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Tourisme

Projet de station touristique à Pointe Sarène : La Sapco sur une emprise de contestations

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Projet de station touristique à Pointe Sarène : La Sapco sur une emprise de contestations
La réalisation de la Station balnéaire de Pointe Saréne dans le département de Mbour prévue en juin 2016 se heurte à une résistance des populations qui dénoncent une expropriation de leur champ de mil et d’arachide.

Depuis quelques jours, la colère noircit le sable fin de la Petite Côte. La réalisation de la Station balnéaire de Pointe Saréne, située dans le département de Mbour, fait face à l’opposition des populations qui se sentent «flouées» par ce projet. Agitant des brassards rouges en signe de protestation contre les «agissements» de la Sapco par rapport à l’expropriation de leurs terres, elles ont dénoncé «l’opacité» qui entoure cette opération. Rasidou Diallo, porte-parole des populations de Pointe Saréne, se dit convaincu que la Sapco a violé la convention qui lie les deux parties. Il dénonce l’accaparement de leurs terres dans cette zone convoitée par les investisseurs touristiques : «L’expérience des domaines communautaires agricoles a été initiée dans ce village en 1998. Nous ne disposons plus de terres pour cultiver, l’agriculture est révolue à Pointe Saréne puisque tous nos champs sont aujourd’hui dans le titre foncier que l’Etat a cédé à la Sapco-Sn. Ce qui fait que l’extension de notre chère localité est bloquée à jamais. Et que nous continuerons à habiter chez nos parents ou quitter notre Pointe Saréne si nous voulons avoir un toit», clame Rasidou Diallo. 


Dans le cadre de la réalisation de ce projet, 1478 ha 35 a situés dans la zone de Pointe Saréne–Mbo­diéne ont été expropriés pour utilité publique. Mais, les populations se sont rendu compte que la station, qui va toucher 385 personnes, va impacter sur leur périmètre champêtre. En vérité, les paysans remettent en cause une expropriation de 504 ha dans cette zone où ils cultivent du mil et de l’arachide. «Aujourd’hui les quantités de sorgho, de mil, de maïs et de légumes produites par ces braves populations de Pointe Saréne sur ce site vont baisser», regrette-t-il encore. 


Outré, il ajoute : «Nous refusons de devenir des mendiants ou que nos enfants deviennent des voleurs ou agresseurs de touristes ou qu’ils prennent les pirogues de Barsa ou Barsakh en laissant toutes nos terres à la Sapco-Sn pour qu’elle les revende pour les terrains viabilisés à 25 545 F Cfa/m2 à des étrangers qui vont y investir pour le compte de leurs familles. C’est pourquoi nous refusons que nos terres de culture soient comprises dans un titre foncier de la Sapco-Sn et également que l’extension du village de Pointe Saréne ne soit pas bloquée par le projet. Nous refusons d’être les sacrifiés du Pse et réclamons les mesures d’accompagnement qui sont prévues dans la convention générale qui lie l’Etat à la Sapco-Sn.»


Dans ce village, les habitants ne sont pas prêts à lâcher du lest dans ce combat. Aïssatou Sarr, responsable des femmes de l’Apr de ce village, et conseiller municipal dans la commune de Malicounda, rappelle au Président Macky Sall sa promesse de campagne : «Lorsque je l’ai accueilli dans ce village, il avait promis de régler définitivement ce problème. C’est pourquoi nous attirons son attention sur ce qui se passe ici, nous promettons de bloquer le travail si les autorités ne prennent pas langue avec nous.» 


Aujourd’hui, les «victimes» de cette expropriation dénoncent la modicité des indemnisations proposées. Elles indexent le mauvais travail de la Commission d’évaluation des impenses qui a évalué la valeur des «champs de céréales au mois de janvier à juin et sans tenir compte des limites des propriétés». La commission a fixé le montant des dédommagements à 1, 842 milliard de F Cfa. «C’est dérisoire», clament les populations qui ont promis de ne pas se «limiter» à ces protestations.


