Pape Ma Dieng (Artiste) : ‘’ Mon père m’a confié des choses qu’il n’a données à personne’’

  • Source: : EnquetePlus | Le 25 janvier, 2018 à 13:01:37 | Lu 7427 fois | 1 Commentaires
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Pape Ma Dieng (Artiste) : ‘’ Mon père m’a confié des choses qu’il n’a données à personne’’

On connaissait bien Alpha Dieng, puis Momo Dieng comme dignes héritiers de feu El hadji Ndiouga Dieng. Un troisième et même une quatrième sont venus allonger la liste des fils chanteurs de l’ancien pilier de l’Orchestra Baobab. Il s’agit de Pape Malick Dieng dit ‘’Pama’’ et de Sabelle Dieng. Aujourd’hui, le premier cité commence à sortir de l’anonymat. Très connu dans la banlieue dakaroise, il veut percer le marché national, d’où son projet de sortie de 52 morceaux pour convaincre. Il veut, au cours de l’année 2018, sortir une chanson chaque semaine. Il est soutenu et produit dans ce sens par le label Pikini Productions. Fils de Ndiouga et petit-fils de Ndèye Ngom Bambilor, 52 Pc n’est pas trop d’ambition, ni un projet irréalisable. Ses relations avec Momo et Sabelle, Pape Ma Dieng   en parle dans cet entretien, de même que celles avec son défunt père qui, dit-il, était son grand ami.

Vous faites de la musique depuis quand ?

Je suis né dans une famille de musiciens. Depuis tout petit, ce sont des instruments de musique qui m’entourent. Je me plaisais à y jouer. Cela a eu un impact sur mon avenir et a fait de moi ce que je suis devenu, un artiste musicien. J’ai toujours allié mes études à la musique, mais j’ai bien vite compris que j’allais finir par être musicien, car j’ai grandi dans ce milieu. La première fois que j’ai tenu un micro, c’était lors d’une soirée qu’animait mon frère Alpha Dieng. J’y étais avec un autre de mes frères, Momo. J’étais encore très jeune et tellement petit que les préposés à la sécurité n’ont pas voulu que j’accède à la salle. La soirée se passait dans une boite de nuit. J’avais 9 ans à l’époque. Il a fallu l’intervention de mon frère Alpha pour que je puisse participer à la soirée, car c’est Momo et moi qui devions assurer les chœurs de ses chansons. Mes deux frères-là et l’Orchestra Baobab ont joué un grand rôle dans ma carrière.

Mais à quel moment exactement avez-vous pris conscience de votre talent ?

Dans chaque être humain est enfoui un talent. Moi, c’est la musique. C’est le talent qui dormait au fond de moi. Certains pensaient que j’allais faire carrière dans le  football ou devenir boxeur, car ce sont des sports que j’ai exercés. Mais mon penchant pour la musique dominait toutes les envies que j’avais. Au fil du temps, j’ai vu qu’elle a créé des milliardaires, des modèles et des sommités, donc je me suis dit que ce sera mon métier.

Aussi, c’est une passion et comme disait l’écrivain engagé Aimé Césaire, ‘’ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouches. Ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir’’. Je me vois comme un porteur de voix et je suis engagé tout comme lui. Je vise loin et je veux devenir une sommité de la musique. J’ai une très grande place dans le milieu et mon objectif, c’est de faire plaisir aux Sénégalais, leur montrer la bonne voie et éveiller les consciences à travers ma musique.

Vous partagiez le même groupe avec votre frère Momo. Maintenant, on voit que chacun fait cavalier seul. Que s’est-il passé ?

(Il se redresse) Dans la vie, il y a toujours des choses qui se passent ainsi. Ce n’est pas parce que vous êtes frères que vous devriez être ensemble. L’essentiel est que chacun puisse se retrouver dans le choix qu’il a fait. Chacun a son label, mais on a les mêmes objectifs. Je lui ai laissé le groupe Ndobine Band qu’on a créé ensemble, pour monter le mien, Pamasé. Cela ne signifie pas que nous nous sommes embrouillés. Nous sommes ensemble et tendons vers le même idéal. Les idées et les projets, nous les partageons et chacun épaule l’autre dans ce qu’il fait.

