FOOTBALL ET RACISME AU BRESIL

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FOOTBALL ET RACISME AU BRESIL

POUR NE PAS SUIVRE EN IDIOT LA COUPE DU MONDE AU DELA DE LA COMPETITION ,LA COUPE DU MONDE DE FOOT BALL RASSEMBLE DES PEUPLES A TRAVERS LEUR CULTURE, LEUR HISTOIRE , LEUR PRESENT ,ET LEUR AVENIR . L’HUMANITE DANS SA TOUTE GLOBALITE ET DEVERSITE SE RETROUVE DANS CET GRAND EVENEMENT SPORTIF MONDIAL. BRESIL

       

Les sénégalais ont toujours supporté l’équipe du Brésil à cause de ses joueurs de couleur, ignorant le racisme qu’ils subissaient. Chaque année, le 20 novembre est célébré jour de la conscience noire au Brésil, en hommage à Zoumbi dos Palmares. Cet esclave africain insurgé se révolta et combattit les armées portugaises pendant une quinzaine d’années à la fin du XVIIème siècle. Trahi par ses camarades, il fut décapité le 20 novembre 1695 par les portugais. Le Bresil est un pays ou les Noirs et les Métis (45,3 % de la population) subissent une forte discrimination raciale. Les trois –quart de la richesse nationale produite dans le pays sont accaparés par les Blancs (qui représentent 53,8 % de la population).  En d’autres termes, les Blancs captent 2,86 fois plus de richesses (salaires, retraites, aides sociales etc.) que les Noirs et Métis. 70% des gens qui habitaient dans les favelas sont des Noirs

La place de l’homme noir dans la société brésilienne peut-être reliée à la place du joueur noir dans le football brésilien.  En 1950 ,alors que le joueur noir semble implanté dans la culture brésilienne, le Brésil accueille la coupe du monde, une occasion d’affirmer sa puissance nationale, dans le gigantesque Maracanã. Cependant, le Brésil perd en « finale » contre l’Uruguay, engendrant un véritable drame national

À l’heure de chercher les responsables, les noirs sont rapidement désignés. Si la star Zizinho échappe aux critiques , le gardien noir Barbosa, et les défenseurs noirs Bigode et Juvenal subissent un véritable acharnement. Juvenal et Bigode ne joueront plus un seul match pour le Brésil, Barbosa, une seule fois, en 1953. Les noirs sont accusés de ne pas pouvoir supporter la pression d’une coupe du monde, de ne pas savoir répondre à l’adversité si c’est nécessaire, d’être faibles.

Bigode quitte Rio de Janeiro pour le Minas Geiras afin d’échapper aux nombreuses questions, mais ce ne fut pas suffisant, l’obligeant à un nouveau déménagement. Un reportage de Globo montre un Juvenal en fin de vie, vivant seul dans une petite baraque. Incapable de marcher, il a pour seul richesse une petite radio et survit grâce à l’aide de quelques voisins généreux. Barbosa, pourtant l’un des meilleurs gardiens du monde, est la cible des critiques et des moqueries, son nom devenant synonyme de « chat noir ».

En 1993, alors qu’il souhaite assister à un entraînement du Brésil qui prépare la coupe du monde, il est refusé à l’entrée parce qu’il porte malheur. Il dira ensuite cette phrase restée tristement célèbre : « Au Brésil, la peine maximale est de 30 ans. Je paye depuis 43 ans pour un crime que je n’ai pas commis ». Parmi les autres souvenirs douloureux, un épisode où il se trouvait dans la rue lorsqu’une femme le pointa du doigt et dit à sa fille « Regarde ! Cet homme a fait pleurer le Brésil entier ». Un long combat Les mésaventures de Barbosa sont assimilées à sa couleur de peau et se répercutent sur les autres joueurs. Il faudra attendre 1999 et Dida, qui a par ailleurs beaucoup œuvré pour la réhabilitation de Barbosa, pour voir un gardien noir titulaire dans les buts de la Seleção. Citons par exemple, Barbosinha, gardien prometteur du Corinthians. Après un match raté contre Palmeiras, Barbosinha, noir et dont le nom est beaucoup trop semblable à Barbosa, est insulté par les supporters, l’accusant d’être vendu. « Petit Barbosa » ne portera plus jamais le maillot du Corinthians. En 1954, pour le premier match de la coupe du monde, Didi, le prince éthiopien, est entouré de dix joueurs blancs.  Lors du match très violent contre la Hongrie, qui scelle l’élimination du Brésil, les noirs sont une nouvelle fois accusés de perdre leurs nerfs lorsqu’ils sont sous pression. Quatre ans plus tard, un psychologue, João Carvalhaes, est chargé d’examiner les joueurs à la préparation de la coupe du monde en Suède. Il s’oppose à la sélection du noir Pelé, trop jeune pour supporter la pression d’une coupe du monde et du mulato Garrincha, pour une « intelligence en-dessous de la moyenne et une absence d’agressivité ». Vicente Feola, l’entraîneur, emmène en Suède les deux joueurs, mais ils ne sont pas titulaires lors des deux premiers matchs (Pelé est cependant blessé). Il faut l’intervention de Didi pour que Pelé et Garrincha soient alignés titulaires lors du troisième match, contre l’URSS, après le premier résultat 0-0 de l’histoire de la coupe du monde, contre l’Angleterre.

Le Brésil devient une véritable machine, Pelé marque six buts à partir des quarts de finale, et Garrincha maltraite les défenseurs sur son côté droit. En finale, alors que le Brésil est mené 1-0 contre le pays hôte, l’immature Garrincha délivre deux passes décisives. Pelé signe un triplé en demi-finale puis un doublé en finale et montre au Brésil que les jeunes footballeurs noirs peuvent parfaitement supporter la pression.

Depuis, si la situation s’est améliorée, le racisme est encore présent dans le football brésilien, à l’image des insultes d’une supportrice du Grêmio à l’encontre du gardien noir du Santos, Aranha, lors d’un match de coupe du Brésil en 2014. Preuve que si les footballeurs noirs continuent de marquer l’histoire du football brésilien, le combat n’est pas encore gagné.

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