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Un an après son arrivée au pouvoir, Nicolas Maduro face à la crise

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Un an après son arrivée au pouvoir, Nicolas Maduro face à la crise

Le 19 avril 2013, Nicolas Maduro a été investi président du Venezuela. Le successeur d’Hugo Chavez avait remporté de justesse la présidentielle avec moins de deux points d’avance sur le candidat de l’opposition, Henrique Capriles. Douze mois plus tard, Nicolas Maduro est confronté à une crise aux facettes multiples.

 

« Nous allons descendre dans la rue pour faire la démonstration de cette force qui permettra la poursuite de la révolution bolivarienne et socialiste du XXIe siècle. Vive notre commandant Hugo Chavez ! Vive l'histoire glorieuse de la révolution bolivarienne », s’était exclamé Nicolas Maduro au centre ville de Caracas dans la nuit du 14 avril 2013. L’ancien syndicaliste et chauffeur de bus, qui avait fait carrière dans le sillon d’Hugo Chavez et avait été choisi par celui-ci avant sa mort pour lui succéder, avait besoin de rassurer ses partisans. Il venait en effet de remporter l’élection présidentielle, mais de justesse seulement. Un million d’anciens électeurs chavistes s’étaient soit abstenus, soit avaient voté pour le candidat de l’opposition, Henrique Capriles lors de ce scrutin crucial. Devant la foule rassemblée sur le parvis du palais Miraflores cette nuit là, Nicolas Maduro avait donc fait la promesse d’être le digne héritier du « comandante », dont la mort au mois de mars 2013 avait suscité une immense émotion à travers le pays.

 

Un héritage lourd

 

Mais l'héritage d'Hugo Chavez est lourd à porter pour Nicolas Maduro. Et ceci non seulement en raison du mythe entourant la figure du fondateur de la « révolution bolivarienne », un mythe dans lequel le nouveau président doit trouver et prendre sa place. C’est surtout l’héritage économique, politique et social d’Hugo Chavez qui donne à son successeur du fil à retordre.

 

« Guerre économique orchestrée » ou fin du « socialisme pétrolier » ?

 

Les signes précurseurs de cette crise étaient pourtant déjà tangibles à la fin de la présidence d'Hugo Chavez. « Dès l’année 2012 les indicateurs économiques laissaient présager la crise économique à venir », rappelle Carlos Romero, professeur en Sciences politiques à l’Université centrale de Venezuela à Caracas. A ce moment là, le gouvernement et le pays tout entier est suspendu au chevet d’Hugo Chavez, gravement malade. Aucune mesure significative n’est prise. La crise économique éclate donc en 2013 : une inflation de plus de 56%, des pénuries récurrentes de produits de première nécessité, un manque chronique de devises dans un pays qui importe en grande partie ce qu'il consomme.

 

Pour Paula Vasquez, anthropologue vénézuélienne et chargée de recherche au CNRS à Paris, c'est « la fin de ce qu'on appelle le socialisme pétrolier, ce modèle de répartition du revenu pétrolier en faveur des milieux populaires. Lorsque les prix du pétrole cessent d'augmenter et lorsque la production du pétrole n'augmente plus, il n'y a plus assez pour tout le monde. Par conséquent la révolution bolivarienne, telle que l’avait conçue Hugo Chavez, n'est plus viable. Le problème c’est que le Chavisme n’a pas su proposer un modèle alternatif ».

 

L’insécurité : un fléau vénézuélien ?

 

Avec 16 000 tués en 2012, dont 92 % avec des armes à feu, selon les chiffres du ministère vénézuélien de l’Intérieur, le Venezuela se place au troisième rang mondial. D’après différentes organisations non-gouvernementales le chiffre des victimes serait bien supérieur aux statistiques officielles : l’Observatoire vénézuélien de la violence a compté 21 692 meurtres en 2012, soit un taux de 73 homicides pour 100 000 habitants. Selon les chiffres des Nations unies, Caracas est l'une des villes les plus dangereuses du monde. Depuis 15 ans, le gouvernement socialiste a lancé une vingtaine de plans destinés à lutter contre ce fléau. Toutes ces mesures n’ont apporté aucune amélioration de la situation sécuritaire qui, au contraire, a continué à se dégrader.

 

C'est aussi pour protester contre l'insécurité qu'a débuté, il y a dix semaines, la vague de contestation contre le président Maduro. Ces manifestations ont été violemment réprimées et ont par la suite gagné de nombreuses villes à travers le pays. Bilan : 41 morts, plus de 600 blessés, des milliers d'arrestations, dont celles de certains élus de l'opposition qui ont du faire face à des procès express et ont été incarcérés puis destitués par le régime. L’organisation Amnesty International a publié un rapport qui dénonce des graves violations des droits de l’homme, commises ces dernières semaines par les forces de l’ordre et les milices armées pro-gouvernementales en marge du mouvement de contestation.

 

Le gouvernement de Nicolas Maduro accuse l’opposition de complot

 

De son côté, Nicolas Maduro et son gouvernement ne cessent de dénoncer un complot, fomenté par « l'opposition fasciste », soutenue par « l’impérialisme nord-américain », comprendre les Etats-Unis. « L’opposition vénézuélienne, suite à l'élection de Nicolas Maduro en avril 2013, avait retrouvé une certaine vigueur politique et avait misé sur les élections municipales de décembre 2013 en pensant qu'elle allait obtenir la victoire », constate Salim Lamrani, qui partage le point de vue des autorités vénézuéliennes. « Or, le parti de Nicolas Maduro a remporté 76% des mairies, et les prochaines élections n'auront lieu qu'en 2015. Donc la perspective d'une reprise du pouvoir par la voie démocratique est très éloignée pour l'opposition. Et donc elle est en train d'appliquer une méthode violente et putschiste afin de renverser le gouvernement de Nicolas Maduro ».

 

L’opposition accuse le gouvernement socialiste de dérives dictatoriales

 

De son côté, l'opposition accuse le régime de vouloir instaurer au Venezuela une dictature et dénonce des violations des droits de l’homme et de la Constitution vénézuélienne. Mais il n'est pas sûr que la contestation des dernières semaines ait affaibli le gouvernement chaviste. Certains analystes estiment au contraire que face à l'adversité, les chavistes ont resserré les rangs derrière leur président qui pourtant ne faisait pas l'unanimité au sein des socialistes.

 

« Durant cette première année, Nicolas Maduro à réussi la transition entre la mort d'Hugo Chavez et la consolidation de son propre pouvoir », estime Carlos Romero. « Le président Maduro est parvenu à conserver le contrôle des acteurs politiques qui lui étaient acquis. Et enfin, il a aussi réussi à conserver une position de leader, qui n’est pas seulement du au fait qu’il est président de la République, mais qui s’explique également par la conservation de la base de son électorat dans le contexte actuel ».

 

Pour l'opposition vénézuélienne la contestation s'annonce en tous les cas difficile car l'ensemble des pouvoirs du pays se trouve entre les mains des Chavistes.


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