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Affaire Assange : l'Equateur, le petit pays qui défie les grands

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Affaire Assange : l'Equateur, le petit pays qui défie les grands

La gauche latino-américaine applaudit. En accordant l'asile politique au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, le gouvernement équatorien s'est attiré la sympathie d'une bonne partie de la population et des gouvernements du continent. La réaction virulente du gouvernement britannique – qui a menacé d'investir l'ambassade équatorienne à Londres pour mettre la main sur M. Assange et l'extrader vers la Suède – a conforté les convictions des Latino-Américains sourcilleux en matière de souveraineté nationale. L'image du petit pays qui défie les grands ravit.

Pour justifier la décision de son gouvernement, le ministre des affaires étrangères, Ricardo Patiño, n'a pas mâché ses mots en commentant la possibilité que Julian Assange soit finalement extradé aux Etats-Unis : "Il n'aurait pas droit à un procès équitable, il pourrait être jugé par des tribunaux spéciaux ou militaires et il n'est pas improbable qu'un traitement cruel et dégradant lui soit réservé et qu'il soit condamné à la peine capitale."

Dans les rangs de l'opposition équatorienne, l'affaire fait grincer des dents. "[Le président] Rafael Correa est un populiste qui veut faire parler de lui, considère Carlos Rojas, chef du service politique du quotidien El Comercio. Sa décision lui permet surtout de redorer son blason en matière de liberté de la presse." M. Correa entretient de mauvaises relations avec les médias privés de son pays. Une vingtaine d'entre eux ont dû fermer depuis le début de l'année.

"SE REPOSITIONNER, AU MOINDRE COÛT"

Pour l'analyste Jorge Leon, "la décision de Rafael Correa obéit à des considérations de politique intérieure". Le président équatorien, qui briguera un nouveau mandat en février 2013, reste très populaire. Mais il est de plus en plus contesté sur sa gauche. "Cette affaire lui permet de se repositionner, au moindre coût, dans le camp des contestataires, juge M. Leon, et sans craindre des représailles de la part des Etats-Unis. Rafael Correa joue sur du velours : il sait qu'il peut compter sur la solidarité des pays latino-américains."

Réuni d'urgence à Washington, le Conseil permanent de l'Organisation des Etats américains est divisé. La majorité des Etats présents ont soutenu Quito, qui demande une réunion des ministres des affaires étrangères pour étudier "les menaces professées par le Royaume-Uni contre l'Etat équatorien et ses locaux diplomatiques". Les Etats-Unis et le Canada s'y sont évidemment opposés.


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