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Vendredi 01 Juin, 2018 +33
Economie

Entretien avec M. Serigne Mboup Président de la Chambre de commerce de Kaolack

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Entretien avec M. Serigne Mboup Président de la Chambre de commerce de Kaolack

Son soutien pour le président Wade, Serigne Mboup l’assume publiquement. Sa posture de Président d’une institution consulaire comme la Chambre de commerce de Kaolack et son honneur l’y obligent d’ailleurs. Dans l’entretien qui suit, il apporte des éclairages sur la lenteur de la reconstruction du marché central de Kaolack, objet de grogne de certains sinistrés non sans évoquer sa proximité avec Wade et son constat sur le débat électoral.
 
Vous avez reçu le Président Wade au niveau de la Chambre de commerce de Kaolack. Pourquoi ?
Je voudrais d’abord préciser que la chambre de commerce est une institution publique. Elle n’est pas une association privée. Elle fait partie des démembrements de l’Etat. Nous devons tous être fiers de la venue du président de la République. Si l’on convoque l’histoire, on se rend compte que c’est la première fois qu’un Président de la République se déplace et visite une Chambre de commerce. C’est un honneur et un privilège, même si on est en pleine campagne électorale. Surtout que la place de l’économie dans le débat sur la campagne électorale est très faible. Dans ce débat, tout est politique politicienne. Donc le Président est venu, et il a écouté les opérateurs économiques que nous sommes. Je garde espoir que s’il est réélu, il appliquera les idées que nous lui avons proposées.
Mais beaucoup estiment que c’est l’homme politique qui est venu à la chambre consulaire pour dérouler sa campagne ?
Mais bien sûr ! Vous savez, la politique, c’est un moyen pour résoudre les problèmes d’intérêt général. Si le Président est réélu et qu’il veuille revenir, nous lui ouvrirons grandement nos portes. S’il n’est pas réélu et qu’il manifeste le désir de nous rendre visite à la chambre de commerce, nous serons tout aussi disposés à l’accueillir. Ça, c’est une marque de reconnaissance des acteurs économiques de la région et de moi-même. Au cours de ces deux années passées, j’ai eu son soutien et son appui pour toutes les opérations que j’ai entrepris pour le développement économique de la région de Kaolack. C’est vrai que tous ces projets ne sont pas encore à terme, mais cela résulte plus de la lenteur administrative que d’un manque de volonté. C’est pourquoi, je garde espoir que pour ce qui est de la relance économique du Saloum, nos projets seront à terme en raison des résultats escomptés.
Mais les opérateurs se sont plaints des dettes dues au monde agricole et sur tant d’autres points…
Oui, mais ils ont eu, avec cette visite, l’opportunité de s’adresser directement au Président de la République et de lui poser certaines doléances sur le plan de l’agriculture et du transport. Ça, c’est déjà une avancée significative. Le Président de la République a écouté, entendu et noté nos doléances. C’est ce qu’on recherchait.
Mais reconnaissez, en tant que Président de la chambre de commerce, que le secteur de l’agriculture est en difficulté, ici au Saloum
Bien sûr que je reconnais ces difficultés. Mais dans la grisaille général, le sort du Sénégal n’est pas le plus triste. J’ai toujours dit et soutenu qu’en ce qui concerne l’agriculture, il ya deux paramètres à tenir en compte. L’un dépend de Dieu et l’autre de nous. Le gouvernement a certes injecté de l’argent dans le secteur, mais les problèmes demeurent.
Est-ce que la chambre de commerce a proposé des idées ou mener une politique de relance de l’agriculture ?
Nous y sommes déjà. Au niveau de la chambre, nous avons une mutuelle qui aide beaucoup les paysans en leur octroyant des prêts. Ensuite, nous leur trouvons des espaces ou vendre leur produits, enfin nous leur dispensons une formation pour les rendre plus performants. Franchement, c’est tout ce qu’on peut faire, je veux dire l’encadrement, l’octroi de prêts ou la mise à disposition d’infrastructures.
Les chauffeurs aussi se plaignent de la vétusté du parc automobiles
C’est vrai !  Mais dans ce cas aussi, nous sommes entrain d’avancer positivement. Les quelques voitures neuves qui ont été mises en circulation pour le transport public portent l’empreinte de la chambre de commerce. La chambre agit aussi pour le financement de l’achat des motos Jakarta. Donc, si le gouvernement appuie davantage la chambre de commerce dans ces activités, je peux vous assurer que nous atteindrons nos objectifs. Et c’est là un autre intérêt de la visite du Chef de l’Etat. Pour nous, il fallait rappeler que la chambre de commerce est une institution publique qui œuvre pour le développement de la collectivité.
Et à propos des sinistrés du marché central de Kaolack qui ont perdu plus de deux milliards. Il nous revient que ces derniers sont très frustrés parce que rien de concret n’est sorti de leur entrevue avec le président. Ce qui corrobore l’idée qu’ils ont été utilisés.
Je voudrais qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments, qu’ils se souviennent que la responsabilité de l’Etat n’est nullement engagée et enfin, qu’ils acceptent la vérité. Ce n’est pas la première fois qu’un marché prend feu au Sénégal. La vérité est qu’ils doivent prendre patience. Je ne dirai ou ne promettrai jamais une chose que je ne pourrai pas réaliser. Une fois encore, je ne suis pas obligé et je ne suis pas l’Etat. Je m’investis dans cette affaire (ndlr : reconstruction du marché central de Kaolack) par amour pour ma région natale et par le souci d’aider simplement mes semblables. Qu’on arrête de porter des accusations contre la chambre de commerce. La vérité est que nous avons fait tout ce que nous devrions faire. Après l’incendie, la chambre de commerce a fait un recensement pour répertorier les pertes et lister le nombre de sinistrés. Ensuite, nous avons ouvert une caisse de solidarité pour recueillir des fonds. Aujourd’hui, nous avons dans nos caisses cinquante deux millions. Au cours de la visite du Chef de l’Etat, nous avons désigné deux représentants des sinistrés qui se sont adressés directement au Chef de l’Etat qui par la suite a donné cinquante millions et promis la reconstruction du marché.

