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Contribution

Dix mille hectares d’un seul tenant

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Macky Sall et le programme d'autosuffisance alimentaire

Dix mille hectares d’un seul tenant : c’est ce qu’une société anonyme de droit marocain, Afri Partners, a demandé et est sur le point d’obtenir dans les communes de Demet et de Dó?él. Les terres seront mises à la disposition d’Afri Partners pour une durée de 40 ans renouvelable quasi automatiquement. À quoi serviront ces terres ? « Le projet consiste en la production de riz paddy et l’installation d’une usine de transformation pour la commercialisation d’une marque haut de gamme de riz blanc » (page 3 du protocole). Le groupe propose contre la cession des terres :

? Un investissement global estimé à 50 milliards de francs ;

? La création d’un millier d’emplois directs et indirects, réservés prioritairement, pour les emplois non qualifiés, aux ressortissants des deux communes ;

? L’aménagement de 2 000 ha pour les populations ;

? 2 milliards de francs de soutien aux projets d’investissement des deux communes sur les 40 ans de durée du projet ; ce qui fait 50 000 000 par an ;

? La « mise en place de contrats de culture avec les exploitants éligibles et adhérents aux programmes de la société à travers :

* L’accompagnement technique et accès aux intrants et matériel à un prix négocié, similaire à celui auquel la société se fournit ;

* Le développement de programmes de formation liés à l’appui pour la mise en place des standards de production ;

* L’achat de la production auprès des agriculteurs éligibles respectant leurs engagements dans le cadre du contrat programme sur la base d’une formule de prix à convenir ».

On assiste ainsi à une nouvelle offensive de l’agro-business sur le Fuuta. Ces propositions ont semblé suffisamment intéressantes aux yeux de la majorité des représentants des populations de la commune de Dó?él (gestionnaires coutumiers, chefs de villages et conseillers communaux) pour les amener à accepter que le terroir de Bañnje, ciblé par Afri Partners parce qu’étant le seul à pouvoir offrir 10 000 hectares d’un seul tenant (croyait-on), soit mis à la disposition des investisseurs. Quant à la commune de Demet, elle mit sur pied une commission ad hoc composée de ses meilleurs cadres pour étudier les propositions rappelées supra. Après un examen approfondi, le conseil communal ne proposa de céder que 1500 hectares dont 300 pour ses populations. Au vu du potentiel des deux communes, tel qu’évalué par la Direction de l’Appui aux Collectivités Locales de la SAED (dernière situation ayant servi de base à la signature du protocole), Demet aurait 5209, 03 ha et Dó?él 2318, 8 ha ; soit un total de 7522,03. Comme il faut distraire les 300 ha destinés aux populations de Demet, il ne reste plus que 7222, 03 pour le projet. Il apparaît ainsi que le potentiel de Bañnje avait été surévalué par le maire de Dó?él : il croyait que ce terroir appartenait à sa seule commune alors qu’il appartient en réalité aux communes de Dó?él, de Demet et de Duumga-Laaw. Et comme Duumga n’est pas concerné par le projet et que Demet ne veut donner, en définitive, que 521 ha, qui vont ainsi s’ajouter aux 2318, 8 ha de Dó?él, on n’a plus que 2839, 8 ha disponibles dans le terroir de Bañnje ; d’où la nécessité impérieuse d’extension de l’assiette du projet au nord et à l’ouest du site initialement visé pour compenser les 7160, 2 ha manquants pour faire 10 000 ha. C’est ainsi que fut intégré dans ledit projet ce qui restait de la réserve foncière des villages de Siñcu-Da??e, Daara-Halay?e, Yennaake, Ndormbos, Céénel-Saakoo?e, Saasél-Taal?e, Bééli-Cówi, Puri, Booga, Jiñcu-Joom, Gurél-Maalikél, Gurél-Bayal et une partie de la réserve de Marda, Lee?e, Paate-Galo, Daarél-Maaro, Gurél-Sakééji et Woowa.

C’est le lieu de préciser que cette extension s’est faite sous la pression du gouverneur qui a mis les chefs de villages et les gestionnaires coutumiers devant le fait accompli et a abusé de son autorité pour arracher une délibération expéditive du conseil communal.

