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Politique

Talla SYLLA en conférence à Paris : ‘ Couché à Thiès, certains chefs religieux venaient me préparer à la mort’

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Talla SYLLA en conférence à Paris : ‘ Couché à Thiès, certains chefs religieux venaient me préparer à la mort’
Talla Sylla est de retour ! Et il se porte bien. Il a dépassé son état de convalescence. Et l’on peut mesurer son état de santé à travers sa voix percutante. Une voix qui témoigne de son embonpoint. Il n’a pas perdu de son verbe et de sa verve.

(Correspondant permanent à Paris) - C’est un Talla Sylla, comme on le connaissait avant sa maladie, qui s’est présenté hier aux Sénégalais de Paris réunis au Restaurant ‘La Pointe de Sangomar’. Toujours virulent à l’encontre du pouvoir. Dégageant une énergie et une envie de montrer surtout à ses détracteurs qu’il est encore là. Qu’il a vaincu la maladie qui l’avait contraint à abandonner la vie politique publique. Il en a profité pour remercier tous ceux qui l’ont soutenu d’une manière ou d’une autre. Surtout tous les Sénégalais qui étaient plongés dans l’émoi lorsque le benjamin de la politique sénégalaise jeta l’éponge ‘politique’ pour se consacrer à ses soins de santé.

Le patron de Jëf Jël est revenu sur une partie des péripéties de sa maladie, sur les visites que certains compatriotes lui ont rendues dans sa demeure familiale de Thiès. Particulièrement certains chefs religieux qui le voyaient déjà mort avant la volonté divine. ‘Quand j’étais couché, à Thiès, au mois de juin, certains chefs religieux venaient me voir pour me préparer à la perspective imminente du passage à l’au-delà’, confie Talla Sylla. A ces hommes de Dieu, qu’est-ce que le président du Jëf Jël a répondu ? : ‘Justement, j’essaye de leur montrer que je me suis toujours préparé à cela. Je leur répétai ce texte en wolof’. Et ce texte en wolof n’est autre chose que la chanson sur la mort qu’il a écrite et produite. Et intitulé : ‘Je chante ma mort prochaine’. Aujourd’hui, le leader de Jëf Jël estime qu’en matière de communication, le contexte d’alors n’était pas propice à la production d’une telle chanson. Parce que tout le monde avait pensé qu’il chantait là sa mort à cause du titre de la chanson. ’En fait, ce que les gens ont retenu était vraiment loin de la réalité. J’ai écrit un texte qui commençait par ‘je chante ma mort prochaine’. Mais ce texte n’avait rien à voir avec ma maladie. Ce texte, je l’ai écrit en 1998, Assane Sada (présent à la conférence, Ndlr) qu’on appelait président à l’université, est là pour en témoigner. Nous avions un ami commun, un Africain engagé qui était malien, Seydou Mamadou Diara. Il a été ravi à notre affection très tôt, le 8 février 1998. Cela a été un choc. (…). A l’occasion de l’hommage qu’on lui rendait à la salle Soweto, j’ai imaginé le dernier discours de Toto face à la mort qui avançait. Et j’ai dit que je suis sûr qu’il a dû lui dire, comme Jacques Brel, ‘j’arrive’, explique le leader de Jëf Jël.

Devant les chefs religieux venus lui rendre visite et qui voulaient le préparer à la mort, Talla Sylla leur répéta les refrains de sa chanson. ‘C’est pourquoi, certains d’entre eux (les chefs religieux, Ndlr), à leur sortie de visite, pleuraient et donnaient l’impression que j’étais dans un état plus que lamentable. Alors qu’ils réagissaient comme ça à la suite de ce que je leur ai dit’, témoigne Talla Sylla. Avant de renchérir qu’il s’est toujours préparé à mourir sans attendre que quelqu’un le fasse à sa place. ‘J’ai toujours pensé que tout ce qui naît meurt. Certains pensaient que j’étais, peut-être, condamné. Mais nous sommes tous condamnés. Par ma naissance, je signe en même temps mon acte de décès’, argue-t-il. Il n’a jamais été question pour lui de ‘se mettre à genou et dire que c’est fini, c’est terminé’. ‘Au milieu de ma maladie, j’ai dit : même couché, je resterai debout. D’ailleurs, couché, je reste debout’, martèle le leader du Jëf Jël.

Revenant sur son état de santé, Talla Sylla dira qu’il va ‘très bien’. ‘Comme on dit, je dis grâce à Dieu. Je tiens également à remercier les nombreux Sénégalais qui ont eu énormément de sympathie et de compassion pendant ces heures difficiles. A un moment donné, j’ai même pensé que je ne méritais pas cet élan, tellement c’était fort, tellement c’était important, tellement c’était grand. J’étais particulièrement marqué par cette solidarité. Aujourd’hui, je dois rassurer tout le monde que je me sens mieux’, dit Talla Sylla.

Ne serait-ce que pour faire échec à ses agresseurs qui ont voulu sa mort, Talla Sylla soutient être obligé de tenir le coup. ‘J’ai le devoir de tenir le plus longtemps que possible pour que ceux qui sont à la base d’un tel acte, se disent qu’au fond, cela ne leur a servi à rien. En tout cas, il ne faut pas que ça soit positif. Il faut les amener à regretter d’avoir fait cela pour protéger les autres. Parce que s’ils se rendent compte que c’est efficace, ils vont le faire à d’autres. C’est la raison pour laquelle j’ai estimé qu’il fallait tenir. J’ai accepté de faire des choses que jamais, je n’aurais accepté de faire. Maintenant je suis là. Pour combien de temps ? Dieu seul le sait’. Va-t-il continuer ses soins ? Qu’est-ce que ses médecins lui ont dit ? ‘Depuis un moment, ils m’ont laissé partir en me demandant de mettre la pédale douce, de réapprendre à vivre, à agir, à avoir des activités physiques’, répond-il.

Sur son retour à la scène politique, le leader de Jëf Jël fait remarquer qu’il ne l’a jamais abandonnée. ‘J’ai dit : Je suis malade, épuisé et je ne me sens plus la force de continuer. J’ai donc décidé de me retirer de la vie politique publique. J’ai ajouté publique’, corrige Talla Sylla. Avant de poursuivre : ‘J’ai mis ‘publique’ pour des raisons politiques parce que je n’ai jamais songé à quitter la vie politique. A aucun moment. Je n’ai pensé à quitter la politique ou cesser de parler de politique. Mais je n’étais pas en mesure d’exercer une fonction publique, d’avoir des activités publiques ou de faire des déclarations publiques. Et c’était évident. J’ai ajouté : ‘Mon amour pour le Sénégal et les Sénégalais reste intact’. Et à la fin : ‘Un jour, peut-être, s’il plaît à Dieu, je reviendrai’. Plus précis, il dira : ‘Aujourd’hui, je suis ici devant vous, à nouveau dans l’espace public. C’est donc un retour dans l’espace public. Mais ce n’est pas encore un retour dans le cadre d’un parti politique’.

Le leader a refusé de se prononcer sur l’actualité nationale, préférant attendre sa conférence de presse de dimanche prochain à Thiès pour le faire. En revanche, face à la crise qui secoue le pays, il a proposé aux Sénégalais de l’extérieur la création d’un espace citoyen neutre par rapport aux partis politiques, pour venir à bout du pouvoir. Un cadre qu’il proposera également aux Sénégalais restés au pays.



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