Pourquoi Guy Marius Sagna s'attaque aux privilèges fiscaux de l'Institut Pasteur de Dakar
Le député Guy Marius Sagna a adressé une question écrite au gouvernement du Sénégal, soulevant des interrogations majeures sur le positionnement et les avantages accordés à l’Institut Pasteur de Dakar (IPD) dans le secteur de la biologie médicale. Au cœur de son interpellation : la question de l’équité entre acteurs publics et privés dans un domaine stratégique pour la souveraineté sanitaire du pays.
Dans sa correspondance, le parlementaire souligne que l’Institut Pasteur de Dakar bénéficierait de régimes fiscaux dérogatoires, notamment des exonérations de taxes et de droits de douane sur ses équipements. Une situation qui, selon lui, pourrait créer une distorsion de concurrence avec les laboratoires privés, tels que Bio 24 ou Solabsen, soumis à un régime fiscal classique. Il s’interroge ainsi sur la capacité à garantir une concurrence équitable, notamment dans les appels d’offres publics, où l’IPD serait en mesure de proposer des tarifs plus compétitifs.
Une mission de recherche ou de commerce ?
Au-delà de la question fiscale, Guy Marius Sagna pose le débat sur la mission même de l’Institut Pasteur de Dakar. Historiquement reconnu pour son rôle dans la recherche scientifique, la surveillance épidémiologique et la production vaccinale, l’IPD a progressivement élargi ses activités à la biologie médicale accessible au grand public. Le député questionne la pertinence de cette évolution : cette diversification vers des activités potentiellement lucratives est-elle conforme à la mission initiale de l’institution ? Ne risque-t-elle pas de fragiliser les laboratoires privés nationaux, engagés eux aussi dans le développement de l’offre de soins ?
Des interrogations sur le respect du cadre réglementaire
L’élu attire également l’attention sur l’expansion territoriale de l’IPD. Il évoque notamment l’existence d’une antenne à Touba et de centres de prélèvement, y compris dans des zones déjà couvertes par des laboratoires. Se référant à la législation sénégalaise encadrant l’exercice de la biologie médicale, il rappelle que l’ouverture et l’exploitation de structures sont en principe soumises à une autorisation territoriale limitée. De même, les centres de prélèvement sont censés être implantés prioritairement dans des zones dépourvues de laboratoires.
Dès lors, il demande au gouvernement si ces implantations respectent strictement les textes en vigueur ou si elles constituent un précédent susceptible d’affaiblir le cadre de régulation du secteur. L’interpellation du député met en lumière une tension croissante entre deux impératifs : d’un côté, le rôle stratégique de l’Institut Pasteur dans la riposte sanitaire ; de l’autre, la nécessité de préserver un écosystème de laboratoires privés viable.
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