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Politique

«Fekke Maci Bolle» ne quémande pas de poste ministériel, mais… »

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«Fekke Maci Bolle» ne quémande pas de poste ministériel, mais… »

M. Mounirou Sy, coordonnateur national du mouvement «Fekke Maci Bollé», par ailleurs tête de liste de la coalition Benno Defar Ndiambour ne s’avoue pas vaincu au soir des Locales. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il revient sur le recours qu’il a déposé à  la Cour d’appel de Saint-Louis pour invalider certains bureaux de vote gagnés par BBY à Louga.

 

M. Mounirou Sy, vous venez de déposer un recours auprès de la Cour d’appel de Saint-Louis, pour demander l’invalidation des résultats des centres de vote de Keur Serigne Louga et de Mannar, qu’en est-il ?

Tout d’abord, je tiens à apporter une précision de taille. Depuis le soir du 29 juin 2014, la même chanson est fredonnée un peu partout au Sénégal exaltant la victoire de Bby sous la houlette de Moustapha Diop. Plus utopique, une certaine presse désabusée excelle en épithètes hyperboliques, qualifiant de «cinglante» une défaite pas encore certaine de Aminata Mbengue Ndiaye, ou dire ailleurs qu’elle a été «laminée» alors que seuls 88 bulletins la séparent de la coalition de M. Moustapha Diop, selon les résultats de la Préfecture de Louga. Curieusement, cet enthousiasme est plus ressenti en dehors de Louga qu’en son sein. Tout semble se passer comme si cette victoire a un parfum d’amertume dans la capitale du Ndiambour. Les «proclamés vainqueurs» par des résultats toujours provisoires ne jubilent point et sont sous la hantise de sérieux et solides recours conjointement présentés devant la Cour d’appel de Saint-Louis par les deux têtes de liste de la coalition Benno Défar Ndiambour : à savoir Aminata Mbengue Ndiaye de la liste majoritaire et moi-même, tête de la liste proportionnelle.

Quelles sont les chances de ces initiatives ?

Nous avons appris de notre maître, le Doyen Vedel, que «la procédure est du Droit en action». Vous savez, le Droit électoral se déroule en trois temps : d’abord, la phase préélectorale allant de la déclaration de candidature à la proclamation des listes en passant par leur confection et dépôt ; ensuite, la phase électorale proprement dite à savoir le scrutin lui-même ; et enfin, la phase contentieuse qui suit le scrutin. C’est cette dernière, prévue par le Code électoral, qui nous donne droit d’ester en justice pour déplorer des anomalies et irrégularités incommensurables constatées lors du déroulement des opérations électorales. Nous cherchons au prétoire ce que nous n’avons pas eu à l’isoloir. Or, si les Lougatois avaient sincèrement, régulièrement et légalement choisi la liste de Moustapha Diop, aucun recours ne serait présenté, du moins par moi-même. Mais, en ma qualité d’enseignant en Droit et surtout d’investi dans cette liste, je ne saurais accepter qu’un Conseil municipal, avec son président maire, soit élu en violation certaine des lois et règlements du pays. Le cas échéant,  le Président Macky Sall l’aurait récusé et combattu fermement. Nos chances sont certaines et réelles puisque les arguments juridiques font florès et des preuves matérielles sont apportées pour étayer nos allégations.

Et quels sont ces arguments et preuves ?

Il y a avant tout une violationflagrante du délai légal du déroulement des opérations électorales par un arrêté préfectoral irrégulier.