En résumé, si ce projet devait passer tel quel, de nombreux hameaux devront être rayés de la carte parce qu’ils sont au cœur de l’assiette du projet. Plusieurs villages de plus de 3500 habitants n’auront plus d’espace vital. Par espace vital, entendons terrains de culture, terrains de pâturage, pour nourrir le bétail, terrains de pêche et même terrains d’habitation. En un mot, ils sont condamnés à une mort certaine. Dans ces conditions, inutile de dire que rien n’est réservé pour les générations futures de ces localités comme le recommande notre loi fondamentale et comme en a rappelé récemment la nécessité le Président de la République, en personne, en recevant le rapport de la Commission Sourang sur la réforme foncière. On se demande si les promoteurs du projet sont conscients de toutes ces conséquences néfastes. Cette affaire est encore plus grave que celle de Fanay de 2011 car, cette fois-ci, ce ne sont pas les terres du jééri (terres hautes et non inondables donc moins vitales pour les populations) qui sont ciblées mais les terres du waalo (terres inondables qui font vivre les villages). Rappelons pour mémoire que Senethanol voulait mettre la main sur 20 000 ha ; ce qui occasionna deux 2 morts dans des affrontements entre pro et anti-projet. Le président Abdoulaye Wade dût finalement suivre la voie de la raison : abandonner le projet.

LES ENSEIGNEMENTS TIRER DE CETTE SITUATION 

La première question qui nous vient à l’esprit est la suivante : le jeu en vaut-il la chandelle ? L’amitié entre le Sénégal et le Maroc justifie-t-elle qu’on donne toute la réserve foncière qui faisait vivre de nombreux villages aux Marocains ? Aucun Sénégalais, à commencer par notre Président de la République lui-même, ne peut obtenir au Maroc 10 0000 ha, même éparpillés dans tout le royaume et encore moins d’un seul tenant !

La seconde question qui nous taraude l’esprit est celle-ci : peut-on faire le bonheur de populations paysannes (objectif affiché) en leur prenant toutes leurs terres ? La réponse ne peut être que non. Les propositions d’Afri Partners sont même loin d’être favorables ; elles sont plus proches de transformer des populations, jadis libres et maîtresses de leurs terres, en ouvriers agricoles (c’est la conclusion de la commission ad hoc de la commune de Demet). Dans ces conditions, la conception de ce projet doit être très sérieusement revue ; nous ferons plus loin des propositions concrètes à ce sujet, montrant ainsi que les populations ne s’opposent pas à l’octroi de terres. Ce qu’elles refusent, c’est une spoliation qui ne dit pas son nom. C’est le lieu de rappeler que la terre n’est pas pour ces populations sédentaires un simple moyen pour vivre mais elle fait partie de leur identité ; en leur prenant toutes leurs terres, on porte une terrible atteinte à cette identité ; cela n’est pas loin de ressembler à une amputation sans anesthésie !

La troisième question est relative à la densité de la population et des villages dans cette partie de l’Île-À-Morphil. Celle-ci est telle qu’envisager un projet de cette ampleur suppose nécessairement la disparition de la réserve foncière des populations, donc la disparition de l’agriculture locale. Si les hautes autorités de ce pays ne le savaient pas, qu’elles le sachent. On voit ainsi que l’agriculture capitaliste, avec de grands espaces, ne peut pas cohabiter avec la voie paysanne, c’est-à-dire l’agriculture de type familial : les deux formes d’agriculture sont totalement antinomiques. La cohabitation ne peut être envisagée que dans le cas où l’exploitation de type capitaliste est de taille raisonnable, c’est-à-dire une taille qui laisse aux collectivités environnantes un espace vital suffisant pour leur épanouissement.

La quatrième question concerne la place du projet envisagé dans l’atteinte des objectifs d’autosuffisance en riz. Compte tenu du choix de faire du riz haut de gamme (p. 3 du protocole) en prenant toute la réserve foncière, le projet, loin de contribuer à l’autosuffisance, accentuera plutôt le déficit en riz du pays car le riz haut de gamme ne peut qu’être exporté, étant hors de portée de la bourse de la majorité des Sénégalais. Nous connaissons déjà ce curieux phénomène avec la culture de l’arachide depuis la période coloniale, où un déficit vivrier a été créé du fait de cette culture. Mais l’exemple le plus pertinent, c’est qu’aujourd’hui encore, malgré l’indépendance, avec une huile d’arachide haut de gamme produite au Sénégal, nous sommes obligés d’importer des huiles bas de gamme dont les prix sont plus conformes à notre pouvoir d’achat pour couvrir nos besoins ! Le Sénégal n’a donc aucun intérêt à brader ses terres et à menacer l’existence de sa paysannerie pour des retombées économiques quasi nulles, Afri Partners étant une société étrangère dont les bénéfices ne resteront donc pas dans le pays.

