Amedy Coulibaly : terroriste ou victime ? Deuxième partie Par Bathie Ngoye

International

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

...Comme ni sa femme ni ses amis ne l’appelaient ainsi, ça devait être un nom récemment choisi. Seulement voilà, quand il prend enfin la parole et se présente, contrairement à ce qu’on pourrait attendre, il ne dit pas « Moi, Aboû Bassîr AbdAlah Al-Ifriqi… », et ne prononce ce nom à aucun moment. D’ailleurs, aurait-il été capable de le prononcer ? Est-ce un nom qui lui a été posthumément donné ? Et il ne se qualifie pas de « soldat du Calife » non plus.

            Ensuite, on voit défiler la liste de ses crimes revendiqués avec des « Il a fait ». Puis « on » lui pose quatre questions. Mais avant de parler des « questions », regardons l’attitude d’Amedy, l’expression sur son visage, le ton de sa voix, ses gestes. Des journalistes disent : « Il parle d'une voix lente qui ne vacille jamais. », « Un ton toujours monocorde qui ne trahit pas la moindre émotion », « une voix dégagée »… Mais quand on regarde cette vidéo, on voit que c’est quelqu’un qui est inquiet, angoissé, comme un otage que ses ravisseurs filment en l’obligeant à faire des déclarations. Un « fou d’Allah » qui vient de tuer, qui est déterminé à aller tuer encore dans quelques heures, et qui se fait filmer pour revendiquer ses actes ne peut pas avoir cette attitude. Normalement, lui dont on dit qu’il suivait les informations, devait être devant sa télé pour savoir ce qu’il était advenu des agents sur qui il avait tiré quelques heures auparavant et surtout pour savoir si sa trace était retrouvée ou pas car il ne devait pas ignorer que la police le recherchait activement. Dans ce cas, on aurait senti chez lui la nervosité d’une personne traquée. Par ailleurs, toute la vidéo devait porter sur les « attaques bénies de Montrouge » et la prise d’otages qu’il allait faire ensuite. Ou encore sur l’appel à témoins lancé par la police avec sa photo et celle de son épouse dessus. Et la dernière et pas des moindres, les « témoignages » indiquent qu’il avait déjà pris la décision de mourir en martyr dans cette prise d’otages. Rien de tout cela ne sort de sa bouche. Et s’il avait oublié d’en parler, ses « complices » qui filmaient devaient lui poser des questions là-dessus. Étrangement, les questions sont celles qu’auraient posées des gens qui cherchent à l’accabler, le jeter en pâture à la vindicte populaire.

            Une première question est écrite en blanc sur fond noir. Aucune voix ne la lit. Juste un texte : « A quel groupe tu appartiens et as-tu un Émir ? » Des complices, qui connaissent déjà la réponse, n’auraient pas posé cette question qui leur fait perdre du temps dans une courte vidéo de sept minutes.

            L’action commence. Le décor fait bien le jeu. Un djihadiste devant un drap blanc accroché au mur et un tableau ou drapeau noir et blanc qui fait islamiste. C’est Amedy Coulibaly. Quand on a commencé à signaler les failles qu’il y a dans cette vidéo, des journalistes  ont  failli détourner l’attention de l’essentiel en disant « Quelqu’un qui ressemble à Amedy Coulibaly » ou « Est-ce un sosie ? ». Qu’ils ne se fatiguent pas. C’est bel et bien Amedy Coulibaly, nul ne le conteste, mais la question n’est pas là. On remarque qu’au début de chaque séquence, ceux qui ont monté la vidéo écrivent un petit commentaire pour guider certains esprits. On lit : « AbdAllah annonce son allégeance au Calife Ibrahim ». Amedy s’exprime en français. On remarque qu’il est en train de lire un texte qu’il ne connait pas bien. Il a même du mal à dire le nom de son « maître » et doit souvent baisser les yeux pour lire le mot suivant. Est-il en train de lire de son propre gré ou sous la menace de ceux qui le filment ? Il dit : « Je fais allégeance au Calife de la déclaration de califat… » Hop ! Coupure ! Ah ! Le pauvre, il n’arrive même pas à lire le texte devant lui. Que signifie « faire allégeance au Calife de la déclaration de califat » ? Ça n’a aucun sens. Il a sans doute sauté une ligne. Mais, on a entendu les mots « allégeance » et « calife », c’est l’essentiel. On passe. Mais, un instant. Jusqu’à présent, les journalistes n’arrêtent pas de nous raconter les longues années qu’Amedy a passées avec les terroristes islamistes qui l’ont endoctriné et tellement radicalisé qu’il parcourait la France, des années durant pour recruter à la sortie des mosquées. Pourquoi donc a-t-il attendu quelques heures avant sa mort, après tout ce travail et tous ses crimes commis au nom du califat, pour faire allégeance à son maître ?