Et qu’en est-il de votre sœur Sabelle Dieng ?

Elle également, elle a préféré tracer sa propre voie. Elle avait, pendant un moment, beaucoup de propositions, mais elle préférait alors me pousser et m’accompagner jusqu’à ce que j’atteigne un certain niveau.  Aujourd’hui, elle se consacre à sa carrière.

Pourquoi le choix du label Pikini Productions ?

Parce qu’il y a, d’abord, ce qu’on appelle le destin. Et quand j’ai décidé d’entamer une carrière solo, Dieu a fait que j’ai croisé le chemin du boss de Pikini Productions. Aliou Ndiaye, qui est mon producteur aujourd’hui, est avant tout un père pour moi. Mon papa, feu Ndiouga Dieng, lui avait confié ma carrière. D’ailleurs, c’est lui qui m’a surnommé ‘’Pama’’.

Aujourd’hui, avec Pikini, vous avez un projet de 52 Pc. C’est quoi un Pc ?    

L’explication est toute simple. Pc veut tout simplement dire ‘’Pour convaincre’’. C’est un projet de Pikini et de Pama. On a pensé proposer quelque chose d’inédit au public sénégalais. Et vous n’êtes pas sans savoir que la musique a beaucoup évolué. Nous avons compris que nous pouvons apporter du nouveau. Donc, on s’est dit pourquoi ne pas apporter une autre touche. C’est ainsi qu’on a pensé proposer, chaque semaine, aux Sénégalais, un nouveau single. L’année compte 52 semaines, donc on aura à la fin 52 titres. Et dans ces 52 morceaux, je vais chanter tous les maux de la société. Je vais aussi évoquer beaucoup de thèmes, mais je vais surtout chanter pour ceux qui ne se retrouvent plus en cette nouvelle génération de musiciens. Je vais reprendre les styles d’antan de la musique sénégalaise. Celle qu’on appelle plus précisément les ‘’Musiku Dëmb’’, du traditionnel, pour convaincre.

Convaincre qui ?

Je veux convaincre les acteurs du monde de la musique. Quand je parle de convaincre, c’est parce que tout le monde écoute de la musique et chacun a son style. Moi, je vais essayer de toucher tout le monde, tous les publics. Je veux apporter ma partition et jouer un rôle déterminant sur la scène musicale. Mais, auparavant, il faut que les gens s’approprient ma musique. Donc, je demande solennellement qu’on me donne une chance. Et cette chance, c’est de m’écouter, de me soutenir et de m’accompagner.

Mais 52 morceaux pour un débutant, n’est-ce pas trop ?

Non, je ne trouve pas que sortir 52 morceaux soit excessif. Je vous assure que je pourrais le faire chaque année. Ainsi, pour moi, cela ne relève pas de la précipitation. Avec le temps, vous vous rendrez compte que je peux faire plus que cela. N’oubliez pas que je suis très jeune et que je viens à peine de commencer. J’ai une bonne inspiration. On peut réaliser beaucoup de choses, en étant jeune. Je suis à mes débuts et je n’ai ni femme ni enfant, donc j’ai du temps pour travailler.

Mais avec 52 morceaux par année, ne craignez-vous pas que vos sources d’inspiration se tarissent ?  

Au contraire, cela me pousse à beaucoup plus réfléchir. Là, je me consacre à mes 52 morceaux. Je veux les évacuer et en faire d’autres. Je suis déterminé pour cela.

Comment comptez-vous diversifier les mélodies ?

Dans les 52 morceaux, le public pourra retrouver du mbalax pur et dur, de l’acoustique, du folk, de l’afro, du Rnb, de la world musique, entre autres.