Face à tous ces inconvénients, nos décideurs doivent, si l’intérêt national les préoccupe, conseiller fortement à leurs partenaires marocains de revoir le projet de manière à ce que tous les protagonistes y trouvent leur compte. Que faire alors ?

QUE FAIRE ?

1. La première chose (conforme au bon sens du commun des mortels) à faire, c’est d’abandonner définitivement cette idée, inacceptable à tous points de vue, de tailler 10 000 ha d’un seul tenant à une société étrangère dans un terroir aussi densément peuplé. Le Président de la République Macky Sall, qui est un homme intelligent, ne peut et ne doit absolument cautionner ce qui serait une insupportable démission devant le capital étranger ; ce d’autant plus qu’il vient de rappeler lors de la réception du rapport de la Commission Sourang les dispositions relatives à la terre qu’il a fait adopter par référendum. C’est bien ici le lieu d’insister sur le fait que c’est lui-même qui a fait inscrire dans la Loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 avril 2016 :

« Art. 3. - Il est ajouté, après l’article 25 de la Constitution, un article 25-1, un article 25-2 et un

article 25-3 ainsi rédigés :

Article 25-1. - Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour

l’amélioration de ses conditions de vie.

L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de

façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général

et à être écologiquement durables.

L’État et les collectivités territoriales ont l’obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier […] et d’assurer la protection des populations dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets et programmes dont les impacts sociaux et environnementaux sont significatifs. 

Le seul commentaire que nous ferons sur cette disposition sans ambiguïté de notre loi fondamentale, c’est de faire remarquer que l’octroi de 10 000 ha d’un seul tenant à un seul opérateur, de surcroît privé et étranger, n’est certainement pas la meilleure manière de préserver notre patrimoine foncier ! Nous sommes certain que le Président de la République, intraitable quand il s’agit du respect de la constitution (c’est ce qui l’a conduit à renoncer à sa promesse électorale de ramener son mandat de 7 à 5 ans), obligera tous les Sénégalais impliqués dans cette affaire à se conformer à leur devoir constitutionnel plutôt que de se mettre dans la voie d’y faillir au risque de s’exposer, ainsi, aux justes foudres de la loi (voir l’article 25-3 : « Tout citoyen est tenu de respecter scrupuleusement la Constitution, les lois et règlements… »).

2. Une aliénation de terres aussi vitales pour les populations sur une durée de 40 ans, renouvelable de manière quasi automatique (ce qui ferait 80 longues années), fût-elle sous forme de bail, est tout simplement inacceptable. Une durée de 20 ans, renouvelable si les populations y trouvent leur compte et le veulent bien, serait plus raisonnable.

3. Le projet n’étant donc envisageable que s’il peut cohabiter harmonieusement avec les exploitations familiales, l’élevage et la pêche, tout en préservant notre patrimoine foncier, nous proposons le schéma de redimensionnement suivant :

Plutôt que de le cantonner à deux communes (Dó?él et Demet), l’étendre aux communes de Duumga-Laaw (chez Mountaga Sy, maire de Haayre-Laaw et Directeur de l’APIX), Madiina-Njaac?e, et Gamaaji-Saare. L’avantage d’une telle extension pour les collectivités, c’est que les 10 000 ha pourraient être répartis en 5 lots de 2 000 ha en moyenne. En poussant l’extension vers les communes de Njaayeen-Penndaaw et de Bokke-Jallu?e, on pourrait même faire des lots encore moins grands (1428, 5 ha), donc encore plus supportables pour les terroirs traditionnels et les populations. Comme tout cela tient sur une distance d’environ 100 km, Afri Partners devrait pouvoir accepter un tel redéploiement. Cette solution doit avoir la faveur des autorités car elle a déjà l’avantage d’avoir été adoptée par la commune de Demet qui donne globalement 500 ha au projet ; ce qui représente seulement 10% de sa réserve foncière estimée à 5209, 03 ha. La diminution de la superficie initialement promise (1500 ha) montre bien que des élus locaux, conscients et soucieux des intérêts de leurs mandants, ne peuvent pas être d’une générosité débordante pour ce genre de projet comme ceux de la commune voisine, moins bien informés et moins indépendants économiquement. Si on veut avoir l’adhésion des populations à l’introduction de l’agro-business, la première chose à éviter c’est de trop mordre sur leur espace vital mais les autorités le veulent-elles ? Il faut aussi que ces autorités évitent de confondre l’adhésion des instances délibératives, pas toujours représentatives et moins indépendantes, avec celle des populations elles-mêmes. C’est une telle erreur qui avait été à l’origine des tragiques événements de Fanay.

