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Contribution

Faidherbe ou la fascination du bourreau (Par Boubacar Boris Diop)

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Faidherbe ou la fascination du bourreau (Par Boubacar Boris Diop)
"L'art suprême de la guerre est de réussir à assujettir l'ennemi sans avoir à combattre" (Sun Tzu)

Nous sommes des milliers à passer, chaque jour que Dieu fait, devant le Théâtre National Daniel Sorano. Que savons-nous de son parrain qui fut, semble-t-il, un grand acteur français ? La réponse à cette question est aussi simple que troublante : nous ne savons rien de ce monsieur Sorano. À part un insignifiant hasard biographique – son père a été greffier à Dakar au début du siècle dernier - rien ne le rattache à notre pays. De son riche répertoire, pas une pièce ne concerne, même de loin, l'Afrique ou encore moins le Sénégal où il n'a du reste jamais mis les pieds.

On pourrait en dire presque autant du philosophe Gaston Berger dont une de nos meilleures universités porte le nom. "L'inventeur de la prospective" – comme Senghor aimait, curieusement, s'en vanter à tout bout de champ – né à Saint-Louis, petit-fils de Fatou Diagne, a toutefois quitté le Sénégal dès sa plus tendre enfance et, que l'on sache, n'y est jamais revenu.
Que l'histoire humaine soit avant tout ce qui en subsiste au fil des âges dans l'esprit des vivants, chacun en est bien conscient. Mais quoi de plus absurde qu'une mémoire historique tournant à vide ? On ne peut sommer un peuple de cultiver le souvenir de personnalités auxquelles rien ne le relie et qui n'ont eu aucun impact sur sa destinée. C'est pourtant, à en juger par ces deux exemples, ce à quoi nous conviait Senghor. Il aurait pu tout aussi bien, sous le même prétexte chic et tellement irritant –"métissage culturel", "civilisation de l'universel" – appeler ce théâtre "Alexandre Pouchkine" ou "Alexandre Dumas".

Le plus remarquable toutefois, à mon humble avis, c'est qu'une situation aussi cocasse ne nous ait jamais fait ni chaud ni froid. En son temps, personne n'a cru devoir souffler avec déférence à l'oreille du président-poète : "Pourquoi pas Cheik Aliou Ndao, Aimé Césaire, Douta Seck ou Doura Mané ?" entre autres figures théâtrales majeures. Il se pourrait bien qu'au fond, nous nous en moquions complètement de ces noms au fronton des édifices publics. Peut-être aussi préférons-nous éviter toute confrontation avec notre véritable passé, si compliqué voire embarrassant à bien des égards, comme nous l'a délicatement rappelé Fadel Dia dans Sud Quotidien.

Que l'on me permette de donner un autre exemple de ce désir d'amnésie qui doit avoir des racines très profondes. À la fin du mois d'octobre 1986, le président Abdou Diouf et son ministre de la Culture, Makhily Gassama, ont fait construire le mausolée de Lat-Dior sur l'ultime champ de bataille de notre héros national. Avant cette louable initiative, Dékheulé et son fameux puits étaient complètement à l'abandon, comme j'avais eu l'occasion de m'en rendre compte moi-même avec stupéfaction. Eh bien, en fin 2017 un article du journal Le quotidien nous apprenait que trente ans après, le lieu était redevenu encore plus misérable qu'avant. Venant d'un peuple si prompt à exalter ses valeureux ancêtres, de telles attitudes incitent à parler, au moins, de schizophrénie. On n'a d'ailleurs pas assez relevé que de Lat-Dior lui-même à Aline Sitoé Diatta en passant par Alboury Ndiaye, Cheikh Omar Foutiyou Tall, Sidiya Ndaté Yalla Diop et d'autres encore, l'épopée de nos figures héroïques se conclut presque toujours par la disparition pure et simple de leur corps et souvent loin de leur patrie. Tombouctou. Dosso au Niger. Les falaises de Bandiagara. La forêt gabonaise de Nengue-Nengue. Ce sont là quelques-unes des terres lointaines où se sont perdues leurs traces. Pour toujours ? On espère bien que non.

Au final, seule une certaine désinvolture mémorielle peut expliquer qu'il n'y ait pas depuis 1960 une imposante statue – qui aurait pu être, quoi qu'on pense de lui par ailleurs, celle de Senghor – symbolisant notre accession à la souveraineté internationale. Le monument de la Renaissance ? Ses géants mal dégrossis ne daignent même pas nous regarder dans les yeux. On les dit occupés à scruter le soleil. Grand bien leur fasse. Eussent-ils été des éléphants ou des cachalots qu'ils ne nous parleraient pas davantage.

Ces réflexions m'ont été inspirées par la polémique en cours à propos d'un certain Louis-Léon César Faidherbe. À ce général français quasi caricatural – moustache fournie, binocles, menton volontaire, uniforme flamboyant – le Sénégal a déclaré sa flamme de mille et une manières. En plus de la statue et de la place qui sont aujourd'hui au centre de toutes les controverses, une avenue, un hôtel, des rues et, last but not least, le pont de Saint-Louis, lui ont été dédiés. Ce n'est pas tout, puisqu'à Dakar une autre de ses statues a trôné jusqu'en août 1983 en face du Palais de la République, dans la cour de l'actuelle Maison militaire.

