Les travailleurs du conseil régional de Kaolack (centre) ont décrié, jeudi à l’unanimité, la décision de l’Etat de supprimer et de remplacer leur collectivité locale par des conseils départementaux, a constaté l’APS.
‘’Nous allons dérouler à partir de ce jour un plan de lutte jusqu’au retrait du projet de loi supprimant la région. Nous n’avons plus le cœur au travail et cela se fera sentir dans le fonctionnement de l’institution’’, a souligné le délégué des travailleurs du conseil régional de Kaolack, Mamadou Ka dit Moda Kane.
M. Ka, qui s’exprimait au cours de la rencontre d’harmonisation des positions avec des membres du comité national de crise, a indiqué qu’il s’agira de réunir autour de cette ‘’noble cause’’ les agents des conseils régionaux de Kaolack, Fatick et Kaffrine.
‘’Nous n’acceptons pas d’être les agneaux du sacrifice. C’est décevant de dire que les conseils régionaux qui sont mis en place depuis 1996 sont des institutions budgétivores sans grande utilité sinon pour caser de la clientèle politique’’, a soutenu M. Ka, très remonté contre les explications fournies par son ministre de tutelle.
‘’Nous nous attendions, conformément aux promesses faites par le Président Macky Sall alors candidat à l’élection présidentielle de 2012 de faire de la région un soubassement politique pour le développement territorial, à une augmentation de moyens pour mener à bien notre mission de développement’’, a dit le porte-parole des agents du conseil régional de Kaolack.
‘’Cette décision de supprimer les régions a été prise en catimini à la veille du grand Magal de Touba et cela au détriment de 1200 travailleurs qui verront leur vie perturbée sur 2 ou 3 ans s’ils sont redéployaient dans des conseils départementaux’’, a, pour sa part, soutenu le secrétaire général de la fédération générale des travailleurs du Sénégal (FGTS), Sidya Ndiaye.
‘’Je suis membre du comité national de pilotage et on n’a jamais discuté d’une quelconque suppression de la région. On nous a piégés, c’est un coup de Jarnac politique et nous allons organiser la résistance’’, a estimé M. Ndiaye convaincu que l’Acte 3 de la décentralisation ''a été dévoyé''.
‘’Aucune étude d’impact sur la disparition de la région n’a été faite, contrairement à la France qui pense redéployer du personnel des départements pour renforcer les régions. La disparition de la région sera un coup fatal à la coopération décentralisée car avec des budgets maigres, ces collectivités locales ont réussi des investissements colossaux avec leurs partenaires’’, a souligné le secrétaire général de la FGTS.
‘’C’est dire que l’Acte 3d e la décentralisation a accouché d’une souris et nous n’avons pas le droit de nous taire par rapport à ce forcing politique. L’Etat a atteint notre dignité, les banques ne vont plus faire confiance à un agent des conseils régionaux en voie de disparition et les consulats ne donneront pas de visas à un éventuel fuyard’’, a souligné M. Ndiaye.
Les membres du comité national de crise qui ont appelé leurs collègues de Kaolack à une grande mobilisation lors de la journée de protestation prévue le 27 janvier prochain devant toutes les gouvernances poursuivent une tournée nationale de sensibilisation dans les 14 régions.
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