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Naufrage de migrants: la Manche, nouveau «cimetière marin à ciel ouvert»?

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Naufrage de migrants: la Manche, nouveau «cimetière marin à ciel ouvert»?
Un drame en mer au large de Calais, dans le Nord de la France, avec ces 27 personnes qui sont mortes dans le naufrage de leur embarcation alors qu'elles tentaient, avec d'autres, de traverser la Manche. Cette mer, qui éloigne la France des côtes britanniques d'une trentaine de kilomètres à cet endroit, est devenue en quelques années un point de passage pour de nombreux migrants, malgré les risques.

Jamais la région n’avait connu un tel drame. Mais si la tragédie est inédite, elle était redoutée depuis longtemps. En cas de chute dans l'eau, la température de la mer limite la survie à un quart d'heure. Et la circulation des porte-conteneurs et des pétroliers y est très dense. Il s’agit d’une autoroute maritime où les risques de collision sont importants.

Malgré tous ces dangers, depuis le début de l'année, 31 500 migrants ont tenté d'atteindre les côtes britanniques. Selon Londres, 22 000 ont réussi. Le préfet maritime de la Manche avance un autre chiffre significatif : le nombre de tentatives de traversée a doublé ces trois derniers mois, alors que la météo est loin d'être propice. 

Une hausse constante des passages depuis 2018

Si cette route migratoire est devenue si empruntée, depuis 2018, malgré les dangers, c’est que les autres se sont refermées. La ville de Calais s’est barricadée de barbelés et de grillages. L'accès au port et à l'entrée du tunnel sous la Manche ont été sécurisées avec du matériel de pointe. Les fouilles de véhicules et de conteneurs se font désormais avec des détecteurs de CO2 pour repérer la présence d'humains.

Il y a bien des exilés qui continuent d'essayer, mais là aussi à leurs risques et périls. Un jeune est mort écrasé, fin septembre, alors qu'il s'était glissé entre la cabine d'un poids lourd et son chargement.

    On n'a pas envie que la Manche devienne un cimetière marin à ciel ouvert comme l'est devenue la Méditerranée (...)
 
Trop peu de moyens pour empêcher les départs en mer

Protéger les côtes, et donc les lieux de départ des embarcations, est évidemment plus complexe. C'est plus d'une centaine de kilomètres de côtes qu’il faut surveiller. Les patrouilles de gendarmerie représentent une goutte d’eau dans cette mission. Ils arpentent, la nuit, les dunes avec des lunettes infrarouges pour repérer les candidats au départ.

Ces exilés ont souvent payé des passeurs, qui leur fournissent des données GPS. Au point de rendez-vous, les candidats découvrent, près d’une plage, du matériel en kit, qu'ils doivent assembler eux-mêmes pour prendre la mer. Les bateaux sont sous-dimensionnés, mal gonflés. Ils deviennent des piscines, une fois que l'eau s'y introduit.

Ce jeudi 25 novembre, Paris et Londres ont affiché une volonté, celle d'intensifier leurs efforts communs pour lutter contre les gangs de passeurs. Selon Gérald Darmanin, le ministre français de l'Intérieur, près de 1 500 passeurs ont déjà été arrêtés depuis le 1e janvier. Les cinq responsables présumés du naufrage de ce mercredi, ont d'ailleurs été aussi interpelés.

Des exilés dans une impasse

Les candidats au départ viennent principalement de la corne de l’Afrique : Érythrée, Éthiopie, Somalie, mais aussi Soudan. Une part est originaire d'Afghanistan, du Bangladesh et enfin du Moyen-Orient (Irak, Iran...). Tous ont pour objectif initial de rejoindre l'Angleterre, pour se rapprocher de membres de leur famille, ou de connaissances, ou encore de vivre dans un pays dont ils parlent la langue et qui pourrait leur offrir plus facilement un travail.

En attendant d’organiser leur départ, ils vivent dans des camps de fortune, à Calais et Grande-Synthe, près de la côte. Pour les associations qui tentent de leur venir en aide, ce sont ces conditions de vie extrêmes – interventions quasi quotidiennes des forces de l'ordre, confiscation de matériel comme les tentes – qui poussent ces gens à prendre d'énormes risques. Car ils cherchent évidemment à tout prix à s'extraire de cette situation.

    De toute façon, c'est notre seule route pour y aller, vous voyez?? Donc on va essayer, toujours, même s'il y a des catastrophes. On n'a pas le choix, on doit essayer de partir. On ne sait pas ce que Dieu va faire

Pour le gouvernement, c'est au contraire l'existence de campements illégaux qui facilite le travail des passeurs. Des solutions d'hébergement existent, mais loin des côtes, que les exilés refusent de quitter, et ces propositions de logement sont souvent liées à des démarches administratives de demandes d'asile en France.

Or, beaucoup de ces migrants ont déjà été déboutés du droit d'asile ou ont été enregistrés dans le pays par lequel ils ont entrés en Europe. Ils estiment donc n'avoir plus d'autre choix que d'avancer et plus grand-chose à perdre.


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