Ramadan et Carême : Entre ferveur religieuse et défis économiques au marché de Thiès
Cette année, le Ramadan et le Carême coïncident, offrant aux fidèles musulmans et chrétiens une période intense de spiritualité et de ferveur religieuse. Mais au-delà du recueillement, ces moments s’accompagnent également d’une hausse de la consommation de certaines denrées alimentaires, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat des ménages.
À Thiès, Seneweb est allé à la rencontre des clients et des commerçants pour tâter le pouls du marché. Si certains acteurs saluent un bon approvisionnement et une stabilité des prix, d’autres évoquent une précarité grandissante liée au contexte économique.
Pour Mbayang Ba, mère de famille, le Ramadan rime avec difficultés. Elle affirme peiner à joindre les deux bouts. «Le marché est bien approvisionné en denrées, mais nous n’avons pas d’argent pour en acheter. Avec 3 000 F CFA, on ne peut acheter que du poisson. Il est impossible d’y ajouter des légumes. On essaie de tenir le coup, mais la vie est devenue dure au Sénégal. Cette précarité est une première pour moi depuis que je suis née», confie-t-elle.
Comme elle, plusieurs ménages ressentent fortement la pression des dépenses en cette période marquée par une consommation accrue.
Du côté des commerçants, le discours est plus rassurant. Khadim Dione, responsable au marché central de Thiès, affirme que toutes les dispositions ont été prises pour assurer une bonne couverture du Ramadan et du Carême.
«Le marché est bien approvisionné en denrées de première nécessité. L’État a rempli son devoir. Le sucre, l’huile, le riz et les autres produits alimentaires sont disponibles en quantité suffisante. Les prix sont stables. Aucune hausse n’est constatée. Les choses bougent bien et les commerçants se frottent les mains», se réjouit-il.
Même son de cloche du côté d'Aly Ndiaye, vice-président de l’UNACOIS JAPPO/Thiès. Selon lui, le marché est largement fourni en produits horticoles, notamment en oignon et en pomme de terre.
«L’oignon local comme l’oignon importé sont suffisamment disponibles et les prix sont abordables. Pour l’oignon local, le prix le plus élevé varie entre 10 500 et 11 000 F CFA le sac dans les zones les plus éloignées, en raison des coûts de transport. Le Ramadan et le Carême coïncident cette année avec la période de récoltes», affirme Aly Ndiaye.
Il souligne également le rôle joué par les acteurs agricoles et l’Agence de régulation des marchés (ARM), qui ont anticipé les besoins.
Cependant, il alerte sur un éventuel surplus de production. «Nous constatons même un excédent. Nous invitons l’État à ouvrir les frontières à l’exportation des produits horticoles. Un long stockage pourrait nous faire perdre une bonne partie de nos productions, faute de chambres froides suffisantes», dit-il.
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