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Agriculture

Sénégal : inquiétudes autour d'un projet de biocarburants

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Sénégal : inquiétudes autour d'un projet de biocarburants

Une entreprise sénégalaise de bio-carburants, Senhuile-Senéthanol a été accusée de mettre des « milliers » de vies en danger à travers son projet controversé de biocarburant établi dans le nord du Sénégal. Les accusations ont été faites par l'ONG américaine Oakland Institute qui vient de publier un rapport sur le sujet.

 

Dans son rapport, l’ONG américaine décrit la détérioration des conditions de vie d’une quarantaine de villages causée par ce projet soutenu par le gouvernement sénégalais. 

 

« Non seulement le projet supprime l’accès aux ressources de la zone pour la population locale mais il contraint également les liens entre les liaisons entre les villages et l’accès aux sources d’eau », déplore ce texte. 

 

Selon les constats de l’ONG, la conduite de ce projet agro-industriel met gravement en danger l’environnement et les moyens de subsistance de la population locale et à terme nécessitera le déplacement de milliers de résidents. 

 

L’opération de Senhuile-Senéthanol que le rapport décrit comme une entreprise étrangère au « montage financier douteux », a fait couler beaucoup d’encre au Sénégal. En plus des menaces directes sur la survie des 40 villages concernés, le rapporteur jette aussi une lumière sur le soutien troublant que le gouvernement accorde à ce projet. 

 

« La terre est notre seul richesse, le gouvernement nous a trompés », note un villageois, cité dans le rapport. 

 

En 2011, les promoteurs du projet s’étaient vus d'abord octroyer de grandes superficies de terres dans la commune de Fanaye (nord), lieu initial d'implantation du projet. Cependant l'accord conclu avec les promoteurs par les responsables de la zone, à l’insu des populations, a donné lieu à de violents affrontements causant la mort de deux personnes. 

 

Suite à cette violence, le président d’alors, Abdoulaye Wade, avait procédé à la suspension du projet pour ensuite le transférer à Ndiael (soit 30 kilomètres plus loin), une réserve naturelle qu’il a déclassifiée par un décret signé en mars 2012, cinq jours avant la publication des résultats du second tour de l’élection présidentielle lors de laquelle il allait perdre le pouvoir. 

 

Dans ce décret lu par Ouestafnews, il est invoqué la raison de « l’utilité publique », et le gouvernement sénégalais parle de « déclassification partiel », en cédant 22.000 hectares sur les 26.500 hectares de cette réserve naturelle pour sa production de graines de tournesol. 

 

Au début de son mandat, le président Macky Sall, a d'abord abrogé le décret de son prédécesseur avant de le rétablir quelques mois plus tard sans aucune consultation des communautés locales, s’indigne l’Institut Oakland. 

 

Senhuile-Senéthanol, qui a entamé ses travaux, dévie déjà une grande partie de l’eau de la zone par le biais de ses canaux d’irrigation, et la superficie entièrement clôturée de la zone prive le bétail de sa zone de pâturage, selon le constat de l’Ong américaine. 

 

Derrière, Senhuile-Senéthanol, on trouve Senhuile SA, entreprise dont l’actionnaire majoritaire est le groupe italien Tampieri. Nos tentatives pour joindre les responsables de Senhuile SA, basé à Dakar, ont été vaines. 

 

Sur son site web au contenu minimaliste, l’entreprise affirme vouloir « développer ses activités dans et participer au développement socio-économique des communautés locales ». 

 

D’ailleurs, dans protocole d’accord signé avec le collectif des villages riverains du projet et lu par Ouestafnews, Senhuile s’est engagé à aménager et entretenir des pâturages et des points d’eau communautaires pour le bétail et des zones de culture avec amenée d’eau pour les villages environnants… 

 

Au niveau des riverains du projet, la division s’est aujourd’hui installée. 

 

D’après le site d’information régional Ndarinfo.com, quelques jours avant la sortie du rapport de l’Institut Oakland, un collectif de cadres ressortissants de la localité de Nguith s’est publiquement prononcé pour la cessation des activités de Senhuile. Mettant en avant les promesses d’emploi, un collectif de jeunes s’est démarqué de cet appel et a, par contre, appelé à la protection de l’Etat contre toute tentative de perturbation que pourraient mener les villages opposés au projet.

 


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4 Commentaires

  1. Auteur

    Tiit

    En Mars, 2014 (16:51 PM)
    On ne peut pas faire une omelette sans casser des oeufs. On ne peut pas developper l'agriculture avec des houes. Les agriculteurs sénégalais dont des paresseux ils passent tout leur temps à se marier. Les terres de fanaye sont jusqu'à ce jour inexploitées. Wakh bi dafa bari bayi lene gni beugueu ligeye akh fougnou meuneu diogue
    • Auteur

      Non

      En Mars, 2014 (17:16 PM)
      si les agriculteurs sénégalais étaient réellement propriétaires de leurs terres et si on abolissait la loi sur le domaine national et tout ce qui en découle, les agriculteurs sénégalais feraient un bon en avant en terme de productivité. si on veut qu'ils jouent dans la même catégorie que les agriculteurs du reste du monde ils faut qu'ils bénéficient des mêmes règles. au sénégal nous fabriquons délibérément de l'improductivité agricole. l'État et ses fonctionnaires doivent arrêter de se mêler de tout, surtout dans les affaires agricoles.
    • Auteur

      Non

      En Mars, 2014 (17:29 PM)
      il ne sont pas paresseux, ils sont rendus paresseux par un système inefficace. ce même système qui permet à nos dirigeants de vendre légalement les terres que nos agriculteurs cultivent avec sans doute des commissions et autres pots de vin distribués.
      si on appliquait le même système que les français ou les américains beaucoup de problèmes seraient résolus. là-bas l'ensemble des terres appartiennent en pleine propriété aux agriculteurs qui les cultivent, ils peuvent librement les mettre en hypothèque contre un prêt permettant de moderniser leur exploitation, de faire des investissement en irrigation, d'acheter des machines. ils peuvent également les vendre et ainsi permettre à des agriculteurs plus productifs d'agrandir leurs exploitations tout en ayant une somme d'argent pour monter un autre business ou financer leur retraite.
      il faut abolir notre système semi-communiste archaïque qui verrouille notre développement agricole. la loi de 1964 sur le domaine national est une des plus grosses erreur du sénégal depuis l'indépendance.
    • Auteur

      Pate

      En Mars, 2014 (17:35 PM)
      il faut les appeler chez toi et leur donner des terres. on ne veut pas de tournesol et de ethanol chez nous.
    • Auteur

      Non

      En Mars, 2014 (17:38 PM)
      et tu veux quoi exactement concernant le développement agricole? car c'est bien beau de râler mais économiquement on propose quoi d'autre.
  2. Auteur

    @ Non

    En Mars, 2014 (17:43 PM)
    Cet article a été déjà publié par SENEWEB . Laissez cet agro-industrie developper cette zone

    Auteur

    Jules10

    En Mars, 2014 (19:28 PM)
    Des jaloux purs ou commandés par des individus tapis ds l'ombre

    Auteur

    Intox

    En Mars, 2014 (19:47 PM)
    cet article comme beaucoup d'autres relève de l'intox. On veut pousser les gens à contester un projet sur des terres que d'autres convoitent. Qui veut noyer son chien... Voilà une excellente manière , à la sénégalaise, de vendre le PSE: on vante la destination sénégal, on veut attirer les investisseurs mais de l'autre côté on dénonce des accords signés avec ceux qui ont déjà pris le risque de venir, qui ont déjà mis des milliards.

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