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PARC « NADIO » : LES PETITES MISÈRES D’UN BIDONVILLE DAKAROIS
   Par Cesti-info | Cesti |  Vendredi 14 septembre, 2012 22:01  | Consulté 3585  fois  | 2 commentaires   Favoris
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Societe | Mots Clés: Bidonville, Inondation, Pauvrete, Nadio
source: Cesti

La pauvreté, le chômage, la pestilence, sont des difficultés auxquelles les habitants de Parc « Nadio » font face. Malgré les nombreux maux, les populations de ce bidonville vivent cordialement.

Par Ibrahima KANDÉ

Mercredi, en début de matinée, une chaleur d’étuve s’étale sur parc « Nadio » et environs. L’insalubrité allèche l’attention du visiteur. L’odeur méphitique et les eaux usées caractérisent l’endroit. Le calme règne sur les lieux. Seul le gazouillement des oiseaux, mêlé au bruit des passants, rythme le secteur. Le matin, un silence de cathédrale règne donc sur les lieux. Cela s’explique par le fait que la plupart des locataires travaillent le jour et ne rentrent que le soir. Dans tout le périmètre, ce sont des baraques à moitié en mur et en bois qui servent de domicile. L’intérieur des maisons se particularise par l’état délabré des toitures et des murs. Trente hivernages dépassés, Khady, en taille basse, discute avec ses frères. Avec un sourire enjoué, cette dame noire de teint soutient qu’elle est sans emploi depuis un moment. Cependant, elle avoue ne pas se plaindre car les conditions de travail sont souvent difficiles et précaires. « Je travaillais dans une maison à Castors. Mais, je ne gagnais qu’un petit quelque chose. En plus, j’étais comme une marginale dans ce domicile », justifie-t-elle. Quatre hommes, la trentaine dépassée, originaires du Saloum, sont dans l’inactivité. L’oisiveté se lit sur leur visage pensif. L’un d'eux avance que la volonté est là, mais c’est le travail qui manque. Ils ont cherché partout du boulot. En vain. Tout près de là, des jeunes désœuvrés jouent au babyfoot. Aux alentours, les populations vaquent à leurs occupations.

Quelques heures plus tard, le soleil brille de mille feux, en cet après-midi d’hivernage. Avec la forte canicule et le jeûne, les piétons se font rares dans les dédales du quartier. Des femmes font la lessive à l’intérieur d’une maison. Des enfants sautent, crient, jouent au lido. Leur tranche d’âge doit être comprise entre 7 et 10 ans. Certains d'entre eux sont confinés aux tâches ménagères. C'est le cas de Diémé, 8 ans. Torse nu, sans chaussure, balayant la cour de leur demeure, révèle : « Je ne vais pas à l’école. Mon père m’a dit qu’il ne peut pas me nourrir et en même temps payer ma scolarité ».

À 20H passées de quelques minutes, une foule attire l’attention : deux jeunes, habits déchirés, se battent sans que personne n’essaye de les séparer. L’ambiance est vive à cette heure. Des cris, des hurlements fusent de tous les côtés. Dans une maison de 30 chambres, les miasmes émanant des toilettes enivrent les locataires. Ses occupants semblent coupés de l'ambiance chaude qui règne dehors, occasionnée par la bagarre. Des bols remplis de bouillie, de « thieboudiène » sont posés dans la cour. Le linge est encore juché sur des câbles ou "lignes". En body noir, pagne bleu-blanc, assise sur son lit rapiécé, Bintou Kane, domestique de son état, accuse les employeurs de les maltraiter. « Ils nous considèrent comme des moins que rien et nous traitent de tous les noms d’oiseaux », explique-t-elle, dans un ton amer. Cette native de Touba travaille à Scat Urbam et gagne 30 000 FCFA par mois. Cet argent n’arrive pas à couvrir tous ses besoins, mais elle ne peut pas avoir mieux que ce travail. A ses côtés, Sohou Pouye, mariée, née à Ngoundiane, le visage morne, soutient:  « je sens la suspicion, l’arrogance là où je travaille. Mes patrons n’ont pas confiance en moi. Ils me tendent des pièges. Mais, Dieu merci, car je reste toujours digne ».

