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La vérité sur Demba Bâ

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La vérité sur Demba Bâ
«Choix sportif», le terme est vague. Mais depuis six mois qu’Alain Giresse l’a brandi pour justifier la mise à l’écart de Demba Bâ, son effet reste rémanent et radical. Devant l’ambiguïté de la formule, le mystère qui l’entoure et les extrapolations qui en découlent, le sélectionneur s’est doté d’une carapace qui lui permet d’évacuer tout débat. Il se trouve d’autant plus à l’aise qu’il s’agit de son domaine réservé, de sa responsabilité propre et de son autorité totale. 

Quel que puisse être, demain, l’idée qu’il se fera du Sénégal, Giresse pourra en parler comme d’un pays où «on ne connaît pas les vols spéciaux pour la sélection nationale», mais pas comme une de ces Républiques cacaoyères où la liste du sélectionneur national n’est qu’un brouillon dont le draft final est l’œuvre du président de la fédération, du ministre des Sports, voire du président de la République.

La vassalisation que ses collègues subissent au Cameroun, au Togo, en Rd Congo, etc., Giresse ne l’endure point. Libre de ses choix, n’étant assujetti qu’à sa propre volonté, il lui est d’autant plus facile de sévir sans expliquer (ou s’expliquer) que son attitude devant la presse  se double d’une logique : ne jamais parler des absents. On peut dire que c’est par respect pour les présents. C’est aussi une belle manière de contourner ce paradoxe qui fait que les absents brillent parfois plus que les présents. Mais puisque Demba Bâ demeure l’omniprésent parmi les absents, cela permet surtout au sélectionneur national d’évacuer un débat dont on imagine aisément le point central.

Cependant, on est en sport et non en diplomatie. La pertinence des positions se juge à leur clarté et à leur compréhension facile. Le débat technique ne peut s’enfermer dans les formules creuses et la langue de bois qui offrent des lectures à géométrie variable, selon les angles d’analyse. Le courage d’un Mourinho ou d’un Ferguson est d’être clairs dans leurs choix de ruptures et de dénonciations. Particulièrement pour le premier qui traita Benzema de «chat», alors qu’il avait besoin de «chiens» pour aller à la chasse.

La mise à l’écart de Demba Bâ est perçue comme une conséquence de son match lamentable contre l’Angola, à Conakry. On l’a trouvée logique comme décision sportive. Face à un déficit d’engagement manifeste, l’exigence de réarmement mental du groupe l’exigeait. Mais les faillites individuelles et collectives n’ont pas manqué par la suite. Avec pour summum le dernier match perdu à Abidjan, devant les «Eléphants».

Il reste à savoir pourquoi les «péchés» que traîne Demba Bâ sont demeurés insolubles. Pourquoi, au bout de cinq matches disputés par les «Lions» depuis juin 2013, les «choix sportifs» de Giresse n’ont jamais pu être inclusifs à l’endroit du joueur.
On se doute, dès lors, qu’il ne s’agisse pas tout simplement de choix technico-tactique.
A ce titre, la valeur sportive de Demba Bâ dépasse de loin la moyenne qu’affiche l’équipe nationale. De tous les éléments qui peuplent la «Tanière», le joueur de Chelsea reste celui qui évolue dans le club le plus prestigieux. S’il n’y a qu’un statut d’intermittent du spectacle, il fait au moins partie du groupe de performance. Le «choix sportif» de Mourinho de compter sur Torres, à son détriment, est clair, mais l’entraîneur des «Blues» a été tout aussi clair quant à la valeur qu’il accorde à Demba Bâ en refusant de le laisser transférer à Arsenal, pour ne pas renforcer la force de frappe d’un concurrent.

Si le buteur de Chelsea face à Schalke, en Ligue des champions, mercredi soir, n’a pas place en équipe nationale du Sénégal, l’argument se trouve ailleurs que dans sa valeur footballistique.

Mais le «choix sportif» n’est pas uniquement technique. Il relève aussi de la dimension humaine. Un domaine où la subjectivité joue à fond, où les connexions positives et négatives relèvent de perceptions personnelles.

Reste à savoir si la personnalité de Demba Bâ est d’une influence néfaste à la vie du groupe, à sa cohésion en tant qu’entité sociale et à sa cohérence au niveau de l’expression technico-tactique sur le terrain.

A l’évidence, le joueur ne paraît guère dégager des ondes malfaisantes. A maintes reprises, il a été remplaçant sans faire de vagues. Exclu par «choix sportif», il n’a pas rué dans les brancards. Solidaire avec les «Lions», il n’a pas été avare d’encouragements dans les moments difficiles traversés par le groupe.

En somme, Demba Bâ n’est pas le Cantona qui traita Henri Michel de «sac à merde». Pas plus qu’un El  Hadj Diouf, jamais avare de ses gros mots à l’endroit de l’establishment du football sénégalais. Même un Diawara qui a découché un soir de regroupement à Paris, pour se faire expulser du groupe par Kasperczak, n’a pas vécu aussi longtemps avec sa peine.
Jusqu’ici, Demba Bâ s’est limité à avancer qu’un jour le peuple saura. Une vérité qui se fait encore attendre. Sa convocation n’est pas une exigence, mais sa mise à l’écart mérite une franche explication.

 



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