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Economie

MAMADOU DIOP DECROIX “ Au Sénégal, certains pensent que la libéralisation c’est l’anarchie ”

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MAMADOU DIOP DECROIX “ Au Sénégal, certains pensent que la libéralisation c’est l’anarchie ”

La baisse des prix ne se fait pas de façon arbitraire. Ce rappel a été fait par l’invité de la rédaction du journal « le Soleil », le ministre du Commerce Mamadou Diop Decroix qui a fait savoir que la concertation et la communication sont inscrites dans leur démarche. Toutefois, il a réitéré la volonté du gouvernement de poursuivre la baisse des prix sur les autres denrées. Le consommateur tout comme le commerçant, insiste le ministre, doivent tirer profit de la baisse des denrées de base sur le marché mondial. C’est dans ce sens qu’il a annoncé le renforcement du service chargé du Contrôle économique, avec le programme spécial 2009 qui prévoit d’acquérir une vingtaine de véhicules, cinquante motos qui viendront s’ajouter au dispositif déjà mis en place.

Comment expliquiez-vous toute cette agitation autour des baisses sur le prix du pain ?

Il faut d’abord dire qu’il y a eu des baisses substantielles, sans précédant même, qui concernent plusieurs produits et services. Mais c’est uniquement sur le pain et dans quelques régions qu’il y a quelques problèmes. Et, on a oublié toutes les autres denrées concernées par la baisse. Les journalistes le disent souvent, ce ne sont pas les trains qui arrivent à l’heure qui intéressent les gens. Pourtant, je voudrais préciser que la communication et la concertation sont des données permanentes dans notre démarche. Il y a des mécanismes qui permettent ces concertations. Ce sont les conseils régionaux de la consommation qui se réunissent dans chaque région pour discuter du prix du pain. Les boulangers y sont forcément représentés. Nous ne faisons rien sans la présence, sans l’avis des boulangers. Ce n’est pas le ministre du Commerce qui s’enferme dans son bureau pour fixer le prix du pain dans les régions.

Des boulangers ont dit que le prix de la farine n’a pas diminué. Ce qui n’est pas le cas. La farine a baissé depuis le mois d’août de 46.600 francs Cfa la tonne. Cette baisse n’a pas été répercutée. Cela devait se traduire par une baisse autour de 5 francs Cfa et 8 francs Cfa sur la baguette. Nous avons pensé que cela n’était pas significatif et que, donc, ce n’était pas nécessaire de répercuter immédiatement cette diminution. Nous avons voulu laisser les boulangers respirer un peu, puisqu’on avait traversé des moments difficiles. Maintenant, il y a de nouvelles donnes. Il y a eu une chute drastique du prix du carburant, le diesel en particulier. J’ai dis alors qu’il fallait agir. Les conseils régionaux se sont réunis et ont procédé à la révision. Le président de la République avait déjà donné des indications très claires, depuis que le prix du pétrole avait sensiblement baissé. De plus, le marché international des denrées de base s’est amélioré, sans oublier la baisse du prix de la farine.

L’administration et les boulangers ont confronté leurs chiffres. Ils ont discuté en commission technique et hier (mercredi), ils m’ont apporté un tableau des prix. La baisse n’est plus de 25 FCfa mais de 15 francs Cfa. Je veux apporter une information supplémentaire : avec les baisses sur le blé, la farine va encore baisser dans quelques semaines. Enfin, nous devons également savoir que la baisse de l’électricité n’a pas été répercutée sur le prix du pain. Donc, je signale que nous ne sommes pas à la fin des baisses. Je crois que les investisseurs, les boulangers ont le droit de gagner de l’argent, mais les consommateurs ont aussi le droit de bénéficier des baisses.

Il semble y avoir une réticence des importateurs qui disent qu’ils ont des stocks achetés avant la baisse des prix sur le marché international. Qu’est-ce le département envisage de faire après vérification ?

Ce n’est pas un problème. Il y a un certain nombre d’importateurs qui avaient fait des commandes avant l’embellie sur le marché mondial. Avant la livraison, les cours ont baissé. A cela s’ajoute la révision des droits de douanes par le gouvernement. Vous savez que les taxes avaient été suspendues. On avait insufflé plusieurs milliards pour soutenir les prix. Donc, certains commerçants ont des problèmes sur ces stocks précis. Ils nous en ont fait part et nous les avons parfaitement compris. Parce que ce sont des importateurs qui nous ont accompagnés pendant les moments difficiles. Il faut donc qu’on accorde une attention à cela. Dans de pareils cas, nous demandons aux importateurs de produire des preuves irréfutables et nous essayons de les soutenir pour amortir les pertes éventuelles. Le Premier ministre a donné des directives. J’ai demandé au directeur du Commerce intérieur de voir avec les commerçants comment ils peuvent constituer des dossiers à déposer au ministère des Finances, pour qu’on essaie de voir comment régler le problème.

