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Des Jumeaux meurent à l’hôpital Abass Ndao pour non-assistance à personne en danger Une nuit d’horreur racontée par une mère choquée

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Des Jumeaux meurent à l’hôpital Abass Ndao pour non-assistance à personne en danger Une nuit d’horreur racontée par une mère choquée

Négligence coupable ou faute professionnelle? C’est le débat qui oppose un couple à la direction de l’Hôpital Abass Ndao. Au centre de cette affaire, une dame qui devait subir une césarienne, a été obligée d’accoucher par la voie basse. Dans l’indifférence générale du personnel médical, ses deux enfants, qu’elle mettra au monde, sont morts suite à un accrochage. La famille a décidé de porter plainte contre l’hôpital. Déjà mère de deux enfants, la dame Awa Dramé, demeurant au camp Abdou Diassé, était au terme de sa troisième grossesse. Prise par les douleurs prénatales, la dame, accompagnée d’un de ses parents, s’est rendue, ce mercredi 5 avril 2005, à l’hôpital Abass Ndao de Dakar. Arrivé vers vingt-trois heures, elle a été accueillie par le service d’urgence de l’hôpital. Vu l’urgence de son cas, Mme Awa Dramé sera aussitôt conduite vers un lit et le personnel médical averti de la délicatesse de sa situation. Sa grossesse a été normale, les dernières analyses prénatales ayant conclu à une bonne tenue des fœtus. L’analyse échographique avait révélé la présence d’un garçon et d’une fille. L’un, J1 en position siège, l’autre J2 en position normale. «Dans une situation pareille, le médecin devait décider une césarienne soutient un spécialiste». Selon lui, «comme les deux devaient sortir en même temps, il y a de fortes chances qu’il se passe un accrochage». Revenant sur cette nuit, la dame que nous avons rencontrée au camp Abdou Diassé, nous relate les circonstances de son arrivée. «En effet, comme j’étais trop fatiguée, le docteur Amina Sonko, vers qui le docteur Touré m’a conduite, a recommandé une césarienne». Le début d’un véritable supplice Informé de cette décision, un médecin s’y opposera, nous dit-on. Il laissera Awa Dramé avec la sage-femme. La sage femme qui était de garde cette nuit. «Ils ont déclaré que je pouvais bien accoucher normalement», déclare Mme Diouf, née Awa Dramé. Pourtant, son état de santé ne le permettait pas. Visiblement fatiguée, la position des deux bébés ne permettait pas un accouchement sans danger. Et, de surcroît, n’étant pas des prématurés, les jumeaux sont arrivés à terme. La dernière échographie parle «de position normale pour l’un et pour l’autre, de position siège». Couchée sur la table d’accouchement, la dame, abandonnée à elle-même, se tordra de douleurs. Ne pouvant plus supporter cet état de fait, elle appelle la sage-femme à son secours. Selon toujours la version de Mme Diouf, la sage-femme lui aurait dit : «je ne peux rien faire pour toi. Il n’y a que toi qui peux t’aider». À cet instant, la dame se battra de toutes ses forces. Et, au bord de la rupture, elle sentira la délivrance toute proche. Une fois encore, elle appellera la sage-femme à son secours. Cette fois encore, c’est la même réponse. Négative. Soudain, après avoir longuement poussé, elle sentira un des bébés naître. Malheureusement, le premier des jumeaux qui devait naître viendra en «état siège». Ce sont les pieds qui viendront en premier. Bien que très diminuée, Awa Dramé se battra pour faire libérer son premier bébé. «Ce dernier, selon la dame, parviendra à sortir tout son corps». Mais, poursuit-elle, «sa tête n’a pu être libérée». Ne pouvant supporter cette douleur continuelle, elle fera à nouveau appel à la sage femme, la suppliant de l’aider. Une fois de plus, la sage-femme refusera. «Je suis restée dans cette position pendant environ trente minutes. Finalement, ayant compris le sérieux de la situation, elle est allée appeler des renforts», selon toujours la version de Madame Dramé. La sage-femme et le brancardier la fuient comme la peste. Ces renforts, composés du médecin Gynéco et d’un brancardier, arriveront au chevet de la dame. Surpris par la gravité de la situation, le médecin gynéco demandera que la dame soit transférée d’urgence au bloc opératoire. «Mais, ni le brancardier, encore moins la sage femme, ne l’aideront à monter sur la litière. Avec son bébé pendant entre ses jambes, elle fera deux pas pour se hisser sur la civière. «En allant sur la civière, dira-t-elle, j’ai essayé de m’accrocher au brancardier. Mais, ce dernier m’a sèchement dit de ne pas le toucher». Une fois sur le brancard, elle perdra connaissance. La suite nous ne la connaîtrons jamais. La sage femme dont nous avons voulu recueillir la version, n’a jamais pu être jointe. La direction de l’hôpital vers qui nous sommes allés, est elle aussi restée muette. Par l’intermédiaire de sa secrétaire, le directeur nous fera savoir qu’il ne nous recevra pas. Quant au médecin gynéco qui a reçu la dame, il tentera de sauver tout ce beau monde en procédant à une césarienne. Mais, «le médecin gynéco a déclaré que l’un des jumeaux était mort lorsqu’il a ouvert le ventre de la mère», affirme M. Diouf, le mari de Awa Dramé, Le médecin gynéco a reconnu la faute professionnelle Interpellé pour nous expliquer la raison de cette mort, le médecin gynéco non plus, n’a pas souhaité s’exprimer. «Il a dit que ce sont les deux têtes qui se sont coincées à la sortie», affirme le mari. De toutes les façons, elle souffrira deux fois. L’un des bébés naîtra par la voie basse et l’autre par césarienne. Asphyxiés et coincés, les deux jumeaux ne verront jamais le jour. Les deux corps sans vie, seront remis au couple Diouf. Leur mère, meurtrie et physiquement diminuée, restera pendant cinq jours à la maternité de l’hôpital. Interpellé pour avoir l’avis d’un expert, un avocat nous a confié que «les employés fautifs, si leur responsabilité est avéré, risquent deux sanctions». L’une pénale et l’autre professionnelle. «Pour le moment, en dehors du médecin gynéco qui nous a présenté ses excuses, personne à l’hôpital n’est venu vers nous», se désole M. Diouf. Sortie de cette épreuve, accompagnée de son cousin, Awa Dramé a porté plainte, pour non-assistance à personne en danger et faute médicale ayant entraîné mort d’homme, au commissariat central de Dakar contre l’hôpital.



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