            Le texte en français est lamentable. Il est tellement inquiet qu’il n’arrive pas à lire correctement. Mais il faut aussi un texte en arabe, ça fait plus islamiste. Oh, Ciel ! Alors là, c’est carrément la catastrophe. Tout d’abord, vu comment il prononce les mots, on sait qu’il ne peut pas lire en arabe. Le texte est donc écrit avec l’alphabet français. Mais avec ses hésitations et ses reprises, on s’aperçoit qu’il est en train de lire un texte qu’il ne connait pas. Peut-être qu’il ne sait même pas ce que signifie ce qu’il lit ou ce qu’on lui fait lire. Pourtant, le texte est très court. S’il l’avait lu dix fois auparavant, il y serait parvenu. Pourquoi donc ne l’a-t-il pas fait ? On nous dit que pour préparer la prise d’otages dans laquelle il avait décidé de mourir en martyr, il avait fait un repérage des lieux une semaine auparavant. Donc, pour ce texte qui est en quelque sorte son testament, il avait largement le temps de le lire des centaines de fois, jusqu’à le réciter par cœur. Il y a là quelque chose qui cloche.

            Fond noir, deuxième question écrite dessus : « Es-tu en lien avec les frères qui ont attaqué Charlie-Hebdo ? » Quel intérêt, sa femme ou d’autres complices, terroristes comme lui, connaissant la réponse, ont-ils à lui poser cette question ? Absolument aucun, reconnaissons-le. Par contre, pour ceux qui veulent « prouver » absolument que ce lien existe, c’est une question capitale. Quand Amedy s’était dédoublé pour discuter avec ses otages pendant qu’il était en ligne avec BFM TV, un journaliste de cette chaîne lui avait posé la même question, presque mot pour mot : « Êtes-vous en lien avec les deux frères qui ont fait l’opération à Charlie-Hebdo ? » Troublante coïncidence. Sa femme ou des complices n’auraient pas dit « les frères qui ont attaqué Charlie Hebdo », mais les auraient appelés par leurs prénoms puisque les journalistes nous ont appris qu’ils sont amis de longue date. Au journaliste, le double d’Amedy avait répondu : « Oui. On s’est synchronisé pour faire les opérations…. »

            Ceux qui ont fait le montage de la « vidéo posthume » commentent : « AbdAllah donne des détails des opérations ». Le décor change. Amedy Coulibaly, le regard toujours inquiet, est assis sur un canapé en t-shirt et par-dessus, le gilet pare-balles avec lequel il va mourir dans quelques heures ou le lendemain. Ici, il y a plusieurs coupures et recollages. On voit qu’on lui a posé beaucoup de questions et que dans ses réponses, des phrases ou des mots ont été coupés et recollés dans un certain ordre. On l’entend dire : « Les frères, euh… Notre équipe divisée en deux… Ont fait Charlie Hebdo… Alhamdoulillah…. Moi je suis sorti aussi un petit peu contre la police…. Et… euh… Donc voilà.  On a fait les choses un petit peu ensemble, un petit peu séparés, c'était pour… pour… Ça ait plus d'impact, quoi... Heuu (On voit qu’il est mal à l’aise et ne sait pas ce qu’il doit dire.) Je l'ai aidé dans son projet en lui donnant… en lui donnant… (Il cherche ses mots) quelques milliers d'euros… quelques milliers d’euros pour… (Sa langue trébuche) pour qu'il finisse à boucler ce qu'il avait à acheter… Voilà. Alhamdoulillah… On arrive à synchroniser pour … en même temps… (Le reste est incompréhensible) ».

            Franchement, ça ne fait pas sérieux. Ne trouvez-vous pas curieux qu’il n’ait pas prononcé les noms ou prénoms de ses amis et complices, noms que tout le monde connait ? Quand il dit « les frères, heu… », qu’est-ce qui prouve qu’il s’agit des Kouachi ?  Et quand il dit qu’il est lui aussi sorti un petit peu contre la police, dans quel contexte l’a-t-il dit ? Je vois mal quelqu’un qui a tué une policière, dans une « attaque bénie » et qui se fait filmer pour revendiquer ses actes, se contenter de dire « Moi je suis sorti aussi un petit peu contre la police » et non quelque chose du genre « J’ai tiré, j’ai tué une policière, t ce n’est que e début… » On nous dit qu’il avait donné des milliers d’euros aux frères Kouachi. Mais lui, il parle d’une seule personne. « Je l’ai aidé dans son projet… » Comment nous faire croire que cette personne, ce sont les deux frères ? En tout cas, le rapport entre la question et la réponse n’est pas évident.

            Le 13 janvier, lendemain de la diffusion de cette « vidéo posthume », le journal « Direct Matin » rapporte que le 4 décembre 2014, Amedy Coulibaly avait emprunté 6.000 euros auprès de Cofidis, un organisme de crédit. Et il commente : « Concrètement, le terroriste responsable de la mort de cinq personnes à Vincennes et Montrouge, la semaine dernière, a emprunté auprès de l’organisme 6.000 euros. Une somme qui fait écho aux propos tenus dans sa vidéo posthume de revendication dans laquelle il affirme avoir prêté de l’argent aux frères Kouachi pour les aider à perpétrer leurs attentats. » L’organisme de crédit n’a pas démenti l’information, mais ce journaliste ne se rend pas compte qu’en écrivant cela et démolit les affirmations de ses collègues comme quoi les frères Kouachi, en plus de faire du business dans la contrefaçon, étaient financés par Al Qaïda-Yemen et Amedy par l’État Islamique via des filières terroristes. On les imaginait recevant des centaines de milliers, voire des millions d’euros. Mais l’un était tellement pauvre qu’il avait dû emprunter 6.000 euros. Et les autres, encore plus pauvres, devaient lui tendre la main pour qu’il leur en prête quelques milliers. Le mythe est tombé.

