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Le Brésil va tout droit vers les demi-finales, mais les Brésiliens continuent de manifester

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Le Brésil va tout droit vers les demi-finales, mais les Brésiliens continuent de manifester

Mercredi 19 juin 2013, la Seleçao a battu le Mexique (2-0) à Fortaleza, dans le cadre de la Coupe des confédérations, répétition générale du Mondial de football 2014. Mais ce n’est pas le fait du jour au Brésil. La compétition reste marquée par de vastes manifestations contre la vie chère et l'ardoise de la Coupe du monde. Des affrontements ont éclaté ce mercredi 19 juin autour du stade avant le match.

Visage phare de la sélection brésilienne de football, parfois pris à partie dans les cortèges de manifestants depuis dix jours, l’attaquant Neymar avait prévenu avant le match qu’il jouerait inspiré par le mouvement social qui frappe son pays. « Je suis triste de tout ce qu’il se passe actuellement au Brésil. J'ai toujours pensé qu'il ne devrait pas être nécessaire de descendre dans la rue pour réclamer de meilleures conditions de transports, de santé, d'éducation et de sécurité. Tout ça, c'est le devoir du gouvernement », écrivait-il sur les réseaux sociaux ce mercredi.

 

De fait, Neymar n’a pas menti : auteur mercredi d’un superbe but et d’une passe décisive contre le Mexique, il a permis au Brésil de faire un grand pas sur le chemin de la qualification pour les demi-finales de la Coupe des confédérations. Mais un peu avant, à l’approche du match, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées devant le stade, dont la police avait bloqué l’accès tôt le matin. La manifestation a même dégénéré lorsque le bataillon de choc de la police militaire a tenté de disperser l’immense foule.

« Plus d’éducation et moins de football ! »

Aux jets de pierres, la police a répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Un journaliste a notamment été sévèrement blessé à l’œil. Les manifestants se sont vengés en brûlant une voiture de police. Pendant le match, dans les tribunes, on apercevait encore des pancartes traduisant la présence de protestataires. « Mon Brésil est dans les rues. Le géant s'est réveillé ! », pouvait-on notamment lire. A l'extérieur de l'enceinte sportive, une heure après le coup d'envoi, quelque 25 000 protestataires bloquaient toujours deux routes d'accès au stade, maintenus à trois kilomètres par les forces de l'ordre.


Bien plus au sud du pays, dans la capitale économique du Brésil, Sao Paulo, la tension sociale ne faiblit pas non plus. Après la manifestation de mardi, les protestataires se sont levés tôt ce mercredi pour envahir les voies rapides qui donnent accès à la cité. Leur manœuvre a provoqué des kilomètres d’embouteillages. Dans les rangs des manifestants, toujours les mêmes slogans : « Fifa ! Fifa ! Paie notre ticket de bus ! » Ou encore : « Plus d’éducation et moins de football ! » Les protestataires ne digèrent pas le coût exorbitant du Mondial : 11 milliards d’euros d’argent public investis, selon les chiffres du gouvernement. A titre d’exemple, la rénovation du stade de Fortaleza a coûté 180 millions d'euros.

Le ticket de bus, toujours le sujet phare du mouvement

D'autres rassemblements ont eu lieu ce mercredi à Belo Horizonte, Rio Branco, Brasilia et Niteroi. De nouveaux mouvements sont prévus ce jeudi 20 juin dans l'ensemble du pays, notamment en marge du match Espagne-Tahiti à Rio, théâtre de fortes violences dans la nuit de lundi. En somme, la protestation nationale ne faiblit pas, bien au contraire.

 

Pour autant, Sao Paulo et Rio de Janeiro ont à leur tour décidé d’abaisser les prix des transports en commun ce mercredi. Car le prix du ticket de bus reste le sujet qui cristallise toutes les tensions depuis le début du mouvement. « Nous allons suspendre l'augmentation et revenir au prix d'avant » dans le métro, le train et l'autobus, a annoncé le gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Geraldo Alckmin. En revanche, à Rio, seul le prix du ticket de bus va baisser, a annoncé le maire Eduardo Paes.

Selon les résultats d’une enquête de l'institut Datafolha, rendue publique ce mercredi, 79% des personnes interrogées ont peu ou pas de considération pour les partis politiques. 76% disent la même chose du gouvernement et 82% du Parlement. Parmi les motifs de mécontentement, la hausse des prix pratiqués dans les transports arrivent bien sûr en tête (67% des sondés). Viennent ensuite la corruption (38%) et les hommes politiques (35%).



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