Est-ce que le libéralisme est bien compris par les Sénégalais avec les problèmes de fixation des prix ?

L’histoire de notre pays est assez singulière. Parce que pendant des décennies, il y avait le socialisme d’Etat à la Senghor. Celui-ci était très présent sur le marché et déterminait les prix qu’on disait administrés. Beaucoup de phénomènes ont fait que ce système a été abandonné. L’économie ne marchait pas, parce qu’elle était rigide et n’encourageait pas l’investissement. Ce système a aussi généré beaucoup de phénomènes contraires au développement. On a libéralisé. Mais la libéralisation est un système qu’on n’a pas bien compris au Sénégal. On pense que la libéralisation, c’est l’anarchie. Au contraire, c’est un système très bien réglementé. Vous allez aux Etats-Unis, ou ailleurs, c’est un système organisé. Dans « Un destin pour l’Afrique » qu’il a publié en 1989, le président Wade demande si l’Etat est absent, qui va se charger de construire les routes, les écoles, les hôpitaux, etc. C’est vrai qu’il est keynésien. Mais Keynes avait toujours souligné le rôle moteur de l’Etat dans toute économie. Aujourd’hui, les théoriciens de l’économie, qu’ils soient de l’école institutionnaliste, de l’école keynésienne et des autres écoles, tous s’affrontent sur la lecture à avoir de la crise du système financier mondial et sur les solutions à y apporter. Or, les plus grands défenseurs du néolibéralisme, qui prônent un marché absolument ouvert, ont été les premiers à nationaliser les banques et à investir des centaines de milliards de dollars ou d’euros dans le système financier pour le tenir debout.

Au Sénégal, nous ne sommes pas assez interventionnistes. C’est ma conviction profonde. Il y a énormément de choses à réguler et à contrôler. Mais nous n’arrivons pas toujours à le faire. C’est vrai qu’il y a des problèmes de moyens humains, logistiques. Mais, je pense que la théorie de « moins d’Etat, mieux d’Etat » avait fini de s’ancrer dans notre perception des choses. L’Etat est bien là. Le ciment a baissé, nous avons parlé avec des cimentiers. Le fer a baissé, l’oignon et la pompe de terre, les hydrocarbures aussi. Tout cela baisse parce que nous parlons avec les acteurs. L’Etat veille à ce que les prix puissent profiter aux consommateurs, puisque le taux d’inflation devrait normalement suivre la baisse.

Et la baisse du prix du ciment qui est jugée peu consistante... ?

Il faut féliciter les cimentiers pour avoir répondu promptement à l’appel du chef de l’Etat. Mais évidemment, nous allons continuer. Et, ce n’est pas seulement sur ce produit. Nous allons tout regarder pour essayer d’avoir des baisses sur tout ce qui doit suivre la même courbe. Il ne faut pas que certains capturent les gains aux échelons intermédiaires au point que les consommateurs ne profitent pas de ces baisses. II faut qu’on trouve la formule pour que les consommateurs puissent bénéficier de toutes les baisses.

Que dit la loi par rapport aux moyens coercitifs à l’encontre de ceux qui ne veulent pas respecter les prix ?

La loi existe. Elle est assez claire sur les pratiques relatives aux mesures, au poids, aux prix, à la qualité, etc. Notamment, les ententes sur les prix ne sont pas acceptables. Il y a ainsi beaucoup de choses qui se font et qui ne sont pas souvent orthodoxes. Nous devons veiller à ce que les choses se passent de la façon la plus orthodoxe.

Est-ce qu’il ne faudrait pas revenir à l’ancien système du Contrôle économique ?

Oui ! Les agents de la direction du Commerce intérieur doivent continuer à contrôler et à vérifier. C’est vrai, parce qu’au début des années 90, il y a eu un dégraissage de l’Etat, des effectifs. Beaucoup d’agents sont partis. La direction du Commerce intérieur a traversé une phase assez difficile. Depuis lors, des efforts sont en train d’être faits pour renforcer le département en termes de ressources humaines. Nous avons recruté aujourd’hui beaucoup de commissaires aux enquêtes économiques qui sortent de l’Enea, ainsi que des contrôleurs qui viennent du cycle B. Il y a de plus en plus de jeunes qui viennent dans le département du Commerce. Sur le plan logistique, le président de la République a demandé au Premier ministre qu’on nous dote d’un programme spécial qui devrait nous permettre, au cours de l’année 2009, de recevoir une vingtaine de véhicules et cinquante motos, qui vont s’ajouter au parc. C’est un programme différent de ce qui est prévu dans le budget 2009 qui affecte une dizaine de véhicules qui va s’ajouter sur ce que nous avons déjà eu en 2008, soit une quarantaine de véhicules et 50 motos au total. Je pense que c’est assez consistant et cela va nous permettre de mieux faire le travail.