            Troisième question. « Pourquoi avez-vous attaqué la France, Charlie Hebdo, une épicerie juive ? » Commentaire sur l’écran : « AbdAllah donne les raisons des attaques »

            C’est ici que ceux qui ont monté la vidéo ont tout gâché. Tout comme certains journalistes, ils veulent coûte que coûte parler de juifs et d’antisémitisme. Sur les textes incrustés dans la vidéo, le mot juif apparait trois fois, or Amedy ne prononce ce mot à aucun moment. Même le double d’Amedy qui avait appelé BFM TV n’avait pas prononcé ce mot et pourtant Sarah-Lou Cohen lui fait dire qu’il ciblait les juifs. Dans cette question, ils ont oublié la policière. Et puisqu’on parle d’épicerie juive, pourquoi ne pas préciser que cette policière était de race noire ?

            Nouveau changement de décor et de vêtements. Cet homme est recherché par toutes les polices de la France, voire de toute l’Europe, et il est là à changer de décors et de costumes comme au théâtre, en train de se faire filmer sans rien dire que les médias n’avaient pas déjà dit. Et on devine qu’il a fallu au moins une journée pour filmer tout ça, de plus entre le meurtre à Montrouge et la prise d’otages à Vincennes. Cela ne vous parait-il pas étrange ? Ici, il porte un blouson en cuir noir et une Kalachnikov est placée à côté de lui comme pour donner un look d’assassin. Mais si on regarde bien ses mains dans cette séquence, on dirait qu’il y a quelque chose caché par ses gants noirs. Ses poignets ne se séparent pas de plus de quelques centimètres et quand une main bouche, l’autre suit, comme si quelque chose les reliait. Mais bon… On remarque aussi qu’Amedy, si c’est lui qui parle de son propre gré,  ne s’adresse pas à des complices, mais à des gens qui ne sont pas de son camp et qui sont en train de le filmer. Le « vous en tête » que vous allez entendre sur la vidéo ou lire ci-dessous indique clairement que ses interlocuteurs sont en face de lui. Il dit, sur un ton absolument pas du tout guerrier :

            « Ce qu'on est en train de faire c'est tout à fait légitime. Vous attaquez le califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour. Alors vous faîtes votre victime, comme si vous ne compreniez pas ce qu'il se passe, pour quelques morts, alors que vous et votre coalition, vous en tête, vous bombardez régulièrement là-bas, vous avez investi des forces, vous tuez des civils, vous tuez des combattants. Pourquoi ? Parce qu'on applique la charia ? Même chez nous on n'a plus le droit d'appliquer la charia, c'est vous qui décidez ce qui va se passer sur la terre, c'est ça ? Non, on ne va pas laisser faire ça, on va se battre. Inchallah… (Incompréhensible) »

            Mesdames et messieurs, si vous ne vous en êtes pas aperçus, vous venez d’assister à la résurrection d’Amedy Coulibaly. Cet homme n’est pas sorti vivant de l’épicerie. Donc, on ne peut pas lui demander pourquoi il y a mené une opération et il ne peut pas y répondre. Certains médias et certains « témoins » ont tenté de donner une explication en disant que dans l’épicerie, il avait une caméra et un ordinateur et qu’il mettait des images dans l’ordinateur. Sérieusement, il est inévitable de se demander combien d’Amedy Coulibaly, il y avait dans l’épicerie. Tirer sur les gens, surveiller ses otages, discuter avec eux pendant des heures, placer des dynamites, se faire des sandwichs dans les rayons, appeler BFM TV, appeler des proches, converser avec la police en leur disant « Vous savez qui je suis. » suivre les infos pour savoir ce qui se passe dehors, aller faire sa prière pendant plus de quinze minutes, se filmer, mettre les images dans son ordinateur et sans doute les envoyer à des complices… Mais cette explication ne tient pas la route. Cette séquence de la vidéo n’a pas été filmée dans l’épicerie et Amedy ne portait pas les mêmes vêtements. Voilà donc une impérieuse raison pour retirer cette vidéo et tout faire pour qu’elle ne circule pas. Mais les paroles prêtées à Amedy, elles, sont affichées partout.

            Si ça vaut la peine de continuer, voici la quatrième et dernière question. Toujours un texte blanc sur fond noir : « Quel est ton conseil pour les musulmans de France ? » Le commentaire : « AbdAllah incite les musulmans au combat. » Pensez-vous qu’un complice aurait écrit cela ?

