Calendar icon
Monday 02 February, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

L’insurrection n’est pas une opinion (Par Abdoulaye Dieng, entrepreneur)

Auteur: Senewebnews

image

L’insurrection n’est pas une opinion (Par Abdoulaye Dieng, entrepreneur)

Depuis quelque temps, un discours dangereux s’installe durablement dans notre espace public : l’appel, explicite ou insinué, à l’insurrection et au renversement de l’ordre constitutionnel. Ce glissement n’est ni marginal ni anodin. Il constitue une menace réelle pour une démocratie sénégalaise bâtie sur le respect du suffrage universel, la stabilité institutionnelle et l’alternance pacifique.

Ce discours est porté principalement par des acteurs politiques en perte de repères, incapables d’assumer leur échec devant les urnes et désormais en rupture avec les règles fondamentales du jeu démocratique. Faute de projet crédible et de vision structurée, ils se réfugient dans la surenchère verbale et la radicalité irresponsable. Leur trajectoire, souvent marquée par des dérives politiques ou morales, éclaire cette fuite en avant. N’ayant plus rien à proposer, ils cherchent à délégitimer la volonté populaire en banalisant l’idée que des coups d’État ou des interventions militaires pourraient se substituer au choix souverain du peuple, une dérive grave qui traduit une profonde méconnaissance de notre armée nationale, fondamentalement attachée aux valeurs patriotiques et républicaines.

Cette dérive politique est renforcée par une faillite médiatique évidente. Des émissions sont confiées à des pseudo-journalistes ou à des animateurs sans formation journalistique, incapables d’assurer une modération responsable du débat. Ces plateaux deviennent alors des tribunes où l’invective remplace l’analyse et le militantisme se substitue à l’information. Le choix des invités privilégie souvent des profils excessifs, retenus moins pour leur compétence que pour servir des intérêts personnels ou alimenter la polémique. La quête du buzz et de l’audience a ainsi pris le pas sur la rigueur, au détriment de la cohésion nationale et du débat démocratique.

À cette irresponsabilité médiatique s’ajoute une confusion idéologique profonde. Le paysage politique est devenu illisible. Les repères doctrinaux ont été sacrifiés au profit d’alliances opportunistes et contre-nature, sans socle programmatique ni vision cohérente. Des courants historiquement antagonistes s’agrègent aujourd’hui non autour d’idées ou d’un projet commun, mais dans une convergence de ressentiments, de rejets et de calculs politiques approximatifs. Cette incohérence affaiblit le débat démocratique et désoriente les citoyens.

Cette situation est le résultat d’une longue décomposition des formations politiques dominantes. Incapables de se réformer, de démocratiser leur fonctionnement interne et de renouveler leurs élites, elles ont progressivement rompu le lien avec le peuple. L’usure du pouvoir, la confiscation des partis par des cercles fermés et l’absence de débat contradictoire ont vidé ces structures de leur substance politique. En perdant le pouvoir, certaines ont aussi perdu le sens de l’État, glissant vers des postures qu’elles dénonçaient hier.

Dans ce contexte, le rôle de l’État est central et sans ambiguïté. Garant de l’ordre constitutionnel et de la sécurité publique, il doit faire preuve de fermeté et d’autorité chaque fois que les lignes rouges de la République sont franchies. La liberté d’expression est un pilier démocratique, mais elle ne saurait servir de couverture à l’appel au désordre ou à la remise en cause de la souveraineté populaire. L’État a le devoir d’agir avec discernement, mais aussi avec détermination, pour préserver la démocratie et la paix civile.

Aux côtés de l’État, la société civile a une responsabilité essentielle. Organisations citoyennes, syndicats, universitaires, leaders d’opinion et acteurs communautaires doivent pleinement jouer leur rôle de veille démocratique. Il leur appartient d’alerter, de dénoncer les dérives et de promouvoir une culture du débat responsable, afin de protéger l’espace public contre les manipulations et les radicalités dangereuses.

Face à ces dérives, les responsabilités sont claires et partagées. Les acteurs politiques doivent revenir sur terre et accepter une réalité évidente : le Sénégal a fait le choix d’un changement irréversible et sans compromission. Seuls ceux qui comprennent ce message, l’assument et s’y adaptent peuvent encore espérer compter. Les partis politiques doivent retrouver une colonne vertébrale idéologique, former leurs militants et proscrire toute rhétorique incompatible avec la démocratie. Les médias doivent assumer pleinement leur rôle de garde-fous du débat public. Les intellectuels doivent sortir de leur silence pour réhabiliter la rigueur, la raison et le respect des institutions. Le peuple, enfin, doit rester lucide, refuser les manipulations émotionnelles et défendre fermement l’État de droit.