Certains importateurs de riz disent avoir passé commande avant la baisse sur le marché mondial ; est-ce que votre département envisage de faire des vérifications sur ces stocks ?

Ces stocks ne sont pas très importants. Ils ne gênent pas le marché du riz. Ça gêne seulement les commerçants qui ont importé. Et par rapport à la masse globale, ce n’est pas si important. Ils ont importé une partie de leur stock avec les anciens prix, mais ils ont d’autres stocks importés aux prix actuels. Ils sont en train d’évacuer les anciens stocks. Mais c’est vrai que s’ils vendent ces stocks aux prix actuels, il y a un manque à gagner. Là, nous sommes en train de voir comment les accompagner pour amoindrir les chocs que cela peut entraîner. Nous sommes même obligés d’arbitrer puisque les prévisions de production sont de 370.000 tonnes de riz. Il ne faut donc pas que ce riz local soit pas pénalisé par la baisse sur le marché mondial.

Ne faudrait-il pas aussi protéger le riz local comme l’a souhaité l’importateur Bocar Samba Dièye, en adoptant des mesures similaires à celles qui sont en vigueur pour l’oignon local ?

C’est une idée qui est agitée. Mais, le riz n’est pas l’oignon. Il faut dire que le riz est à un degré de nécessité sans pareil. Parce qu’une rupture de stock sur la tomate ou l’oignon, ça peut passer. Mais une rupture de stock de riz, c’est plus compliqué. Mon collègue de l’Agriculture et moi-même, nous pensons que les importateurs doivent aussi penser à la production locale et même investir pour faire du riz dans la Vallée, dans l’Anambée ou ailleurs.

Est-ce que le département envisage d’évaluer l’impact de la baisse des prix sur l’économie et sur le consommateur ?

L’idée est intéressante. J’ai demandé aux services d’évaluer les gains pour le consommateur, de toutes ces baisses. Parce que nous connaissons globalement la quantité qui est consommée pour chacun de ces produits. Donc, nous devons pouvoir faire des projections, pour dire voilà, si au cours de l’année 2009, s’il n’y avait pas eu ces baisses, l’équivalence serait telle, etc.

Est-ce que le département fait un travail pour faire comprendre aux populations que les augmentations ou les baisses des prix sont des composantes du marché ?

Vous l’avez constaté entre avril et mai, nous étions tout le temps au front pour expliquer aux populations. Le rapport de l’Etat au consommateur est un rapport de franchise et de transparence. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Lorsque c’est difficile, il faut expliquer pourquoi, c’est difficile. Nous avons aussi montré l’effort que l’Etat fait pour rendre les choses moins difficiles. L’Etat avait mis plusieurs milliards sous forme de subventions. Je pense que nous n’aurons pas de complexe : s’il y a une baisse, nous répercutons et, lorsqu’il y augmentation, nous aurons le courage de dire que le prix a augmenté et ce que nous pouvons supporter. Mais pour l’instant, nous sommes dans la baisse, il faut s’en féliciter, il faut rendre grâce à Dieu. Il faut aussi remercier les autorités qui veillent à ce que toutes les baisses puissent profiter aux consommateurs, souvent dans des conditions qui ne sont pas faciles.

Est-ce que vous ne craignez pas que les populations des régions ne comprennent pas pourquoi les prix ne soient pas partout les mêmes ?

Les services sont partout. Et les consommateurs comprennent qu’on doit répercuter les différents frais, comme le coût du transport. En général, il n’y a pas de problème particulier à ce niveau. Sans la solidarité et l’entraide, rien ne va. C’est pourquoi, le différentiel de transport ne pose pas problème

Est-ce qu’on est toujours dans le processus de mise en place des magasins de référence ?

Oui. Nous avons finalement pu déposer 2 milliards de francs Cfa au Fonds de promotion économique pour accompagner les promoteurs des magasins de référence. Je sais que le groupe Ccbm de Serigne Mboup travaille d’arrache-pied là-dessus. Nous allons avoir quelques dizaines dans les mois à venir. Et nous aurons installé quelque 600 magasins d’ici la fin de l’année.