            Ici encore, changement de décor et d’habillement. Amedy fait pitié à voir. Sa voix est triste, son regard toujours angoissé. On l’entend à peine. Pourtant un journaliste a osé écrire « Coulibaly harangue les musulmans de France ». A part le début où il se gratte furtivement la joue, ses mains restent posées l’une sur l’autre comme s’il en avait reçu l’ordre. En tout cas, je ne sais pas s’il dit ce qu’il pense ou si on l’oblige à le dire, mais les mosquées sont bien ciblées. Du moins, c’est ce qui ressort de ce montage, avec des coupures et des recollages.

            « Je m’adresse à mes frères musulmans… partout, et plus particulièrement dans les pays occidentaux… et je leur demande… Que faîtes-vous ?... Que faîtes-vous, mes frères ?... Que faîtes-vous quand… ils combattent directement le takfir. (Sa voix est tellement faible et affligée qu’on l’entend à peine.) ?... Quand ils combattent directement… heu… (On remarque qu’il allait répéter la même phrase, comme s’il lisait ou récitait un texte) Que faîtes-vous quand ils insultent le prophète (inaudible) à répétition ? … Que faîtes-vous… quand ils agressent nos sœurs ?... Que faîtes-vous quand ils massacrent des populations entières ? … Que faîtes-vous … quand en face de chez vous, (Incompréhensible) … Que faîtes-vous, mes frères ?... Soubhanallah… Depuis que je suis sorti, j'ai beaucoup bougé… j'ai sillonné les mosquées… de France un petit peu, beaucoup de la région parisienne… Elles sont pleines… machallah… elles sont pleines d'hommes pleins de vigueur… elles sont pleines de jeunes sportifs… elles sont pleines (langue qui trébuche)  d'hommes en bonne santé…  Comment (léger bégayement) avec tous ces milliers… millions de personnes… y n’a pas autant… pour défendre l’islam. »

            Si vous avez vu la vidéo, pensez-vous que cet homme a le mental et l’énergie physique lui permettant d’aller prendre, dans quelques heures, des gens en otage ? Signalons que deux jours après la diffusion de cette « vidéo posthume » qui continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive, « Le Monde » avait publié sur son site une interview de « Abdelkrim Branine, rédacteur en chef de Beur FM, qui a témoigné dès mercredi son soutien à Charlie Hebdo », avec le titre « Il faut écouter ceux qui disent « Je ne suis pas Charlie. » Mais au lieu de montrer une photo de ce monsieur, ils ont mis la photo de l’intérieur d’une mosquée. Pourquoi ? Allez donc savoir.

           

            Avez-vous vu le film « Il faut tuer Birgit Haas » ? Un cinéaste à l’esprit tordu pourrait s’en inspirer pour réaliser « Il faut tuer Hayat Boumediene ».

            Qui est Hayat Boumediene ? C’est, disent nos chers journalistes, « la femme la plus recherchée de France », « La veuve insaisissable », « La mystérieuse veuve noire ». C’était l’épouse d’Amedy Coulibaly. La première fois qu’on a entendu parler d’elle, c’était au lendemain de l’assassinat d’une policière à Montrouge, quand « une trace d’ADN relevée sur une cagoule « perdue » dans les lieux du crime avait permis, en quelques heures, d’identifier le coupable et sa complice ». Rappelons que la policière a été tuée le jeudi 8 janvier et le lendemain, vendredi 9 janvier a eu lieu la prise d’otages à Vincennes. « Le Parisien », dans un article daté du 9 janvier à 21h55 et mis en ligne le 11janvier à 11h03, écrit que « selon une source proche de l'enquête, Coulibaly et Boumediene auraient été vus dans Paris ensemble jeudi dans la soirée. Des témoins ont vu le couple, la veille de la prise d'otages, «déposés par un taxi», dans un arrondissement parisien. «Ils ont a priori passé la nuit ensemble. » A Vincennes, quand une femme était descendue pour parler aux gens qui étaient dans la chambre froide, on avait fait courir le bruit que c’était Hayat. Quand on s’est demandé qui avait filmé la « vidéo posthume », Hayat a encore été pointée du doigt.

            A Montrouge, aucun témoin n’a mentionné une femme. Même la police n’a finalement parlé que d’un seul tireur, un homme. A Vincennes, après la mise à mort d’Amedy, les témoins  révèlent que la femme qui était partie parler aux gens réfugiés dans la chambre froide, n’était pas Hayat. « Le Parisien » écrit qu’« un avis de recherche a été lancé pour la compagne de Coulibaly, Hayat Boumediene, 26 ans. «Elle ne figure pas parmi les personnes décédées ou blessées» lors de la prise d'otages et de l'assaut, a expliqué une source proche du dossier. » Pour ce qui est du montage de la « vidéo posthume », il est évident que Hayat n’en est pas l’auteure, pourtant, elle est toujours recherchée. Enfin, policiers et journalistes reconnaissent que Hayat avait quitté la France bien avant les événements tragiques. Elle n’ assisté ni à l’attaque à Charlie Hebdo, ni au  meurtre de la policière, ni à la prise d’otages, ni au tournage de la vidéo. Pourtant, le 9 janvier, la police avait dit qu’elle est armée et dangereuse. Quand et comment la police a-t-elle su cela ? Après l’assassinat de la policière ? Non. Parce qu’elle n’était pas en France depuis au moins une semaine. Avant janvier ? La police sait que telle personne est armée et dangereuse, mais la laisse circuler tranquillement jusqu’à aller prendre l’avion, alors que son complice a été identifié et neutralisé en moins de vingt-quatre heures. C’est absurde.

