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Togo : Faure Gnassingbé et la boulimie du pouvoir

Auteur: Bernardin Patinvoh

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Au Togo, le pouvoir apparaît comme un héritage qui se transmet de père en fils. Le père Etienne Gnassingbé Eyadéma a dirigé ce petit pays d’Afrique de l’Ouest pendant 38 ans. A sa mort en 2005, c’est son fils Faure, qui s’est emparé du fauteuil présidentiel. Aujourd’hui, il en est à 4 mandats. Au bas mot, le dirigeant a déjà passé 20 ans au pouvoir sans vraiment prendre une ride, puisqu'il n’a pas encore 60 ans.
Un président de la République pour inaugurer les chrysanthèmes
En avril 2024, il a fait adopter une nouvelle Constitution. Cette loi fondamentale votée à l’unanimité des députés fait basculer le pays dans un régime parlementaire.
Le président de la République est désormais élu par le parlement pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. 
Sa fonction est honorifique puisqu'il est dépouillé de l’essentiel des pouvoirs. Ses actes seront même contresignés par le président du Conseil des ministres, un nouveau poste créé par la nouvelle Constitution. 
Ledit président du Conseil des ministres est désormais l'homme fort du pays. Il est issu de la majorité au Parlement ou d’un parti minoritaire dans le cadre d' une coalition. 
Son mandat est illimité. Seul le Parlement peut le démettre de ses fonctions . Il est le garant du pouvoir exécutif. 
C'est lui le chef suprême des armées, celui qui détermine, conduit la politique de la nation ,  définit la politique étrangère et représente l'État dans la conduite des relations internationales. C'est également lui qui préside le conseil des ministres.
Faure, toujours plus fort
Depuis hier samedi 03 mai 2025, ce nouveau poste est occupé par Faure Gnassingbé, celui-là même qui vient de passer 20 ans à la tête du Togo. Il a prêté serment devant le Conseil constitutionnel dans la matinée. 
Ainsi donc, le dirigeant quitte le poste de président de la République pour celui de président du Conseil des ministres, tout en gardant l’essentiel du pouvoir exécutif. C’est une mue stratégique.
On aura désormais une alternance régulière à la tête de l’Etat, mais les présidents désignés ne viendront que pour inaugurer les chrysanthèmes. Faure Gnassingbé pourra diriger le pays jusqu’à la fin de sa vie s’il se débrouille pour garder le parlement sous sa coupe. C’est symptomatique d’une boulimie du pouvoir.
Auteur: Bernardin Patinvoh

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