Calendar icon
Thursday 26 February, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Scandale au Tribunal de Thiès : Comment un « faux juge », une ASP du Parquet et leurs complices ont dépouillé un proche d'un détenu

Auteur: Mor Mbaye CISSÉ

image

Scandale au Tribunal de Thiès : Comment un « faux juge », une ASP du Parquet et leurs complices ont dépouillé un proche d'un détenu

Quatre individus, dont un agent de sécurité de proximité (ASP) en poste au Parquet de Thiès, ont été arrêtés par la gendarmerie pour association de malfaiteurs, usurpation de fonctions et escroquerie.

C'est l'histoire d'un homme brisé par l'incarcération de son frère. D. Ba, ambulancier de son état, en a fait la douloureuse expérience. Son jeune frère M. Ba, poursuivi pour viol sur mineure suivi de grossesse, est en détention depuis plusieurs mois.

Désespéré, D. Ba cherchait n'importe quelle porte de sortie. C'est dans ce contexte de grande vulnérabilité qu'un réseau d'escrocs l'a ciblé.

C'est un stratagème aussi audacieux que cynique que la Brigade territoriale de gendarmerie de Thiès a mis à nu. À la suite d'une plainte déposée par D. Ba, les gendarmes ont interpellé quatre individus soupçonnés de s'être organisés en véritable réseau pour extorquer de l'argent à des familles de détenus. Les mis en cause, D. Fall, A. Faye, D. Ndiaye et D. Mbodj, ont été placés en garde à vue, puis poursuivis pour association de malfaiteurs, usurpation de fonctions et escroquerie.

Tout commence au cours du mois de septembre 2025. Profondément affecté par l'incarcération de son jeune frère, D. Ba multiplie les démarches pour obtenir sa libération. C'est dans ce contexte de détresse familiale que D. Mbodj l'aurait approché, se présentant comme un démarcheur judiciaire bien introduit dans les cercles de la justice.

Ce dernier met alors la victime en relation avec D. Fall, qui se ferait passer pour un magistrat en service au Tribunal de grande instance de Thiès, d'après l'enquête. Jouant habilement sur la crédulité de D. Ba, le « faux juge » aurait exigé d'abord six millions (6 000 000) de francs CFA en échange de son intervention supposée auprès du Procureur de la République.

Après négociation, le montant est ramené à trois millions (3 000 000) de francs CFA. D. Fall se présentait comme un magistrat influent, capable d'obtenir la liberté du détenu en quelques semaines.

Confiant, D. Ba s'exécute et verse progressivement la somme d'un million neuf cent cinquante mille (1 950 000) francs CFA, dont 1 500 000 FCFA remis contre décharge, le solde devant être réglé à la libération effective de son frère. Cinq mois s'écoulent. Aucune démarche n'est entreprise. Aucune promesse n'est tenue. Le détenu demeure en prison, selon des informations exclusives de Seneweb.

L'enquête diligentée par la gendarmerie nationale a révélé un élément particulièrement troublant. Si D. Fall, D. Mbodj et D. Ndiaye ne figuraient pas dans les effectifs du personnel judiciaire, A. Faye, elle, était bel et bien en service au Tribunal de grande instance de Thiès, en qualité d'agent de sécurité et de proximité (ASP) détachée au Parquet du Procureur de la République.

Ne portant pas de tenue, elle aurait tiré profit de sa position et de sa connaissance des lieux pour se faire passer, aux yeux de la victime, pour la secrétaire particulière du magistrat d'après le dossier.

Selon les déclarations recueillies, les sommes versées par D. Ba auraient transité entre les membres du réseau : de D. Fall vers A. Faye, puis vers D. Ndiaye, soupçonné d'être un rabatteur travaillant en lien avec une personnalité du milieu judiciaire, d'après l'enquête.

Devant les enquêteurs, les mis en cause auraient reconnu avoir agi de concert pour soutirer les fonds à la victime, tout en contestant les charges d'usurpation de fonctions de membres du personnel judiciaire.

L'exploitation de leurs téléphones portables a permis de mettre en évidence des enregistrements audio et des transactions financières corroborant ces flux d'argent et confirmant la concertation entre les membres du groupe selon des sources de Seneweb.

Compte tenu de la sensibilité du dossier, l'audience aurait été tenue à huis clos. Au terme des débats, l'affaire a été mise en délibéré hier par le Tribunal de grande instance de Thiès jusqu'au mois de mars. Les quatre prévenus ont regagné leur cellule à la prison centrale de la capitale du Rail. Un acteur du milieu judiciaire pourrait être cité dans cette affaire.

Auteur: Mor Mbaye CISSÉ
Publié le: Jeudi 26 Février 2026

Commentaires (6)

  • image
    Totok il y a 6 heures
    Pays de doorkat la vie facile
  • image
    Thiès il y a 5 heures
    Oh, que la paix règne et que les esprits changent. Toujours des individus tordus...
  • image
    Dioni il y a 5 heures
    C’est une pratique courante au Sénégal 🇸🇳 fi kaine jouboufi un pays de dorkat de truand d escroc de menteur tous intéresse par l argent facile exceptions yi ne sont pas nombreuses
  • image
    Reply Author il y a 4 heures
    ATTENTION : un individu du nom de Ndiaye, de teint noir, de forte corpulence, à l'aise en français, écume les tribunaux et palais de justice de Dakar à la recherche de personnes à plumer. Si on vous présente une personne qui répond à ce signalement et qu'on vous dise qu'il peut vous aider à résoudre vos problèmes au niveau des tribunaux, demandez-lui sa pièce d'identité. S'il se trouve que son nom de famille, c'est Ndiaye, je vous conseille de vous en éloigner comme la peste car il n'y a pas PIRE ESCROC que ce monsieur. Ses tribunaux de prédilection : Pikine-Guédiawaye, Rufisque.
  • image
    Robert bou touti il y a 4 heures
    Ecris en wolof....LE proche d'UN détenu....
  • image
    Nay leer il y a 3 heures
    L’audience devait se tenir publiquement même si personnel judiciaire est cité dans la cause. Amna kouniou beug soutoural si pèt. Vivement une justice indépendante

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.