            Comme pour enfoncer le clou, les médias ne se lassent pas de nous montrer la photo d’une femme voilée s’amusant à tirer à l’arbalète. On voit aussi Amedy, sur d’autres photos, avec l’arbalète. Mais des gens s’amusant à tirer à l’arbalète, il y a en des millions dans le monde. En France, la vente, l’achat, tout comme la détention d’arbalète est libre. « Metronews » écrit : « Les enquêteurs ont récupéré des clichés – diffusés par le Journal du Dimanche, montrant Amédy Coulibaly et Hayat Boumediene ensemble, lors d'un séjour dans le Cantal en 2010, maniant une arbalète dans les champs. » Ailleurs, on lit : « Hayat Boumediene, 26 ans, compagne de Coulibaly posant volontiers voilée avec son arbalète. », « Amedy Coulibaly s'entraîne au tir à l'arbalète dans un bois du Cantal en 2010. » Étrangement, ils ne précisent pas qu’ils tiraient sur un tronc d’arbre comme le font des milliers de personnes et ne disent pas à qui appartenait l’arbalète. Mais où est le problème ? Des terroristes ne posent pas avec une arbalète, mais avec des pistolets, des Kalachnikov, des lance-roquettes… Et puis, de toutes les victimes, y en a-t-il une qui a été tuée ou blessée avec une arbalète ? Et enfin, un terroriste qui prépare des attentats de grande envergure ne s’entraine pas avec une arbalète. Heureusement que Hayat et Amedy ne pratiquait le tir sportif, comme cet otage de l’épicerie nommé Nessim Cohen qui dit : « Soudain, j’ai entendu une très forte détonation. Pratiquant le tir sportif, j’ai immédiatement pensé à un coup de feu. »

            Dans un article repris par beaucoup de médias, un nommé Olivier Toscer écrit que « Hayat Boumediene, 26 ans, présente un profil d’habituée de la mouvance islamiste radicale. La compagne d’Amedy Coulibaly, le terroriste responsable de la prise d’otages de la Porte de Vincennes est une adepte du voile intégral depuis mai 2009. Une pratique qui l’a conduite à abandonner son emploi de caissière. Quelques mois plus tard, elle épousait religieusement son compagnon Coulibaly. (…) Hayat Boumediene n’avait pas caché ses convictions islamistes. Ne cachant pas ses projets de départ à l’étranger dans un pays arabophone "pour parfaire sa connaissance de l’arabe littéral", elle avait aussi refusé de condamner les attentats d’Al Qaïda. Elle préférait évoquer "les innocents tués par les Américains" et remettait en question les informations fournies par les médias occidentaux. »

            Le procureur de la République de Paris fait savoir que Hayat Boumediene et la femme d’un des frères Kouachi ont échangé plus de 500 coups de téléphone en 2014. Alors là, la messe est dite. Les deux femmes sont donc très proches, tout comme leurs maris sont amis, et elles sont, elles aussi, de redoutables terroristes.

            Mais que disent les proches de Hayat ? Ils affirment, tous, que c’est une jeune femme très pieuse dont la religion est la principale occupation, ses projets étant : accomplir le pèlerinage à la Mecque (ce qu’elle fit en 2013) et vivre dans un pays arabophone pour parfaire sa connaissance de cette langue et mieux comprendre le Coran. Elle a même préféré perdre son boulot de caissière plutôt que de ne pas porter le voile. « Voile intégrale » lit-on, mais sur la plupart des photos, on voit bien son visage. Est-ce ça que les journalistes qualifient de conviction islamistes et d’islamisme radical ?  Ou est-ce parce qu’elle doute des informations fournies par les médias occidentaux ? Dans ce cas, les islamistes sont bien nombreux.

            Ici, il est important de signaler une information que ceux qui présentent Amedy Coulibaly comme un musulman fanatique au point de devenir djihadiste et de recruter à la sortie des mosquées font semblant d’ignorer. Hayat Boumediene n’a jamais été condamnée pour des faits de délinquance, mais elle avait été entendue en 2010 dans le cadre d’une enquête concernant son mari qualifié par « France 24 » de « délinquant multirécidiviste (braquages, vols aggravés…) ». Interrogée par la police, Hayat avait dit entre autres : « Amedy n’est pas vraiment très religieux. Il aime bien s’amuser, tout ça. Il n’est pas du genre à se balader tout le temps en kamis, la tenue traditionnelle musulmane masculine, etc. (…) Normalement, c’est une obligation pour les hommes d’aller à la mosquée le vendredi à la prière. Amedy, il s’y rend selon son emploi du temps, mais je dirais qu’en gros il y va toutes les trois semaines… »

            Les réponses de Coulibaly aux policiers font écho à ces propos. « J’essaie de pratiquer le minimum obligatoire comme la prière, le ramadan, etc. J’essaie d’avancer avec la religion mais je vais doucement.

