pour faire son portrait.  Il a requis l’anonymat.

Il se nomme Lansana (un nom d’emprunt), mais on le surnomme Lynx, car il a la réputation d’être au courant de tout ce qui se passe dans le milieu interlope. La quarantaine, marié et père de 5 enfants, Lansana est un dealer connu que les forces de répressions peinent à confondre. Malgré les incessantes descentes de la police et de la gendarmerie chez lui, jamais de la drogue n’a été trouvée par devers lui. Son secret est connu. Il s’est attaché les services d’une armada de revendeurs, fait dans le social en nourrissant nombre de familles démunies avec le fruit de son trafic et s’est trouvé des «amis» influents. C’est un secret de polichinelle que de dire que c’est un dealer. Un baron de la drogue.
Le temps d’une conversation, entre deux confidences, il nous balance avec un brin de fierté : «J’ai un certain contrôle sur les gens.» Titulaire d’un Baccalauréat, orienté à la Faculté de Droit où il a fait deux ans avant de «cartoucher», diplômé en Commerce et Marketing, il a fini par ranger ses diplômes dans les tiroirs pour se lancer dans le trafic de drogue. Il a commencé au bas de l’échelon en filant des cornets et autres joints aux lycéens. «Ce petit trafic me faisait de l’argent de poche, mais j’ai toujours eu la folie des grandeurs et une ambition à toute épreuve. Alors, j’ai appris les rouages du système, comme un banquier qui veut finir en haut de l’échelle», dit-il. Il a commencé alors à étendre ses tentacules et a réussi à conquérir des marchés. «J’ai appris à connaître la clientèle. Des lycéens à la recherche de nouvelles expériences, je suis passé à la clientèle «Vip» à la recherche de substance à sniffer, jusqu’au toxicomane notoire prêt à tout pour avoir sa dose», dit-il sous le ton de la confidence. Aujourd’hui, il est arrivé au sommet et s’en glorifie : «J’ai gravi les échelons pour finir par avoir une place avantageuse, qui me rapporte assez pour avoir une vie plus que confortable. J’ai une bonne rémunération, un bon business. La drogue, ça rapporte.»
Lynx n’a pas la même vision que ceux qui le dépeignent comme un criminel. «Je n’ai aucun scrupule à vendre tout cela. La drogue peut tuer certes, la cigarette et l’alcool aussi. Vendre de la drogue, c’est un métier comme un autre. Je suis commerçant, tout autant que le boucher ou le libraire. Certaines personnes me qualifient de criminel, mais les armuriers qui proposent une large gamme d’armes et qui, par leur commerce, sont responsables de fusillades et autres violences, ne sont-ils pas, eux aussi, des criminels ?», se défend-il avec hargne. Il estime que la seule différence est que son commerce est illégal. «Je devrais avoir peur de la Justice, des forces de Police, mais quelques billets glissés dans quelques mains suffisent pour que mon affaire n’ait pas à subir une décente de flics et de gendarmes. Ces quelques sous servent aussi à faire tomber des concurrents. Ils servent à faire ouvrir les yeux à la Justice en les guidant. Comme ça, on fait tomber un concurrent et reprendre son marché à son propre compte.  Le marché est aussi impitoyable qu’à la bourse. S’occuper d’une organisation comme la mienne revient à jouer à la roulette russe», dit-il.
Lynx gère ainsi son activité comme l’aurait fait un chef d’entreprise. «Je négocie avec des acheteurs qui veulent de mon produit, et tout cela répond à un marché, à un marketing. Il faut savoir mettre son produit en avant, le faire connaître auprès de la clientèle et imposer les meilleurs prix. Le rapport qualité/prix est aussi très important dans ce domaine, un client mécontent ira directement voir un concurrent. J’ai fait des études en Commerce, mon affaire est florissante, mon chiffre d’affaires ne fait que croître. Je suis un chef d’entreprise, j’emploie même quelques personnes, des producteurs et vendeurs.» Des arguments, il en a à revendre et les balance à la figure de qui veut l’entendre, sans état d’âme : «Pourquoi devrais-je avoir de la pitié pour les consommateurs ? Ils sont libres de leur choix, ce n’est pas ma faute s’ils finissent en cure de désintoxication. Quand on mange trop de Fast-food, on finit avec un infarctus. Quand on fume trop, on chope un cancer. Quand on se drogue trop, bonjour les convulsions. Quoi qu’on fasse, tout finit mal. Alors, pourquoi devrais-je me repentir de rendre la vie des gens plus dangereuse ? Ils se sentent plus vivants comme ça. Mettre sa vie en jeu, être toujours sur le fil du rasoir, c’est donner à son existence plus de sensations. Je suis le héros de certains, le diable personnifié pour d’autres. Mais, même si je m’arrête, le système, lui, subsistera. Alors, pourquoi donc les gens se révoltent ? Ils n’ont aucune chance. Il y aura toujours des imprudents pour faire fructifier mon entreprise.» Une conviction ancrée au tréfonds de son âme. Personne ne peut le convaincre qu’il fait du mal. Lui pense qu’il fait du bien. Il vend de la drogue, paye l’électricité des mosquées de son quartier, fait bouillir la marmite dans nombre de concessions et arrondit les fins de mois de certains fonctionnaires mal payés. Tout cela, avec les fruits de son trafic. Il pense qu’il est un ange, plutôt qu’un démon.

