Lutte contre le mariage des enfants : l’AJS sensibilise les élèves à Thiès
Le mariage précoce est un phénomène qui gangrène l'avenir des filles, surtout sur le plan éducatif et sanitaire. Pour lutter contre ce fléau, l’Association des juristes sénégalaises (AJS) a organisé une session de sensibilisation au sein du Lycée Jules Sagna, dans le cadre d’un projet intitulé : « Du communautaire au régional : approche multisectorielle contre le mariage des enfants au Sénégal et élaboration d’un agenda commun avec le Niger ».
Cette initiative vise à renforcer la lutte contre les mariages précoces et forcés à travers une approche inclusive impliquant les établissements scolaires, les communautés et les acteurs institutionnels.
Les droits humains au cœur de la sensibilisation
Selon Aïda Niang, membre du Conseil sénégalais des femmes (COSEF), le contexte actuel du Sénégal place les droits humains au centre des débats. Elle souligne l’importance d’éduquer les élèves dès le bas âge sur les enjeux liés aux droits fondamentaux afin qu’ils puissent porter le combat contre le mariage précoce et forcé.
« Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. C’est à travers une lutte perpétuelle que les femmes pourront gagner en autonomie et en puissance », a-t-elle affirmé. Elle rappelle que les enfants constituent une priorité pour le COSEF, engagé depuis plusieurs décennies dans la lutte contre le mariage forcé.
Un engagement fort du Lycée Jules Sagna
Le proviseur du Lycée Jules Sagna, Alioune Lam, s’est félicité du choix porté sur son établissement pour abriter cette activité.
« C’est un honneur pour notre lycée de faire partie de ce projet porté par l’AJS et les organisations féminines. Le mariage précoce est un fléau qui porte atteinte aux droits fondamentaux des enfants, notamment le droit à l’éducation et à la santé », a-t-il déclaré.
Il a également signalé des cas de jeunes filles contraintes d’abandonner leurs études à cause d’un mariage précoce. Pour lui, cet atelier représente une véritable opportunité pour les élèves de mieux connaître leurs droits et de se préparer à les défendre.
« La place de l’enfant est à l’école »
De son côté, la présidente de l’antenne régionale du COSEF à Thiès Dieynaba Diallo a rappelé que la place de l’enfant n’est pas dans le foyer mais à l’école.
Elle insiste sur la nécessité d’éduquer et d’accompagner les jeunes filles, soulignant que le mariage d’une fille de 15 ou 16 ans ne devrait plus être toléré. Elle appelle à un engagement collectif pour lutter contre le mariage précoce et les violences faites aux femmes.
Des élèves engagées
Les élèves du Lycée Jules Sagna ont réservé un accueil favorable à cette initiative et se sont engagés à relayer les messages de sensibilisation au sein de leur communauté.
À travers cette démarche, l’AJS et ses partenaires ambitionnent de renforcer la mobilisation communautaire et institutionnelle afin de mettre fin aux mariages d’enfants et de garantir aux jeunes filles leur droit à l’éducation et à un avenir meilleur.
Commentaires (3)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.