Le président de la Cedeao plaide pour le retour des pays "frères" de l'AES
Le président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), le Sierra léonais Julius Maada Bio, a plaidé jeudi pour un retour au sein de l'organisation des pays "frères" de l'Alliance des États du Sahel, lors d'une visite officielle en Guinée-Bissau.
Trois pays dirigés par des juntes qui ont pris le pouvoir par la force entre 2020 et 2023 - le Mali, le Burkina Faso et le Niger - ont quitté l'organisation ouest-africaine cette année, créant leur propre bloc, l'Alliance des États du Sahel (AES).
"Nous avons nos frères que nous voulons convaincre de revenir dans la famille" de la Cedeao, a déclaré à l'AFP le président sierra léonais à la sortie d'une audience avec le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo.
M. Bio a affirmé avoir "discuté" avec chacun des trois pays de l'AES depuis qu'il a pris la tête de la présidence tournante de la Cedeao en juin. Il s'était s'est rendu au Burkina Faso la semaine dernière.
"Je veux utiliser cette relation que j'ai maintenue avec eux pour comprendre leurs principaux griefs et trouver des solutions pour préserver l'unité de cette famille", a indiqué le président de Sierra-Leone.
Lors d'une visite en Côte d'Ivoire lundi, M. Bio a indiqué vouloir "maintenir des liens étroits avec les pays de l'AES et favoriser la collaboration".
Le départ en début d'année des trois États de l'AES a profondément ébranlé le bloc ouest-africain, qui doit également faire face à une recrudescence des violences jihadistes, alimentées par des tensions internes entre États membres, notamment dans le Sahel et la région du lac Tchad.
Les trois pays de l'AES accusent la Cedeao, entre autres, de ne pas les avoir assez aidés dans la lutte contre les violences jihadistes et d'être inféodée à la France, avec laquelle ils ont des relations glaciales.
Toutefois en mai dernier, la Cedeao et les trois pays de l'AES sont convenus de coopérer dans "la lutte contre le terrorisme" et de "sauvegarder les acquis de l'intégration régionale" malgré leur séparation annoncée.
"Il y a également le cas des pays en transition. Nous avons besoin d'être plus ensemble que nous le sommes aujourd'hui", a ajouté M. Bio.
Des coups d'État et tentatives de coups d'État ont touché presque la moitié des pays membres originels de la Cedeao durant la dernière décennie, créant des tensions entre voisins.
Commentaires (2)
Non merci. Qu'ils continuent leur révolution avec leurs militaires sauveurs et leurs nouveaux amis.
Que la CEDEAO imparfaite avance en prenant de la hauteur sur les multiples défis qui demeurent.
Retour de l'AES au sein de la CEDEAO?
Tres peu probable, surtout quand on a apprend qu'apres avoir chasse les militaires Francais, le Senegal vient d'annoncer
un prochain seminaire intergouvernemental avec la........France.
Je crains malheureusement que cette politique du clair-obscur soit de nature a compliquer un eventuel retour des pays de l'AES.
Pour federer tout le monde en Afrique de l'ouest, il nous faut definitivement couper le cordon ombilical colonial.
Notre cooperation avec l'ancien colon FR a malheureusement permis une mainmise de la France sur nos fragiles economies.
Nos mauvais contrats comme celui de l'autoroute (30 ans de rembousement), le TER (surfacture), le controle de la Societe "Nationale" de Telecom (SONATEL), qui n'est natioanle que de nom, car majoritairement controlee par une multinationale etrangere, sont parmi les principaux facteurs explicatifs de notre chronique sous-developpement.
Tres franchement, j'ai du mal a comprendre pourquoi l'ETAT du Senegal tarde encore a etre actionnaire majoritaire a la SONATEL, sa societe NATIONALE! N'est-il pas plus raisonnable d'accroitre ses parts d'actions pour financer les deficits publics?
Combien de temps nous faudra-t-il encore pour comprendre que la France et l'Europe controlent le FMI, et que les Ricains en font autant sur la Banque Mondiale?
Autre possible niche d'argent pour notre pays: le remboursement des frais de visas schengen pour les demandes nos satisfaites.
Pourquoi devrions-nous accepter que les ambassades etrangeres gardent la totalite des frais de demandes de visas rejettees?
Pour ce qui concerne le montage financier de l'autoroute, nettement en defaveur du Senegal, Le president sortant avait au moins
pu grignotter qlqs miettes, 800 Millions/an d'arrieres de loyer, durant ses dernieres annees au pouvoir. Qu'est ce qui empecheraient nos autorites actuelles de faire voter une loi retroactive pour recuperer ses 800 millions sur toute la duree d'exploitation de l'autoroute?
Ce sont la quelques pistes de collecte d'argent bcp plus raisonables que les renegociations de contrats...
Que Dieu guide les pas de nos decision-makers.
Bon Vendredi!
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