L'homme ainsi glorifié a massacré, pillé, violé, incendié des bourgades et écrasé en toutes circonstances notre peuple de son mépris raciste. Le Professeur Iba Der Thiam a résumé avec sobriété ses sanglants exploits : "En huit mois, dit-il, Faidherbe a tué 20 000 Sénégalais." Et c'est là une évaluation à minima. Tous ces crimes sont bien documentés et personne à ce jour n'a osé les mettre en doute. Soit dit sans passion, c'est se rouler dans la fange que de chercher la moindre excuse à un conquérant aussi brutal. Lors du siège de Fatick, le guerrier, comme enivré par sa propre cruauté, lâcha dans un petit moment d'abandon philosophique : "Ces gens-là, on les tue, on ne les déshonore pas !" Très sympa, ce compliment, à l'instant même où il taillait en pièces les nôtres. Mais voilà : Senghor a tellement adoré ce propos condescendant qu'il l'a repris dans un somptueux poème de Chants d'ombre avant d'en faire la devise de l'armée nationale, pourtant une des institutions les plus respectées de ce pays. Il est temps de s'interroger sur cette humiliante anomalie.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Ma génération et celles qui l'ont précédée ne sont pas exemptes de reproches. Nous les aînés, avons fauté et c'est pourquoi la campagne Faidherbe doit tomber, initiée par des jeunes, ne peut que nous interpeller. On est bien obligé d'admettre que les symboles de la colonisation nous encerclent depuis soixante ans et que, pour être franc, ils n'ont jamais dérangé grand monde. J'avouerai moi-même sans façons n'avoir pas été épargné par une aussi étrange indifférence. Au plus fort de cette querelle sur la statue de Faidherbe, j'ai trouvé fascinant ce vide émotionnel, ce flottement mental qui empêche la victime de sentir les fers à ses pieds s'il ne l'amène à en aimer la musique… Pointer du doigt cette sorte de folie douce, ce n'est pas jeter la première pierre à qui que ce soit. Je sais bien que je suis mal placé pour sonner, avec des hurlements patriotiques, la charge contre une malheureuse statue. Après tout, malgré plusieurs années passées à Saint-Louis, je n'en avais jamais relevé l'incongruité ni peut-être même l'existence. À ma connaissance, à part Sembène, auteur en 1978 d'une lettre incendiaire à Senghor, personne n'avait protesté contre la statue de Faidherbe avant la présente campagne. Et Dieu sait si des milliers de rebelles en ont eu l'opportunité à Saint-Louis la turbulente ! Ndar-Géej en a vu défiler, des femmes et des hommes de refus qui avaient toutes les raisons de tenter un petit coup d'éclat contre cet oppresseur étranger continuant à crier victoire d'outre-tombe. Si tant d'ennemis de l'ordre colonial ou néo-colonial sont quotidiennement passés à côté de ce cri de révolte-là, c'était sans doute moins par mollesse idéologique que du fait d'une distraction bien compréhensible.

Le fait est qu'à force de se fondre dans le paysage, le monument érigé en 1886 par des négociants français, avait fini par devenir invisible. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, il ne paie pas vraiment de mine. Nous ne sommes pas en train de parler ici d'une sculpture géante plantée au cœur de la ville et la narguant du haut d'on ne sait quelle glorieuse épopée coloniale. Sans être évidemment un petit machin de rien du tout, la statue de Faidherbe n'est même pas, pour le dire ainsi, à la hauteur de sa mauvaise réputation. La place qui l'abrite est excentrée et exiguë et l'œuvre elle-même, quoi qu'à l'air libre, donne l'impression d'y être à l'étroit ou même au rebut. Il est dès lors normal qu'en un siècle et demi l'image, délestée de toute charge politique, ait fini par tirer sa seule légitimité d'une forme de droit du premier occupant du sol. Le monument est juste là, prisonnier du passé, si peu en résonance avec la vie des gens qu'il en devient irréel. Comment pourrait-il déranger ? Mais aussi comment se résigner à ce qu'il ne soit plus là ? Tel est sans doute le dilemme des habitants de la ville. Pas de tous ses habitants, j'imagine, puisqu'on peut être, me semble-t-il, Saint-Louisien, natif de Saint-Louis, sans être Doomu-Ndar. C'est de ces derniers qu'il est question ici. Il se pourrait qu'ils soient moins hantés par l'effacement de la figure de Faidherbe – à laquelle ils ont rarement prêté attention – que par le trou qu'une telle opération risque de creuser dans leur mémoire. Mais il y a tout lieu de craindre qu'il ne leur restera plus sous peu que leurs yeux pour pleurer : si jamais une statue a été à l'article de la mort, c'est bien celle-là. Son sort semble en effet définitivement scellé depuis le matin de 2017 où le vent est entré dans la danse, prenant sur lui de l'arracher et de la jeter par terre. Simple caprice de la météo ? Cela est possible mais on aura bien du mal à expliquer aux sceptiques pourquoi le vent a choisi de frapper à l'aube du 5 septembre, jour anniversaire de la condamnation, dans le palais situé juste en face, de Cheikh Ahmadou Bamba à sept longues années d'exil au Gabon…

Quoi qu'il en soit, cet orage nocturne a donné des idées à de jeunes activistes qui ont créé il y a trois ans le collectif Faidherbe doit tomber.. Surfant fort à propos sur la vague du Black Lives Matter, ses initiateurs, parmi lesquels Khadim Ndiaye, Pape Alioune Dieng, Thierno Dicko et Daouda Guèye, ont réussi à changer la donne du tout au tout. Ils sont jeunes et cela est bien normal, car en dépit des apparences ce qui se joue a plus à voir avec le futur qu'avec le passé comme en témoigne l'appel que leur a lancé Pierre Sané. En fait, leur action a consisté à retenir par la manche des passants au bord des routes – et sur les autoroutes de l'information ! – pour leur dire : "Regardez bien le Toubab sur cette statue avec l'infâme mention ‘‘Le Sénégal reconnaissant !" et à leur demander, après le récit des atrocités commises par le soudard : "Est-il normal que nous fassions de notre bourreau un héros ?" Bien sûr que c'est un scandale, une honte, la preuve d'un inquiétant mépris de soi-même. Voilà ce que presque tout le monde a toujours pensé sans juste trouver le temps de s'y arrêter. À présent, les mots n'en finissent pas de donner corps à cette colère longtemps endormie, inconsciente d'elle-même. Et ces mots cristallisant désormais toutes les passions sur Faidherbe sont la pire chose qui pouvait lui arriver. Ses victimes vont le réveiller d'entre les morts pour bien s'assurer que son deuxième trépas sera, si on ose dire, le bon. Au bout du compte, il est tout simplement devenu impossible de passer devant le monument dédié à Faidherbe sans s'interroger sur sa présence à cet endroit précis. Et rien que cela est une victoire des militants du collectif. Je ne sais si les partisans du maintien de la statue constituent ou non la majorité à Saint-Louis mais cela n'a plus grande importance. Faidherbe est en train de mourir de sa belle mort et chaque mot proféré dans cette dispute – peu importe si c'est pour ou contre lui – est un clou de plus à son cercueil. Mon ami Louis Camara a déclaré l'autre soir sur une télévision : "Si la statue de Faidherbe disparaît, j'éprouverai peut-être un peu de nostalgie mais en aucun cas du regret". C'est à la fois courageux et d'un raffinement tout saint-louisien mais j'ai cru aussi entendre des paroles d'adieu…

