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SOUTIEN DE L’ARTISTE-MUSICIEN A WADE Idrissa Diop : «Je ne regrette rien !»

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SOUTIEN DE L’ARTISTE-MUSICIEN A WADE Idrissa Diop : «Je ne regrette rien !»

Idrissa Diop revient en force au devant de la scène. Cet éternel jeune homme qui a dépassé la soixantaine a réussi son come back sur la scène musicale nationale. L’auteur de «Nobel» revient sur ce retour mais aussi sur les sujets brûlants de l’heure. Il donne aussi son avis sur la situation de la musique et du pays. Il parle pour la première fois de ses relations avec son fils Nicolas et nous fait part de ses projets.

 

Pouvez-vous nous parler de votre dernier album ?

Je peux parler de ce dernier album en deux mots. C’est un album sur lequel on a travaillé pendant deux ans et demi, voire trois ans, au Studio Sankara. Je me suis enfermé avec  tous mes amis et on a fait un travail magnifique qui a beaucoup plu au peuple sénégalais. Je ne m’imaginais pas quand je faisais des chansons comme «Nobel», «Nima Yala Def», «Spirit»,  «Niani» et «Lamb Ji»  que ça allait toucher autant les  sénégalais.

Après avoir fait les quatorze régions du Sénégal, je me rends compte que ces  chansons touchent plus de sénégalaises et sénégalais que ce que l’on croit.  Donc je suis fier et heureux d’avoir pu travailler sur cet album là avec tous les amis qui m’ont entouré. Que ce soit Didier Awadi,Nix Deugy  Tee, Coumba Gawlo Seck,Youssou Ndour, Bouba Kirikou, Mamy Kanouté, Samba Diabaré Samb et tout ce beau monde. Je suis fier d’avoir été pour la première fois après trente ans, sans avoir enregistré au Sénégal de marquer la jeune génération. Je suis vraiment fier de l’accueil que les sénégalais ont réservé à cet album. J’avais raison de persister parce que ce disque là est un disque de fusion. Ca s’appelle Voyage.  Voyage à travers notre histoire, voyage à, travers notre culture, voyage à travers ce que nous ont légué nos ancêtres. Je suis Je suis en train d’enregistrer un disque de la même veine

Comment s’est faite la jonction avec Prince Arts qui a distribué l’album ?

J’ai parlé à Youssou Ndour pour lui faire savoir que j’aimerais que Ngoné, Ndiaga et Ibou Ndour sortent cet album au niveau du label Prince Arts. Il se trouve que les clips que j’avais sortis avant la sortie de l’album, avaient déjà fait tout le travail.. Ce qui a fait que le disque était déjà très connu par le public sénégalais. Quand j’ai fait appel à Youssou, il m’a fait savoir que ce serait très bien qu’on le sorte à Prince Arts. C’est ainsi que je me suis mis en  rapport ave  Ngoné et on a défini ensemble une stratégie. Cependant je suis bien le producteur de tout l’album. Prince Arts n’est que le distributeur de l’album, mais j’ai tout financé. J’ai produit les clips, j’ai mis énormément de moyens financiers pour pouvoir faire des clips, une musique de qualité pour un public sénégalais qu’on disait friand de quantité. Je me suis rendu compte que ce public aime la qualité, car, aujourd’hui, le disque est numéro un partout et il se vend comme de petits pains et je suis fier d’avoir eu à me connecter avec Prince Arts pour disposer de cette efficacité. C’est la synergie des efforts qui permet de trouver l’excellence. C’est parce qu’il y a des musiciens qui veulent être à la fois, musicien, compositeur, réalisateur, producteur, manager, etc.

Parlez-nous de vos retrouvailles avec Cheikh Tidiane Tall, Thierno Kouyaté et de la reformation du Sahel ?

C’est une chose simple et naturelle à la fois. On s’est rendu compte que cela fait quarante ans que nous n’avions pas joué ensemble. J’étais en France pendant trente ans, le Sahel s’est disloqué dans les années 76  Moi j’ai été en France et j’ai travaillé avec énormément de musiciens. Je suis revenu et quand j’ai vu le Baobab se reformer, je me suis  dit avec les gars, que «l’on n’est pas si vieux que ça» (rires) et que ce serait bien de s’inspirer du vieux Baobab pour reformer le Sahel. Il faut savoir qu’entre Cheikh Tidiane Tall, Thierno Kouyaté et moi-même il n’y a jamais eu de problèmes. Il est vrai qu’il y a eu le voyage et les nombreuses années qui ont passé, mais ce sont des frères de sang. Cheikh Tidiane Tall est mon ami depuis plus de quarante ans et je lui ai donné le nom d’un de mes fils. C’est un ami intime. En ce moment là s’il avait un garçon, je suis sur qu’il porterait mon nom. Il s’agit vraiment d’une amitié très forte et naturelle. Quand on s’est retrouvé, je leur ai dit que l’on va reformer le Sahel. Ce sont les mêmes gars qui sont à mes côtés quand je joue sur scène les titres de l’album «Voyage». Thierno Kouyaté et Cheikh Tidiane sont à mes côtés pour me soutenir. Il est vrai que de nos jours, des valeurs comme l’amitié sont en train de se perdre. Mais moi je ne perds jamais de vue l’héritage de nos ancêtres. Ils nous enjoignent de respecter toujours les anciens amis car ce sont eux qui sont capables de vous dire la vérité et vous remettre sur le droit chemin. Ils peuvent vous parler de vos erreurs, parce qu’ils vous connaissent.

