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CHANGEMENTS CLIMATIQUES : Le réchauffement en question

Auteur: Pape SECK

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Le réchauffement de la terre est à l’ordre du jour dans l’agenda de la communauté internationale. Etats pollueurs et pays vulnérables semblent préoccupés par les conséquences des changements climatiques car agriculture, pêche et foresterie constituent les principales sources d’alimentation et de revenus de l’écrasante majorité de la population mondiale, notamment celle du sud. Même si ces modifications sont essentiellement dues à l’émission de gaz à l’autre bout de la planète, elles menacent la vie et la perte de biodiversité. Dans la zone sylvopastorale elles se manifestent par la disparition ou la menace de disparition de plusieurs espèces végétales, fauniques. 

Erosions côtières, modification du régime des pluies, sécheresses sévères, ouragans, inondations, cyclones sont des évènements climatiques constatés et qui font la une des publications audiovisuelles et de la presse écrite dans le monde.

Ici au Sénégal, le processus de dégradation de nos écosystèmes et la perte de biodiversité ne semblent préoccuper que de rares spécialistes et universitaires voire quelques décideurs publics à l’occasion de célébration de la Journée Mondiale de l’Environnement. La biodiversité est très menacée par le réchauffement global dont les impacts sont déjà visibles et affectent les cycles reproductifs, les saisons de croissance, la fréquence des ravageurs et des maladies.

La hausse des températures de l’eau touche gravement les récifs coralliens. " Quiconque s’intéresse au réchauffement global devrait porter attention aux récifs coralliens, car nous ne disposons pas d’indicateur écologique plus sensible." avait prévenu le directeur de l’Observatoire mondial des récifs en 2005.Et le monde avait été averti que des inondations, des cyclones tropicaux et des sécheresses récurrentes étaient à craindre et que des installations prioritaires étaient également attendues pour parer à toute éventualité et atténuer les impacts sur les milieux physiques et humains : mûr côtier,, système de drainage, réservoirs d’eau stockage de réserves alimentaires. Mais l’épineuse question du financement était l’écueil placé devant les experts par les décideurs.

La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) avait explicitement demandé à ceux du Nord ,les polluers par excellence, d’assister les les pays du Sud particulièrement vulnérables aux conséquences négatives des ces modifications en couvrant les coûts de leur adaptation à ces dernières.Malgré la mise en place d’un mécanisme de développement propre beaucoup reste à faire. Le Sénégal qui dispose de côtes et qui tire d’importantes ressources de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et de la chasse n’est pas à l’abri de catastrophes naturelles et les baisses des productions nationales de ces secteurs économiques sont assez manifestes.

Au nord du pays, dans la zone sylvopastorale le désert avance inexorablement ; des espèces végétales et fauniques , autrefois très nombreuses ont simplement disparu. M. Yankhoba Ndiaye, 67 ans, professionnel du bétail à Linguère témoigne :" Jusqu’en 1952, je faisais paître le troupeau familial, ici, dans ce lieu( ndlr la cour d’une école publique de la commuyne de linguère : Abdou Mingué Lecor).Nous avons chassé dans ces parages des animaux sauvages : biches, gazelles, antilopes, autruches, et plusieurs oiseaux." Il ajoute que la nature était très généreuse et que la faune était très diversifiée. UN autre habitant de Linguère, Amdou Ndiaye, infirmier retraité, lui, regrette l’époque où même des autriches et les grandes outardes essaimaient dans les savanes de cette partie du pays asséchée. Le phénomène n’a pas épargné le règne végétal. Il faut aller au-delà de Barkédji, dans les réserves de la sous-préfecture de Vélingara Ferlo ou dans les communautés rurales de gassane et Thiel pour espérer voir des espèces comme le sterculia situgera ’mbep en wolof), le selero cacia beria ou beer en wolof tout comme les enfants nés dans le nord de Linguère ne connaissent pas lanéa acida qui proliférait comme cela transparaît dans la sagesse populaire locale :" Bu lëk lékéé soon na ko gëramee coy". Les nombreuses mares qui ont donné leur noms à tant de villageset bourgades sont les témoins disparus de cette époque .

Aujourd’hui que sera célébrée la Journée Mondiale de l’Environnement, la direction régionale de l’environnement de Louga, à l’instar de la communauté internationale invite à porter un regard sur les changements climatiques, la Grande Muraille Verte et les réponses à trouver au niveau local afin de se préparer au pire. Une table ronde sera animée pardes spécialistes qui articuleront leurs réflexions sur les conséquences de ces changements climatiques sur l’agriculture, l’élevage, la lutte contre la pauvreté, le rôle te les responsabilités des organisations de la société civile

Auteur: Pape SECK
Publié le: Mercredi 06 Juin 2007

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