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Justin Trudeau, la victoire sans le panache

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Justin Trudeau, la victoire sans le panache

Les Canadiens ont voté pour un programme “progressiste” et pour “une action forte contre le changement climatique”, s’est félicité dans la nuit de lundi à mardi le Premier ministre Justin Trudeau, reconduit à la tête d’un gouvernement minoritaire, à l’issue des législatives. “Ce soir les Canadiens ont rejeté la division”, a lancé le chef du parti libéral devant ses partisans euphoriques réunis au centre de Montréal. Les Canadiens “ont rejeté les coupes et l’austérité et voté en faveur d’un programme progressiste et d’une action forte contre le changement climatique”, a poursuivi le Premier ministre.

 Il avait dénoncé pendant la campagne les coupes budgétaires qui auraient, selon lui, suivi une victoire de son rival conservateur Andrew Scheer et l’intention affichée par celui-ci d’abolir la taxe carbone mise en place par le gouvernement libéral. Manifestement soulagé par sa victoire alors que les sondages le plaçaient au coude-à-coude avec les conservateurs, M. Trudeau a affirmé sa volonté de travailler “pour tous les Canadiens”. Il s’est en particulier adressé aux électeurs des provinces pétrolières d’Alberta et de la Saskatchewan, qui n’ont élu aucun député libéral. 

Ce résultat illustre la défiance de ces provinces envers M. Trudeau et la division du pays entre partisans de l’industrie pétrolière et défenseurs de l’environnement. “Vous formez une partie essentielle de notre grand pays. J’ai entendu votre frustration et je veux vous soutenir. Travaillons ensemble pour rassembler notre pays”, a-t-il plaidé. Il a aussi affirmé avoir entendu le message des Québécois qui “veulent s’assurer que la voix du Québec soit encore davantage entendue à Ottawa”. Le Bloc québécois, formation indépendantiste, a réalisé un très beau score dans la province francophone, remportant plus de trente sièges et triplant ainsi son score de 2015. 

La “Trudeaumanie”, un lointain souvenir 

Usé par quatre ans de pouvoir, affaibli par plusieurs scandales, Justin Trudeau a réussi son pari d’un deuxième mandat, mais sans décrocher la majorité absolue qui avait salué son élection fracassante en 2015. Il avait promis des “voies ensoleillées” aux Canadiens, qui lui avaient confié une confortable majorité de 184 sièges. Mais au fil de son mandat, les nuages se sont amoncelés et M. Trudeau a dû batailler ferme pour garder son poste de Premier ministre, malgré l’appui in extremis de son “ami” Barack Obama. 

 Quatre ans plus tôt pourtant, M. Trudeau avait déclenché une “Trudeaumanie” comme le Canada n’en avait plus connu depuis... son propre père, le flamboyant Pierre Elliott Trudeau, ex-Premier ministre mort en 2000. Jeune, athlétique, bel homme, Justin Trudeau attire la lumière. Aussi à l’aise dans les bains de foule que devant les caméras, le dirigeant libéral s’emploie à tourner la page de dix années conservatrices sous la houlette de l’austère Stephen Harper. Il s’entoure d’un gouvernement paritaire hommes-femmes, “parce qu’on est en 2015". Alors que Donald Trump ferme ses frontières au sud, M. Trudeau ouvre grand les portes du Canada à plusieurs dizaines de milliers de réfugiés syriens. 

 “La grande force de Trudeau est le message qu’il porte”, analyse pour l’AFP Jocelyn Coulon, chercheur à l’université de Montréal. “C’est celui de l’ouverture, de la tolérance, du respect de la diversité, à un moment où l’espace public est occupé par les discours intolérants et xénophobes de Trump, Le Pen et autres leaders de droite et d’extrême droite”, estime-t-il. Le monde entier observe avec intérêt, voire admiration, les premiers pas au pouvoir de ce dirigeant multilatéraliste qui proclame crânement que “le Canada est de retour” sur la scène internationale. 

Kennedy canadien 

Une partie de l’opinion américaine voit en lui une sorte d’anti-Trump, ou de Kennedy canadien. “Pourquoi ne peut-il pas être notre président”, demande le magazine américain Rolling Stone. Aux côtés de son épouse Sophie Grégoire, ex-présentatrice de télévision et mère de leurs trois enfants, M. Trudeau se retrouve souvent dans les pages “people”. Ses détracteurs décrivent un dirigeant sans envergure intellectuelle, dont l’image s’appuie sur une “com” ciselée à base de tweets et de selfies. 

Le jeune Justin Trudeau avait étudié la littérature anglaise et les sciences de l’éducation, avant de chercher sa voie: boxeur amateur, guide de rafting, moniteur de snowboard, professeur d’anglais et de français... Il se lance en politique en 2007, se fait élire député de Montréal en 2008 puis chef d’un parti libéral en lambeaux en 2013. Il provoque dans la foulée sa première controverse en reconnaissant avoir fumé du cannabis “cinq ou six fois”. Premier ministre, il fera du Canada le deuxième pays au monde à légaliser cette drogue douce. Une mesure considérée comme l’une des grandes réussites de son mandat, avec la signature d’une version modernisée de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna). 

Dans les pas de son père 

Mais son mandat est terni par une série de scandales qui vont brouiller son image. Fin 2017, il est montré du doigt par la Commissaire à l’éthique pour être allé à deux reprises aux frais de son hôte sur l’île privée de l’Aga Khan aux Bahamas. En 2019, un rapport officiel l’accuse de conflit d’intérêts pour avoir fait pression sur sa ministre de la Justice afin qu’elle intervienne dans une procédure judiciaire contre une société québécoise, SNC-Lavalin, poursuivie pour corruption. Ce scandale va hanter la fin de son mandat et fera longtemps plonger sa cote de popularité.

 “Il promettait de faire de la politique autrement, il s’est révélé être un politicien comme les autres”, estime M. Coulon, auteur du livre “Un selfie avec Justin Trudeau”. Puis en pleine campagne pour les législatives, la presse publie plusieurs photos et une vidéo le montrant le visage maquillé de brun ou de noir lors de soirées privées entre les années 1990 et 2001. Elles font le tour de monde, provoquent un tollé au Canada, qui fait long feu. “La plupart des Canadiens ne pensent pas qu’il est raciste”, note Roland Paris, professeur à l’université d’Ottawa et ancien conseiller de M. Trudeau.

 “Si les gens l’avaient soupçonné d’être raciste, je pense que ces images auraient pu mettre fin à sa carrière.” Justin Trudeau peut désormais rêver de continuer à marcher dans les pas de son illustre père. À l’issue de son premier mandat en 1972, Pierre Elliott Trudeau avait été reconduit au pouvoir et avait dû former un gouvernement minoritaire. Puis il avait remporté deux autres mandats avec cette fois une majorité absolue, marquant l’histoire politique de son pays.

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2 Commentaires

  1. Auteur

    Longueuillois

    En Octobre, 2019 (16:21 PM)
    Il faut travaillwr nak poir la baisse des impots

    Sonounaniou torop
    • Auteur

      Reply_author

      En Octobre, 2019 (19:55 PM)
      feye lene senne impot. vous avez une excellente qualite de vie.
      et puis sakh mome, il n'a pas la majorite des seats..
  2. Auteur

    Deuggitt

    En Octobre, 2019 (16:42 PM)
    Je l'aime bien Trudeau. Bonne chance

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