            – Que savez-vous des dissensions entre les chiites et les sunnites ?, demandent les enquêteurs.

            – Je n’en sais rien. Je ne me casse pas la tête avec cela, c’est de la perte de temps. »

            Mais des « spécialistes » avaient commenté : « Tout ceci n’est peut-être que de la poudre aux yeux – la « taqiya », l’art de la dissimulation prônée par le mouvement radical takfir enseigné par Djamel Beghal. » Ses proches disent qu’il était juste un musulman sans plus, mais « Le Monde » nous apprend qu’il masquait à ses proches sa radicalisation. Sur la deuxième et aussi sur la dernière séquence sa « vidéo posthume », on le voit donc habillé « en musulman ». Sur la deuxième, on le voit djihadiste, avec bandeau autour de la tête et tout. Dans cette mise en scène, il ne manque que la barbe, car un djihadiste sans barbe, ce n’est pas très courant.

            Revenons à Hayat. Peut-être parce qu’elle était avec un Noir ou pour d’autres raisons, les ponts étaient coupés entre son père et elle. Puis, quand elle a voulu aller à la Mecque pour le pèlerinage, elle a tenu à se réconcilier avec lui. Un proche explique : « Elle voulait lui parler et renouer avec lui avant de partir en voyage à La Mecque. Pour les musulmans, ça ne sert à rien d'aller à La Mecque si tu es en froid avec tes parents. » Et quand ce père a appris que sa fille est recherchée par toutes les polices de France, « il était sous le choc. Il ne croit pas du tout qu'elle puisse être mêlée à cette histoire. »

            Une amie de Hayat restée proche avec elle depuis l’enfance, a lancé un appel bien médiatisé à cette dernière, l’implorant « de se livrer à la justice de son pays ». Naturellement, les journalistes en ont profité pour la faire parler. Elle peine à croire à l'implication de la jeune femme dans les crimes attribués à son mari. Elle dit : « Hayat a du caractère. C'est elle qui a choisi d'être de plus en plus pieuse. Mais, paradoxalement, c'est une fille fragile émotionnellement. Elle est câline, parfois un peu gamine, pleure souvent et a peu confiance en elle. Quand elle s'emporte contre vous, elle vient s'excuser ou s'inquiète de savoir si elle vous a blessé. Elle demande souvent quels sont ses défauts, ce genre de choses. Elle est incapable d'avoir organisé de telles horreurs. » Parlant des relations entre Hayat et Amedy, elle dit : « Ils étaient extrêmement amoureux et fusionnels. Ils étaient tout l'un pour l'autre. (…) Elle était tellement proche d'Amedy qu'il l'a forcément tenue au courant de ses projets. »

            Ce qui surprend, c’est que ceux qui ont fait de Hayat un danger public n’en démordent pas. Récemment, on a lu dans la presse : « Hayat Boumediene : fausse alerte à Disneyland Paris, une partie du parc évacuée. » Fausse alerte à la bombe, on aurait compris, mais là…

            Tenez, nous disions plus haut que le procureur avait déclaré que Hayat et l’épouse de Chérif Kouachi avaient échangé plus de 500 coups de fil en 2014. Eh bien, madame Kouachi avait été placée en garde à vue mercredi soir, jour de l’attaque à Charlie Hebdo. Après 72 heures d’audition, on l’avait relâchée sans poursuite. Elle n’était au courant de rien. Elle ne savait même pas que son mari était un terroriste. « Elle a été stupéfaite quand les policiers lui ont appris les soupçons qui pesaient sur lui. C'était pour elle quelque chose d'inimaginable. Elle a également subi un second choc en apprenant son décès. » Pour ce qui est des 500 appels en 2014, l’avocat de la jeune femme avait déclaré : « C'est un élément du dossier auquel nous n'avons pas accès ». Depuis, on n’a plus parlé de ces coups de fil, mais on a « trouvé » d’autres choses.

