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LE BURKINA FASO DÉTRUIT TROIS MYTHES SUR LE FRANC CFA (Par Pr Amath Ndiaye FASEG-UCAD)

Auteur: Pr Amath NDIAYE

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LE BURKINA FASO DÉTRUIT TROIS MYTHES SUR LE FRANC CFA (Par Pr Amath Ndiaye FASEG-UCAD)

L’opération réalisée par le Burkina Faso sur le marché régional UMOA-Titres le 11 février 2026 constitue bien plus qu’une simple levée de fonds. Avec près de 148 milliards FCFA de soumissions pour un besoin d’environ 60 milliards FCFA, cette émission largement sursouscrite apporte un éclairage essentiel sur les réalités financières de l’UEMOA et sur plusieurs idées reçues qui dominent encore le débat africain sur le franc CFA.

Malgré des relations diplomatiques exécrables avec la France et un repositionnement géopolitique assumé — notamment une collaboration de plus en plus étroite avec la Russie sur les plans militaire, politique et économique — le Burkina Faso continue d’accéder au financement régional dans des conditions normales. Cette réalité factuelle mérite une lecture dépassionnée.

Premier mythe : la France contrôlerait les décisions monétaires et financières de l’UEMOA

Le cas burkinabè montre clairement que la France ne décide pas des politiques monétaires et financières de l’Union. Si tel était le cas, il serait difficile d’expliquer pourquoi un pays affichant des tensions diplomatiques fortes avec Paris continue de mobiliser l’épargne régionale via UMOA-Titres. Le fonctionnement du marché régional repose sur des règles institutionnelles, des mécanismes économiques et la confiance des investisseurs, non sur des décisions politiques de la France.

Deuxième mythe : la souveraineté monétaire se limite à posséder une monnaie nationale

L’expérience de l’UEMOA démontre qu’une souveraineté monétaire peut être collective. En partageant une même monnaie et un cadre institutionnel crédible, les États membres bénéficient d’une stabilité macroéconomique et d’un accès à un marché financier régional capable de mobiliser des ressources importantes. La souveraineté ne se mesure pas uniquement à l’existence d’une monnaie nationale, mais aussi à la capacité effective de financer son économie dans un cadre stable et crédible.

Troisième mythe : le FCFA empêcherait le financement endogène des économies africaines

Le succès de cette émission confirme au contraire l’efficacité du marché financier construit autour du FCFA. Depuis plusieurs années, UMOA-Titres transforme l’épargne régionale — principalement détenue par les banques, les compagnies d’assurance et les investisseurs institutionnels — en financement pour les États. Ce mécanisme constitue une forme de financement endogène africain, réduisant partiellement la dépendance vis-à-vis des marchés internationaux.

En définitive, cette opération rappelle que le franc CFA ne se réduit pas à un héritage historique souvent caricaturé. Il constitue aujourd’hui le fondement d’un marché financier régional intégré, unique en Afrique, articulé notamment autour d’UMOA-Titres et de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Ce dispositif permet de mobiliser l’épargne régionale pour financer les États et les économies, y compris dans des contextes politiques sensibles ou marqués par des recompositions géopolitiques. L’exemple burkinabè montre ainsi que la souveraineté monétaire en Afrique peut être collective, pragmatique et orientée vers l’efficacité économique réelle — c’est-à-dire la capacité à accéder au financement — plutôt que vers des symboles ou des postures idéologiques

Pr Amath Ndiaye

FASEG-UCAD

Auteur: Pr Amath NDIAYE
Publié le: Samedi 14 Février 2026

Commentaires (7)

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    cherprof il y a 4 heures
    Tchey ma waru........desole cher prof, tu ne pourras jamais relever dans ce monde un seul pays souverain qui n'a pas sa propre monnaie.....donc ton combat est perdu, on a bien compris l'obligation de resultats de rester avec le statut de valet des populations africains!
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    Ly il y a 4 heures
    Votre patriotisme de pacotille fait sourire. Le franc malien ou guinéen ? N’importe quoi
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    African il y a 4 heures
    L AES a peur de créer sa propre monnaie et n ose pas quitter l uemoa Malgré tout ce qui se dit les pays de l AES gagnent plus dans l uemoa c est pourquoi ils ne veulent pas quitter ce petit cedeao francophone Le franc CFA et la langue française c est le casse tête ils n ont pas de solution pour ces deux symboles très chers à la france Vive la cedeao vive la démocratie
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    Mister No il y a 3 heures
    Tout ce que vous citez constitue l’avantage d’être ensemble pour nos pays mais une raison de rester dans le franc CFA qui met en France dans le jeu alors qu’elle n’a rien à y faire!!!!!
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    Ba il y a 2 heures
    Cet article n'est en rien qu'une tentative de nous maintenir sous la dependance et une supervision permenante de la france et de ses pays- represents. Tous les pays developpes ont leurs monnaies sans excetion. Cest un signe de souverainnete de dignite et dune affirmation strategique. Cependant, il ne sagit pas de se preciter. Il faut dabord des institutions solides une population prete et patriotique un savoir faire voulu et affirme et une demarche strateguiquement reflechie.
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    Timmena il y a 1 heure
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    Burok il y a 1 heure
    Mais pourquoi aller au Burkina? Ici au Sénégal, il y avait des aventuriers qui criaient sur tous les toits leur souveraineté monétaire, mais ils ont mis beaucoup d'eau dans leur bissap ou leur vin depuis qu'il savent que leur unique horizon de salut était le marché financier de l'UEMOA. Rien de tel que l'épreuve des faits. mon frère. Face à la réalité concrète, on arrête les discours de révolutionnaire de salon pour devenir lucide et se rendre compte qu'on débitait des conneries

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