Habré a mis à exécution sa stratégie : Il a refusé hier de répondre aux juges lors de son audition. Ses avocats avaient donné le ton lors de son inculpation en annonçant que le Président Habré ne répondra à aucune question des membres de la commission d’instruction des Chambres africaines extraordinaires. Les juges ont, néanmoins, transcrit toutes les questions dans un procès verbal.
Le Président Hissein Habré a été extrait hier, de sa cellule pour faire face à la commission d’instruction des Chambres africaines extraordinaires. Pendant plusieurs heures, il a été interrogé par les juges dans le cadre de la première audition sur le fond du dossier. Mais, plusieurs sources concordantes révèlent que face à la commission d’instruction des Chambres africaines extraordinaires, Hissein Habré a refusé de répondre aux questions. Bref, il est resté muet comme une carpe. Un de ses conseillers, en l’occurrence Me Ibrahima Diawara parle de 50 questions qui lui ont été posées. D’après lui, son client n’a pas ouvert la bouche devant les magistrats en insistant sur le «caractère illégal» de cette juridiction spéciale. Bien sûr, l’ex-Président du Tchad a tenu promesse en adoptant cette attitude en clamant depuis le début de la procédure que ce Tribunal, qui serait «financé par Idriss Deby», Président actuel du Tchad, n’est «pas apte à le juger». Pour autant, les juges ne lui ont pas facilité les choses. Malgré son comportement, selon une source proche du dossier, les membres de la commission ont usé eux aussi de subterfuges pour laisser des traces de son audition. A en croire une source, la commission a adopté la technique consistant à transcrire toutes les questions posées sous la forme d’un procès-verbal en mentionnant le refus de Habré de répondre à ces questions. «Les membres de la commission ont fait comme si l’audition se passait normalement, parce que considérant que si Habré ne répond pas aux questions posées, c’est qu’il n’a pas de réponses», souffle un interlocuteur. Cette stratégie justifie la longueur de son audition. Les questions posées ont tourné autour des faits qui lui ont valu son incarcération à la Maison d’arrêt et de correction du Cap manuel où il disposerait de toutes les commodités dues à son rang d’ancien chef d’Etat.Par ailleurs, on a appris que ce procès-verbal va motiver l’ordonnance de renvoi devant la Cour des chambres. Les questions transcrites dans le procès-verbal vont aussi permettre à la partie civile d’argumenter l’accusation.Pour rappel, Hissein Habré a été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et tortures en juillet. Les juges d’instruction ont déjà effectué deux commissions rogatoires internationales au Tchad. Ils y ont entendu près de 2000 victimes, suscitant une réelle effervescence chez des personnes laissées en marge de la société tchadienne. Il faut savoir aussi qu’au moins une quarantaine de témoins clés ont aussi été auditionnés par les juges. Les Chambres ont, par ailleurs, saisi une propriété ainsi que deux comptes bancaires de Habré.Le travail de cette juridiction a eu des répercussions immédiates au Tchad, où le pouvoir judiciaire a inculpé 27 agents de la Dds sur la base de plaintes déposées par les présumées victimes en 2000.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.