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Politique

« Nos soucis d’argent sont finis », les premières paroles de Wade au palais : depuis, le président banalise les Institutions, ses ministres dévalorisent le pouvoir exécutif

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« Nos soucis d’argent sont finis », les premières paroles de Wade au palais : depuis, le président banalise les Institutions, ses ministres dévalorisent le pouvoir exécutif

XIBAR.NET (Dakar, 06 Mars 2010) - Du temps du président Senghor, des fuites émanant du gouvernement n’existaient pas. Sous son successeur Abdou Diouf, les ministres cherchaient à agir en tandem. Le régime de Wade ignore par contre la solidarité gouvernementale et bien d’autres pratiques profitables à la République.

C’est Idrissa Seck, à l’époque ministre d’État et Directeur de cabinet du nouveau président Wade, qui sera le premier à égratigner la solidarité gouvernementale. Pour combattre le premier chef du gouvernement de l’alternance, Moustapha Niasse, en sa qualité de secrétaire général de l’Alliance des forces de progrès, il honorera les factures d’électricité de Keur Madiabel, dont celui-ci est natif. Une polémique s’en suivra. M. Niasse finira par partir.

Il est vrai que sous Abdou Diouf, le secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail, à l’époque ministre de l’Urbanisme, Amath Dansokho, a été remercié pour avoir dénoncé « la mal gouvernance ». Le président Wade le limogera pour le même franc-parler.

Idrissa Seck devenu Premier ministre ne fera pas trois ans à ce poste. Il sera emporté par le livre du journaliste Abdou Latif Coulibaly, « Me Abdoulaye Wade, un opposant au pouvoir : l’alternance piégée ». On reprochera à M. Seck de n’avoir « pas défendu » le président. Pis, on laissera entendre que c’est lui qui était derrière la main de l’auteur du brûlot contre Wade.

De sa nomination à la « station » primatoriale », en 2002, à nos jours, les « fuites » émanant du Gouvernement se sont amplifiées. Pour que les secrets de l’État ne soient plus divulgués, le président Wade avait envisagé de faire surveiller ses ministres par des caméras. Indigné de retrouver dans la presse, ce qu’il avait murmuré la veille dans le secret de son bureau, il réunira ses nouveaux ministres pour qu’ils jurent de garder les secrets d’État et de lui rester fidèles. Ce sera sans résultat. Le Cd de Idrissa Seck, « Lui et moi » viendra étaler sur la place publique les premiers sentiments du nouveau président sénégalais et ceux de son épouse : « Nos soucis d’argent son finis » ont été les premières paroles de Wade dans l’espace présidentiel.

La nouvelle Première Dame trouvera que « les Diouf sont sales ». Le nom de celui qui allait chercher au Trésor l’argent pour la présidence de la République sera, également, connu. Le brave gendarme sera par la suite obligé de se retirer et de rentrer dans les rangs. Les deux milliards prêtés par la Cbeao à Bibo Bourgi, l’ami de Karim Wade, seront remboursés par le contribuable sénégalais.

D’autres fuites défraieront la chronique, parmi elles l’argent qu’aurait reçu du président Wade le journaliste Madiambal Diagne, par l’entremise du ministre Thierno Lô. La solidarité gouvernementale volera par la suite en éclats : le ministre Farba Senghor chargera son collègue Moustapha Sourang. Traitant ce professeur d’université « d’incompétent », il s’immiscera dans le département de l’Éducation qu’il gérait. Ce qui vaut à ce ministère d’être démembré en trois blocs. Farba Senghor s’attaquera, également à Me Madické Niang, à l’époque Garde des Sceaux, ministre de la Justice. C’était suite à son audition par le procureur de la République, suite à la casse des locaux des quotidiens L’As et 24 H Chrono.

Farba Senghor, considéré comme le commanditaire devait être jugé par la Haute cour de Justice. Mais depuis, le dossier est comme enterré. Les coupables ont été graciés par le président Wade, qui a nommé Farba numéro 2 de son parti, en mutation. Une rivalité a été récemment relevée entre le ministre de la Culture, Serigne Modou Bousso Lèye, et son prédécesseur, Mame Birame Diouf, confiné à l’organisation du Fesman. Farba Senghor ne s’entend pas aussi avec l’actuel Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye. Ils avaient failli en venir aux mains dans l’enceinte de l’aéroport Léopold Senghor. C’était l’année dernière, à l’occasion du départ en vacances du président Wade.

Cette semaine ce sont les ministres de l’Agriculture et celui de l’Élevage qui se sont donné en spectacle en France. Les deux femmes, Mme Fatou Gaye Sarr et Mme Oumou Khayri Guèye Seck se disputent la préséance au Forum international sur l’Agriculture, qui se tient dans ce pays. Laissée en rade par la seconde avec le véhicule venu les chercher, la ministre de l’Agriculture fut obligée de héler un taxi, pour regagner son hôtel. C’est dire que si Wade a tripatouillé la Constitution du Sénégal seize fois en neuf ans, banalisé et augmenté les institutions, ses ministres ont dévalorisé le pouvoir exécutif.

 



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