L’appel à l’insurrection n’est ni courageux ni subversif. Il est l’aveu d’un échec politique et moral. Une démocratie se réforme par le débat, le projet et le respect des règles communes, jamais par la menace ou le désordre. Le Sénégal mérite un débat à la hauteur de son histoire, non une fuite en avant vers l’instabilité.

Par Abdoulaye Dieng, entrepreneur

Auteur: Senewebnews
Publié le: Lundi 02 Février 2026

Commentaires (10)

  • image
    Dama waarou il y a 3 heures
    Mais Monsieur où étiez vous quand votre leader appelait tous les jours à l'insurrection et même au coup d'état ?? Mane dama diommi quoi 😮 Mais Monsieur où étiez vous quand votre leader appelait tous les jours à l'insurrection et même au coup d'état ?? Mane dama diommi quoi 😮 Mais Monsieur où étiez vous quand votre leader appelait tous les jours à l'insurrection et même au coup d'état ?? Mane dama diommi quoi 😮 Mais Monsieur où étiez vous quand votre leader appelait tous les jours à l'insurrection et même au coup d'état ?? Mane dama diommi quoi 😮 Mais Monsieur où étiez vous quand votre leader appelait tous les jours à l'insurrection et même au coup d'état ?? Mane dama diommi quoi 😮 Mais Monsieur où étiez vous quand votre leader appelait tous les jours à l'insurrection et même au coup d'état ?? Mane dama diommi quoi 😮 🤔🤔🤔🙄🙄🙄🙄
  • image
    Bara il y a 3 heures
    Sonko avait clairement appelé l'armée à prendre le pouvoir. Il avait même attaqué le Général Meïssa Sellé NDIAYE, comme étant quelqu'un qui se place plus haut que le CEMGA d'alors. Il appelé à rassembler 200.000 jeunes pour faire sortir Macky du palais et le découper comme Samuel Doe.
  • image
    GR il y a 3 heures
    Clair, net et précis.No real comment .Toute la vérité a été dite dans ce bon papier.Mais désormais il faut écrire grand, mais oui très grand professeur aulieu d’entrepreneur.
  • image
    Hé! il y a 3 heures
    Voila qui est dit et bien dit. Que les populations ne perdent pas leur temps à accorder de l'importance à certains propos. Le jour J, chacun votera en fonction de ses convictions et de son choix.
  • image
    😂 il y a 3 heures
    il n'y aura aucune insurrection a cause de maitre chanteurs qui ne représentent même pas leurs quartiers... Foutez les au gnouf et qu'on en parle plus😂
  • image
    Ahmed il y a 3 heures
    C’est ce genre de réponse républicaine, réfléchie et responsable à laquelle il faut servir a ces "Gougnafiers en chef". La démocratie et la paix civile ne sont pas négociables. Félicitations et belle plume
  • image
    Laye il y a 3 heures
    Mais ablaye dieng quand est-ce que tu vas arrêter de nous emmerder avec tes textes bidons. T'es trop loin d'un intellectuel va te faire foutre au lieu de faire plaisir aux pastefenes
  • image
    Mags Maguette il y a 2 heures
    Bravo à l'auteur de ce texte véridique de bout en bout !
    Honte à tous ces pourfendeurs de la république qui ont fini de faire de la bêtise et de la manipulation leurs principales alliées !
  • image
    Patriote il y a 2 heures
    Merci pour cette belle contribution. Magnifique texte comme a l'accoutumée. Il faut faire front a ces tocards qui ne valent rien mais qui ont juste eu la chance d'appartenir a une famille présidentielle.
  • image
    Djibson il y a 2 heures
    Waa Pastef et sympathisants ( pas sympathiques au fond, à part seen biir clan) lou niou beugg mounoul neekk. Am MONOPOLE de s'exprimer nou mou leen neekhee woon deemb ak nou mou leen neekhee,am monopole khassté , saaga, soss, weedi juges yi si ça les décisions ne vont pas dans leur sens, am monopole médias yi, chroniques yi, am monopole diokhagne ak juger ak approuver ak désapprouver , donner les points, .
    Dieng mii donc, vrai hypocrite la, comme tout bon propagandiste.
    "Belle plume " peut-être,, peut-être nak, mais vrai faux type,.
    Les donneurs de leçon, c'est presque toujours nii.
  • image
    Otis il y a 2 heures
    ... " L’insurrection n’est pas une opinion"... Mais, évidemment ! Par définition même du mot insurrection.

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.