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Colonel Abdoulaye Traoré, président de la section sport de l’Asfa : «Le chef d’Etat-major nous a donné comme instruction de retrouver l’élite»

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Colonel Abdoulaye Traoré, président de la section sport de l’Asfa : «Le chef d’Etat-major nous a donné comme instruction de retrouver l’élite»


Dans le premier jet  du dossier sur l’agonie du football militaire et paramilitaire (voir notre édition d’hier), nous avons donné la parole aux anciens joueurs de l’Asfa et de la Police. Pour ce dernier jet, nous sortons du terrain pour faire parler les responsables administratifs des sections sportives, à savoir les Colonels, Abdoulaye Traoré (Asfa) et Amadou Lam (Police).

L’équipe de football de l’Asfa a connu un passé glorieux pour avoir régné sur le plan national et africain. Que retenez-vous de cette période ?

J’ai eu la chance d’avoir grandi dans ce camp (Leclerc). Le sport reste un moyen privilégié du rayonnement des armées. C’est une composante essentielle de la formation. Quand on gagne autant dans le football que dans les autres disciplines, on ne cite pas seulement l’Asfa. Mais, on parlera plus du Sénégal. C’est vrai que nous sommes un peu nostalgiques de cette période et nous allons travailler à recréer cela.  

Aujourd’hui, l’Asfa sombre en National 1 (D3). Qu’est-ce que cela vous fait, en tant président de la section sport de l’Asfa ? 

Je vais quand même relativiser. Vous me permettez de parler des autres disciplines. Nous venons de célébrer le champion du monde militaire Lassana Coly. Cela veut dire que nous sommes présents au niveau de certaines disciplines. Comme par exemple le volley-ball et aussi la natation où nous présentons aujourd’hui le champion sénégalais. Au niveau de toutes les disciplines collectives nous sommes dans le carré d’As. Au niveau individuel, que ce soit les arts martiaux, la natation, l’athlétisme, nous avons de bonnes performances.

Ce qui malheureusement n’est pas le cas au niveau du football…

Si ça bat un peu de l’aile au niveau du football, je pense que c’est à déplorer. A l’image de ce qui se passe dans les autres équipes. Je crois que le niveau a un peu baissé. Nous sommes effectivement en National 1. Il faut dire que si l’Asfa en est là aujourd’hui, cela est dû à un changement de génération. L’équipe qui était là et qui a connu cette période de gloire n’a peut-être pas pu être remplacée par notre génération. Il faut aussi prendre en compte l’implication des armées dans les diverses opérations, aussi bien au plan national qu’international. C’est certainement cela qui fait que le niveau d’activité sportif qui devrait permettre d’identifier les potentiels a un peu baissé. Cela a peut-être impacté sur la qualité de l’équipe. A cela, il faut ajouter la reconfiguration du milieu sportif en général. Ce qui fait que les meilleurs sportifs ne viennent plus dans les armées, cherchant à échanger leurs capacités avec d’autres clubs beaucoup plus riches. C’est une réalité qu’il faut intégrer et qui justifie un peu la situation actuelle de l’Asfa. Aujourd’hui, ce que nous essayons de faire, c’est faire monter l’équipe en Ligue professionnelle. C’est notre objectif.  

Concrètement, comment y parvenir ?

Déjà, il y a un pas qui a été gagné depuis 2011 où nous étions en National 2. Nous comptons intensifier le travail, identifier les manquements, revoir également les recrutements, autant civils que militaires, afin de franchir les barrières qui sont devant nous. Pour les solutions techniques, je crois que l’entraîneur est mieux outillé pour en parler. Nous leur faisons confiance. Tout ce que je peux dire, c’est qu’au niveau de notre commandement, le Chef d’Etat Major des Armées nous a instruits de tout faire pour la montée en Ligue Pro. Et ça, nous le prenons comme une mission. Nous avons également le président du Comité directeur qui est le Général Cheikh Guèye, qui est également là pour nous pousser. A notre niveau, ce que nous faisons, c’est avoir un encadrement de proximité, d’indentification des besoins ponctuels et prendre des décisions adéquates. Dans un sens plus global, nous essayons de trouver la solution et d’avoir les conseils de tous ceux qui ont des idées à partager. Que ce soit au niveau du ministère, du Cnoss ou d’autres structures qui peuvent nous orienter. Mais également, au niveau de l’assistance technique Et même si on peut le trouver ailleurs, nous allons le chercher.