Qu’est ce qui vous fait courir après plus de quarante ans de carrière ? Avez-vous un secret ?
Je n’ai pas de secret. J’ai l’age que j’ai. Maintenant pour parler de mon secret, je dis tout simplement que c’est Allah !. Parce qu’à mon âge, je pouvais être beaucoup plus «vieux», plus usé, plus fatigué, mais Dieu en a décidé autrement et je prie tout le temps. Je remercie tout le temps Allah de me laisser avec un «squelette» comme ca, toujours bien portant. Je remercie encore une fois Allah pour cette faveur. C’estla Passion qui me fait courir. C’est ce que je dis à la jeunesse sénégalaise. Pour durer dans ce milieu, il faut toujours garder en mémoire les trois P. Pour durer dans la musique il faut avoirla Pureté,la Passion etla Patience. J’ai toujours gardé cela en mémoire. Aujourd’hui j’ai toujours  la passion après N années de métier. Rien d’autre ne me fait courir que la musique. Elle me permet de faire oublier aux gens leurs problèmes en leur chantant tout simplement une belle ballade. Je peux aussi soigner des maux avec mes chansons. Parce que la musique est une thérapie. Aujourd’hui quand je sors dans les rues de Dakar, les jeunes s’accrochent à moi et me témoignent leur amour, en pleurs. Ils sont dans tous leurs états et c’est quelque chose de magnifique. Il faut garder tout cela en mémoire et dire merci au Bon Dieu de nous avoir fait exister et dire merci aux gens qui nous ont accompagnés. Il faut aussi dire merci au peuple sénégalais qui m’a transmis ce témoin là pour aller chercher et rencontrer énormément de musiciens connus ou pas connus et partager des moments magnifiques avec ces gens là. Dieu sait que j’ai donné beaucoup, mais j’ai aussi beaucoup reçu. C’est le perpétuel phénomène du donner et du recevoir comme le disait feu le Président Senghor. C’est ça aussi le sénégalais et c’est magnifique d’avoir vécu ces moments là avec autant de passion.

Avez-vous un conseil à donner aux jeunes musiciens ?

Je leur dirais simplement d’avoir la patience et de ne pas se précipiter, car qui dit mode dit «démodé». On ne peut pas faire de la musique en pensant à être connu et reconnu tout de suite car la musique c’est toute une vie. C’est ce que je leur donne comme conseil. Il faut donner une partie de ton corps à la musique et donner l’autre partie au public et de manière sincère. Il faut de la sincérité. On ne peut pas écrire une chanson dans la précipitation. On a vu l’exemple de jeunes musiciens qui ont sorti un tube. Ils ont été connus un moment, mais la chute a été tout aussi fulgurante. Ces tristes gamins n’ont pas eu ces conseils. Je leur conseille de ne pas faire de la musique pour de la mode. Ce sont les vieilles marmites qui font toujours les bonnes sauces. Prenez Youssou Ndour, il a toujours cette passion, cette pureté et cette passion  là. Et c’est aussi valable pour Thione Seck, Omar Péne, Baba Maal et Ismael Lo. Pour apprendre la musique, il faut simplement aller demander aux anciens qui ont un parcours et qui ont cette documentation universelle pour recevoir des leçons de musique. Aujourd’hui beaucoup de gens se disent musiciens, mais ils ne savent pas ce qu’est réellement la musique. La musique est révolutionnaire par essence. C’est une sorte de thérapie. Il faut savoir soigner les stress et faire rire le public.. Je conseille aux jeunes d’être patients et d’aimer apprendre. Il faut qu’ils côtoient les anciens pour leur poser des questions. Si on est devenu ce qu’on est, c’est parce qu’on a pu disposer de l’expérience de nos aînés. Ils étaient tout le temps corrects  très bien habillés et beaux dans leur âme. La beauté de l’âme est très importante. C’est pour cela que je parle de Pureté,de Patience et de Passion.

