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Le Sénégal accueille la revue à mi-parcours du PRAPS2 : Impulser une nouvelle dynamique pour le pastoralisme au Sahel

Auteur: Khady NDOYE

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Le Sénégal accueille la revue à mi-parcours du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS2). Un événement d'envergure régionale qui a réuni des délégations des six pays bénéficiaires du projet ainsi que des partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale et le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).
Placée sous le haut patronage du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, cette rencontre vise à dresser le bilan des trois premières années de mise en œuvre du PRAPS2 et à réfléchir aux ajustements nécessaires pour maximiser son impact.
Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, qui a représenté le ministre Mabouba Diagne, a souligné l’importance stratégique du PRAPS lancé en 2016 dans le repositionnement du pastoralisme au cœur des politiques publiques. "Le Sénégal est un pays à forte vocation pastorale. Le PRAPS a permis de remettre le secteur sur le devant de la scène, après de longues années d’oubli", a déclaré Ousmane Mbaye.
Parmi les résultats notables figurent le renforcement des services de santé animale, la gestion locale des ressources naturelles, la structuration des organisations professionnelles et le développement des cultures fourragères.
Le PRAPS-2 a formé neuf médecins vétérinaires, 11 étudiants en Master de santé animale et 135 spécialistes en diagnostic et contrôle des maladies animales. Cent huit parcs de vaccination ont été construits ou réhabilités. Le taux de couverture vaccinale contre la PPCB est de 34,30 % et 84,22 millions d'animaux ont été vaccinés et marqués contre la PPR. 
Grâce au PRAPS-2, 4 600 bénéficiaires, dont 2 700 femmes ont reçu une formation professionnelle et technique, 116 000 pasteurs et agropasteurs ont bénéficié d'une pièce d'état civil ou d'une inscription au registre social, 9 500 bénéficiaires, dont 8 000 femmes, ont été soutenus pour la réalisation d'activités génératrices de revenus.
Des défis persistants pour un impact durable
Malgré ces acquis, l’évaluation à mi-parcours met en lumière des défis majeurs à surmonter. Le projet souffre notamment d’un manque de stratégie de mise à l’échelle des initiatives pilotes et d’un accompagnement insuffisant des bénéficiaires, en particulier les gestionnaires d’infrastructures communautaires et les porteurs de sous-projets.
Le SG du ministère de l'Agriculture a rappelé que le Sénégal traverse, depuis 2024, une profonde transformation institutionnelle marquée par la fusion des ministères de l’Agriculture et de l’Élevage, et l’adoption de nouvelles stratégies comme la Vision Sénégal 2050, le Master Plan 2025-2034 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029.
"Toutes les interventions doivent désormais s’aligner sur notre priorité nationale : la souveraineté alimentaire. C’est pourquoi des réallocations budgétaires sont proposées pour adapter le PRAPS-2 à ce nouveau cap, notamment via la mise en place de coopératives agricoles communautaires", a indiqué M. Mbaye.
La flexibilité des partenaires saluée
Il a également salué la flexibilité de la Banque mondiale, qui a accepté une restructuration anticipée du projet FSRP – doté de plus de 150 milliards F CFA – pour tenir compte de cette nouvelle vision stratégique.
D'ailleurs, El Hadji Adama Touré, directeur sectoriel agriculture et alimentation pour l'Afrique de l'Ouest de la Banque mondiale, explique qu'en "dix ans, les partenaires, dont le CILSS, sont parvenus à créer une plateforme qui met au-devant de l'économie agricole et rurale dans le Sahel le pastoralisme, qui est l'un des systèmes d'élevage les plus résilients de notre région. Ce que les premiers résultats ont montré démontre que les fondamentaux ont été préservés malgré tous les défis du contexte de ces dix dernières années. Au niveau de la santé animale, des pas importants ont été faits dans la vaccination du cheptel. On peut se satisfaire des résultats qui peuvent encore être amplifiés. Nous allons réfléchir à les amplifier pour avoir plus d'impact. Le pastoralisme est un bassin extraordinaire d'intégration économique social, mais aussi d'emploi".
Renforcer l’impact et la résilience
De son côté, Dr Abdoulaye Mohamadou, secrétaire exécutif du CILSS, a insisté sur l’originalité du projet, qui permet notamment aux éleveurs transhumants d’accéder aux documents d’état civil, renforçant ainsi leur citoyenneté et leur liberté. "L'une des originalités du projet est qu'il contribue à la construction de la citoyenneté dans nos pays. Souvent, les éleveurs, en particulier les transhumants, sont loin des centres d'état civil. C'était une originalité de les aider à acquérir ces documents qui permettent à la fois la liberté de circulation, mais surtout la citoyenneté tout court", assure-t-il.
Il rappelle qu'en mi-parcours, le PRAPS-2 doit faire face aux défis liés à l'insécurité dans certains pays. "On a aussi eu un certain nombre de chocs externes ; la crise russo-ukrainienne qui a affecté l'économie régionale. Nous avons aussi un contexte difficile lié à une tendance haussière des prix ces dernières années, qui fait que la vie est devenue plus chère au Sahel et en Afrique de l'Ouest". 
Auteur: Khady NDOYE

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