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Mamadou Moustapha Thiandoum, sous-préfet de Bandafassi : « Il faut sensibiliser les populations sur l’importance de l’Etat civil»

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Mamadou Moustapha Thiandoum, sous-préfet de Bandafassi : « Il faut sensibiliser les populations sur l’importance de l’Etat civil»
Mamadou Moustapha Thiandoum, sous-préfet de Bandafassi, est outré de la situation «catastrophique» de l’Etat civil dans sa circonscription. En marge des concertations régionales portant sur les politiques phare de L’Etat du Sénégal tenues la semaine dernière à Kédougou, il a abordé sans faux-fuyant les problèmes de l’Etat civil dans sa circonscription et partout dans la région. 

Vous venez de sortir des consultations régionales où la question de l’Etat civil a été évoquée. Quelle est la situation qui prévaut dans votre arrondissement, Bandafassi ?

Je vais commencer par faire un bref rappel. Lorsque j’ai pris service en 2011 à la tête de l’arrondissement de Bandafassi, j’ai trouvé une situation catastrophique. A l’époque, j’avais adressé une lettre au procureur pour l’informer de ma décision de ne plus signer les documents d’Etat civil à Bandafassi. Parce que tout simplement, je ne voudrais pas que le faux évolue. Pour cause, au lieu d’inscrire les requêtes au niveau des registres, on mettait uniquement un numéro sur la requête pour ensuite attribuer des extraits de naissance. Ce qui est du faux et contraire à la loi.

Lors des concertations, j’ai fait savoir que je ne suis pas en phase avec les audiences foraines qui sont une porte ouverte pour tous les cas de fraudes. Nous sommes un pays frontalier avec des pays de la sous région comme la Guinée Conakry. C’est avec regret et consternation qu’on constate qu’il y a des Guinéens qui ont des pièces d’Etat civil sénégalaises. Ce qui n’est pas normal. Il faut une forte sensibilisation envers les populations, mais aussi et surtout les chefs de village et de quartier. 

Il y a ce qu’on appelle les officiers d’Etat civil qui sont appuyés pour avoir un bon document par le chef de village ou quartier. Parce qu’il ne peut pas y avoir de baptême dans un village ou un quartier sans que le chef de village ne soit informé ou le délégué de quartier. Par conséquent, ils sont informés de tous les cas de naissance et avec le cahier de village, ils font la transcription avant de se rapprocher du centre principal ou secondaire. Ce que je déplore également au niveau de l’Etat civil, c’est que les gens croient qu’il se limite uniquement aux naissances. Alors que l’Etat civil est défini comme étant l’ensemble des évènements qui surviennent sur la vie d’un individu (la naissance, la mort, le mariage, le divorce, etc.).

Il faudrait donc qu’on mette l’accent sur la sensibilisation pour mieux informer la population par rapport à l’importance de l’Etat civil. J’ai en outre fait constater que les régions de Kédougou et Kolda ont des situations similaires du fait que les gens n’ont pas le réflexe de faire des déclarations. Il est donc urgent de régler cette question. Il est également déplorable, ce qui se passe au niveau des inspections de l’éducation à Kédougou, parce que l’inspecteur de l’éducation et de la formation ne doit pas permettre à un élève de passer un examen sur la base d’une requête ou d’un projet de requête. Ce sont des choses à bannir. De toute façon, il faut que les gens prennent conscience que l’Etat civil est un «trésor». Il faudrait qu’on se mobilise pour éradiquer complètement les audiences foraines, mais également le faux. Parce que sur cet aspect, je reçois beaucoup de lettres d’annulation. Pour cela, il faut insister sur le choix des personnes qui doivent gérer l’Etat civil.

Avec l’Acte 3 de la décentralisation, est-ce qu’on peut s’attendre à ce que la question de l’Etat civil soit réglée ?

Il y a des inquiétudes avec l’Acte 3 de la décentralisation. Seulement pour ma part, j’estime qu’avant même de finaliser ce projet de décret, il faudrait tenir des sessions de formation à l’endroit des maires et ceux qui doivent gérer l’Etat civil. Parce qu’il faut le dire, il y a beaucoup d’officiers d’Etat civil qui sont en prison. Parce que non seulement l’Etat civil est très sensible, mais c’est une porte d’entrée à la fraude. Il faut que les maires soient sensibilisés, formés pour que les préposés à gérer l’Etat civil soient honnêtes, dignes, bien encadrés et bien rémunérés pour éviter au grand maximum les cas de fraude.


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