On va parler de la situation actuelle du pays. En votre qualité de leader d’opinion quel appel lancez-vous à l’ensemble de vos concitoyens ?

J’ai soutenu Abdoulaye Wade et je n’ai rien à regretter. Si c’était à refaire, je referais la même chose. C’est un Monsieur que j’ai appris à connaitre et comprendre. Contrairement à ce que les gens pensent, je l’ai connu en 1974 et depuis nous avons gardé de très bonnes relations. C’est un grand homme qui a une haute vision de l’Afrique et du Sénégal. Dommage que les gens n’aient pas bien compris le sens de son combat. Les sénégalais vont se rendre compte de sa vraie dimension. Il ne m’a rien donné et je ne lui ai rien demandé.

Vous voulez dire que vous l’avez soutenu de manière désintéressée…

Effectivement et je le clame hait et fort. «Li Niu Gis Doyna gnou» est un mouvement qui avait décidé de magnifier le travail du chef de l’Etat et de le soutenir pour faciliter sa réélection. Je suis triste pour lui, car il méritait plus de reconnaissance. Cependant, je savais pertinemment qu’il allait sortir par la grande porte. J’ai toujours dit quela Paixtriompherait, car les chercheurs de petites flammes et de braises ne réussiront pas. Nous sommes des marchands de rêve et des adeptes de la paix. Il faut privilégier ce culte de la paix et s’inspirer du legs de nos ancêtres car personne ne brûlera ce pays.

Comment appréciez-vous l’élection de M Macky Sall ?

Mais c’et le choix du peuple et je le respecte. Il n’y a rien à dire sinon lui souhaiter bonne chance, car les attentes sont trop nombreuses. Cependant il faut être clair : Wade reste et demeure mon idole et je lui serais toujours fidèle. On est prêt à tous les niveaux. C’est un progrès énorme et c’est magnifique. Le Sénégal est en avance sur beaucoup de choses et il faudrait que les sénégalais soient conscients de cela,

 

Comment appréciez-vous le succès de votre fils Nicolas qui cartonne sur la bande FM ?

Il faut savoir qu’il s’appelle Abdoulaye Diop et qu’il porte le nom de mon père. Je suis vraiment fier de lui parce que je ne l’ai pas vu grandir. Il faut savoir que je n’ai jamais abordé cette question là avec la presse. J’ai été vraiment malheureux de ne pas voir mes enfants grandir. Parce  que j’étais tout le temps en France et en Occident. J’ai énormément voyagé pendant tout ce temps. Et Nicolas était tout petit au moment de mon départ. C’est vrai qu’aujourd’hui avec le temps, j’ai comme l’impression que quelque chose m’est passé sous le nez au cours de ma vie et je le dis très sincèrement. Ce qui me rend malheureux, c’est que je n’ai pas vu mes enfants grandir ici au Sénégal.

Là je me rattrape depuis que je suis revenu il y a de cela trois ou quatre ans, mais je suis conscient que ces choses là ne se rattrapent pas aussi  facilement. Je suis fier de lui et de ce qu’il est devenu. On a vraiment une bonne osmose et on s’entend très bien. On se parle souvent et on se voit très très souvent. Il s’est fait tout seul et je ne l’ai ni aidé ni orienté. Je ne lui ai pas suggéré d’aller vers le milieu artistique ou à la radio. Je n’ai jamais rien fait de tout cela. Je suis revenu des Etats Unis et d’Europe et je l’ai vu faire son bonhomme de chemin. Il était à Nostalgie et après il est allé s’installer à RFM .Je n’au rien fait et il s’est fait tout seul. Tout le mérite lui revient. Aujourd’hui je peux lui donner des conseils, mais quand je l’entends à la radio, je suis doublement  fier de lui, car je me dis que c’est mon fils et il s’est fait tout seul.

Est-ce pour vous rattraper vous n’allez pas essayer de lui tenir l’échelle ?

Je vais répondre à cette question là d’une manière assez positive parce qu’on a des projets en cours. D’ailleurs c’est lui qui s’occupe vraiment de ma communication. C’est lui qui va s’occuper vraiment de ce volet quand le groupe sera installé et il a commencé déjà. On verra après, car je vais sûrement l’aider sur autre chose...

Est que vous avez bloqué votre compteur génétique.

Ah oui (éclats de rire) ! On me pose souvent cette question, mais à chaque fois je lève la tête pour dire que c’est Allah.

Mais vous devez avoir une bonne hygiène de vie ou des habitudes..

(il coupe) Je vais vous faire part d’un petit secret : je ne fume pas, je ne bois pas, je ne prends pas de café et je ne prends pas de thé. Je ne mange pas de viande depuis presque trente ans. Je mange beaucoup de céréales.



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