Il est du reste essentiel de savoir qu'au moment où la polémique bat son plein, Faidherbe repose en paix dans une petite pièce du Centre de Recherche et de Documentation de Saint-Louis. Le débat porte donc sur un monument "décapité" pour cause de travaux sur la place. D'après les officiels, la statue devrait être remise sur son piédestal entre janvier et mars 2021. La situation ainsi créée est pour le moins insolite et on a bien du mal à savoir quoi en penser. Il n'est même pas exclu que ce soit pour le gouvernement une façon de se débarrasser en douce du problème, à la sénégalaise en quelque sorte. Mais quelles qu'aient été ses intentions, il aura seulement réussi à faire marquer de nouveaux points aux adversaires de l'ancien Gouverneur. Ce n'était en effet pas pour eux une mince affaire que de se battre pour faire déboulonner Faidherbe. À present, il leur suffira de rester mobilisés pour qu'il ne soit pas reboulonné. C'est là une tâche infiniment plus aisée depuis que le meurtre de George Floyd fait braquer les projecteurs du monde entier sur tous les symboles de "la férocité blanche" – pour parler comme Amelia Plumelle-Uribe – à l'égard des autres races humaines. Même pendant la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis et celle contre l'apartheid, l'anti-kémitisme n'avait pas fait l'objet d'une réprobation aussi universelle. On ne voit pas comment le pouvoir de Macky Sall pourrait ne pas en tenir compte. Reboulonner Faidherbe par peur de fâcher Paris serait, dans le contexte actuel, un aveu si spectaculaire de larbinisme que personne n'en croirait ses yeux. Cela ferait assurément rire toute la planète à nos dépens, surtout au moment où les Français eux-mêmes commencent à en avoir assez du personnage. Et les autorités de notre pays ne pourront pas non plus se tirer d'embarras en escamotant la statue pour ensuite faire comme si elle n'a jamais existé. Malheureusement pour elles, tant que la place ne sera pas débaptisée, le problème – leur problème - restera entier.

L'histoire est d'ailleurs en train de s'accélérer et certains signes ne trompent pas : il est surtout question désormais de savoir par qui remplacer Faidherbe. Deux personnalités politiques de premier plan, Mary Teuw Niane, ancien ministre de l'Enseignement supérieur et Aminata Touré, ex-Premier ministre et actuelle présidente du Conseil Économique, Social et Environnemental, ont clairement pris position contre cet insultant vestige de l'époque coloniale. Un autre ancien ministre, de l'Education nationale cette fois-ci, le Professeur Iba Der Thiam, avait ouvert la voie en 1984, en donnant au lycée Faidherbe le nom de Cheikh Omar Foutiyou Tall. Soit dit au passage, c'est aussi grâce à Iba Der Thiam qu'à Kaolack, la même année, le lycée Gaston Berger – comme on se retrouve ! – est devenu Valdiodio Ndiaye. Le célèbre pont de Saint-Louis et une grande avenue dakaroise attendent leur tour d'être renommés. Tout cela peut donner l'impression d'un acharnement contre cet administrateur colonial. Il n'en est rien. Des toubabs comme lui, le Sénégal en a vu passer beaucoup mais aucun d'eux ne reste aussi envahissant tant d'années après sa mort. Ceux qui le défendent, d'ailleurs non sans gêne, on l'a bien remarqué, devraient s'interroger sur l'hyper-célébration d'un tel individu. Sembène avait bien raison d'apostropher en termes assez rudes le président de l'époque : " Notre pays n'a-t-il pas donné des femmes et des hommes qui méritent l'honneur d'occuper les frontons de nos lycées, collèges, théâtres, universités, rues et avenues ?" C'est une excellente question. Même si la réponse semble couler de source, il faut aussi se demander, en toute honnêteté, pourquoi presque un demi-siècle plus tard, elle reste d'actualité.

S'il est une leçon à retenir de l'histoire des relations entre les nations, c'est qu'un peuple conquis ne guérit jamais tout à fait des blessures de la défaite. En somme, il n'y a rien de nouveau sous le soleil et les Africains ne sont pas les seuls à qui la petite Europe a imposé au cours des siècles sa volonté de puissance. Partout l'Europe a d'abord détruit des royaumes par le fer et par le feu avant de s'ingénier à pétrir longuement, lentement, presque avec tendresse, tel un potier sa glaise, la cervelle des élites. D'avoir ainsi fragilisés les humains et leurs Dieux lui a permis de bouleverser à son avantage la production économique et les rapports sociaux.

Dans l'histoire du Sénégal, il existe un véritable cas d'école de ce processus de fabrication du fantoche par le maître venu de l'autre bout du monde. Je fais allusion ici à la tentative - heureusement avortée - de Faidherbe de faire de Sidiya Diop, prince héritier du Walo, un Brack blanc à la peau noire. L'histoire, pourtant avérée mis à part certains points de détail, est difficile à croire. Il est encore plus incroyable que si peu de Sénégalais la connaissent.