4. L’autosuffisance en riz et la garantie de la paix sociale passent par une politique plus engagée de la part de l’État et non par le tout-agro-business si gros de dangers pour notre pays :

?  Les aménagements de grands périmètres doivent être relancés dans toute la vallée et principalement dans cette partie de l’Île-À-Morphil. Dans cette logique, le Président de la République doit donner des instructions fermes à la SAED pour la réalisation des quatre cuvettes prévues dans le cadre du premier Millenium Challenge américain pour atténuer le retard de cette partie du pays en matière de grands aménagements. Il s’agit des cuvettes de Podor Commune, de Gamaaji-Saare, de Woowa et de Siñcu-Da??e. C’est le lieu de préciser que les deux dernières cuvettes ont été happées par le projet marocain ; ce qui ressemble à une provocation à l’endroit des populations. Ce que les autorités doivent faire pour atténuer le ressentiment de celles-ci, c’est d’aménager d’urgence ces cuvettes dont les études de faisabilité ont déjà été faites. Cela ne devrait pas être difficile dans la mesure où deux sources de financement peuvent déjà être envisagées : les fonds du nouveau Millenium Challenge ou les 60 milliards accordés depuis quelque temps par un pays ami, justement pour le développement de la riziculture.

?  La politique d’équipement des exploitations, si heureusement initiée par le Président Macky Sall, doit être poursuivie et amplifiée. Elle doit être complétée par cette autre initiative consistant à offrir un aménagement gratuit à tout exploitant pouvant justifier d’une affectation de terres en bonne et due forme (source SAED).

?  Le taux du crédit agricole doit être étudié de manière à permettre aux producteurs de s’en sortir plutôt que de n’être qu’au service du profit maximum et immédiat des banques. Une telle action pourrait booster la production rizicole, contribuant ainsi à l’autosuffisance en riz.

?  Dans le même ordre d’idées, l’État doit être plus ferme dans la promotion de la consommation du riz local pour inciter les Sénégalais à se détourner de ces riz importés qui ne sont dignes que des volailles dans certains pays.

CONCLUSION

En conclusion de cette contribution, nous réaffirmons n’avoir fait que notre devoir d’universitaire et de porte-voix des sans-voix. Ce rôle se fait dans les deux sens : quand les autorités font ce qui mérite d’être loué, nous le louons. C’est ce qui nous a conduit à aller jusqu’à Demet, le 7 mars, pour applaudir, aussi bien au sens propre que figuré, le Président de la République pour les gestes de haute portée économique consistant à lancer les travaux de ce que nous avons déjà appelé la trans-Île-À-Morphil et à inaugurer la ligne moyenne tension qui consacre l’électrification de la zone. C’est également ce qui nous a décidé à le féliciter publiquement dans notre page Facebook. C’est dans le même état d’esprit que nous avons écrit le présent texte pour attirer l’attention des plus hautes autorités de ce pays sur les travers de notre politique de développement agricole. Ce développement doit faire l’objet d’une étude et d’une prise en charge toutes particulières. Il est inconcevable qu’un État soucieux de l’intérêt de ses populations laisse celles-ci négocier, sans encadrement, des protocoles avec des multinationales voraces et capables des pires coups tordus. Il est tout aussi inconcevable que son administration territoriale se retrouve du côté des investisseurs pour les aider à bâillonner les populations. Pour nous éviter les déboires des républiques dites « bananières » qui n’ont pas encore fini de payer les erreurs d’orientation commises par leurs premiers décideurs, notre État doit faire preuve de plus de responsabilité en n’ouvrant pas sans retenue les portes aux multinationales agricoles : notre mésaventure avec la CSS qui dure depuis les années 1970 devrait être mieux méditée qu’elle ne l’est aujourd’hui par nos autorités.