Il a été relevé sans contestation aucune qu’au niveau de beaucoup de bureaux des centres de l’Ecole Manar Al Houda, de l’Ecole Keur Serigne Louga Est, de l’Ecole Keur Serigne Louga Sud  et de l’Ecole Ndiang, Santhiaba Nord, comme l’attestent les Pv (Procès-verbaux) que nous avons joints à nos requêtes, les opérations de vote se sont poursuivies au-delà de 18h contrairement aux dispositions de l’article R.59 ainsi rédigées : «Lescrutin est ouvert à huit (8) heures et clos le même jour à dix huit (18) heures. Toutefois, pour faciliter aux électeurs l’exercice de leur droit de vote, le Gouverneur, le Préfet ou le Sous-préfet peut prendre unarrêtéafin de retarder l’heure de clôture du scrutin dans l’ensemble ou une partie de la circonscription électorale. Cet arrêté est affiché à l’entrée des bureaux de vote concernés.»

Plus surprenant, les Pv signés par tous les membres des bureaux de vote montrent que c’est sur la base d’un seul et même arrêté préfectoral N°14231 que des bureaux de vote ont clôturé leurs opérations de vote à des heures différentes et discordantes. Et le comble est qu’il est constant que l’arrêté préfectoral en question, portant le N°14231, ait été présenté dans ces mêmes et uniques centres, juste après le début du scrutin, à savoirla matinéedu 29 juin, alors qu’à ce moment précis rien ne pouvait présager d’une éventuelle prorogation. Autre violation de la loi et argument à la faveur de notre requête, le défautet l’absence absolue d’affichage dudit arrêté.Avant, pendant et après les opérations qui se sont déroulées au-delà de 18 heures, l’arrêté préfectoral en question n’a fait l’objet d’aucun affichage devant les bureaux indexés et cela est attesté par le constat d’huissier que j’ai déposé devant le greffe de la Cour d’appel. Cette absence d’affichage viole allégrement l’alinéa in fine de l’article R.59 qui dispose : «Cet arrêté est affiché aussitôt à l’entrée des bureaux de vote concernés.» Le présent faisant office d’obligation en droit, le défaut d’affichage rend d’entrée les opérations effectuées après 18 heures irrégulières, ce qui devra entraîner naturellement l’annulation pure et simple de tous ces bureaux.

Au bureau de vote N°1 du centre de l’Ecole Grand Louga 2,il y a eu erreur manifeste d’appréciation et défaut de base légale puisque le scrutin a été clos à 18 heures précises. Par conséquent, on ne pouvait aucunement se référer à quelque arrêté préfectoral que ce soit puisque la production d’un tel acte administratif n’est requise qu’au-delà de cette heure (18h). Ailleurs, il y a méconnaissance deshoraires du vote en violation de l’article L.80 du code électoral.C’est le cas dubureau de vote 3 de Keur Serigne Louga Sud, le Pv des opérations électorales ci-joint et signé par le président du bureau ne renseigne nullement sur les horaires de début et de fin du vote, ce qui viole outrageusement les dispositions de l’article L. 80 qui affirment  textuellement que : «Le président constate l’heure à laquelle il déclare le scrutinclos et la porte au Procès-verbal. Après cette déclaration, aucun votene peutêtre reçu.» Qui plus est, il est mentionné en observations et réclamations qu’il y a eu prolongation. Et le bureaude vote N°1 du centre Ecole Keur Serigne Louga Est, les mêmes faits sont constatés puisque le Procès-verbal ne renseigne pas de l’heure de clôture.

Pourquoi,  j’insiste sur ces bureaux, c’est parce que c’est là qu’habite Moustapha Diop. Et c’est seulement là que notre coalition a connu des revers par des écarts impossibles et des nombres de votants jamais égalés, qui contrastent d’avec la tendance générale de la commune. D’ailleurs, cela peut se comprendre puisque c’est au-delà de 18h qu’il y a eu une affluence insoupçonnée de votants venant de toute part pour voter, et mal voter, parce qu’étant hors délai. De telles fraudes doivent être soulevées et sanctionnées. Par conséquent, la Cour d’appel doit annuler ces bureaux suspectés et sans les résultats desquels la coalition que Aminata Mbengue Ndiaye et moi-même dirigeons serait largement victorieuse.

Est-ce que vous n’êtes pas en train de salir la victoire du ministre Moustapha Diop?