Destiné à régner sur le Walo, Sidiya Diop était le fils de la Reine Ndaté Yalla Mbodj, dont notre peuple chérit tant la mémoire. Aminata Touré a d'ailleurs récemment proposé que la place Faidherbe porte désormais son nom. Sidiya avait à peine dix ans quand il fut envoyé de force à l'Ecole des Otages de Saint-Louis. Frappé par sa vivacité d'esprit et sa précocité, Faidherbe entreprit, avec sa détermination habituelle, de faire du futur souverain un étranger parmi ses sujets, un être humain totalement différent de celui qu'il était à sa naissance. Si on l'appelle encore aujourd'hui Sidiya Léon Diop, c'est parce que Faidherbe avait ajouté son propre prénom à celui de l'adolescent lors de son baptême chrétien. C'était, littéralement, une entreprise de dévoration de l'âme du jeune homme. À l'école française, Sidiya Léon Diop se montre si brillant que Faidherbe n'hésite pas à l'inscrire au "Lycée Impérial" d'Alger. Mais la ville ne plaît pas à Sidiya et au bout de deux ans son puissant protecteur le fait revenir à Saint-Louis où il complète sa formation dans un établissement tenu par des religieux. Bien né, bon catholique, d'une intelligence supérieure, chouchouté par les colons et, dit-on, féru de stratégie militaire, Sidiya Léon Diop avait tout lieu d'être content de son sort. Croquant la vie à belles dents, il était tout à fait à l'aise dans les costumes, les manières, la nourriture et la langue des toubabs. Inutile de préciser que, formaté pour mépriser les siens, il ne s'en priva pas.

Il en fut ainsi jusqu'au jour où, lors d'un rassemblement public à Mbilor, le griot Madiartel Ngoné Mbaye refusa de chanter, comme il se devait, les louanges de Sidiya Léon Diop. Lorsque ce dernier voulut savoir pourquoi il se comportait ainsi, le griot lui répondit ceci : "Sidiya, je ne peux plus te chanter car je ne te reconnais plus, tu n'es pas habillé comme nous, tu n'agis pas comme nous et personne au Walo ne comprend les mots qui sortent de ta bouche !" Sans doute le Prince héritier du Walo se sentait-il déjà mal dans sa peau, car il reconnut sur-le-champ s'être fourvoyé et entama sa seconde métamorphose allant, dit-on, jusqu'à ne plus proférer un seul mot de français. Il renoua aussi avec la religion de ses ancêtres, se débarrassa du "'Léon" dont son mentor l'avait affublé et redevint Sidiya Ndaté Yalla Diop.

Pour Faidherbe qui s'était senti poignardé dans le dos, le revirement de son "fils" valait déclaration de guerre. Et celle-ci eut lieu mais plus tard. Sidiya Ndaté Yalla finit par prendre les armes contre les successeurs de Faidherbe et leur imposa par ses succès militaires d'importantes concessions. Fait prisonnier à Bangoye, exilé dans la forêt de Nengue-Nengue au Gabon, Sidiya y devint si populaire parmi les colons de l'époque que ceux-ci décidèrent de le faire rentrer au Sénégal à l'insu de l'administration française. Lorsque le Colonel Brière de Lisle apprit que le bateau le transportant avait accosté au port de Dakar, il monta à bord et lui fit savoir qu'il serait abattu à la seconde même où il en sortirait. Le même bateau le ramena au Gabon. Sidiya Ndaté Yalla Diop, qui n'avait pas encore trente ans, réalisa alors qu'il ne reverrait plus jamais sa terre natale. Une nuit de juin 1878, il se tira une balle en plein cœur.

Il est facile de comprendre à partir de ces faits historiques pourquoi Sidiya Ndaté Yalla Diop aurait dû être au centre de l'actuelle controverse. En raison même de sa relation personnelle avec Faidherbe, tout ce qui se dit et s'écrit en ce moment évoque, en creux, le destin tragique et singulier de Sidiya. Or, tout se passe depuis un siècle et demi comme s'il n'a jamais été de ce monde. Il se pourrait que sa mémoire se perpétue d'une façon ou d'une autre au Walo mais ce serait bien l'exception. Sa volte-face de Mbilor n'était pourtant pas anodine car on peut penser, avec le recul, qu'elle a modifié en profondeur le cours de notre histoire politique. Tout porte en effet à croire que Faidherbe le préparait à la magistrature suprême, comme on dit aujourd'hui. Sous-lieutenant de l'armée française à seulement vingt ans et doué pour l'art de la guerre, il aurait pu devenir le premier Général ou même le premier Gouverneur noir de l'Empire colonial français. S'il en avait été ainsi, il serait aujourd'hui la référence absolue de notre pays toujours si prompt à se pâmer devant tout compatriote ayant réussi à être "le-premier-quelque-chose-noir.” Qu'il s'agisse de Blaise Diagne, de Léopold Sédar Senghor ou de Lamine Guèye, les exemples ne manquent pas chez nous de grosses carrières politiques bâties sur ce genre de malentendu. En tout état de cause, il est quasi certain que si Faidherbe était arrivé à ses fins avec Sidiya, le Sénégal aurait à l'heure actuelle un visage bien différent. Et probablement pas pour le meilleur…

Débarrasser nos artères des noms de Jules Ferry, Pompidou, Charles de Gaulle et autres Béranger-Ferraud est certes une œuvre de salubrité publique. Pourtant la présente querelle – une affaire sérieuse, s'il en est – va bien au-delà de quelques boulevards et monuments. Elle nous installe au cœur de formidables enjeux historiques car il y est surtout question de la finalité de notre présence sur terre. Il n'est dès lors pas étonnant que la connexion se soit faite si aisément entre le mot d'ordre Faidherbe doit tomber et le slogan Black Lives Matter. C'est le prisme au travers duquel il faut analyser le choix existentiel de Sidiya Ndaté. En plus de nous avoir donné à lire, concrètement, dans sa trop brève vie tout notre rapport à l'occupation étrangère, il fut ce qu'on pourrait appeler un résistant stratégique. Son combat anti-colonialiste ne fut jamais inscrit dans le court terme ni rythmé par des alliances et revirements eux-mêmes dictés par le rapport de forces sur le terrain. Sa propre mésaventure lui avait fait prendre conscience qu'au-delà de la trivialité des jeux de pouvoir, l'occupant vise à détruire chez les peuples conquis ce qui en fait des humains, leur imaginaire et leur sens moral. Jusqu'à sa capture, il essaya de persuader ses homologues de l'impératif d'une grande coalition contre l'occupation étrangère. Sans succès, on l'a vu.