 Qu’est-ce qui explique l’intégration de civils au sein de l’Asfa ?

L’intégration est motivée par une obligation faite par la Fédération sénégalaise de football d’avoir du personnel civil pour jouer en Ligue professionnelle. Et ce n’est pas contraire à notre mission qui est la valorisation du concept : Armée-Nation. Ceci a permis une cohabitation entre joueurs civils d’une certaine qualité et joueurs militaires, et qui défendent ensemble les couleurs du club de l’Asfa.

Est-ce que cette intégration des civils a été facile pour les autorités de l’Armée ?

Je dirai que c’est quelque chose de délicat, mais ça a toujours marché. Dans les autres clubs, l’équipe est souvent composée de joueurs qui viennent d’autres horizons. Et la capacité du sportif, c’est de s’adapter à tous les environnements. Ici, nous avons trouvé que les joueurs civils se sont bien intégrés aux habitudes militaires. D’ailleurs, certains se plaisent quelquefois à se mettre au garde-à-vous pour me dire Prési (rire). C’est pour vous dire que les civils sont vraiment bien intégrés dans le milieu militaire.

Quelles sont les difficultés, s’il y en a, que vous rencontrez à la tête de la section ?

C’est peut-être l’adversité sur le terrain, c'est-à-dire le changement de la configuration générale. Toutes les équipes sont devenues bonnes. Devant cette diversité qui présente certaines qualités, il faut être meilleur que les autres. Cela dit, nous avons derrière nous, un staff qui nous pousse et qui nous donne les orientations. Donc, nous essayons de surmonter les difficultés dans l’optique d’accomplir la mission qui nous ait assignée et qui est de faire monter l’Asfa en Ligue professionnelle.

Dans ces difficultés, on imagine que le volet financier pose un sérieux problème à l’Asfa ?

Le problème financier est inhérent pour tout pays sous- développé. Ceci n’est pas spécifique aux Armées. Nous ne pouvons pas nous mettre au même niveau que les grandes équipes. Mais nous sommes organisés de telle sorte à pouvoir prendre en charge les aspects essentiels : à savoir l’alimentation, le couchage, l’émolument, la prise en charge médicale, le paiement régulier des primes, etc... Je pense que c’est assez important pour un sportif d’être déjà dans un cadre normal lui permettant de s’exprimer et de faire valoir ses compétences.

Les anciens ont également leur mot à dire ?

Leur implication est très réelle. Non seulement ils sont présents au niveau des activités de cohésion qui sont organisées au football avec le cadre de concertation régulier, mais également au niveau des repas que nous organisons chaque année.    

Sur le plan personnel, qu’est-ce qui vous a poussé à occuper ce poste ?

J’ai été un ancien basketteur en réalité. J’ai fait le mini-basket, cadet et junior au Camp Leclerc. J’étais play-maker. J’ai joué également aux Niayes et je fais partie de ceux là qui ont crée le Sibac avec Bassirou Badji. Cela dit, j’ai été affecté à ce poste par le Commandement. Nous sommes une équipe avec tous les adjoints, les entraineurs. En plus de ceux-là, il y a le Comité directeur, le ministre des Forces Armées qui est lui-même le président  d’honneur. Il y a aussi le Haut Commandement de la Gendarmerie nationale et le Commandant de la Brigade nationale des Sapeurs pompiers. Tout ceci constitue une équipe dans laquelle, je suis le secrétaire général chargé de coordonner les orientations majeures de tout ce qui gravite autour. Je suis un peu l’interface entre le Commandement et la chaîne chargée d’appliquer ce qui nous ait demandé de faire.



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