Bocar Ly, directeur général Sapco : « Le fil du dialogue a été renoué»


Dès l’éclatement de la colère des populations, la Sapco est entrée dans la danse pour tenter d’arrondir les angles. Même si les nuages planent toujours sur la nouvelle station balnéaire de Pointe Saréne. Accompagné du sous-préfet de Sindia Amady Diongue, le directeur général de la Société d’aménagement de la Petite Côte (Sapco), Bocar Ly, a rencontré samedi pendant trois heures les populations à Pointe Saréne pour tenter d’harmoniser les positions. «Nous sommes en train d’arrondir les angles car le fil du dialogue a été renoué, nous allons envoyer une commission pour délimiter les limites de la Sapco sur les trois questions mises sur la table à savoir l’évaluation des impenses, le déficit de communication et la prise en charge de l’impact social du projet sur les populations», promet Bocar Ly. 


Aujourd’hui, il annonce l’ouverture rapide des négociations. «Pour l’évaluation des impenses, une commission de conciliation sera mise en place dés lundi (aujourd’hui) par arrêté du préfet. Elle va prendre en charge cette question pour affronter les difficultés», avance M. Ly. En attendant, il insiste sur l’impact de la réalisation de la Station balnéaire. «Cette station va amener l’assainissement, l’électrification, l’adduction d’eau, la voierie. La construction de la station de Pointe Saréne qui doit sortir de terre en 2016 est une priorité pour l’Etat car le président de la République a dégagé dans le plan triennal d’investissement 16 milliards de francs Cfa pour Pointe Saréne et Mbodiéne», poursuit-il. 


En attendant, les populations espèrent que les discussions pourront lever leurs craintes. Sitor Sarr, porte-parole des populations, prévient : «La Sapco n’a pas respecté sa parole dans le cahier de charges. Nous ne sommes pas contre le projet mais contre la démarche que les autorités de la Sapco ont adoptée. Le directeur général de la Sapco a pris un certain nombre de mesures, nous prenons acte et nous allons le juger sur acte. Nous allons retourner à la base pour une restitution et donner suite à ce qui a été retenu durant cette réunion.»

affaire_de_malade

7 Commentaires

  1. Auteur

    Anonyme

    En Juin, 2015 (19:52 PM)
    Adama Dieng, soutient que l'Etat du Sénégal n'a d'autres issues que de libérer Thione Balago Seck, comme l'a demandé le Groupe de travail des Nations-Unies. « Le Sénégal doit, non seulement, respecter cet avis, mais se doit de l'appliquer. En cas de résistance, les Nations-Unies ont d'autres mécanismes pour contraindre notre pays à respecter cette décision», avise Adama Dieng, rapporte le quotidien «Rewmi».
  2. Auteur

    Tourisme ....

    En Juin, 2015 (20:38 PM)
    à mourir de rire, Saly et Mbour sont des stations moribondes vu le désert touristique du Sénégal et l'on veut créer une nouvelle station, pour qui ? pour les riches sénégalais qui s'enrichissent honteusement aussitôt nommés dans des postes où leur incompétence est notoire mais où les milliardaires fleurissent en 6 mois ? encore une arnaque de plus, tenez bon gens de la région !
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    Auteur

    Anonyme

    En Juin, 2015 (21:55 PM)
    :looney:  :emoshoot:  :fbhang:  :emoshoot:  :fbhang: 
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    Auteur

    Anonyme

    En Juin, 2015 (23:29 PM)
    La première tache c'est de faire redécoller le tourisme et non de créer de nouvelle zone qui seront désertes ou partagées entre pontes du régime. Il faut demander aux hôteliers de la zone de Mbour Saly , leur taux de remplissage pour comprendre que ce projet est un non sens maintenant si c'est ensuite pour se partager les terres cela se tient sauf qu'il faut rappeler que c'est l'argent du contribuable. Pire encore dans ce projet on prevoit d'exproprier meme des terres sur lesquels il y a des auberges.
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    Auteur

    Atypico

    En Juin, 2015 (00:34 AM)
    Lacher les terres agricoles pour le mirage d'une industrie touristique c'est se tirer encore une balle dans le pied . Une spécialité nationale ! Merde !
    Auteur

    Anonyme

    En Juin, 2015 (07:59 AM)
    remettons saly au top avant de dépenser ailleurs :taala_sylla: 
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    Auteur

    Heucha

    En Juin, 2015 (10:56 AM)
    Nous sommes tout simplement gouvernes par des voleurs,des dealers qui vont profiter de ce projet inadmissible pour voler notre argent.C'est le systemes wade fantomas qui continue,inventer des projets qui ne sont pas profitables a la population pour pouvoir voler plus d'argent........
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