Ce grand homme mérite que l'Etat sénégalais mette tout en œuvre pour que ses restes soient rapatriés du Gabon. Des élus de Dagana ont paru s'y activer il y a quelques années mais cela ne semble plus être à l'ordre du jour. Sékou Touré avait bien réussi en son temps à se faire restituer par Libreville la dépouille mortelle de l'Amamy Samory Touré. Pour notre pays, c'est le moment ou jamais de marcher sur ses traces. Ce serait un sacré clin d'œil à l'histoire si la chute de Louis-Léon César Faidherbe devait se traduire par le triomphal retour d'exil de Sidiya Ndaté Yalla Diop.


38 Commentaires

  1. Auteur

    Gorbal

    En Juillet, 2020 (16:36 PM)
    Boris, tu as mis trop de temps pour enfin.te rappeler que le colon blanc est parmi nous, l'envahisseur blanc est chez nous, l'imperialiste blanc est toujours au Sénégal. Rip à George FLOYD !!!



    Boris, et les anciens palais des gouverneurs de St Louis et de Dakar ? Les camps militaires français au Sénégal ? Le consulat de France au Sénégal pour délivrer les visas de l'humiliation à Paris, Lyon, Marseille .... ?



    Boris, les sénégalais ont d'autres priorités : le lavaa grande eau de nos intellectuels corrompus, laudateurs, versatiles, opportunistes. L

    Boris, le Sénégal a d'autres préoccupations : le détournement des deniers publics par une caste de politiciens que tu as connus il y'a 30 ans, 40 ans, toujours aux affaires pour sucer le sang du peuple.

    Boris, le Sénégal a d'autres ambitions : la bonne gouvernance au quotidien, la santé pour tous, l'éducation pour tous, l'autosuffisance alimentaire.

    Boris, ma cousine Diminga de Bignona se moque de voir ou pas la statue de Faidherbe ou du Général De Gaulle.

    Boris, mon oncle de Orefondé se fiche de voir une salle de spectacles baptisé André Malraux ou Awa Sene SARR.

    Boris, ma soeur qui vit à Bandafassy ne comprend,rien dans ton long, très long one-man-show. Elle veut des terres arables, de l'eau à volonté et un financement pour être autonome.



    Petit papa Boris, quand tu descendras du ciel avec tes jolis courriers, les 70% des,sénégalais iront à ta rencontre pour t'écouter.



    À bientôt, grand intellectuel. A très bientôt, grande sommité des lettres et des arts.

    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (11:06 AM)
      merci boris mais seul sonko a le courage patriotique de réparer toute cette injustice.
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (11:47 AM)
      statue de faidherbe au cœur de ndar, c'est comme la statue du général petin au coeur des champs Élysées
  2. Auteur

    En Juillet, 2020 (16:39 PM)
    Deep
    Auteur

    En Juillet, 2020 (16:47 PM)
    Je ne crois plus à ce gars. Et puis, pourquoi il ne parle pas des conneries du gouvernement de Macky SALL ? Pourquoi ne se détermine t'il pas sur le 3e mandat au Sénégal et ailleurs ?



    Un autre faux type avec des écrits fleuve et ennuyeux.
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (10:22 AM)
      ya nekh, tu veux que quelqu’un d’autre parle de ce qui t’intéresse toi? tu as une plume aussi, n’attends pas boris qui lui parle de ce qu’il juge pertinent
    Auteur

    Bof

    En Juillet, 2020 (16:48 PM)
    bla bla bla rek.....
    Auteur

    N'goné Latyr

    En Juillet, 2020 (16:53 PM)
    Bonjour,

    Moi, je dis que la place de cette statue est au Musée de la Civilisation Noire, elle doit être remplacée par des héros comme Ndatté Yalla ou Oumar Foutihou Tall, Birame Yacine Boubou, etc..., qui étaient de vrais résistants face aux colonisateurs.

    Merci,
    Auteur

    Manou

    En Juillet, 2020 (17:32 PM)
    aucun de nos pseudos héros n'a eu un impact palpable dans la société sénégalaise, le système de faidherbe a laissé au moins des infrastructures toujours au service des populations sénégalaises tant sur le plan administratif, socio-économique et culturel.



    on a beaucoup à apprendre de l'occident, il faut le reconnaître.



    en voulant faire table rase et se suffire de nous même, on ne fera que perpétuer ce qui se passe aujourd'hui : pauvreté, misère, surpopulation, problème d'hygiène...que serait saint louis sans la colonisation? surement un simple quai de pêche artisanal.



    que serait dakar sans la colonisation?



    dites moi. vous qui jouez aux petits fiers tangue xoll. influencés par les télés occidentales en regardant l'affaire george floyd or, les accidents de la route au sénégal sont plus révoltant, les agression, mal gouvernance, ethnicisme, tribalisme,...



    que la statue ne bouge pas. au lieu elle sert au tourisme. certains d'entre vous, vivants, ne servent à rien au pays.



    la ferme!!!



    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (20:17 PM)
      la ferme toi même, on parle de notre dignité pietiné,tu ressors des supposés avantages materiels légués par le colonialisme,quel fils de pédé,sûr que tes grands-parents étaient des collabos du colons.
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (21:23 PM)
      pauvre abruti§
      t'es vraiment un chloroforméperpetuel, comme la plupart des sénégalais,
      il est temps d te reveiller.
      tu te rends compte que la france continue à nous faire payer ses infrastructures malgres des siecles de pillage de nos ressources.
      vous etes vraiment des negres de maisons, vous preferez etre des esclaves economiques de la france des esclave des temps modernes  :sad:  :sad: 
    Auteur

    Pfffff

    En Juillet, 2020 (17:45 PM)
    La charge symbolique que vous prêtez aux statues qui murent le paysage de nos villes est une aberration. Une obsession, un combat qui n'est pas celui des populations, mais de ceux et celles qui se pensent révolutionnaires et qui ne ratent aucune occasion de taper sur la France et sur Senghor, alors qu'ils sont installés confortablement dans ces mêmes pays du Nord pour vivre et faire vivre leurs familles.