Entassées comme des sardines dans les chambres, ces femmes vivent difficilement. La présence massive d’insectes, de moustiques, l’état de délabrement des domiciles, confinent ce monde dans une vie triste. « Nous avons des moustiquaires pour nous protéger. Mais, ils ne peuvent pas nous préserver de ces monstres. En plus, notre environnement est malpropre », confie Sohou Pouye. Selon cette dame, aux yeux pétillants de tristesse, il faut que la mairie essaye d’assainir le quartier pour protéger les populations contre les maladies. Cependant, elle reconnaît que les acteurs ne font rien pour assainir le quartier. A côté d’elle, Awa Ngom, assise sur un vieux tapis, boit de l’eau pour se ressourcer après une dure journée de jeûne et de travail. Cette locataire loge avec huit autres filles du même village. Neuf au total dans une chambrette ! Un paillasson déchiré à moitié, posé sur des briques, sert de lit. Awa affirme que la vie est difficile dans cette pièce : « On travaille dur la journée. La nuit, on ne dort pas bien, car il y a un surnombre. On se serre pour s’en sortir. Et, pourtant on paye le loyer à 6 000 francs le mois ». 

« On travaille dur la journée, la nuit on ne dort pas bien »

Dans une autre chambre, deux matelas sont rangés vers la gauche de la porte d’entrée. Des photos de marabouts mourides comme Ahmadou Bamba, Mame Cheikh Ibrahima Fall, sont accrochées sur le mur. Des habits sont posés ça et là dans toute la chambre. Un nourrisson, sans doute tenaillé par la faim ou la chaleur, fait son show. L’état de dégradation de la toiture montre qu’en cas de pluie, ces personnes restent éveillées toute la nuit. La chambre est trop étroite pour accueillir plus de cinq personnes.Tout juste derrière cette chambre, un groupe d’hommes communique en sérère. Cigarette entre les doigts, en sous-vêtement blanc, un homme, la vingtaine entamée, originaire du Saloum, déclare qu’il est chauffeur à Hann. Depuis quelques années, il vit dans cette maison, mais il n’a jamais vu un voisin gravir les échelons pour se retrouver avec un "travail intéressant et bien payé".

 Dans la ruelle d’à côté, les va-et-vient des locataires sont notables. Des vendeurs de "café Touba", de sandwichs, de bouillie, entre autres, occupent les lieux. Les habitants se regroupent par petits groupes, selon les affinités. Sur la route menant à la cité TP SOM, des Peuls, des Soussous de Guinée Conakry, discutent dans leur langue maternelle. Certains travaillent au marché comme porteurs de bagages. D’autres sont coiffeurs, commerçants ou « journaliers » dans certains chantiers de Dakar. « On vit en harmonie avec les autres communautés. Chaque groupe respecte et soutient l’autre. On prie le bon Dieu pour que cela continue », indique le plus âgé du groupe. Il dit être dans la zone depuis plus d’une dizaine d’années. Il n’a jamais relevé un quelconque problème entre les différentes communautés. A Parc « Nadio », chaque demeure peut compter jusqu’à trente chambres ou ce qui en tient lieu. Ce baraquement vit nuit et jour au rythme des habitants et de leurs petites misères. Ce bidonville a réussi à favoriser une cohabitation conviviale, malgré la précarité, le chômage et la puanteur.

Le petit dépôt devenu un bidonville

 Né à la suite d’une délocalisation du marché de Tilène, « Parc Nadio », est situé à un jet de pierre du marché de Castors. Si l’on en croit le vieux Aladji Ablaye Guèye, « c’est en 1970 que les Lébous avaient loué cet espace à 20 000 FCFA à un vieux guinéen du nom de Doubiam, qui fera de cet endroit un dépôt de « nadio » (courges). Il importait son produit de la Casamance et de la Guinée. Mais, progressivement, il y a eu un peuplement anarchique de gens venus d’ailleurs, à la recherche d’un travail et d’un toit ». Assis sur une chaise en bois, en boubou blanc traditionnel, M. Guèyeoriginaire de Touba, vit à « Parc Nadio » depuis 1970. Selon lui, cet espace a progressivement changé de statut. D’un dépôt de « Nadio », la zone est devenue un bidonville.

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Nama on September 15, 2012 (03:54 AM) 0 FansN°:1
Journalistiquement parlant, la conclusion devait etre l'introduction. Ce n'est qu'a la fin qu'on peut savoir ou se trouve "Parc Nadio".
Lat Dior Ngoné Latyr Diop on September 15, 2012 (21:08 PM) 0 FansN°:2
Journaliste bi mo meuneu doul!!!
A l'entendre on croirait que parc nadio est un quartier. Pour ceux qui ne le connaisse pas, c'est une maison d'environ 150m2 à l'entrée de marché castor oú vivent des guinnéens. Tout autour de lui il y a parc matt, parc guinar mais aussi des maisons et immeubles où vivent des fonctionnaires, des gens aisés, des bonnes, des ouvriers,.... Bref, un quartier de tous ce qu'il y a de plus normale avec le marché castors en son coeur.

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