Est-ce qu’il ya une unité d’action entre la chambre de commerce et les sinistrés.
Parfaitement! On ne fait rien sans les associer. C’est pourquoi, il est triste d’entendre qu’ils menacent de battre le macadam pour ça. Je n’accepterai pas les pressions et les menaces, surtout lorsqu’elles viennent de Collaborateurs. J’accepte d’être à leurs services pour la confiance qu’ils ont placée en moi en me portant à la tête de la chambre de commerce. J’estime qu’un pacte de vérité me lie à eux, raison pour laquelle je leur dis la vérité, la stricte vérité. Tout le monde sait que le marché n’est pas rentable. C’est pourquoi, j’estime que la meilleure solution est d’instaurer un comité de gestion composé des commerçants qui vont gérer le marché, même s’il faut reconstruire le marché sur deux étages. Aucun promoteur ne pourra s’engager si le marché ne peut pas produire des recettes d’un montant annuel de deux milliards.
Est-ce que l’Etat est prêt à s’investir pour la reconstruction du marché
Le Président l’a affirmé avec force. Et ses paroles ont valeur d’instructions. Et même si l’Etat n’y investissait pas, nous pouvons le faire, nous autres, commerçants. Il faut que nous croyons en nous-mêmes, nous du secteur privé. Le budget vient de nous autres hommes d’affaires. Pour vous dire, les composantes du budget de l’Etat, ce sont principalement l’impôt sur le revenu, la tva et les taxes sur salaires. Donc, nous, qui contribuons au budget, nous pouvons trouver les financements nécessaires pour la reconstruction du marché.
On a vu que le Président est votre ami. Il vous a même taquiné en disant que vous êtes son griot…
Non, vous savez (Rires). Je ne suis pas griot de naissance ni de père ni de mère.
Mon père est originaire de Keur Modou Khary MBOUP dans la région de Louga d’une lignée comme de tous dans l’enseignement coranique. A ce titre, le 1er Khalife de Serigne Touba, Serigne Moustapha MBACKE a installé mon grand père à Kael pour perpétuer cette tradition. Quant à ma mère, elle appartient à la famille de « Guet » illustre à Darou Mousty et à Darou Khoudoss par ses ramifications dans la lignée de Khadimou Rassoul. A ce titre, le Premier Ministre Souleymane Ndéné NDIAYE, se plaît à dire que si je n’étais pas Chef d’entreprise, je serais marabout. Le Chef de l’Etat ne manque jamais une occasion, fort de la tradition sénégalaise, la parenté à plaisanterie, pour m’interpeler en termes de :  « mon esclave », « mon griot » ou « beug thiep ». Au-delà de la plaisanterie, il veut me marquer son estime et son affection et c’est tout à mon honneur.
Est-ce que vous faites de la politique ou à tout le moins vous vous activez politiquement ?
Serigne Mboup ne fait pas de la politique. Je vous ai toujours dit que trois buts sont poursuivis à travers l’action politique. L’argent, le grade et la représentativité. Je ne cherche pas ces gloires. Et même si je les convoitais, j’y perdrais mon argent et mon temps. Sans faire de la politique, le Bon Dieu ne m’a pas oublié. Maintenir soutenir quelqu’un qui vous considère comme son fils, relève de la reconnaissance morale. Et vous le savez très bien, le président Wade me considère comme son fils puisqu’il l’a dit et répété. Je le soutiens et je ne m’en cache. Cela est clair. Ensuite, il faut que les gens sachent qu’un opérateur économique travaille avec l’Etat. Les hommes et les partis passent, mais l’Etat reste. En tant qu’institution consulaire, Wade nous considère et nous soutient. Donc, nous serons toujours présents à ses côtés, s’il a besoin de nous. Nous l’accueillerons chaque fois que de besoin. Tous les opérateurs économiques sont en relation d’affaires avec l’Etat. Nous n’avons pas peur du changement parce quiconque est à la tête de l’Etat, prendra langue avec les opérateurs économiques. Et même si Wade gagne, il apportera des changements.
Vous ne faites pas de la politique, mais vous vous investissez beaucoup pour la réélection du Président Wade
Beaucoup trop même. Je le soutiens, mais je ne descends pas sur le terrain. Descendre sur le terrain n’est même pas mon rôle. Je le soutiens et je ne m’en cache. Mon honneur m’oblige à être à côté du président Wade s’il a besoin de moi.
Quelle lecture faites-vous du second tour de l’élection présidentielle?
Je fais un constat global sur la campagne électorale du second tour. Ma position et mon souhait et mon soutien, je vous l’ai déjà dit. Seulement je constate que la démocratie doit être au service du développement. Aujourd’hui tout le monde a fait le constat que le pays est à l’arrêt depuis deux à trois mois. Les hôtels ont été déserté, la communication ne passe pas, le débat politique est à un niveau très bas. Nous devons avoir honte de cela. On parle de gourdins, d’accusations fallacieuses. Ce qui est regrettable. Dans une grande démocratie, le pays fonctionne à merveille en période électorale, la consommation augmente, les médias se frottent les mains économiquement parlant. Or, ici, il est question de gourdins, de menaces, de querelles et j’en oublie. Je pense que la démocratie est vecteur de paix et non d’inquiétude et de troubles. C’est vrai que le Sénégal est un havre de paix, il ne faut pas le leur ôter. Je prie d’ailleurs pour une élection apaisée et que le candidat qui sortirait vainqueur, soit soutenu et accompagné par les sénégalais. C’est tout mon souhait