Vous savez, la personne de Moustapha Diop importe peu. On parle ici de la sincérité du scrutin. D’ailleurs, celle-ci laisse à désirer puisqu’il existe un réel défaut de sincérité du scrutin au regard des résultats discordants entre la Préfecture de Louga et la Commission départementale de recensement des votes. En réalité, Il suffit de comparer les documents officiels de récapitulation du recensement des suffrages pour constater l’existence d’une différence énorme entre les chiffres détenus par la Préfecture de Louga et ceux annoncés par la Commission départementale de recensement des votes. Pour le Préfecture de Louga, Benno bokk yaakaar a obtenu 7 667 et Benno Defar Ndiambour 7 579 alors que la Commission départementale, Bby enregistre 7 759 et BDN 7 397. Ici la différence est de 88 bulletins, là elle est de 402. Cette différence ubuesque et fantaisiste prête à équivoque et à confusion et installe un sérieux doute dans la sincérité du scrutin. Vous avez parlé de salir la victoire de Moustapha Diop. Comment peut-on se laver de tout soupçon, lorsqu’avec véhémence et indécence, on se livre à une distribution récurrente et quotidienne de billets de banque pour amadouer les citoyens avec des deniers privés ou publics dont l’origine est totalement inconnue et suspecte ? C’est pourquoi, avant de lui confier d’autres responsabilités ayant pour incidence la gestion de Finances publiques ou locales, ces fonds de campagne doivent être justifiés. Je déplore la manière moralement insolente et socialement infamante vis-à-vis des valeurs et principes républicains. Le Président Macky Sall, dont je suis un des serviteurs les plus fidèles, veut que sa gouvernance soit sobre et vertueuse. Avec ce que Moustapha Diop a fait à Louga, c’est tout à fait le contraire et demeure une indignation.

Pourquoi «Fekke maci Bolle» n’a pas eu de ministre malgré son implication dans les Locales ?

Il faut le demander au Président Macky Sall et à M. Youssou Ndour. Ce qu’il faut retenir, c’est que depuis les Législatives et la désignation des membres du Conseil économique, «Fekke maci Bolle» n’a jamais rien demandé encore moins quémandé. Cela ne veut pas dire que les cadres de la coordination ne veulent pas de postes de responsabilités dans ce pays. Beaucoup d’entre eux sont plus que valables parce que dotés de qualifications diplômantes d’universités américaines, européennes et africaines de renommée, d’expériences professionnelles qui n’envient aucunement ceux qui sont nommés et d’une envie de servir exclusivement et doctement le Sénégal. Toutefois, la prérogative constitutionnelle de nommer aux emplois ministériels et de direction est du ressort exclusif du président de la République et son pouvoir reste discrétionnaire.

Le Conseil départemental est aussi tombé entre les mains de l’Apr, est-ce à dire que votre coalition a échoué pour avoir perdu toutes les batailles?

En ce qui me concerne et en ma qualité de coordonnateur national de «Fekke Ma Ci Boolé» à Louga, j’ai plus que gagné. J’ai gagné haut la main dans mon bureau de vote, dans mon centre de vote et dans les 10 centres de vote où étaient investis les membres de notre mouvement. J’ai gagné en expérience pour ma première élection en tant que leader et tête de liste. J’ai compris les Lougatois et à travers eux, le Sénégalais. Et en vertu des éléments de recours ici évoqués, notre coalition est légitimement, juridiquement et politiquement victorieuse. En dehors de Keur Serigne Louga, elle gagne partout. Le seul regret que j’ai, c’est qu’on devait introduire dans l’Acte III de la décentralisation, le scrutin majoritaire à 2 tours pour les Locales. Qu’importe la coalition qui va gagner, seule une légitimité d’environ 35% lui sera conférée, ce qui est trop faible. Or, avec le second tour, on saurait qui est vraiment le «Seigneur» de Louga.




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