Pr Aboubacry Moussa LAM


affaire_de_malade

31 Commentaires

  1. Auteur

    Diomina

    En Avril, 2017 (23:05 PM)
    Bravo Mr. Lam - dommage que le pays continue dangereusement à naviguer sans politique agricole.....il y a tellement, tellement de choses à dire sur les errements ou simplement absence de réflection sur le développement de notre pays...plus grave, aucun débat sérieux n'est promu soit par la presse soit la représentation parlementaire. Pour preuve, votre article si pertinent invite peu de commentaires. Terrible, n'est ce pas?
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  2. Auteur

    Isidor

    En Avril, 2017 (23:16 PM)
    Bravo M. Lam,



    Le rôle de l'état est d'aménager les terres du delta à la place des bourses familiales, du TER, prolongement VDN, etc
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (00:07 AM)
    Que vont devenir les populations si elles n'ont plus de terre?

    C'est de la colonisation



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    Auteur

    Baylel

    En Avril, 2017 (00:16 AM)
    tres bien Pr. une analyse pertinante. j'espere qu'une copie de l'article est dejas envoyee a la presidence et aux mairies de dodel et demet. je crois que tu as dejas amene ou cree un mouvement qui va sillonner les villages concernes pour les expliquer du danger du dit projet.

    bravo Mr Lam. ya wuur haa kaaba.
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (00:48 AM)
    ILS N'OSENT PAS FAIRE CELA EN CASAMANCE,POUR LE DIOLA LA TERRE EST SACRÉE.
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    Auteur

    Hayranke En Exhile

    En Avril, 2017 (01:40 AM)
    Tout ce c'est des conneries.

    Si les marocains veulent du riz,pourquoi ne pas financer correctement les paysans pour qu'ils le leur vendent?

    Pourquoi le nègre est-il bête et complexe?On ne vous donneras jamais des terres au Maroc pour cultiver des oranges et des raisins destines a la consommation senegalaise.

    Le Maroc a une stratégie a long terme de nous coloniser.Ils ont compris que la France est fini,ils se positionnent et on prête le flancs.
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (07:48 AM)
    Il faut organiser une marche et sensibiliser les populations des ces localités qui sont concernées.

    Qu'ALLAH nous sauve de ce président qui est entrain de mener notre patrie dans le KO.

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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (08:34 AM)
    C'est vrai que les sénégalais devraient avoir l'exclusivité de l'attribution des terres mais combien de sociétés sénégalaises ont demandé des terres pour l'agriculture.



    J'ai vu des personnes qui se sont attribuer 20, 30 hectares dans le walo et qui n'ont pas aménagé un seul mètre carré.



    si les sénégalais ne veulent investir que dans l'immobilier et le commerce, il faudra bien que d'autres viennent exploiter les terres.



    L'essentiel est qu'on leur exige de mettre en valeur ces terres.



    Survoler le maroc, vous n'apercevez que de la verdure, tout est cultivé.

    Senegal, vous ne verrez que la terre nue.
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (08:48 AM)
    En voilà un qui est capable de réflèchir et analyser sereinement une situation sans verser dans la politique politicienne. Ce que sont incapables de faire nos politichiens qui passent leur temps à hurler, à insulter, à intoxciter, à monter les populations.
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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier
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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    OK d accord avec toi mais c est pas une raison pour brader notre patrimoine foncier national
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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Auteur

    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Ibn

    En Avril, 2017 (09:04 AM)
    Merci merci Professeur pour contribution responsable, patriotique. Je retiens surtout que l État et les collectivités territoriales ont l obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier

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    Anonymeal

    En Avril, 2017 (09:46 AM)
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (09:56 AM)
    Merci Professeur pour la pertinence de votre analyse. Je salue votre contribution à ce débat qui nous a permis d'abord de cerner le problème posé par la demande des marocains, ce que n'avait pas réussi à faire le premier auteur de l'article qui donnait l'information. Ce débat appelle de ma part 2 observations:

    -les journalistes qui balancent ces informations doivent faire l'effort de mener des investigations pour cerner et comprendre les problèmes avant de les publier dans les médias. Au lieu de verser dans le sensationnel du genre "10.000 ha bradés à des étrangers dans le fouta", il est plus utile pour les lecteurs d'avoir une information complète, juste et non orientée. A mon avis le travail remarquable que vous avez fait, consistant à aller sur place voir les principaux concernés, recueillir les bonnes informations auprès des sources fiables sur la disponibilité des terres dans chaque zone etc..;aurait dû être fait par le journaliste qui a publié la 1° info.