    On pourrait poser le débat de ses statues si au moins on avait fait grand-chose du devenir de notre pays pour y installer le minimum de conditions favorisant l'épanouissement individuel et collectif. Mais que nenni!



    Je suis moins scandalisé par ces statues que par le degré d’analphabétisme de nos populations, plus d'un demi-siècle après les indépendances.



    Je suis moins scandalisé par ces statues que par cette caste d'intellectuels qui veulent faire croire que nous sommes d'éternelles victimes de l'extérieur. Ces intellectuels qui ne se responsabilisent jamais dans ce qu'est devenu tristement ce pays.



    Je suis moins scandalisé par ces statues que par cette racaille de politiciens, d'intellectuels, de journalistes conformistes et de communicateurs traditionnels fumistes qui mentent, volent, et ne disent les choses que pour plaire aux courtisans ou jouer aux révolutionnaires du dimanche.



    Je suis moins scandalisé par ces statues que par cette horde de marabouts pilleurs, détourneurs de foi qui construisent des châteaux, épousent de belles femmes, roulent dans le luxe avec la dîme étatique sans fond, tout en maintenant les populations dans une ignorance crasse.



    Je suis moins scandalisé par ces statues que par notre lâcheté et hypocrisie collectives à fermer les yeux sur la mendicité des enfants.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par la saleté et l'anarchie et l'indiscipline qui peuplent nos rues.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par ces historiens qui veulent résumer TOUTE l'histoire de ce pays autour du religieux, en feignant d'ignorer ce que nous fumes auparavant.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par le fait que l'on jure que par le DIeu des Arabo-musulmans, qui nous ont humiliés, pillés et réduits en esclavage des siècles durant. Et le mépris sur nos frères et sœurs continue dans leurs propres pays.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par le fait qu’on adopte, tels des moutons sans mémoires, une religion qui n’a jamais clairement condamné l’esclavage. On ne se pose même pas cette question faute d’intellectuels courageux et honnêtes.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par le fait qu’on récite des versets dans une langue qu’on connaît que très peu, voire pas du tout.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par les colons intérieurs actuels qui se nomment marabouts et petits-fils de marabouts dont les pratiques sont contradictoires à la mémoire de leurs ancêtres connus pour leur probité et leur spiritualité.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par cette myriade de mosquées qui se télescopent partout dans le pays pendant que les écoles tombent en ruine sans choquer personne, les unes à la suite des autres.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par ces charlatans et prêcheurs qui ont Dieu à la bouche dans toutes les tribunes alors qu’on est les plus grands truands, les plus grands menteurs, les plus malhonnêtes et l’un des pays les plus sales au monde.

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par le fait que nos jeunes laissent leurs vies dans la Méditerranée, avec l’indifférence et le mépris de tous. On n’en parle même pas ou le fait à peine!

    Je suis moins scandalisé par ces statues que par un pays où presque les seules respectables bibliothèques que nous avons encore appartiennent aux français et particuliers étrangers.

    La liste est longue …
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (18:38 PM)
      bonne réplique à cet intellectuel collaborationiste de la gabegie du régime de macky sall
    • Auteur

      Reply_authormmmmm

      En Juillet, 2020 (22:37 PM)
      tu as tout dis. les africains ont toujours ce probleme : sens des priorités.
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (10:03 AM)
      bonjour, j'avais soulevé les même problèmes et seneweb a effacé mon commentaire, car j'ai dit que nous sommes exploités par des poltrons de marabouts qui sont milliardaires sans rien foutre.
      bref, le gorgorlou sénégalais se fiche de l existence ou non de cette statue car elle n est pas commestible-
      on ne traite pas les vrais problèmes dans ce pays. nous passons à coté de notre vrai cri.
    Auteur

    Kloklo

    En Juillet, 2020 (17:46 PM)
    Mais pourquoi ne parles tu pas de Blaise DIAGNE?
    Auteur

    Khalass

    En Juillet, 2020 (17:47 PM)
    Les propos d'un grand et fier sénégalais. Merci pour la leçon.
    Auteur

    Keb's

    En Juillet, 2020 (18:35 PM)
    Tous ces soi-disant intellos versent dans ce que le Doyen Amady Aly Dieng appelait le "doungourouisme", se contentant simplement d'ânonner les thèses de Cheikh Anta Diop, sans chercher à les discuter et avoir une approche critique des travaux de ce dernier. Ce que Cheikh souhaitait et préconisait d'ailleurs. Réfléchir sur l'histoire du Sénégal, ce n'est pas écrire un roman. L'histoire n'est pas une fiction. Les faits sont sacrés.
    • Auteur

      Reply_authole Béotienr

      En Juillet, 2020 (18:59 PM)
      merci kebs, la tendance au sénégal c'est qu'on idéalise notre passé alors qu'au regard de nos comportements actuels, on ne l'interroge pas on fustige le colon à longueur de journée. tous les peuples ont été colonisés comme la chine, tournons la page
    Auteur

    En Juillet, 2020 (18:38 PM)
    "Je suis moins scandalisé par ces statues que par ces historiens qui veulent résumer TOUTE l'histoire de ce pays autour du religieux, en feignant d'ignorer ce que nous fumes auparavant. "



    A MEDITER
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (19:13 PM)
      les religieux ont beaucoup contribué à ce que nous sommes aujourd'hui, l'histoire est un processus du passé vers le présent. on ne peut pas narré le processus inverse.
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (21:48 PM)
      que sommes-nous aujourd’hui. des toutous exploités par des religieux qui n’ont cure de cette situation de déliquescence profonde dans laquelle est plongée le pays. ces religions qui ont tout fait pour affaiblir l’école et ont voulue la remplacer par le religieux transformant l’homo sénégalensis en analphabéte pauvre, sale, ignorant tout de comment devrait fonctionner un pays. voici ce que les religieux nous ont légué
    Auteur

    Intel

    En Juillet, 2020 (18:42 PM)
    Tres bien écrit et explique. Bravo Boris l'intellectuel toujours debout.
    Auteur

    En Juillet, 2020 (18:47 PM)
    ah enfin que mon appel fut entendu ou coicidence , merci beaucoup ,ce grand intellectuel
    Auteur

    Kor Siga Paal

    En Juillet, 2020 (19:01 PM)
    Merci BBD
    Auteur

    En Juillet, 2020 (19:20 PM)
    Pfff!