5 Commentaires

  1. Auteur

    Dammel

    En Mars, 2012 (13:41 PM)
    Wade = Macky ; il faut qu'ils perdent tous les deux : le meilleur moyen, c'est de voter pour Wade et s'il gagne on contestera et tout sera refait car la candidature de Wade est anticonstitutionnelle. Car, même si Macky gagne normalement, Wade ne cédera pas le pouvoir à moins qu'on l'y contraigne ! Autant faire d'une pierre deux coups et choisir après le meilleur candidat. C'est cela que pense tout bas Niasse, Tanor, Idy même s'ils prétendent le contraire en public ! Faisons le bon choix alors : ni Wade, ni Macky ! Dieu est plus grand !
  2. Auteur

    Beuttbourey

    En Mars, 2012 (18:06 PM)
    HAA ma khiff waa dji .combien je la deteste astakhfiroulah .way dama ka bagn rek .c pur qun scrot .
    Auteur

    Papa Mboup

    En Mars, 2012 (21:48 PM)
    celui qui esttellement naf car il donner tout le bien que notre papa a laisser a wade pour reparer son complex ujourd hui wade part il va faire fasse a la famille il doit nous dire ou il a mis notre argent qu est ce une chambre de ommerce rien les gens n ont besoin des chambres de commerce pour des affaires c est depasse
    Auteur

    Khaf

    En Mars, 2012 (08:59 AM)
    le courage de telles revelations n'est pas evident. ccomment du reste en douyer car seigne est un produit de l"ecole coranique de Coki?
    Auteur

    Wa Keur Modou Khary

    En Juillet, 2012 (17:11 PM)
    je suis de keur modou khary et ton coussin mais est ce que t a une fois mis les pieds a keur modou khary mboup

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