Les magasins de référence sont un concept révolutionnaire. Nous devons révolutionner la distribution dans notre pays. Ces magasins devront permettre de régler le problème du juste prix, de la qualité et de la modernisation de notre circuit de distribution. Cela va permettre aussi de créer de l’emploi. Si nous parvenions à mettre en place 10.000 magasins, nous aurons créé 40.000 emplois. Parce qu’il y aura des gardiens, des manutentionnaires, des vendeurs qui vont y travailler. C’est dire que j’y crois beaucoup à ces marchés de référence.

Vous avez fait récemment un plaidoyer pour le rééquilibrage de la balance commerciale, notamment en faisant avancer le commerce intra sous-régional ?

Je voudrais rectifier. Le commerce intra-africain avance. Peut-être pas au rythme souhaité, mais il avance. Pour ce qui concerne le Sénégal, notre principal client c’est la sous-région. Nous vendons beaucoup dans l’espace Cedeao et dans l’Uemoa. Cette dernière organisation est un ensemble qui fait beaucoup d’efforts. De façon globale, elle fait bien son travail. Quant à la Cedeao, nous considérons qu’elle a encore beaucoup de faiblesses. Mais, les autres régions de l’Afrique veulent s’inspirer de ce qui se fait au niveau de la Cedeao, de son expérience.

Cela veut dire que, comparés aux autres régions, nous sommes un peu plus en avance dans l’intégration. Mais, ce n’est pas fameux, pour dire les choses telles qu’elles sont. L’Union européenne échange 60 % de sa production à l’intérieur de ses frontières. L’Alena ça doit être à environ 55 % d’échanges internes. Il en est de même pour l’Asean qui est peut-être à 25 %, pendant que l’Afrique est à environ 8 %. Or, le premier marché d’exportation, c’est le marché local.

Si aujourd’hui nous importons du riz pour 150 milliards de francs Cfa, en produisant ce riz, nous améliorerons la balance commerciale. Donc, tout est lié. Le renforcement de la balance commerciale passe par le renforcement de notre capacité de production et d’offre. Je pense que la Goana lancée par le président de la République a montré la bonne voie. Nous avons parlé tout à l’heure d’une production de 370.000 tonnes de riz blanc. Cela fait près de 50 % de nos importations. Si nous maintenons la cadence, peut-être serons-nous autosuffisants avant les délais indiqués et nous pourrons même exporter du riz.

S’agissant des négociations sur les Ape, est-ce que les débats ont avancé pour la protection de certains produits dans l’espace ?

Puisque c’est dans le cadre de la Cedeao que nous négocions, je sais que des pas importants sont faits. Nous avons pu établir une liste des produits sensibles. D’abord au niveau des différents Etats qui ont discuté sur l’identification d’un certain nombre de produits sensibles. Nous sommes arrivés à ce qu’on appelle une 5ème bande, pour voir les différents produits et services qu’il nous faut protéger. La 5ème bande porte sur les médicaments et autres produits sensibles et nous sommes en discussion avec le Nigeria sur cette question. Globalement, nous avons avancé.

Le Sénégal est même très en avance dans le programme des Ape. D’ailleurs, le président de la République a félicité le comité national de négociations pour le sérieux qu’il a mis dans ce travail. Nous avons déjà ficelé et envoyé à Abuja notre Programme de développement de l’Ape (Paped).

Maintenant, qu’est-ce qui va se passer d’ici juin. Je ne peux pas le dire. Mais les négociations ne sont pas encore finies. Le Sénégal continue d’être ferme sur ses positions. Tout accord de partenariat économique doit être un accord pour le développement. Le cycle de Doha a d’ailleurs exprimé la prééminence du développement dans les accords et non l’inverse. Ces questions sont encore sur la table. Nous discutons mais nous restons vigilants.

M. le ministre, récemment, il y a eu des problèmes entre les camionneurs maliens et ceux du Sénégal ; est-ce que la circulation des biens et des personnes ne pose pas problème dans l’espace Cedeao ?

Nous avons beaucoup de mécanismes qui devraient régler les problèmes d’échanges internationaux et en Afrique de façon générale. Nous avons le Transit inter-Etats, le Trie et d’autres dispositifs. Mais ce sont les tracasseries qui posent beaucoup de problèmes. Les textes sont là, mais c’est l’application des textes et celui de l’engagement des Etats à lever les obstacles qui posent problème. C’est seulement quand nous aurons réussi à lever les obstacles que les économies seront intégrées.

D’ailleurs les peuples et les pays ne tirent aucun profit de ces obstacles. Ils gagneront seulement si on parvient à rendre les échanges très fluides, quand les Maliens pourront venir investir librement au Sénégal et inversement. Des progrès sont certes faits, mais ils sont très insuffisants. Il faut continuer à avancer.



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