Les «atouts» qui font du Sénégal le point de transit idéal
Si le Sénégal est tant «aimé» par les trafiquants, c’est parce qu’il dispose de plusieurs «atouts» qu’ils peuvent utiliser pour passer entre les mailles des forces de répression. Point le plus avancé de l'Afrique dans l'océan Atlantique, le Sénégal est doté d’un aéroport international baptisé Léopold Sédar Senghor, du nom du premier président sénégalais, qui accueille de nombreuses compagnies aériennes en provenance de tous les continents. Il existe, en effet, une ligne aérienne Rio-Praïa et des lignes Praïa-Dakar. Or, le Cap-Vert est la voie de transit pour la cocaïne brésilienne qui finit par atterrir au Sénégal. Également, les liaisons maritimes entre le Cap-Vert et Dakar sont extrêmement nombreuses.
Le Port de Dakar, très «prisé» aussi, accueille toutes sortes de bateaux et des conteneurs venus d’horizons divers.
Il s’y ajoute que les frontières du pays sont très poreuses. Il est un carrefour terrestre, délimité au Nord par la Mauritanie, à l'Est par le Mali, au Sud par la Guinée-Bissau et la République de Guinée. La Gambie, Etat «contrebandier», est encastrée dans le sud de son territoire.
Des «atouts» qui font que la drogue a fait une percée à Dakar. Pour éviter les «ciblages» effectués à l'aéroport Léopold Sédar Senghor par la brigade opérationnelle de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), la cocaïne arrive à Bamako (Mali) pour être acheminée à Dakar par le chemin de fer ou en Guinée-Bissau pour être acheminés à Dakar par des passeurs qui sont souvent des Nigérians et des Ghanéens.
Selon le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle, Abdoulaye Niang, chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), malgré les multiples arrestations de passeurs et les quantités de drogues saisies au Sénégal, le Sénégal n'est pas encore une plaque tournante. «Pour qu'un pays soit qualifié de plaque tournante, il faut qu'il soit un point de rencontre entre les cartels des pays de production et ceux de destination. Il faut qu’ils s’installent dans ce pays pour négocier des prix ou en faire un centre de distribution. Le Sénégal n'en est pas encore là. Mais, il peut être considéré comme un pays de transit privilégié. Ce qui se passe, c'est que le Sénégal, de par sa situation géostratégique, est obligé d'être un point de passage. C'est la pointe la plus occidentale de l'Afrique, à mi-chemin entre l'Europe et les Amériques. En plus, les communications sont très faciles chez nous. À n'importe quel moment, vous pouvez avoir une communication aérienne venant de n'importe quel point du globe. Le débit d'Internet est également excellent.
Enfin, il y a un réseau dense et viable du transfert électronique d'argent. Donc, toutes ces conditions réunies, notre pays va forcément intéresser les réseaux internationaux», éclaire-t-il.



1 Commentaires

  1. Auteur

    Anonyme

    En Décembre, 2015 (02:44 AM)
    copié-collé vite fait c bien ça

     :brawoo: 
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