            Les policiers français sont les meilleurs au monde. Et comme les journalistes français sont aussi les meilleurs au monde, ça fait une bonne paire. On a même l’impression que les journalistes jouent le rôle des policiers et ces derniers celui des journalistes. Des médias qui ont des « sources proches de l’enquête » avaient dit que Hayat a quitté la France depuis le 2 janvier 2015. D’autres avaient dit « début janvier ». On lit ensuite : « Une source policière citée par l'AFP a expliqué qu'Hayat Boumediene était en Turquie "depuis un certain temps". Selon Lemonde.fr et RTL, elle a pris place sur un vol Madrid-Istanbul le 2 janvier. RTL ajoute qu'elle aurait été aperçue passant la frontière entre la Turquie et la Syrie le 8 janvier. Soit le lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo, et le jour de celle contre la policière de Montrouge. » Attendez. Cette belle paire, policiers-journalistes, nous dit avec exactitude quand elle est arrivée en Turquie et quand elle est entrée en Syrie, mais n’arrive pas à nous dire quand elle a quitté la France. N’est-ce pas étrange ? Mais quand ils liront ce texte, j’espère qu’ils trouveront une date. Et comme on n’a aucune trace de son passage à Madrid, on nous dit qu’il doit y a avoir un réseau terroriste qui l’avait accueillie et cachée. Mais, oui, bien sûr. Il fallait y penser. Et qu’est- elle allée faire en Syrie ? « Le djihad », nous répond-on. Je n’invente rien, c’est dans la presse. En plus, elle est enceinte de cinq mois. Son premier bébé… si on lui donne le temps de naître. Y a pas à dire, plus djihadiste qu’elle, tu meurs. N’était-il pas plus simple pour elle de rester à Paris et de participer aux « attaques bénies » ?      On nous apprend aussi que pour aller en Syrie, elle a été aidée par la filière afghane. Ça, c’est du grand terrorisme international. La France, l’Espagne, la Syrie, l’Afghanistan… et quelques jours plus tard, la Belgique, l’Allemagne et la Grèce… Il y a de quoi trembler.

            Plus d’une semaine après le début des « opérations », on ne sait toujours pas quand Hayat a quitté la France ni ce qu’elle a fait en Espagne. Enfin, le 15 janvier, des journalistes espagnols viennent à la rescousse. Les Français ont beau être les meilleurs, on a parfois besoin de plus petit que soi. Selon « La Vanguardia », Hayat a séjourné à Madrid du 30 décembre au 2 janvier. Attendez. Cela ne veut pas dire qu’elle a quitté la France le 30 décembre. Que faîtes-vous de la filière terroriste belge ? Il est fort probable qu’avant l’Espagne, elle ait d’abord séjourné en Belgique. Il a été établi par les meilleurs des enquêteurs que la voiture de Hayat a été vendue par Amedy à un trafiquant d’armes belge. Elle doit être bien nantie, cette ex-caissière au chômage. Le procureur nous avait dit que c’est avec une voiture à son nom que son mari s’était rendu à Vincennes pour la prise d’otages. Combien d’autres voitures avait-elle ? La suite de l’enquête nous le dira sans doute. En Belgique, le trafiquant d’armes, « connu des services de police pour son implication dans diverses activités criminelles », aurait, nous dit-on, racheté la voiture en échange d’une série d’armes. « Le Monde » ajoute : « Des quotidiens affirmaient, jeudi matin, que l’homme mis en examen aurait évoqué des Kalachnikov, des explosifs et un pistolet Tokarev, comme celui que détenait le tueur. Et la police de Charleroi aurait retrouvé à son domicile des documents confirmant l’existence d’une négociation portant sur des armes. » Un terroriste et un gangster trafiquant d’armes qui font un deal et établissent des documents pour le confirmer, ça ne doit pas courir les rues. En tout cas, les autorités belges ont déclaré, le 16 janvier, que leurs policiers ont déjoué un attentat de « grande envergure » et qui s'annonçait « imminent ». Deux djihadistes ont été abattus et deux personnes ont été arrêtées en France. Mais, rebondissement dans l’affaire : à la cour, le gangster a nié avoir fourni des armes au terroriste.

            Et Hayat dans tout ça ? Qu’a-t-elle fait pour devenir la femme la plus dangereuse et la plus recherchée de France ? Jusqu’ici, rien ne l’implique dans tout cela. C’est alors que les tardives révélations de la  « La Vanguardia » sur son séjour à Madrid s’avèrent cruciales. C’est quoi, « La Vanguardia » ? Un quotidien catalan. Madrid n’est pas en Catalogne, me direz-vous. Et alors ? « Le Monde » écrit : « Une enquête a ainsi été ouverte en Espagne sur l'existence d'une cellule de soutien aux auteurs présumés des attentats à Paris, indique jeudi matin  « La Vanguardia ». Selon le quotidien catalan qui cite des sources à l'antiterrorisme, cette enquête aurait permis de déterminer que le tueur de Montrouge et auteur de la prise d'otage à Vincennes, a séjourné à Madrid du 30 décembre au 2 janvier, en même temps que sa compagne. » « TF 1 » précise que ce jour-là, « Amedy Coulibaly, avait conduit cinq personnes à Madrid, en Espagne, juste avant de commettre ces attentats meurtrières. Connues des services de police pour des affaires liées au terrorisme, ces personnes avaient l'intention de rejoindre la Turquie. » « L’Express » détaille que ces cinq personnes étaient « Hayat Boumediene et quatre autres personnes dont les frères Belhoucine. » Et « Le Monde » de poursuivre : « Le 2 janvier, Amedy Coulibaly est par ailleurs revenu en France accompagné d'un individu encore non identifié… »  Ceci « prouve » que Hayat est impliqué dans les attaques, pas directement mais dans leur préparation. Dommage qu’on n’ait pas encore aperçu les frères Kouachi en Espagne ou en Turquie. Mais la suite de l’enquête nous réserve sans doute d’autres informations cruciales.

