Le Sénégal accueille le 5ème Congrès scientifique de la Société sénégalaise de néphrologie, une rencontre d’envergure internationale consacrée à la lutte contre les maladies rénales chroniques. Le thème central de cette édition est «Maladie rénale chronique en Afrique subsaharienne : défis et perspectives».
Organisé tous les deux (2) ans, ce congrès réunit plus de 300 participants venus de dix pays d’Afrique et d’Europe, avec au programme 20 sessions et 27 conférences animées par des experts de renommée mondiale.
Cette plateforme d’échanges vise à renforcer la collaboration scientifique, partager les bonnes pratiques et harmoniser les stratégies de prévention et de prise en charge de la maladie rénale chronique (MRC) sur le continent.
Selon le secrétaire général de la Société sénégalaise de néphrologie et président du comité d’organisation, «la maladie rénale constitue un lourd fardeau pour nos pays, en particulier ceux disposant de ressources limitées ». «C’est une pathologie silencieuse, qu’on surnomme le tueur silencieux. Si rien n’est fait, elle deviendra la cinquième cause de mortalité dans les prochaines années, devant bien d'autres maladies chroniques », dit le Pr El Hadji Fary Ka.
D'où la nécessité, d’après lui, de mettre l'accent sur la prévention, le dépistage précoce, une prise en charge adaptée, et surtout sur la coopération Sud-Sud entre les pays africains confrontés à des défis similaires : retard diagnostique, causes infectieuses, hypertension artérielle, diabète, etc.
Directeur de la lutte contre la maladie et représentant du ministre de la Santé, Dr Mamadou Moustapha Diop, souligne que : "l’insuffisance rénale chronique (IRC) touche plus de 850 millions de personnes à travers le monde, soit une sur dix. Elle est en voie de devenir la cinquième cause de décès mondial d’ici 2050, si les tendances actuelles se poursuivent. L’IRC est un facteur de risque cardiovasculaire majeur, avec une prise en charge extrêmement coûteuse, qui pèse lourdement sur les budgets des ménages et des États, particulièrement dans les pays à faibles ressources".
Situation au Sénégal : progrès notables, défis persistants
Au Sénégal, la prévalence de la maladie rénale est estimée à 4,3 % de la population, soit environ 774 000 personnes (Enquête STEPS 2024). Chaque année, 2 000 à 4 000 patients atteignent les stades 4 et 5 nécessitant une thérapie de suppléance.
980 patients sont actuellement en hémodialyse régulière, 53 en dialyse péritonéale et 4 ont bénéficié d’une transplantation rénale. Tandis qu’environ 1 000 malades sont en attente d’un traitement de suppléance.
"Le Sénégal compte aujourd’hui 40 centres d’hémodialyse (26 publics et 14 privés) avec 446 générateurs fonctionnels. Ces progrès s’expliquent par la gratuité de la dialyse dans le secteur public depuis 2013, avec un budget annuel de 5,2 milliards de FCFA pour l’achat des kits, l’ouverture progressive de centres dans toutes les régions (2 en 2010, 40 en 2024), le renforcement des ressources humaines (152 agents déployés, 60 boursiers en formation), les conventions avec le privé pour accroître l’offre, la création du Conseil national du don et de la transplantation et l’élaboration d’un plan national de lutte contre les maladies non transmissibles (MNT)", liste Dr Diop.
Un appel à renforcer la prévention et la transplantation
Malgré ces avancées, les autorités reconnaissent que le plus grand défi reste la prévention. Cela passe, selon lui, par la sensibilisation des populations, le dépistage précoce et la prise en charge efficace des MNT, en particulier du diabète et de l’hypertension.
Toujours le directeur de la lutte contre la maladie précise que la transplantation rénale reste également un défi majeur en Afrique subsaharienne, malgré quelques avancées.
"Le ministère de la Santé travaille actuellement à renforcer ce volet crucial pour assurer une meilleure qualité de vie aux patients en insuffisance rénale terminale", déclare-t-il.
Ainsi, les résolutions issues de ce congrès seront partagées avec les autorités sanitaires des pays participants. L’objectif est de «bâtir une feuille de route commune pour une meilleure prise en charge des maladies rénales en Afrique, fondée sur la solidarité, la mutualisation des ressources et l’innovation dans les pratiques ».
Commentaires (1)
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