    -votre article pose un autre problème dont on ne parle pas souvent dans notre pays: c'est celui du choix des personnes qui dirigent les communes. L'Etat a transféré des compétences très importantes aux communes, comme celle de gérer le patrimoine foncier.Or, on constate que la plupart des conseils municipaux qui sont appelés à statuer sur des questions fondamentales touchant à l'avenir des populations, sont composés en majorité de gens n'ayant pas le niveau requis, pour analyser et comprendre l'importance des décisions qu'ils prennent. Les personnes physiques et morales qui cherchent à s'octroyer des terres profitent largement des carences des décideurs, pour arriver à leur fin. Nous retrouvons le même problème dans les autres institutions du pays comme l'Assemblée Nationale ou au Conseil Economique, Social et Environnemental, où on ne compte plus le nombre de députés ou conseillers qui savent à peine lire et écrire en français, qui est la langue de travail chez nous. Nous ne pourrons jamais atteindre l'émergence avec des médiocres aux postes de décisions.

    A mon avis, pour limiter les risques et les abus dans l'affectation des terres, il y a lieu de mettre des gardes fous, en imposant par une loi, l' accord du ministre compétent, de toute convention de cession de plus de 1.000 hectares.



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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (10:09 AM)
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (11:20 AM)
    Merci et bravo Pr Lam
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (13:41 PM)
    Vous avez oublie Mr Lam que l'Etat n'a aménagé que 22 000HA SUR LES 140000 HA que le département de Podor depuis l'indépendance donc a quand l'autosuffisance en riz.

    le projet n'est pas sur un seul tenant il est localisé de part et d'autre du bras de fleuve de guelonga avec des espaces réservés aux villages et leur extension , des zones de pâturages . il faut souligner que le bétail va en bénéficier va les résidus des cultures (paille et son de riz etc.



    - Il faut noter aussi que la commune dispose de 30 000ha dans la zone du walo donc elle dispose des réserves foncières pour l'exploitation familiale.

    - la culture de crue est entrain de disparaître progressive à cause des faibles rendements (- 200Kg de mil/ha, l'irrégularité des crues, les oiseaux granivores, l'abandon des jeunes à ce type de cultures, l'immigration

    - les sois disant élites vous restez en ville avec tout le confort et une bonne éducation pour vos enfants (égoïsme ) tandis ceux qui sont au fouta restent toujours dans la misère, la pauvreté avec aucune perspective de développement.

    - les seules réalisations sont faites par les immigrés dont la situation se complique davantage avec la remontée des nationalistes en Europe et aux USA.

    vos propositions sont connus de tous depuis l'indépendance mais rien n'a été fait par les autorités politiques , ni vous sois disant élites ou patriote. les populations ne vous voient que des décès ou festivités

    Donc les populations et les élus sont bien avertis et sont conscients de tous les enjeux. Ils sont engagés résolument dans la mise en place du projet avec une démarche participative sous la tutelle des plus hautes autorités étatiques administratives et des services technique qui sont associés depuis le départ du projet dont 2000Ha seront aménagés avec un accès à l'eau gratuit pendant 40 ans.

    Nous soulignons aussi que un comité de suivi sera mis en place composé des communes, de l'Etat et du promoteur pour prendre en charges toutes les préoccupations des différents acteurs

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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (14:25 PM)
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    Auteur

    Sénégal Sunugàal

    En Avril, 2017 (16:20 PM)
    Analyse excellente et plus que pertinente. Félicitations Professeur, non pour l'analyse, mais pour la veille, pour le rôle de sentinelle que vous avez endosser. En effet et je le confirme, c'est une violation flagrante de la Constitution ce qui sous tend à un délit. Quoiqu'il en soit, vous avez jouer votre rôle et pour cela, soyez en remercier.