    Je suis totalement en phase avec vous dans votre pertinente analyse. Le drame de notre pays est que nos intellectuels manquent de courage. Ils ne posent jamais les vrais problèmes. Un intellectuel ne doit pas avoir de sujets tabou. Il doit pouvoir aborder toutes les thématiques et les analyser en profondeur avant de prodiguer des recommandations. Il est est regrettable que la plupart de ces gueulards ont pris part au festin national et partant ont perdu leur crédibilité et leur objectivité.
    Auteur

    Niko Huchard

    En Juillet, 2020 (20:01 PM)
    Pas mal mais Boris nak c'est Sénégalais , nom d'emprunt ou nom de nguentééé
    Auteur

    Boris Elstine

    En Juillet, 2020 (20:18 PM)
    Cette fois-ci, il est à côté de la plaque. Qu'il rectifie !
    Auteur

    Guelwar

    En Juillet, 2020 (20:38 PM)
    Les questions sur la mémoire constituent leur nouveau fonds de commerce. On a vu un économiste qui n'a aucune compétence sur les questions muséales, participer à la rédaction d'un rapport sur la restitution du patrimoine africain. Qui nous a tympanisé avec la décolonialité et qui nous dit qu'il va maintenant enseigner les sciences humaines et sociales aux États-Unis et non l'économie. Dans ce contexte de mondialisation, n'est-il pas plus pertinent de réfléchir en termes de circulation, de partage et d'interactions créatrices entre les cultures ? On a des intellectuels rendus sectaires par leurs fonds de commerce. Le drame est que les médias reprennent bêtement tout ce qu'ils racontent. Que Boris le veuille ou non, le monde est à l'ère du métissage.
    Auteur

    Djibril Ndiaye

    En Juillet, 2020 (20:39 PM)
    Un excellent travail, l’histoire du Sénégal est jusqu’à présent claire et obscure.

    Le Sénégal a vraiment besoin des intellectuels comme vous pour nous rappeler notre passé et mieux orienter notre avenir.

    Merci
    Auteur

    En Juillet, 2020 (20:44 PM)
    Texte de tres haute facture.Boris a choisi d ecrire sur un pan de notre histoire.Au lieu de le critiquer faites comme lui.Parlez de ces maux qui gangrenent notre societe.L indisciplibe,l accaparement de nos maigres richesses par une elite politico maraboutique,notre religiosite hypocrite artificiel et totalement deconnectee de notre culture,notre indiffetence coupable face a la mendicite des enfants etc
    Auteur

    En Juillet, 2020 (21:35 PM)
    Arrêtons les insultes, dès que je vois reply author sur seneweb; suis découragé, gnou gorgorlou , té rafétal

    Auteur

    En Juillet, 2020 (22:34 PM)
    Parle nous de ton BORIS.
    Auteur

    Kane

    En Juillet, 2020 (22:52 PM)
    J ai eu l honneur de renconter personnellement Boris Diop en février, lors d une conference dans un pays europeen. un grand intellectuel, courageux et patriote.
    Auteur

    Wane

    En Juillet, 2020 (23:19 PM)
    Je suis assez émue par l’histoire de sidiya ndate yalla, personnage que je découvre après avoir Fait un cursus complet en histoire sans que son nom n’ait jamais été prononcé par mes maîtres. C’est dire que le mal est profond, il est abyssal, le sénégalais ne connaît quasiment aucune figure historique sénégalaise d’envergure. Il traverse la vie sans se soucier de l’influence de l’histoire sur le devenir des hommes. Pour qui connaît la vénération des européens et même des autres peuples du monde pour les héros ancestraux, c’est là la meilleure façon de nous condamner à demeurer éternellement un petit peuple qui n’en aura jamais cure des hauts faits, de la bravoure de ses aïeux et qui sera condamné à ne nourrir aucune ambition de briller parmi ses pairs. Il est assez cocasse de s’appeler Boris et de relever le paradoxe des élites africaines condamnés à vivre dans l’ombre de l’occident, avec ce senghor qu’on devrait s’empresser de faire disparaître de notre histoire, ces religieux opportunistes et fourbes et bien sûr cette misère à laquelle on est condamné sans réellement fournir aux sénégalais les moyens de sortir de l’ornière. Mais j’aime à dire que le combat il est notre. C’est celui du peuple parce que nos dirigeants nous ont lâchés ils continueront à le faire déjà qu’ils ne nous respectent pas. Réfléchir à la façon de nous mobiliser pour livrer bataille contre la corruption, la mal gouvernance, les duperies de nos marabouts, c’est cela qui nous interpelle.
    • Auteur

      Reply_author

      En Juillet, 2020 (23:37 PM)
      pourtant si on divulguait la trahison que lat dior lui a fait subir en le livrant aux colons, ce dernier ne resterait plus héro national.
    Auteur

    Dou

    En Juillet, 2020 (00:15 AM)
    Salam.

    Merci PFFFF ,pour ne pas dire que BORIS DIOP nous creve l oeil avec ses incohérences. Oui son intention, Boris,nous fait défaut. Je ne vous crois pas Boris

    Que Allah protège le Sénégal
    Auteur

    Le Dogon

    En Juillet, 2020 (00:29 AM)
    Que nous reste t’il de l’héritage de Diop (Cheikh Anta)? C’est une question qui mériterait vraiment d’être posée à ces intellectuels parfois qualifiés de Diopiste.