Vous venez de citer divers genres musicaux. Dans lequel vous sentez-vous le plus à l’aise ?

La touche sénégalaise m’inspire beaucoup et je l’ai dans le sang.  Mais cela ne signifie pas que c’est tout ce que je sais faire. Je me sens à l’aise sur les beats de la world musique.

N’est-ce pas de la précipitation d’engager tout cela en une année ?

(Il soupire et sourit) Non, ce n’est pas de la précipitation. Les gens peuvent penser cela, car le concept est nouveau chez eux. J’exploite ce talent qui dort en moi et j’ai d’autres projets en cours. Ils vont penser la même chose, mais tout au fond de moi, je sais que je vais y arriver. Je souhaite, après moi, que d’autres artistes fassent la même chose et tentent l’expérience.

Votre père, feu Ndiouga Dieng, vous a vu chanter, votre frère Momo et vous. Que pensait-il du groupe que vous formiez ?

Mon père n’a jamais refusé que ses fils fassent de la musique. Par contre, ce qu’il n’a jamais accepté, c’est le fait qu’on abandonne nos études. Il nous exhortait toujours à continuer et à devenir excellents. Je pense qu’on a respecté sa décision, car on a tous été à l’école jusqu’à un certain niveau. Il a prié pour moi afin que je puisse mener une belle carrière dans le milieu musical. Un jour, il a dit n’avoir jamais été fasciné ou étonné par le talent d’un musicien, si ce n’est celui de Pape Malick Dieng (Ndlr : Pama himself). Il a toujours dit qu’il avait confiance en moi et je que je pouvais être une grande star du milieu. 

Est-ce que dans vos 52 morceaux vous allez reprendre quelques morceaux de votre père ?

Mon père a écrit une chanson et m’a demandé, à l’époque, de l’interpréter. C’est juste ce morceau que je vais faire pour lui rendre hommage. Et j’en profite pour dire qu’on ne l’oubliera jamais. Il est notre force. J’étais très proche de mon père. Il m’a confié et m’a donné des choses qu’il n’a laissées à nul autre. On était très proche et il m’aimait de toutes ses forces. On ne peut pas tout dire et il y a des choses qu’on ne peut dire dans un médium. Mais je sais que de ma naissance à aujourd’hui, il a toujours pris soin de moi, a veillé sur moi et veille encore sur moi de là où il se trouve. C’est pour cela que je ne veux pas le décevoir.

A vous entendre chanter, on sent que Momo et vous avaient la même voix. N’avez-vous pas pensé qu’il serait mieux de laisser d’abord votre frère, qui vient de commencer sa carrière, tisser sa toile ?

Ah oui, j’ai la même voix que Momo ? (Il sourit). Je rends grâce à Dieu alors, car c’est un honneur pour moi d’avoir la même voix que mon frère que j’aime beaucoup. Les voix peuvent être pareilles, car on l’a héritée de notre père, mais on n’a pas le même registre. Il a ses feelings et moi j’ai les miens, donc cela ne dérange en rien. Au contraire, je veux que chacun apprenne de l’autre. On s’échange des choses, des secrets sur la chanson et c’est cela notre force. Et il n’a jamais voulu que je me mette derrière lui pour l’accompagner. Mon père également ne l’a jamais souhaité. Donc, on ne va pas le faire.

A quand votre premier album ?

On verra après la sortie de mes 52 Pc. Et pour mon premier album, je lancerai un défi aux Sénégalais. Ce sera à eux de choisir le nombre de morceaux qu’ils souhaitent retrouver dans l’opus. Et je ne vais reprendre aucun titre des 52 Pc. Il n’y aura dans l’album que de nouveaux morceaux.  


Auteur: Habibatou WAGNE - EnquetePlus






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Commentaire (1)


Anonyme il y a 3 semaines (13:41 PM) 0 FansN°: 1
Laf Thia't Pama Dieng

va!

Décroche la lune!

T'es le meilleur

Je suis fan

Dem ba dessal ;)

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