    Ce que je ne comprends, pourquoi vouloir céder 10 000 Ha de terre appartenant à des populations à une multinationale étrangère?! Ensuite pourquoi partir de rien pour arriver à quelque chose alors que cela existe déjà et n'aurait besoin que d'un bon encadrement afin d'augmenter , voire décupler la rentabilité de production. Et ce qui est encore plus grave, nous connaissons la relation qu'a le Fùutanké avec la terre. Vous nous rappelez d'ailleurs à juste titre, l'épisode de Sen Ethanol. Vaut mieux ne pas joué avec le feu surtout quand le résultat est courue d'avance. Il existe combien de riziculteur au Sénégal ?! Pourquoi ne pas leur venir en appui, mettre les experts à contribution pendant un certain temps, de sorte à leur inculqué les nouvelles techniques agricoles qui favoriseraient une augmentation considérable des productions ?! Pourquoi ne pas diversifier les greniers ? Quid du bassin de l'Anambé, quid du Delta du Fleuve, quid de la Casamance, sans oublier Ross-Béthio, Richard-Toll et Dagana ? Que dire des alentours du Lac de Guiers ?

    La préférence Nationale nous ne la cultivons vraiment pas, et c'est ce qui fera notre perte si nous ne rectifions pas le tir ! Je suis fier de dire que la plupart des fruits que je consomme, je les produits, choix personnel certes mais cela reste un choix. Depuis quelques temps, le Maroc est de plus en plus présent au Sénégal, entre l'ancienne gare routière dite pompier, le tronçon de la VDN devant relié Grand Médine à Cambérène, bref il deviennent un tantinet agréssif. Et pourtant, c'est ce même Maroc qui a plombé à l'époque Air Sénégal International (ASI), ils avaient besoin de pénétrer le marché au Sud du Sahara et on donc utilisé le Sénégal pour arrivé à leurs fins et, pourtant 2 redoutables hommes d'affaires sénégalais s'étaient manifestés pour une fin de non recevoir, ça revient à ce que je disais de la préférence nationale. Un contributeur sous le pseudo de patriote, dit que le sénégalais aiment critiqué, ce que je confirme et ce que lui même confirme en critiquant la contribution du professeur Lam, sans pour autant proposé de solutions à ce qui intéresse ici. Critiqué je suis d'accord, mais quand elle est constructive, quand elle permet d'avancer. Le peu que je sache est que notre développement ne viendra que de Nous et de personne d'autres et de finir avec St Exupéry qui disait dans Terre des Hommes:" Etre homme, c'est précisément être responsable. C'est connaître la honte en face d'une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C'est être fier d'une victoire que les camarades ont remportée. C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde".
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    Auteur

    Anonyme

    En Avril, 2017 (18:14 PM)
    Comme l'a dit quelqu'un pourquoi avoir attendu que les marocains viennent pour parler du patrimoine foncier du fouta. Le professeur Lam éminent Égyptologue et disciple du regretté Prof cheikh Anta Diop a normalement suffisamment de recul pour anticiper sur les événements. On peut être d'accord avec lui sur la renégociation de certains points comme la durée du bail (voir à ce niveau ce que dit la lois) ,le déploiement sur plusieurs communes ce qui veut dire prolongation des négociations qui ont déjà nécessité beaucoup de temps pour deux communes seulement. Pour les localités il faut reconnaître que e projet a laissé des zones d'extension autour des localités et quelques rares villages sont dans l'enceinte Cependant il ya un fait qu'il faut déplorer chez nos intellectuels ou la société civile c'est d'abandonner les populations sans les assister et d'attendre qu'elles négocient avec les moyens du bord des projets avec des partenaires pour venir de Dakar avec leur 4x4 climatisés pour leur dire que c'est pas bon sans rien leur proposer pour sortir de la misère et dès que ces dernières rejettent le projet parfois mémé de façon tragique, ils les abandonnent retournent à Dakar dans leur "téranga" pour les laisser retomber dans la misère, c'est ce qui s'est passé à Fanaye et à Mbane où personne ne vient plus investir à cause de ce qui s'est passé. Pour le projet en question il ne faut pas voir seulement ce que le partenaire amène, il faut voir aussi ce que l'Etat du Sénégal apporte en terme d'investissement en équipement dans toute l'ile à morphile. Les routes qui seront construites, les ponts, le brigades pour les forces de sécurité les centre de santé etc. D'après les projections le projet va transformer les localités de la zone en villes modernes dynamique en l'exemple de Richard Toll avec l'installation de la CSS
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