    J’ai commencé depuis un moment de m’éloigner des écrits de M. Boris Diop quand je suis tombé sur un de ces interviews où il affirmait le fait qu’il s’était éloigné de Senghor à l’époque pourrait être qualifié d’erreur de jeunesse.

    La complaisance encore moins les flagorneries n’a jamais fleurté la l’esprit et les écrits de Cheikh Anta. Il a su dénoncer avec objectivité les problématiques de nos sociétés tant sur le plan culturel, religieux et politique.

    Cette dénonciation a été posé en acte avec son implication sur le plan politique n’hésitant pas à passer par la case prison. Il n’a pas hésité à choisir et assumer ses choix jusqu’à mourir dans la pauvreté (matérielle) comme nous l’a rappelé le professeur Boris Diop.

    Le courage de l’intellectuel repose sur ses convictions même si la terre entière nous vouaient aux gémonies.



    Bref, je remercie Dieu d’avoir lu et relu Cheikh Anta, d’avoir compris qu’un peuple sans conscience historique n’est qu’une population.



    Je remercie Dieu d’avoir compris à travers Diop que les éléments qui ont conduis à l’éclosion de l’Islam étaient présents près de 1000ans avant la naissance du prophète.



    Je remercie Dieu d’avoir compris à travers Cheikh Anta qu’à Science égale seule la vérité triomphe.
    Auteur

    En Juillet, 2020 (00:58 AM)
    Aller jusqu'à insulter Boris il n'y'a que les jeunes de Pasteff pour le faire. Cet homme Boris n'est pas un politicien comme votre leader Sonko qui ne connaît même pas les bonnes manières, mal éduqué , impoli et un bouffon suivi par des jeunes sans repères solides
    Auteur

    Karantaba

    En Juillet, 2020 (02:51 AM)
    Tres belle plume Boris. Je me delecte de ses écrits, cela dit je suis plus que choqué de n’avoir pas’entendu à l’école le nom Sidiya Ndatté et ce fort probablement à cause de l’affront qu’il a fait subir à faidherbe. C’est dire que l’Histoire enseignée dans nos cursus est biaisée car façonnée par le colon, Sidiya dans sa guerre avec faidherbe a étè trahi par ce courtaud de lat dior érigé en heros national. Il y a beaucoup à faire dans ce bled mais’ce n’est pas avec les derniers de la classe qui nous dirigent que cela va arriver
    Auteur

    Benewaye5excludusiteparseneweb

    En Juillet, 2020 (04:46 AM)
    Un texte tres riche....merci a l'auteur! Vous etres un geant! Je suis exclu du site par l'admin de seneweb, mais je fais juste une p'tite remarque sur ce tres beau texte!



    Ceux qui critiquent Boris sont des incultes doubles d'etres ignards.......Certains va-nu-pieds ne comprennnent toujours pas que c justement le manque de conscience historique evoquee par Boris qui est a l'origine de la descente en enfer du pays... la corruption instituee en regle par les la classe politique et l'aranaque des religieux, l'indiscipline des senegalais, le manque de respect des gouvernants sur la population, la main mise des etrangers sur l'economie du pays, etc.... sont des effets du pbm evoque par Boris!



    Ici repose ndoumbelane!
    Auteur

    En Juillet, 2020 (06:23 AM)
    felicitations diop
    Auteur

    Ouf ! Ouf !

    En Juillet, 2020 (08:06 AM)
    Ouf !

    Enfin un intellectuel ! Un homme de refus digne de son temps et de l’héritage de Cheikh Anta DIOP . Dieuredieuf BORIS, gathié ngaalama DIOP .
    Auteur

    Rasta

    En Juillet, 2020 (09:06 AM)
    personnellement je n ai pas de problèmes avec les blancs

    Mon problème c avec les"toubabs bou gnioul"

    Franchement Senghor Blaise et ils sont nombreux sont des toubabs bou gnioul"

    tigui
    Auteur

    En Juillet, 2020 (10:28 AM)
    On s'en fout



    PRIORITES AILLEURS
    Auteur

    Diop

    En Juillet, 2020 (10:37 AM)
    La position de Boris et celle de PFFFF sont á mon avis complémentaires. L’une des raisons pour laquelle nous n’avons pas encore réalisé les points soulevés par PFFF est un manque de conscience collective. La contribution de Boris va dans le sens de construire nous même notre imaginaire et de croire en nous mêmes. Cela me semble une condition pour changer les mentalités. Le reste suivra.
    Auteur

    En Juillet, 2020 (16:24 PM)
    mefiez vous des faits historique qui sont souvent falsifies;faidherbe a construit un pont que beaucoup de senegalais se font un plaisir de traverser;ceci est un faut comba ;on a un pays a construire ;proposons des solutions et mettons nous au travail
    Auteur

    En Juillet, 2020 (18:21 PM)
    ATTENTION AU NOMBRILISME !!!!!! L AFRIQUE DEVRAIT S ENORGUEILLIR A VOIR DES NOMS DE PERSONNES CELEBRES QUELQUE SOIT LEUR RACE LEUR RELIGION LEUR SEXE;

    Auteur

    Mande Mory

    En Juillet, 2020 (19:03 PM)
    En lisant cet article et les commentaires de certains » negres » , je comprends pourquoi les noirs ont ete des esclaves, des colonises et des neo-colonises!!! Ils ont ete et sont les meilleures « armes » des blancs pour continuer leur funeste oeuvre de domination et de prédation.

    Reveillez negres et debarrassez vous du blanc pour etre debout afin que vos fils et petits fils soient en...fin libres et prosperes!!!

    Vive le negre enfin libre.
    Auteur

    Ladji

    En Juillet, 2020 (21:34 PM)
    Quel plaisir et honneur de lire cet article ...de la magnifique plume de Mr Boris Diop. Merci.

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