            Le 16 janvier, on lit sur le site de « L’Express » : « L'étau se resserre autour des complices présumés d'Amedy Coulibaly, l'assassin de la porte de Châtillon, à Paris, le 8 janvier et de l'hypermarché Cacher de la porte de Vincennes, le jour suivant. Dans la nuit de jeudi à vendredi, huit hommes et quatre femmes, proches du milieu du banditisme, ont été arrêtés à Montrouge, Châtenay-Malabry, Fleury-Mérogis, Epinay-sur-Seine et Grigny, en région parisienne. La police judiciaire (PJ) cherche à démanteler la logistique dont a bénéficié le terroriste se réclamant de l'État islamique, pour se fournir en armes mais aussi pour assurer dans ses déplacements. Les enquêteurs sont notamment sur la piste d'une Renault Megane et d'une moto Suzuki de forte cylindrée. Vers 4 heures, ils ont interpellé l'un des amis d'Amedy Coulibaly qui pourrait les lui avoir fournies ou, en tout cas, les avoir eu en sa possession. Ce volet de l'enquête a commencé dès que le tueur de la porte de Vincennes a été neutralisé par le Raid et la BRI, le 9 janvier, peu après 17 heures. Sur lui, on a en effet découvert deux clefs, l'une correspondant à une voiture, l'autre à une moto. La Renault a été rapidement retrouvée à proximité de l'Hyper Cacher. Elle aurait été vendue à la fin du mois de novembre dernier au proche de Coulibaly interpellé la nuit dernière. (…)Les découvertes de ces dernières heures constituent une avancée importante dans l'enquête pour comprendre quand les attentats ont été fomentés, comment et où le terroriste s'est déplacé. Et surtout si un complice l'accompagnait dans ses crimes. » Il est fort probable qu’on « découvre » que ce complice était Hayat Boumediene. Seulement, cette « information » de dernière minute risque de compliquer les choses, car le procureur avait laissé croire que la voiture appartenait à Hayat et maintenant on nous dit qu’elle appartient à un proche d’Amedy, « interpellé la nuit dernière ». En tous cas, on s’imagine que toutes ces personnes interpellées ont dû répondre à la question : « Où est Hayat ? »

            Qu’a fait Amedy après ce « retour » en France ? « La bonne paire » nous apprend qu’il avait une planque à Gentilly où un arsenal a été découvert le lendemain de sa mort. On lit sur le site de « Le Parisien » : « La police judiciaire parisienne a découvert samedi après-midi la planque d'Amedy Coulibaly, le tueur de Montrouge et Vincennes, révèle Europe 1. La brigade criminelle a investi hier un appartement situé à Gentilly dans le Val-de-Marne, que le terroriste avait visiblement loué pour une période allant du 4 au 11 janvier… » Est-il fréquent de louer en région parisienne un appartement pour une semaine ? Mais surtout, qui lui avait loué cet appartement ? Pourquoi personne ne parle de lui ? Avec tous les vrais et faux témoignages que nous avons entendus, le sien méritait bien d’en faire partie. « Le Point » parle de l’appartement : « C'est là qu'ont été retrouvées une carte vitale et une carte d'identité à son nom, de même que quatre autres pistolets Tokarev, un revolver, des munitions, des téléphones, des bombes lacrymogènes, un gyrophare, un gilet tactique, des jumelles. » On dirait un équipement de policiers. « Le Point » continue : « Se trouvaient également dans l'appartement un Coran et des bannières semblables à celles utilisées par le groupe EI, comme celle accrochée derrière l'homme revendiquant l'attaque de Montrouge sur la vidéo postée dimanche matin. » Ah ! On trouve enfin l’endroit où au moins une des séquences de la « vidéo posthume » a été filmée. Mais comment se fait-il qu’aucun voisin, habitant de l’immeuble, de la rue ou du quartier n’a témoigné avoir vu quelqu’un ou entendu quelque chose pendant cinq jours où Amedy sortait pour tirer sur des gens comme le joggeur et la policière ou pour piéger des voitures à l’explosif et ensuite retourner dans sa planque ? Sans oublier qu’un ou plusieurs complices s’y étaient rendus pour le filmer. Bizarre…Tenez, parlant de cette vidéo, vous souvenez-vous de la séquence dans la cour d’une prison ?

            Et si Hayat s’était enfuie après un kidnapping ou une arrestation de son mari en décembre ? Jusqu’ici, rien ne fait de cette jeune femme une personne coupable ou dangereuse. Et quand on sait qu’elle connait tout de son mari qu’on a abattu les mains liées en nous disant qu’il est mort l’arme à la main, fonçant en tirant sur les policiers, on n’a pas besoin d’avoir un esprit tordu pour penser qu’on veut juste l’empêcher de parler et que si on met la main sur elle, on ne nous la présentera pas vivante, mais « morte en martyr », probablement avec son bébé dans le ventre.

            On a aussi le droit de penser que quatre juifs ont été tués dans l’épicerie à Vincennes, mais pas par un terroriste noir et musulman. Idem pour Clarissa Jean-Philippe, cette femme noire (policière) lâchement assassinée à Montrouge.

Bathie NGOYE.

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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