Le tribunal des flagrants délits de Dakar a jugé ce matin une affaire d’exercice illégal de pharmacie, importation de médicaments sans autorisation, détention et vente de produits de santé non homologués, mise en danger de la vie d'autrui, atteinte à la santé publique des citoyens, publicité mensongère et diffusion de fausses informations sur des supports non autorisés et provocation d’un délit. Les prévenus : les époux Pape Abdou Ndiaye et Oumou Khairy Dièye. Verdict : relaxe pour la provocation d’un délit et coupable des autres délits. L’épouse a été condamnée à six mois avec sursis ; le mari a six mois, dont deux mois ferme. Tous les deux doivent aussi payer une amende de 50 000 F CFA. Ils commercialisaient, à travers le compte tik-tok "Secret femme", des produits qui simulent l’hymen.
Sur les faits
Suite à une publication sur les réseaux sociaux de messages faisant état de la disponibilité et de la vente de produits supposés médicaux, potentiellement dangereux pour la santé de la population, l'unité de cyberpatrouille de la Division spéciale de cybersécurité a procédé à des investigations en ligne. Il a été ainsi constaté des publications suspectes sur la plateforme Tik-Tok promouvant des services ou produits substantiellement liés à des pratiques médicales nocives pour la société. Ces produits, dénommés "pilules d'hymen artificiel" visent à simuler une perte de la virginité, avec des mises en scène et des hashtags ciblant un public local. Le message publicitaire propose également des avortements sécurisés pour des grossesses de 0 à 8 mois, à partir d'une injection à effet immédiat, vendue à 140 000 F CFA, sans autres précisions sur la composition du produit ou sur l'encadrement médical ainsi qu'un visuel incluant la photographie d'un homme en blouse médicale présenté comme étant le docteur Aliou Diang accompagné d'un numéro de téléphone.
Concernant la vente de "pilules d'hymen artificiel", l'image capturée est issue d'une vidéo Tik-Tok où un compte fait la promotion de ces pilules, un produit qui simule la perte de la virginité en provoquant un saignement artificiel lors d'un rapport sexuel. Ce type de contenu cible principalement un public féminin et repose sur des normes socioculturelles sensibles. Une a été ouverte.
Comment le couple a été piégé
Mission a été donnée au Groupe de recherches et d'interpellation (GRI) de la DSC, en rapport avec l'unité de cyberpatrouille, de localiser, d'identifier, d'interpeller et de conduire toute personne ayant pris part de près ou de loin à la commission de ces actes répréhensibles.
De retour de mission, le GRI a conduit le jeune Papa Abdou Ndiaye (31 ans) se disant commerçant, domicilié au rond-point SERAS et sa femme Oumou Khairy Dièye (29 ans). Les résultats des investigations techniques ont montré que ce jeune couple, qui habite Guédiawaye, est impliqué dans ces activités jugées dangereuses pour la santé publique. Une souricière leur a été tendue ainsi qu'au livreur qui a été utilisé pour la circonstance, pour livrer le produit incriminé. Il s'agit du nommé Modou Bèye.
Entendu sur procès-verbal, le couple Niaye a reconnu tous les faits. Interpellés sur les produits trouvés en leur possession appelés "pilules d'hymen artificiel", les conjoints ont reconnu s'activer dans le commerce de ces produits importés de Chine. Et la vente de ces types de produits destinés pour l'essentiel à de jeunes couples.
Entendu à son tour, le livreur Modou Bèye a déclaré avoir certes livré plusieurs fois ce produit à des clients, qu'il ignorait qu'il s'agissait de médicaments prohibés.
Commentaires (2)
Vraiment la justice NE punit pas assez certains delinquants
Je ne comprends pas cette justice. A quoi bon arreter des gens et les liberer? Toujours une perte devtemps pour les magistrats
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